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Connectez-vous pour masquer les pubsEt bien je n'avais aucune idée que c'était toi clé, je l'ai trouvé sur JVC
Cela dit tu es, de fait, un ultra libéral, ou à moins que ce soit une erreur de ma part, explique moi.
Par ailleurs je ne te taxe pas d'existentialiste, seulement tes arguments découlent de cette idéologie
Cela dit tu es, de fait, un ultra libéral, ou à moins que ce soit une erreur de ma part, explique moi.
Par ailleurs je ne te taxe pas d'existentialiste, seulement tes arguments découlent de cette idéologie
Le courant le plus proche de ma pensée serait plutôt le libertarianisme, à part que moi je ne reste pas que sur des principes généraux mais j'approfondis pour le cas spécifique de ma propre espèce, qui n'est ni humaine ni LGBT du reste, mais, pour vulgariser, ressemblerait davantage à quelque chose comme un bunker réservé à 2 personnes et leurs enfants qui n'en sortent jamais à moins de le vouloir, mais jamais de force (donc à cause d'el famoso Léviathan avec l'école prussienne etc.)
Cependant j'ignore dans quelle mesure ultra-libéralisme et libertarianisme sont solubles l'un dans l'autre
Cependant j'ignore dans quelle mesure ultra-libéralisme et libertarianisme sont solubles l'un dans l'autre
Crépuscule des mythomanes : https://onche.org/topic/1[...]du-forum#message_20107982
il y a 4 mois
Proutojine-
4 mois
Ce topic est la suite directe de celui-ci :
https://onche.org/topic/1[...]re-contre-la-liberte-ep-2
Pour lire la série depuis le début, c'est ici :
https://onche.org/topic/1[...]re-contre-la-liberte-ep-1
Il est bon, après les deux premières étapes de notre raisonnement, d’avoir établi d’une part première que la liberté, sous la forme qu’elle prend dans le monde post-moderne, se caractérise par le plaisir de voir l’orexis se réaliser matériellement, c’est-à-dire par le désir de la transgression spectaculaire, d’autre part que cette liberté est synonyme de régression, et ce jusqu’à l’archaïsme pré-Socratique (et d’ailleurs carrément pré-hellénique) où le concept de liberté s’affranchissait de toute considération sur la nuance entre désir et volonté. Enfin, nous observions que la transgression post-moderne de l’ordre social, sans encore considérer l’ordre moral, correspondait en réalité la constitution d’un ordre social nouveau, antagoniste à l’idée même de la transgression, en tant que l’ordre de la transgression conformiste.
Je lisais il y a quelques temps le texte d’un ultra-libéral, qu’ici je ne puis nommer.
«La démocratie et la dictature ne sont pas du tout des contraires, elles sont les deux faces d'une même pièce, elles ont l'essentiel en commun : elles commencent par désigner une somme d'individus comme sujet du droit, et ensuite seulement s'inquiètent de ce en quoi consistera ce droit. À côté de cette donnée centrale, savoir si c'est à un seul homme ou à plusieurs, ou bien à tous, pour une durée prédéterminée ou ad vitam, héréditaire ou pas de décider de la loi, ou bien jusqu'à la teneur de la loi elle-même, tout cela devient presque anecdotique.
Je suis d'accord pour dire que les nationalismes locaux sont un outil anti-impérialiste mais n'est-il pas plus pertinent de dire que « la liberté des peuples de disposer d'eux-mêmes », c'est souvent surtout le nom de code de la liberté des chefs de disposer des autres ? Quid d'un « peuple » dont certains membres ne veulent pas en faire partie ? Est-ce encore seulement un peuple quand il reconnaît ses membres indépendamment de leur souscription ? Bien sûr que non. Il n'y a pas, soit dit en passant, en ce sens, de peuple français, quelque soit l'ouverture qu'il eut ou pas à l’assimilation d’immigrés. »
Il est commun aujourd’hui de rencontrer des arguments semblables, très souvent moins cohérents par leur mise en forme ou leur syntaxe, mais de fondement identique : l’appartenance à un peuple, à un pays, à une ethnie, à une culture, s’oppose diamétralement au principe de liberté absolue de se faire soi-même, autrement dit, est intrinsèquement déterministe.
Toute notion d'appartenance à un groupe d'êtres humains dont l'attache est autre que la volonté propre de l'intégralité de ses membres devient donc ennemie de l'existentialisme. C'est d'autant plus évident chez Sartre, qui n'hésite pas, sans les nommer explicitement, à induire que le "fardeau" de la liberté des hommes les poussent à la vendre à ces mêmes entités afin de pouvoir s'abroger de la responsabilité inhérente aux actes de l'homme "libre". Si je suis libre, alors je suis responsable de ce que je fais. Sinon, c'est la faute de celui qui m'oppresse. D'où l'existence des nations. Réécriture partielle mais drastique du contrat social, qui n'étonnera personne compte tenu des proximités philosophiques du jeune crapaud et des hommes des Lu(cifer)mières.
