Ce sujet a été résolu
Phèdre, c'est le plus grand chef d'oeuvre du théâtre dramatique. La plus belle pièce de racine. L'écriture, la construction, tout est parfait, implacable, sans erreur ni temps mort.
Les personnages sont tous emblématiques, immédiatement reconnaissables, avec une profondeur inimaginable.
Hyppolite, fils de Thésée, est un exemple de vertu jusqu'à en devenir froid envers les femmes. Pire, il s'enorgueillit de cette vertu, il es est fier, il en joue, il se targue de faire tomber les cœurs tandis que lui est indomptable. C'est l'homme fier de ne pas être sensible à l'amour, de rester sauvage et libre. Le problème, c'est qu'il tombe amoureux d'une princesse athénienne, Aricie, et il n'assume pas.
Phèdre, femme de Thésée sans être la mère d'Hyppolite, elle est amoureuse de ce dernier. Elle est en pleine lutte intérieure pour étouffer cet amour illégitime, mais plus elle essaie, plus elle brûle, alors elle se hait, elle se méprise, tout en devenant un pantin de l'amour dénué de volonté, elle a envie de se torturer, de se tuer pour ça. C'est une femme brisée qui n'a plus aucune estime personnelle.
Thésée, roi d'Athènes, est un homme dupé et borné. Il se fait duper, et il croit que les innocents le dupent quand ils disent la vérité. Ce levier tragique est parfait. Ce roi est l'auteur de son propre malheur en se bornant à croire ce qui est faux.
Oenone, la servante de Phèdre, est l'incarnation de l'égoïsme le plus noir. Tandis que Phèdre veut mourir pour sauver son honneur avant que l'amour lui fasse faire des bêtises, Oenone va au contraire l'encourager à manipuler tout le monde, à mentir, pour essayer de rendre son amour légitime. Oenone veut simplement sauver la vie de sa maîtresse pour continuer de la servir, et car elle l'aime, et pour conserver sa position, indépendamment des conséquences que ça pourrait avoir.
Aricie, je n'ai rien à en dire, c'est une amante aimable, en paix et saine d'esprit, tout le contraire de Phèdre.
La construction de la pièce est également remarquable. Nous avons la situation initiale :
Hyppolite aime secrètement Aricie mais celle-ci est la rivale de son père.
Phèdre aime secrètement Hyppolite, mais c'est le fils de son mari.
Aricie aime secrètement Hyppolite, mais elle sous tutelle et sans pouvoir.
Thesée est en voyage.
Le premier coup narratif est lancé par une messagère :
- Thésée est mort ! La rumeur se répand ! Il est mort durant son voyage !
La mort du roi change tout !
-Hyppolite peut libérer Aricie du joug de Thesée, et lui avouer son amour, et de même pour Aricie, les deux s'aiment mutuellement.
-Phèdre est désormais veuve, et Oeonone comme un serpent lui dit que son amour pour Hyppolite n'est plus si illégitime. Elle l'incline à passer aux aveux
-Hyppolite est dégouté par Phèdre et il lui pointe son arme au coeur, mais Phèdre se dégoute elle-même bien davantage, elle lui prend son arme et se menace elle-même bien mieux qu'Hyppolite.
- Phèdre apprend ensuite qu'Hyppolyte et Aricie s'aiment, qu'elle n'avait donc aucune chance, que son aveu infâme a été vain.
- Tout le monde crie au retour du roi, Thesée est de retour, sa mort n'était pas vraie, désastre !
On arrive alors au dénouement
- Phèdre, poussée par sa servante, prend les devants pour survivre à sa mauvaise posture, et elle prétend qu'Hyppolite a voulu la séduire.
- Thesée, aveuglé de rage, s'en prend à son fils et le chasse
- Hyppolite, par vertu, refuse d'avouer toute la vérité et se contente d'affirmer que c'est Aricie qu'il aime
- Aricie, interrogée par Thesée, insinue que c'est Phèdre la catin, semant des doutes horribles chez Thésée
- Phèdre meure à la fois de jalousie, de noirceur morale et d'amour incestueux, elle n'a jamais été aussi brisée
- Thésée apprend la mort de son fils en mer au moment de son exil, il apprend son innocence par toutes les bouches, et enfin, Phèdre lui avoue que c'est elle qui a voulu séduire son fils : d'un seul coup, l'avalanche tout entière se déverse sur Thésée qui perd son fils et la vertu de sa femme. Aricie perd l'amour de sa vie. Phèdre n'est plus qu'une loque, moralement anéantie.