Essayons de ne pas trop nous écarter de la question nationale (ou simplement sociale) pour le moment. Le contrat social suppose deux parties prenantes, l'une étant la multitude des hommes, l'autre étant le Léviathan. Les faibles et les forts ? Pas à proprement parler. Le peuple et l'Autorité en tout cas. Où réside la légitimité de ce contrat ? Dans la volonté populaire qui a conduit le peuple (ce sur quoi s'exerce le pouvoir) à soumettre sa volonté en deçà de sa sécurité, contraignant le Léviathan à s'acquitter de son devoir de protection sous peine de voir le peuple rompre le contrat, et ainsi de faire sécession. Machiavel l'avait compris avant Hobbes, il avait même vu beaucoup plus loin : pour permettre au contrat social de subsister, il suffit de s'assurer que le peuple croit que le rôle du Léviathan est bien rempli. Or c'est là que réside le cœur du problème démocratique.
On a souvent reproché à l'État nation de l'Ancien Régime sa barbarie, son archaïsme et sa violence. Que je sache, les renversements de régimes (pas de dirigeants, de régimes) conservaient une dimension exceptionnelle, du moins par rapport à aujourd'hui. Je pense qu'on peut dire sans trop s'avancer que le Léviathan remplissait sa part du contrat social, d'autant plus que la symétrie des capacités militaires étaient telles que les révolutions et rébellions en tout genre étaient plus à mêmes de connaître un succès tant qu'elles étaient soutenues par une masse populaire organisée suffisamment nombreuse. Il aura suffi de donner au peuple l'illusion que le Roi avait cessé de les protéger pour qu'un petit nombre de bourgeois parisiens renversent le Léviathan millénaire à jamais.
En démocratie, ce genre de revirement politique est impossible, parce que le peuple ne cherche jamais à rompre le contrat social, seulement à substituer à ses "chefs" une nouvelle figure dirigeante. La gauche échoue ? Élisons la droite. La droite oppresse ? Élisons les centristes. De temps en temps, on regarde à l'extrême, droite ou gauche, mais qui ne remet jamais en question le principe de souveraineté populaire, sinon ces extrêmes seraient considérées depuis longtemps comme des terroristes. Les coups d'États et révolutions populaires du monde post moderne aboutissent d'ailleurs presque toujours à l'instauration (ou la ré-instauration) d'un régime fondé sur des élections démocratiques régulières. Le seul, en fait, qui a le pouvoir de rompre le contrat, c'est le Léviathan, qui peut transformer sa démocratie en dictature une fois s'être assuré que l'opinion publique était soit suffisamment docile, soit suffisamment faible, pour qu'il ne soit pas inquiété. Un contrat fort déséquilibré, donc.
Le contrat social s'est transformé en asservissement dès lors que le peuple s'est placé en tant que seul détenteur du pouvoir. Pourquoi ? Deux raisons. La première, puisque le peuple n'est supposément plus asservi mais qu'il prend ses propres décisions, il n'est alors plus contraint d'agir selon la volonté d'un autre. L'existentialisme peut alors éclore, l'homme est responsable de sa Liberté : le crapaud est content. La deuxième, parce que dès lors que c'est le peuple qui dirige, et tant qu'il dirige, sa politique sera invariablement et pour toujours sensiblement la même. On peut changer de dirigeant, on ne peut pas changer un peuple. À moins de le marteler de propagande sur plusieurs générations. Ou de le remplacer tout simplement par un peuple étranger... Rien de tout ça ne vous semble familier ?
La démocratie n'est pas la liberté du peuple, c'est son asservissement. À qui ? La question mérite une considération à elle seule. Plus important, demandons-nous pourquoi ériger la liberté en culte suprême de l'individu conduirait nécessairement les peuples à s'en débarrasser aussitôt en tant que nations.
Parce que oui, si l'individu est libre, il n'est pas obligé d'être français, au même titre qu'il n'est pas obligé d'être un homme, ou même un être humain , ou même un être vivant (effectivement la gauche post moderne sera allée jusque là). Puisque l'identité n'est plus que ce que l'individu décide d'être à un instant précis (la gauche post moderne allant jusqu'à revendiquer l'existence "d'alters" ou de personnalités et affinités changeantes), il n'y a donc plus de légitimité à appartenir au peuple français : l'existentialisme induit la Mort des nations puisque si l'homme n'est que ce qu'il se fait, il doit pouvoir adhérer à n'importe quelle union populaire de n'importe quelle nature, simplement suivant ses désirs, et ce instantanément. D'où l'émergence de nouvelles communautés internationales, sans territoires, implantées à la fois partout et nulle part mais présentant tout de même une forme de "patriotisme" (ou de sectarisme, il n'y a pas à ma connaissance de terme approprié, le mot "communautarisme" étant souvent utilisé de manière abusive) malgré leur absence de lien de sang ou de populations, comme la communauté LGBT, par exemple. On pourra d'ailleurs dire que cette communauté est plus fermée que la plupart des frontières nationales des états occidentaux, ce qui constitue un nouveau paradoxe, puisqu'encore une fois cette "libéral-liberté" (décidément il faut que je trouve un terme approprié) ne considère comme légitime que les libérations transgressives, c'est à dire celles qui perturbent l'ordre social établi. On revient à l'orexis. Ce sont les nouvelles nations, les nouveaux Leviathans, ceux qui possèderont dans un futur plus ou moins proche le monopole de la violence légitime. Rassurant ?
Quid de la liberté de penser, alors ? Et ces nouvelles nations, n'ont elles pas pour but de s'universaliser ? D'autres considérations répondront à ces questions.
Pour lire la série depuis le début, c'est ici :
Il est bon, après les deux premières étapes de notre raisonnement, d’avoir établi d’une part première que la liberté, sous la forme qu’elle prend dans le monde post-moderne, se caractérise par le plaisir de voir l’orexis se réaliser matériellement, c’est-à-dire par le désir de la transgression spectaculaire, d’autre part que cette liberté est synonyme de régression, et ce jusqu’à l’archaïsme pré-Socratique (et d’ailleurs carrément pré-hellénique) où le concept de liberté s’affranchissait de toute considération sur la nuance entre désir et volonté. Enfin, nous observions que la transgression post-moderne de l’ordre social, sans encore considérer l’ordre moral, correspondait en réalité la constitution d’un ordre social nouveau, antagoniste à l’idée même de la transgression, en tant que l’ordre de la transgression conformiste.
Je lisais il y a quelques temps le texte d’un ultra-libéral, qu’ici je ne puis nommer.
«La démocratie et la dictature ne sont pas du tout des contraires, elles sont les deux faces d'une même pièce, elles ont l'essentiel en commun : elles commencent par désigner une somme d'individus comme sujet du droit, et ensuite seulement s'inquiètent de ce en quoi consistera ce droit. À côté de cette donnée centrale, savoir si c'est à un seul homme ou à plusieurs, ou bien à tous, pour une durée prédéterminée ou ad vitam, héréditaire ou pas de décider de la loi, ou bien jusqu'à la teneur de la loi elle-même, tout cela devient presque anecdotique.
Je suis d'accord pour dire que les nationalismes locaux sont un outil anti-impérialiste mais n'est-il pas plus pertinent de dire que « la liberté des peuples de disposer d'eux-mêmes », c'est souvent surtout le nom de code de la liberté des chefs de disposer des autres ? Quid d'un « peuple » dont certains membres ne veulent pas en faire partie ? Est-ce encore seulement un peuple quand il reconnaît ses membres indépendamment de leur souscription ? Bien sûr que non. Il n'y a pas, soit dit en passant, en ce sens, de peuple français, quelque soit l'ouverture qu'il eut ou pas à l’assimilation d’immigrés. »
Il est commun aujourd’hui de rencontrer des arguments semblables, très souvent moins cohérents par leur mise en forme ou leur syntaxe, mais de fondement identique : l’appartenance à un peuple, à un pays, à une ethnie, à une culture, s’oppose diamétralement au principe de liberté absolue de se faire soi-même, autrement dit, est intrinsèquement déterministe.
Toute notion d'appartenance à un groupe d'êtres humains dont l'attache est autre que la volonté propre de l'intégralité de ses membres devient donc ennemie de l'existentialisme. C'est d'autant plus évident chez Sartre, qui n'hésite pas, sans les nommer explicitement, à induire que le "fardeau" de la liberté des hommes les poussent à la vendre à ces mêmes entités afin de pouvoir s'abroger de la responsabilité inhérente aux actes de l'homme "libre". Si je suis libre, alors je suis responsable de ce que je fais. Sinon, c'est la faute de celui qui m'oppresse. D'où l'existence des nations. Réécriture partielle mais drastique du contrat social, qui n'étonnera personne compte tenu des proximités philosophiques du jeune crapaud et des hommes des Lu(cifer)mières.