Le style atteint les sommets de la langue poétique
Hyppolite qui nous lâche " Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon coeur " dans un douceur musicale qui résume tout le paradoxe de ce personnage, incarnation de l'innocence, certes, mais d'une innocence fière et consciente d'elle-même, qui la rend insupportable. Comme si le Christ s'autocongratulait à chaque miracle, à chaque exemple moral
On a l'aveu de Phèdre à Hyppolite qui commence par vanter son mari à travers l'image de son fils jusqu'à exploser d'amour sans retenue, c'est d'une finesse merveilleuse. D'abord prudente, mais déjà perdue, on dirait que soudainement, elle se déshabille, qu'elle explose son armure pour devenir une créature charnelle
On a la fameuse tirade qui raconte la mort d'Hyppolite dans un registre épique, mais sans gloire ni haut fait, il se fait simplement torturer par un monstre marin, décharner, presque sans lutte, à l'opposé de tout ce qu'on aurait pu attendre d'un héro parce que nous restons dans la tragédie.
Il y a également cet incroyable rejet d'Aricie :
Prenez garde, seigneur : vos invincibles mains
Ont de monstres sans nombre affranchi les humains ;
Mais tout n’est pas détruit, et vous en laissez vivre
Un… Votre fils, seigneur, me défend de poursuivre.
Ce " un " rejeté si brutalement au vers suivant pour mettre en lumière Phèdre sans la nommer, ça donne un souffle monumental, tellement mystérieux, c'est dit sans être dit, ça frappe ! Le rythme presque militaire et invariable de Racine s'arrête pour la première fois et ce Un met tout en suspend, c'est effroyable
On a également des dynamiques entre les dialogues
Oenone :
Ils ne se verront plus
Phèdre :
.................................. Ils s'aimeront toujours !
Comme un ricochet de la passion sur la raison. Je m'arrête là avant de citer toute la pièce, ça regorge de tirades parfaites, de dialogues plein de tensions, rien n'est à jeter
il y a 7 jours
On pourrait penser qu'Hyppolite est la victime innocente d'une Phèdre infâme, mais je crois plutôt le contraire. Hyppolite est innocent, mais il n'est pas vertueux, tandis que Phèdre est coupable, et sa vertu la torture. Hyppolite a les mains propres, mais c'est par orgueil qu'il les a. Il veut continuer de se sentir parfait, irréprochable, intouchable, éthérée, c'est tout ce qui l'intéresse. Il se soucie bien peu de Phèdre ou des femmes qui l'ont aimé, pire, il les hais. Ce prétendu héro de pureté, ce n'est qu'un pharisien, ce n'est qu'un pudique.
Nous pouvons tous éprouver ce que ressent Hyppolite en jouant l'homme froid et insensible envers les femmes. On se laisse désirer en faisant semblant de ne pas s'en apercevoir. Ah, c'est plaisant, n'est-ce pas ? Cette femme s'abaisse à m'aimer, mais je suis plus haut que ça ! Quelle allure, quel maintien ! Quelle liberté, de ne pas subir l'influence de l'amour, tandis que cette femme a des allures d'esclave ! Oui, c'est grisant, et nous n'avons rien à nous reprocher puisque nous restons innocents du désir et de l'amour en planant au-dessus de tout ça. Mais est-ce vraiment vertueux ? En aucun cas. Jouir de son innocence, c'est d'un part très malsain, et d'autre part, ça fait souffrir autrui. Un Hyppolite vertueux aurait compati envers les femmes qui l'aiment plutôt que d'en faire les instruments de son orgueil.
Phèdre, à l'opposé, c'est la femme qui n'a plus aucune retenue par passion. Elle a beau se refréner, tout chez elle explose et brûle. Ca la dépasse. Son corps transpire le sexe, sa volonté est une guimauve. Pourtant, Phèdre est vertueuse. C'est une vertu vaincue. C'est une vertu spectatrice de son propre abaissement, et impuissante. Phèdre, c'est la chute de la dignité, de l'orgueil, c'est le désir rendu maître. Et ça, elle ne l'accepte jamais. Impuissante, elle continue de se haïr pour ce qu'elle fait. Elle n'arrive pas à s'en empêcher, mais elle se répugne elle-même pour son impuissance.
Il faut imaginer une femme mariée, fidèle et digne dans son rôle d'épouse. Contrairement à Hyppolite, elle ne proclame pas son innocence à tout va, mais elle se sent légitime, comme quelqu'un qui n'a pas fauté. Puis vient un autre homme, elle résiste, mais plus elle résiste, plus elle tombe amoureuse. Rien n'y fait, elle veut rester fidèle, mais son désir fait fléchir sa volonté. On peut même l'imaginer fléchir jusqu'au point de se faire pulvériser en levrette, soulagée dans son désir comblé, mais se méprisant intérieurement et voulant être dégradée pour ça. Ca peut expliquer beaucoup de comportements féminins de nos jours.
Racine ne va pas jusque là, il frustre le désir resté inaccompli, et il abaisse la vertu qui a révélé ce désir. C'est un équilibre sournois qui inflige la double peine, tout en respectant les moeurs de l'époque.
Et c'est bien là tout le génie de l'auteur : il nous livre une pièce sur le désir ! C'est intime au possible. Et tout en restant décent, il nous montre l'indécence ! Hyppolite, c'est l'archétype de l'homme coquet qui aime être désiré sans désirer en retour. Thésée, c'est le séducteur. Phèdre, c'est la femme tentée et Aricie est la jeune amoureuse. Sous couvert d'intrigues politiques, Racine explore la sexualité de chacun et nous révèle des dynamiques sociales qui sont encore vraies de nos jours, bien que les hommes comme Hyppolite soient essentiellement devenues des femmes. C'est surtout la figure de Phèdre qui est parlante, et qui décrit encore une réalité encore majoritairement vécue par les femmes à notre époque. Le paradoxe entre la volonté d'être pure, et le désir
Je dirais pour conclure qu'il faut dédramatiser le désir, cesser d'en faire quelque chose de dégradant, et accepter ces pulsions, qu'elles soient assouvies ou non, car nous sommes des animaux et c'est très bien. Alors le couple libre, le polyamour, oui, je cautionne !
@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
Nous pouvons tous éprouver ce que ressent Hyppolite en jouant l'homme froid et insensible envers les femmes. On se laisse désirer en faisant semblant de ne pas s'en apercevoir. Ah, c'est plaisant, n'est-ce pas ? Cette femme s'abaisse à m'aimer, mais je suis plus haut que ça ! Quelle allure, quel maintien ! Quelle liberté, de ne pas subir l'influence de l'amour, tandis que cette femme a des allures d'esclave ! Oui, c'est grisant, et nous n'avons rien à nous reprocher puisque nous restons innocents du désir et de l'amour en planant au-dessus de tout ça. Mais est-ce vraiment vertueux ? En aucun cas. Jouir de son innocence, c'est d'un part très malsain, et d'autre part, ça fait souffrir autrui. Un Hyppolite vertueux aurait compati envers les femmes qui l'aiment plutôt que d'en faire les instruments de son orgueil.
Phèdre, à l'opposé, c'est la femme qui n'a plus aucune retenue par passion. Elle a beau se refréner, tout chez elle explose et brûle. Ca la dépasse. Son corps transpire le sexe, sa volonté est une guimauve. Pourtant, Phèdre est vertueuse. C'est une vertu vaincue. C'est une vertu spectatrice de son propre abaissement, et impuissante. Phèdre, c'est la chute de la dignité, de l'orgueil, c'est le désir rendu maître. Et ça, elle ne l'accepte jamais. Impuissante, elle continue de se haïr pour ce qu'elle fait. Elle n'arrive pas à s'en empêcher, mais elle se répugne elle-même pour son impuissance.