Essayons de ne pas trop nous écarter de la question nationale (ou simplement sociale) pour le moment. Le contrat social suppose deux parties prenantes, l'une étant la multitude des hommes, l'autre étant le Léviathan. Les faibles et les forts ? Pas à proprement parler. Le peuple et l'Autorité en tout cas. Où réside la légitimité de ce contrat ? Dans la volonté populaire qui a conduit le peuple (ce sur quoi s'exerce le pouvoir) à soumettre sa volonté en deçà de sa sécurité, contraignant le Léviathan à s'acquitter de son devoir de protection sous peine de voir le peuple rompre le contrat, et ainsi de faire sécession. Machiavel l'avait compris avant Hobbes, il avait même vu beaucoup plus loin : pour permettre au contrat social de subsister, il suffit de s'assurer que le peuple croit que le rôle du Léviathan est bien rempli. Or c'est là que réside le cœur du problème démocratique.
On a souvent reproché à l'État nation de l'Ancien Régime sa barbarie, son archaïsme et sa violence. Que je sache, les renversements de régimes (pas de dirigeants, de régimes) conservaient une dimension exceptionnelle, du moins par rapport à aujourd'hui. Je pense qu'on peut dire sans trop s'avancer que le Léviathan remplissait sa part du contrat social, d'autant plus que la symétrie des capacités militaires étaient telles que les révolutions et rébellions en tout genre étaient plus à mêmes de connaître un succès tant qu'elles étaient soutenues par une masse populaire organisée suffisamment nombreuse. Il aura suffi de donner au peuple l'illusion que le Roi avait cessé de les protéger pour qu'un petit nombre de bourgeois parisiens renversent le Léviathan millénaire à jamais.
En démocratie, ce genre de revirement politique est impossible, parce que le peuple ne cherche jamais à rompre le contrat social, seulement à substituer à ses "chefs" une nouvelle figure dirigeante. La gauche échoue ? Élisons la droite. La droite oppresse ? Élisons les centristes. De temps en temps, on regarde à l'extrême, droite ou gauche, mais qui ne remet jamais en question le principe de souveraineté populaire, sinon ces extrêmes seraient considérées depuis longtemps comme des terroristes. Les coups d'États et révolutions populaires du monde post moderne aboutissent d'ailleurs presque toujours à l'instauration (ou la ré-instauration) d'un régime fondé sur des élections démocratiques régulières. Le seul, en fait, qui a le pouvoir de rompre le contrat, c'est le Léviathan, qui peut transformer sa démocratie en dictature une fois s'être assuré que l'opinion publique était soit suffisamment docile, soit suffisamment faible, pour qu'il ne soit pas inquiété. Un contrat fort déséquilibré, donc.
Le contrat social s'est transformé en asservissement dès lors que le peuple s'est placé en tant que seul détenteur du pouvoir. Pourquoi ? Deux raisons. La première, puisque le peuple n'est supposément plus asservi mais qu'il prend ses propres décisions, il n'est alors plus contraint d'agir selon la volonté d'un autre. L'existentialisme peut alors éclore, l'homme est responsable de sa Liberté : le crapaud est content. La deuxième, parce que dès lors que c'est le peuple qui dirige, et tant qu'il dirige, sa politique sera invariablement et pour toujours sensiblement la même. On peut changer de dirigeant, on ne peut pas changer un peuple. À moins de le marteler de propagande sur plusieurs générations. Ou de le remplacer tout simplement par un peuple étranger... Rien de tout ça ne vous semble familier ?
La démocratie n'est pas la liberté du peuple, c'est son asservissement. À qui ? La question mérite une considération à elle seule. Plus important, demandons-nous pourquoi ériger la liberté en culte suprême de l'individu conduirait nécessairement les peuples à s'en débarrasser aussitôt en tant que nations.
Parce que oui, si l'individu est libre, il n'est pas obligé d'être français, au même titre qu'il n'est pas obligé d'être un homme, ou même un être humain , ou même un être vivant (effectivement la gauche post moderne sera allée jusque là). Puisque l'identité n'est plus que ce que l'individu décide d'être à un instant précis (la gauche post moderne allant jusqu'à revendiquer l'existence "d'alters" ou de personnalités et affinités changeantes), il n'y a donc plus de légitimité à appartenir au peuple français : l'existentialisme induit la Mort des nations puisque si l'homme n'est que ce qu'il se fait, il doit pouvoir adhérer à n'importe quelle union populaire de n'importe quelle nature, simplement suivant ses désirs, et ce instantanément. D'où l'émergence de nouvelles communautés internationales, sans territoires, implantées à la fois partout et nulle part mais présentant tout de même une forme de "patriotisme" (ou de sectarisme, il n'y a pas à ma connaissance de terme approprié, le mot "communautarisme" étant souvent utilisé de manière abusive) malgré leur absence de lien de sang ou de populations, comme la communauté LGBT, par exemple. On pourra d'ailleurs dire que cette communauté est plus fermée que la plupart des frontières nationales des états occidentaux, ce qui constitue un nouveau paradoxe, puisqu'encore une fois cette "libéral-liberté" (décidément il faut que je trouve un terme approprié) ne considère comme légitime que les libérations transgressives, c'est à dire celles qui perturbent l'ordre social établi. On revient à l'orexis. Ce sont les nouvelles nations, les nouveaux Leviathans, ceux qui possèderont dans un futur plus ou moins proche le monopole de la violence légitime. Rassurant ?