Il faut imaginer une femme mariée, fidèle et digne dans son rôle d'épouse. Contrairement à Hyppolite, elle ne proclame pas son innocence à tout va, mais elle se sent légitime, comme quelqu'un qui n'a pas fauté. Puis vient un autre homme, elle résiste, mais plus elle résiste, plus elle tombe amoureuse. Rien n'y fait, elle veut rester fidèle, mais son désir fait fléchir sa volonté. On peut même l'imaginer fléchir jusqu'au point de se faire pulvériser en levrette, soulagée dans son désir comblé, mais se méprisant intérieurement et voulant être dégradée pour ça. Ca peut expliquer beaucoup de comportements féminins de nos jours.
Racine ne va pas jusque là, il frustre le désir resté inaccompli, et il abaisse la vertu qui a révélé ce désir. C'est un équilibre sournois qui inflige la double peine, tout en respectant les moeurs de l'époque.
Et c'est bien là tout le génie de l'auteur : il nous livre une pièce sur le désir ! C'est intime au possible. Et tout en restant décent, il nous montre l'indécence ! Hyppolite, c'est l'archétype de l'homme coquet qui aime être désiré sans désirer en retour. Thésée, c'est le séducteur. Phèdre, c'est la femme tentée et Aricie est la jeune amoureuse. Sous couvert d'intrigues politiques, Racine explore la sexualité de chacun et nous révèle des dynamiques sociales qui sont encore vraies de nos jours, bien que les hommes comme Hyppolite soient essentiellement devenues des femmes. C'est surtout la figure de Phèdre qui est parlante, et qui décrit encore une réalité encore majoritairement vécue par les femmes à notre époque. Le paradoxe entre la volonté d'être pure, et le désir
Je dirais pour conclure qu'il faut dédramatiser le désir, cesser d'en faire quelque chose de dégradant, et accepter ces pulsions, qu'elles soient assouvies ou non, car nous sommes des animaux et c'est très bien. Alors le couple libre, le polyamour, oui, je cautionne !
@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
il y a 7 jours
Mon feedback égocentrique à l'emporte-pièces (j'assume) : je suis un Chad de 2 mètres mais bas statut qui a frustré des poufs de terrasse de bar en passant régulièrement à côté sans les calculer
et elles sont devenues méchantes envers moi. Les femmes de l'œuvre n'ont juste pas ce pouvoir et la crasse qu'Aphrodite lui fait pour se venger de sa chasteté et de son dévouement à Artémis symbolise indirectement ce qu'elles feraient si elles l'avaient. En somme il a raison de mépriser les femmes car ce sont des animaux luxurieux et en plus de ça fourbes.
il y a 7 jours
Tu dois être l'un des rares à être vraiment bien sa tête ici l'op.
Il fait du victim blaming misandre. Un homme qui a factuellement rien fait est coupable : on fait primer l'émotion sur le fait. Lecture de gauchiotte.
il y a 7 jours
Tu dois être l'un des rares à être vraiment bien sa tête ici l'op.
Merci
il y a 7 jours
Mon feedback égocentrique à l'emporte-pièces (j'assume) : je suis un Chad de 2 mètres mais bas statut qui a frustré des poufs de terrasse de bar en passant régulièrement à côté sans les calculer
et elles sont devenues méchantes envers moi. Les femmes de l'œuvre n'ont juste pas ce pouvoir et la crasse qu'Aphrodite lui fait pour se venger de sa chasteté et de son dévouement à Artémis symbolise indirectement ce qu'elles feraient si elles l'avaient. En somme il a raison de mépriser les femmes car ce sont des animaux luxurieux et en plus de ça fourbes.
Mais ayaaaa t'es un fou furieux
Je projette un peu trop de modernisme dans mon commentaire mais toi c'est abusé
Je projette un peu trop de modernisme dans mon commentaire mais toi c'est abusé
il y a 7 jours
Merci
Je ne sais pas tu parles de philosophie, de randonnées en montagne (ce que j'adore l'été).
Bref autre chose que "je veux crever", ou "ouin ouin société de merde" lol
Bref autre chose que "je veux crever", ou "ouin ouin société de merde" lol
il y a 7 jours
Je ne sais pas tu parles de philosophie, de randonnées en montagne (ce que j'adore l'été).
Bref autre chose que "je veux crever", ou "ouin ouin société de merde" lol
Bref autre chose que "je veux crever", ou "ouin ouin société de merde" lol
J'étais dépressif durant l'enfance alors j'ai pu devenir convalescent assez jeune et maintenant j'ai une véritable rage de vivre ouais
il y a 7 jours
J'étais dépressif durant l'enfance alors j'ai pu devenir convalescent assez jeune et maintenant j'ai une véritable rage de vivre ouais
Moi j'ai commencé à être dépressif vers l'âge de 6 ans, c'est à partir de là que j'ai commencé à avoir des idées suicidaires et d'autodestruction.
il y a 7 jours
Moi j'ai commencé à être dépressif vers l'âge de 6 ans, c'est à partir de là que j'ai commencé à avoir des idées suicidaires et d'autodestruction.
Pareil, 7 ou 8 ans ça a duré une bonne décennie. Tu t'en es sorti ?
il y a 7 jours
Pareil, 7 ou 8 ans ça a duré une bonne décennie. Tu t'en es sorti ?
Difficilement,
actuellement j'essaye de faire du sport le plus souvent possible ça m'aide à me sentir plus détendu.
Comme l'été ou je marchais seul en montagne, ça me faisait du bien au niveau de l'esprit.
actuellement j'essaye de faire du sport le plus souvent possible ça m'aide à me sentir plus détendu.
Comme l'été ou je marchais seul en montagne, ça me faisait du bien au niveau de l'esprit.
il y a 7 jours
On pourrait penser qu'Hyppolite est la victime innocente d'une Phèdre infâme, mais je crois plutôt le contraire. Hyppolite est innocent, mais il n'est pas vertueux, tandis que Phèdre est coupable, et sa vertu la torture. Hyppolite a les mains propres, mais c'est par orgueil qu'il les a. Il veut continuer de se sentir parfait, irréprochable, intouchable, éthérée, c'est tout ce qui l'intéresse. Il se soucie bien peu de Phèdre ou des femmes qui l'ont aimé, pire, il les hais. Ce prétendu héro de pureté, ce n'est qu'un pharisien, ce n'est qu'un pudique.
Nous pouvons tous éprouver ce que ressent Hyppolite en jouant l'homme froid et insensible envers les femmes. On se laisse désirer en faisant semblant de ne pas s'en apercevoir. Ah, c'est plaisant, n'est-ce pas ? Cette femme s'abaisse à m'aimer, mais je suis plus haut que ça ! Quelle allure, quel maintien ! Quelle liberté, de ne pas subir l'influence de l'amour, tandis que cette femme a des allures d'esclave ! Oui, c'est grisant, et nous n'avons rien à nous reprocher puisque nous restons innocents du désir et de l'amour en planant au-dessus de tout ça. Mais est-ce vraiment vertueux ? En aucun cas. Jouir de son innocence, c'est d'un part très malsain, et d'autre part, ça fait souffrir autrui. Un Hyppolite vertueux aurait compati envers les femmes qui l'aiment plutôt que d'en faire les instruments de son orgueil.
Phèdre, à l'opposé, c'est la femme qui n'a plus aucune retenue par passion. Elle a beau se refréner, tout chez elle explose et brûle. Ca la dépasse. Son corps transpire le sexe, sa volonté est une guimauve. Pourtant, Phèdre est vertueuse. C'est une vertu vaincue. C'est une vertu spectatrice de son propre abaissement, et impuissante. Phèdre, c'est la chute de la dignité, de l'orgueil, c'est le désir rendu maître. Et ça, elle ne l'accepte jamais. Impuissante, elle continue de se haïr pour ce qu'elle fait. Elle n'arrive pas à s'en empêcher, mais elle se répugne elle-même pour son impuissance.
Il faut imaginer une femme mariée, fidèle et digne dans son rôle d'épouse. Contrairement à Hyppolite, elle ne proclame pas son innocence à tout va, mais elle se sent légitime, comme quelqu'un qui n'a pas fauté. Puis vient un autre homme, elle résiste, mais plus elle résiste, plus elle tombe amoureuse. Rien n'y fait, elle veut rester fidèle, mais son désir fait fléchir sa volonté. On peut même l'imaginer fléchir jusqu'au point de se faire pulvériser en levrette, soulagée dans son désir comblé, mais se méprisant intérieurement et voulant être dégradée pour ça. Ca peut expliquer beaucoup de comportements féminins de nos jours.