Quid de la liberté de penser, alors ? Et ces nouvelles nations, n'ont elles pas pour but de s'universaliser ? D'autres considérations répondront à ces questions.
"La démocratie n'est pas la liberté du peuple, c'est son asservissement."
Après j'ai rien contre l'idée de liberté.
Mais la conception de la liberté aujourd'hui, c'est que tout le monde en France a l'illusion de pouvoir s'épanouir librement mais en vérité cette "liberté" se fait en les dépossedant de leur identité et territoires et en inversant les valeurs et glorifiant la faiblesse, empêchant les gens de s'élever au dessus de leurs conditions.
En plus cette pseudo liberté fait qu'on doit souvent payer pour une minorité.
Après j'ai rien contre l'idée de liberté.
Mais la conception de la liberté aujourd'hui, c'est que tout le monde en France a l'illusion de pouvoir s'épanouir librement mais en vérité cette "liberté" se fait en les dépossedant de leur identité et territoires et en inversant les valeurs et glorifiant la faiblesse, empêchant les gens de s'élever au dessus de leurs conditions.
En plus cette pseudo liberté fait qu'on doit souvent payer pour une minorité.
From the river to the sea, to Auschwitz
il y a 4 mois
J'ai lu, je crois que j'y répondrai de façon plus élaborée plus tard quand j'aurai du temps libre, mais je sens un sévère manque de Tocqueville dans cette analyse.
Merci d'abord pour ta réponse clé, ça fait toujours plaisir même dans la contradiction.
Cela dit je ne vois pas trop comment les aventures mondaines autour de dîner bourgeois en Amérique dz Tocqueville pourrait légitimer la démocratie.
Cela dit je ne vois pas trop comment les aventures mondaines autour de dîner bourgeois en Amérique dz Tocqueville pourrait légitimer la démocratie.
Ave Maria
il y a 4 mois
Le courant le plus proche de ma pensée serait plutôt le libertarianisme, à part que moi je ne reste pas que sur des principes généraux mais j'approfondis pour le cas spécifique de ma propre espèce, qui n'est ni humaine ni LGBT du reste, mais, pour vulgariser, ressemblerait davantage à quelque chose comme un bunker réservé à 2 personnes et leurs enfants qui n'en sortent jamais à moins de le vouloir, mais jamais de force (donc à cause d'el famoso Léviathan avec l'école prussienne etc.)
Cependant j'ignore dans quelle mesure ultra-libéralisme et libertarianisme sont solubles l'un dans l'autre
Cependant j'ignore dans quelle mesure ultra-libéralisme et libertarianisme sont solubles l'un dans l'autre
Libertarianisme qui est juste une version plus avancée du libéralisme en fait.
Toute ma thèse c'est que je vois le libéralisme comme un processus, le libertarianisme en est une étape.
Par ailleurs je me souviens qu'on avait déjà eu une discussion sur ta vision fausse (c'est mon avis) de l'espèce. Tu sembles être anti speciste, si les hommes ne sont pas de la même espèce alors un homme d'une espèce différente vaut autant qu'un animal ?
Toute ma thèse c'est que je vois le libéralisme comme un processus, le libertarianisme en est une étape.
Par ailleurs je me souviens qu'on avait déjà eu une discussion sur ta vision fausse (c'est mon avis) de l'espèce. Tu sembles être anti speciste, si les hommes ne sont pas de la même espèce alors un homme d'une espèce différente vaut autant qu'un animal ?
Ave Maria
il y a 4 mois
"La démocratie n'est pas la liberté du peuple, c'est son asservissement."
Après j'ai rien contre l'idée de liberté.
Mais la conception de la liberté aujourd'hui, c'est que tout le monde en France a l'illusion de pouvoir s'épanouir librement mais en vérité cette "liberté" se fait en les dépossedant de leur identité et territoires et en inversant les valeurs et glorifiant la faiblesse, empêchant les gens de s'élever au dessus de leurs conditions.
En plus cette pseudo liberté fait qu'on doit souvent payer pour une minorité.
Après j'ai rien contre l'idée de liberté.