Racine ne va pas jusque là, il frustre le désir resté inaccompli, et il abaisse la vertu qui a révélé ce désir. C'est un équilibre sournois qui inflige la double peine, tout en respectant les moeurs de l'époque.
Et c'est bien là tout le génie de l'auteur : il nous livre une pièce sur le désir ! C'est intime au possible. Et tout en restant décent, il nous montre l'indécence ! Hyppolite, c'est l'archétype de l'homme coquet qui aime être désiré sans désirer en retour. Thésée, c'est le séducteur. Phèdre, c'est la femme tentée et Aricie est la jeune amoureuse. Sous couvert d'intrigues politiques, Racine explore la sexualité de chacun et nous révèle des dynamiques sociales qui sont encore vraies de nos jours, bien que les hommes comme Hyppolite soient essentiellement devenues des femmes. C'est surtout la figure de Phèdre qui est parlante, et qui décrit encore une réalité encore majoritairement vécue par les femmes à notre époque. Le paradoxe entre la volonté d'être pure, et le désir
Je dirais pour conclure qu'il faut dédramatiser le désir, cesser d'en faire quelque chose de dégradant, et accepter ces pulsions, qu'elles soient assouvies ou non, car nous sommes des animaux et c'est très bien. Alors le couple libre, le polyamour, oui, je cautionne !
@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
Nous pouvons tous éprouver ce que ressent Hyppolite en jouant l'homme froid et insensible envers les femmes. On se laisse désirer en faisant semblant de ne pas s'en apercevoir. Ah, c'est plaisant, n'est-ce pas ? Cette femme s'abaisse à m'aimer, mais je suis plus haut que ça ! Quelle allure, quel maintien ! Quelle liberté, de ne pas subir l'influence de l'amour, tandis que cette femme a des allures d'esclave ! Oui, c'est grisant, et nous n'avons rien à nous reprocher puisque nous restons innocents du désir et de l'amour en planant au-dessus de tout ça. Mais est-ce vraiment vertueux ? En aucun cas. Jouir de son innocence, c'est d'un part très malsain, et d'autre part, ça fait souffrir autrui. Un Hyppolite vertueux aurait compati envers les femmes qui l'aiment plutôt que d'en faire les instruments de son orgueil.
Phèdre, à l'opposé, c'est la femme qui n'a plus aucune retenue par passion. Elle a beau se refréner, tout chez elle explose et brûle. Ca la dépasse. Son corps transpire le sexe, sa volonté est une guimauve. Pourtant, Phèdre est vertueuse. C'est une vertu vaincue. C'est une vertu spectatrice de son propre abaissement, et impuissante. Phèdre, c'est la chute de la dignité, de l'orgueil, c'est le désir rendu maître. Et ça, elle ne l'accepte jamais. Impuissante, elle continue de se haïr pour ce qu'elle fait. Elle n'arrive pas à s'en empêcher, mais elle se répugne elle-même pour son impuissance.
Il faut imaginer une femme mariée, fidèle et digne dans son rôle d'épouse. Contrairement à Hyppolite, elle ne proclame pas son innocence à tout va, mais elle se sent légitime, comme quelqu'un qui n'a pas fauté. Puis vient un autre homme, elle résiste, mais plus elle résiste, plus elle tombe amoureuse. Rien n'y fait, elle veut rester fidèle, mais son désir fait fléchir sa volonté. On peut même l'imaginer fléchir jusqu'au point de se faire pulvériser en levrette, soulagée dans son désir comblé, mais se méprisant intérieurement et voulant être dégradée pour ça. Ca peut expliquer beaucoup de comportements féminins de nos jours.
Racine ne va pas jusque là, il frustre le désir resté inaccompli, et il abaisse la vertu qui a révélé ce désir. C'est un équilibre sournois qui inflige la double peine, tout en respectant les moeurs de l'époque.
Et c'est bien là tout le génie de l'auteur : il nous livre une pièce sur le désir ! C'est intime au possible. Et tout en restant décent, il nous montre l'indécence ! Hyppolite, c'est l'archétype de l'homme coquet qui aime être désiré sans désirer en retour. Thésée, c'est le séducteur. Phèdre, c'est la femme tentée et Aricie est la jeune amoureuse. Sous couvert d'intrigues politiques, Racine explore la sexualité de chacun et nous révèle des dynamiques sociales qui sont encore vraies de nos jours, bien que les hommes comme Hyppolite soient essentiellement devenues des femmes. C'est surtout la figure de Phèdre qui est parlante, et qui décrit encore une réalité encore majoritairement vécue par les femmes à notre époque. Le paradoxe entre la volonté d'être pure, et le désir
Je dirais pour conclure qu'il faut dédramatiser le désir, cesser d'en faire quelque chose de dégradant, et accepter ces pulsions, qu'elles soient assouvies ou non, car nous sommes des animaux et c'est très bien. Alors le couple libre, le polyamour, oui, je cautionne !
@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
il y a 7 jours
Difficilement,
actuellement j'essaye de faire du sport le plus souvent possible ça m'aide à me sentir plus détendu.
Comme l'été ou je marchais seul en montagne, ça me faisait du bien au niveau de l'esprit.
actuellement j'essaye de faire du sport le plus souvent possible ça m'aide à me sentir plus détendu.
Comme l'été ou je marchais seul en montagne, ça me faisait du bien au niveau de l'esprit.
Continue, reste surtout pas inactif
il y a 7 jours
Tu lis combien de livre par mois khey wayo
4 en ce moment. Je bosse que 45h semaine ça me laisse beaucoup de temps par rapport aux périodes où je voyage
il y a 7 jours
Mais ayaaaa t'es un fou furieux
Je projette un peu trop de modernisme dans mon commentaire mais toi c'est abusé
Je projette un peu trop de modernisme dans mon commentaire mais toi c'est abusé
C'est mon anecdote de merde qui donne cette impression mais sinon c'est juste un effet miroir à ta lecture orientée. Si Hippolyte était une femme et Aphrodite un homme il est évident que ce serait une grande référence de "littérature misogyne" dans les académies, où une mortelle est punie par simple vexation d'un dieu masculin pour avoir méprisé un principe masculin.
Mais dans le cas de figure ici, on en rajoute carrément en disant que le mec est coupable. Je trouve ça vraiment fascinant.
Mais dans le cas de figure ici, on en rajoute carrément en disant que le mec est coupable. Je trouve ça vraiment fascinant.
il y a 7 jours
La façon dont meurt Hyppolite ne témoigne-t-elle pas de la façon dont il gardait son image parfaite? Simplement par son inaction? La façon dont il meurt c’est peut-être la révélation ultime de sa fraude, une image maintenue par orgueil alors qu’il ne prenait jamais de risques et se contentait de rester sage, il attend même la mort de son propre père pour affirmer son amour a Aricie plutôt que de s’affirmer, preuve de sa lâcheté.
« L’agressivité, l’ardeur, le tempérament, le courage, la générosité, la vaillance, le PAPÉDÉ ! »
il y a 7 jours
Jurmorok
7j
La façon dont meurt Hyppolite ne témoigne-t-elle pas de la façon dont il gardait son image parfaite? Simplement par son inaction? La façon dont il meurt c’est peut-être la révélation ultime de sa fraude, une image maintenue par orgueil alors qu’il ne prenait jamais de risques et se contentait de rester sage, il attend même la mort de son propre père pour affirmer son amour a Aricie plutôt que de s’affirmer, preuve de sa lâcheté.
C'est Racine qui a explicitement ajouté ça au mythe originel pour le rendre plus coupable aux yeux des gens. C'est dire à quel point j'ai raison.
il y a 7 jours
Hippolyte meurt exactement pour la même raison qu'Arachné : parce qu'une déesse est vexée de la vertu ou de l'ingéniosité humaine. C'est tout.
(Enfin elle devient araignée
)
(Enfin elle devient araignée
il y a 7 jours




