Mais la conception de la liberté aujourd'hui, c'est que tout le monde en France a l'illusion de pouvoir s'épanouir librement mais en vérité cette "liberté" se fait en les dépossedant de leur identité et territoires et en inversant les valeurs et glorifiant la faiblesse, empêchant les gens de s'élever au dessus de leurs conditions.
En plus cette pseudo liberté fait qu'on doit souvent payer pour une minorité.
Je suis d'accord mais va falloir définir l'idée de liberté justement.
Ave Maria
il y a 4 mois
Merci d'abord pour ta réponse clé, ça fait toujours plaisir même dans la contradiction.
Cela dit je ne vois pas trop comment les aventures mondaines autour de dîner bourgeois en Amérique dz Tocqueville pourrait légitimer la démocratie.
Cela dit je ne vois pas trop comment les aventures mondaines autour de dîner bourgeois en Amérique dz Tocqueville pourrait légitimer la démocratie.
Je ne veux pas légitimer la démocratie, mais la comprendre. L'analyse Toc est indispensable pour cela à mon avis
Déjà sur l'idée que le principe fondamental de la démocratie est l'égalité, bien plus que la liberté. Cela seul aurait changé tout ton pavé. Tu n'aurais peut être pas parlé de démocratie.
Ensuite, tu dis que la démocratie est l'asservissement du peuple et tu demandes : à qui ? Tocqueville répond déjà à ta question. Il affirme que la démocratie est le règne absolu de la majorité : le peuple est donc asservi à sa majorité.
Si 55% des citoyens votent pour un président, ça veut dire que 45% sont opprimés. Je crois que Tocqueville emploie ce mot précis, oppression. Il affirme sans problème que la démocratie opprime et à vrai dire c'est assez évident.
Tu affirmes ailleurs que le peuple ne peut que mener la même politique de façon invariable. Or Tocqueville explique qu'en démocratie, chaque génération est un nouveau peuple. On le voit assez clairement aujourd'hui, bien plus qu'à son époque je pense.
Si la politique est bloquée aujourd'hui, c'est parce qu'on n'est plus en démocratie depuis belle lurette (ou plus exactement, nous sommes en période de transition). La majorité est évidemment opposée à Macron et pourtant il reste là. D'ailleurs notre système électoral est vraiment n'importe quoi mais ça c'est un autre sujet.
Sur tes considérations plus philosophiques sur la liberté, je n'ai pas lu les 2 autres topics mais il me semble que tu en as une conception trop brute, même en parlant juste de l'idée moderne de la liberté. Ceci dit je n'ai pas lu donc je ne saurais dire. Je lirai et je répondrai ce soir (encore occupé...
)
Déjà sur l'idée que le principe fondamental de la démocratie est l'égalité, bien plus que la liberté. Cela seul aurait changé tout ton pavé. Tu n'aurais peut être pas parlé de démocratie.
Ensuite, tu dis que la démocratie est l'asservissement du peuple et tu demandes : à qui ? Tocqueville répond déjà à ta question. Il affirme que la démocratie est le règne absolu de la majorité : le peuple est donc asservi à sa majorité.
Si 55% des citoyens votent pour un président, ça veut dire que 45% sont opprimés. Je crois que Tocqueville emploie ce mot précis, oppression. Il affirme sans problème que la démocratie opprime et à vrai dire c'est assez évident.
Tu affirmes ailleurs que le peuple ne peut que mener la même politique de façon invariable. Or Tocqueville explique qu'en démocratie, chaque génération est un nouveau peuple. On le voit assez clairement aujourd'hui, bien plus qu'à son époque je pense.
Si la politique est bloquée aujourd'hui, c'est parce qu'on n'est plus en démocratie depuis belle lurette (ou plus exactement, nous sommes en période de transition). La majorité est évidemment opposée à Macron et pourtant il reste là. D'ailleurs notre système électoral est vraiment n'importe quoi mais ça c'est un autre sujet.
Sur tes considérations plus philosophiques sur la liberté, je n'ai pas lu les 2 autres topics mais il me semble que tu en as une conception trop brute, même en parlant juste de l'idée moderne de la liberté. Ceci dit je n'ai pas lu donc je ne saurais dire. Je lirai et je répondrai ce soir (encore occupé...
Au plaisir ~
il y a 4 mois
Proutojine-
4 mois
Ce topic est la suite directe de celui-ci :
https://onche.org/topic/1[...]re-contre-la-liberte-ep-2
Pour lire la série depuis le début, c'est ici :
https://onche.org/topic/1[...]re-contre-la-liberte-ep-1
Il est bon, après les deux premières étapes de notre raisonnement, d’avoir établi d’une part première que la liberté, sous la forme qu’elle prend dans le monde post-moderne, se caractérise par le plaisir de voir l’orexis se réaliser matériellement, c’est-à-dire par le désir de la transgression spectaculaire, d’autre part que cette liberté est synonyme de régression, et ce jusqu’à l’archaïsme pré-Socratique (et d’ailleurs carrément pré-hellénique) où le concept de liberté s’affranchissait de toute considération sur la nuance entre désir et volonté. Enfin, nous observions que la transgression post-moderne de l’ordre social, sans encore considérer l’ordre moral, correspondait en réalité la constitution d’un ordre social nouveau, antagoniste à l’idée même de la transgression, en tant que l’ordre de la transgression conformiste.
Je lisais il y a quelques temps le texte d’un ultra-libéral, qu’ici je ne puis nommer.
«La démocratie et la dictature ne sont pas du tout des contraires, elles sont les deux faces d'une même pièce, elles ont l'essentiel en commun : elles commencent par désigner une somme d'individus comme sujet du droit, et ensuite seulement s'inquiètent de ce en quoi consistera ce droit. À côté de cette donnée centrale, savoir si c'est à un seul homme ou à plusieurs, ou bien à tous, pour une durée prédéterminée ou ad vitam, héréditaire ou pas de décider de la loi, ou bien jusqu'à la teneur de la loi elle-même, tout cela devient presque anecdotique.
Je suis d'accord pour dire que les nationalismes locaux sont un outil anti-impérialiste mais n'est-il pas plus pertinent de dire que « la liberté des peuples de disposer d'eux-mêmes », c'est souvent surtout le nom de code de la liberté des chefs de disposer des autres ? Quid d'un « peuple » dont certains membres ne veulent pas en faire partie ? Est-ce encore seulement un peuple quand il reconnaît ses membres indépendamment de leur souscription ? Bien sûr que non. Il n'y a pas, soit dit en passant, en ce sens, de peuple français, quelque soit l'ouverture qu'il eut ou pas à l’assimilation d’immigrés. »
Il est commun aujourd’hui de rencontrer des arguments semblables, très souvent moins cohérents par leur mise en forme ou leur syntaxe, mais de fondement identique : l’appartenance à un peuple, à un pays, à une ethnie, à une culture, s’oppose diamétralement au principe de liberté absolue de se faire soi-même, autrement dit, est intrinsèquement déterministe.
Toute notion d'appartenance à un groupe d'êtres humains dont l'attache est autre que la volonté propre de l'intégralité de ses membres devient donc ennemie de l'existentialisme. C'est d'autant plus évident chez Sartre, qui n'hésite pas, sans les nommer explicitement, à induire que le "fardeau" de la liberté des hommes les poussent à la vendre à ces mêmes entités afin de pouvoir s'abroger de la responsabilité inhérente aux actes de l'homme "libre". Si je suis libre, alors je suis responsable de ce que je fais. Sinon, c'est la faute de celui qui m'oppresse. D'où l'existence des nations. Réécriture partielle mais drastique du contrat social, qui n'étonnera personne compte tenu des proximités philosophiques du jeune crapaud et des hommes des Lu(cifer)mières.
Essayons de ne pas trop nous écarter de la question nationale (ou simplement sociale) pour le moment. Le contrat social suppose deux parties prenantes, l'une étant la multitude des hommes, l'autre étant le Léviathan. Les faibles et les forts ? Pas à proprement parler. Le peuple et l'Autorité en tout cas. Où réside la légitimité de ce contrat ? Dans la volonté populaire qui a conduit le peuple (ce sur quoi s'exerce le pouvoir) à soumettre sa volonté en deçà de sa sécurité, contraignant le Léviathan à s'acquitter de son devoir de protection sous peine de voir le peuple rompre le contrat, et ainsi de faire sécession. Machiavel l'avait compris avant Hobbes, il avait même vu beaucoup plus loin : pour permettre au contrat social de subsister, il suffit de s'assurer que le peuple croit que le rôle du Léviathan est bien rempli. Or c'est là que réside le cœur du problème démocratique.
On a souvent reproché à l'État nation de l'Ancien Régime sa barbarie, son archaïsme et sa violence. Que je sache, les renversements de régimes (pas de dirigeants, de régimes) conservaient une dimension exceptionnelle, du moins par rapport à aujourd'hui. Je pense qu'on peut dire sans trop s'avancer que le Léviathan remplissait sa part du contrat social, d'autant plus que la symétrie des capacités militaires étaient telles que les révolutions et rébellions en tout genre étaient plus à mêmes de connaître un succès tant qu'elles étaient soutenues par une masse populaire organisée suffisamment nombreuse. Il aura suffi de donner au peuple l'illusion que le Roi avait cessé de les protéger pour qu'un petit nombre de bourgeois parisiens renversent le Léviathan millénaire à jamais.
En démocratie, ce genre de revirement politique est impossible, parce que le peuple ne cherche jamais à rompre le contrat social, seulement à substituer à ses "chefs" une nouvelle figure dirigeante. La gauche échoue ? Élisons la droite. La droite oppresse ? Élisons les centristes. De temps en temps, on regarde à l'extrême, droite ou gauche, mais qui ne remet jamais en question le principe de souveraineté populaire, sinon ces extrêmes seraient considérées depuis longtemps comme des terroristes. Les coups d'États et révolutions populaires du monde post moderne aboutissent d'ailleurs presque toujours à l'instauration (ou la ré-instauration) d'un régime fondé sur des élections démocratiques régulières. Le seul, en fait, qui a le pouvoir de rompre le contrat, c'est le Léviathan, qui peut transformer sa démocratie en dictature une fois s'être assuré que l'opinion publique était soit suffisamment docile, soit suffisamment faible, pour qu'il ne soit pas inquiété. Un contrat fort déséquilibré, donc.
Le contrat social s'est transformé en asservissement dès lors que le peuple s'est placé en tant que seul détenteur du pouvoir. Pourquoi ? Deux raisons. La première, puisque le peuple n'est supposément plus asservi mais qu'il prend ses propres décisions, il n'est alors plus contraint d'agir selon la volonté d'un autre. L'existentialisme peut alors éclore, l'homme est responsable de sa Liberté : le crapaud est content. La deuxième, parce que dès lors que c'est le peuple qui dirige, et tant qu'il dirige, sa politique sera invariablement et pour toujours sensiblement la même. On peut changer de dirigeant, on ne peut pas changer un peuple. À moins de le marteler de propagande sur plusieurs générations. Ou de le remplacer tout simplement par un peuple étranger... Rien de tout ça ne vous semble familier ?
La démocratie n'est pas la liberté du peuple, c'est son asservissement. À qui ? La question mérite une considération à elle seule. Plus important, demandons-nous pourquoi ériger la liberté en culte suprême de l'individu conduirait nécessairement les peuples à s'en débarrasser aussitôt en tant que nations.
Parce que oui, si l'individu est libre, il n'est pas obligé d'être français, au même titre qu'il n'est pas obligé d'être un homme, ou même un être humain , ou même un être vivant (effectivement la gauche post moderne sera allée jusque là). Puisque l'identité n'est plus que ce que l'individu décide d'être à un instant précis (la gauche post moderne allant jusqu'à revendiquer l'existence "d'alters" ou de personnalités et affinités changeantes), il n'y a donc plus de légitimité à appartenir au peuple français : l'existentialisme induit la Mort des nations puisque si l'homme n'est que ce qu'il se fait, il doit pouvoir adhérer à n'importe quelle union populaire de n'importe quelle nature, simplement suivant ses désirs, et ce instantanément. D'où l'émergence de nouvelles communautés internationales, sans territoires, implantées à la fois partout et nulle part mais présentant tout de même une forme de "patriotisme" (ou de sectarisme, il n'y a pas à ma connaissance de terme approprié, le mot "communautarisme" étant souvent utilisé de manière abusive) malgré leur absence de lien de sang ou de populations, comme la communauté LGBT, par exemple. On pourra d'ailleurs dire que cette communauté est plus fermée que la plupart des frontières nationales des états occidentaux, ce qui constitue un nouveau paradoxe, puisqu'encore une fois cette "libéral-liberté" (décidément il faut que je trouve un terme approprié) ne considère comme légitime que les libérations transgressives, c'est à dire celles qui perturbent l'ordre social établi. On revient à l'orexis. Ce sont les nouvelles nations, les nouveaux Leviathans, ceux qui possèderont dans un futur plus ou moins proche le monopole de la violence légitime. Rassurant ?
Quid de la liberté de penser, alors ? Et ces nouvelles nations, n'ont elles pas pour but de s'universaliser ? D'autres considérations répondront à ces questions.
Pour lire la série depuis le début, c'est ici :
Il est bon, après les deux premières étapes de notre raisonnement, d’avoir établi d’une part première que la liberté, sous la forme qu’elle prend dans le monde post-moderne, se caractérise par le plaisir de voir l’orexis se réaliser matériellement, c’est-à-dire par le désir de la transgression spectaculaire, d’autre part que cette liberté est synonyme de régression, et ce jusqu’à l’archaïsme pré-Socratique (et d’ailleurs carrément pré-hellénique) où le concept de liberté s’affranchissait de toute considération sur la nuance entre désir et volonté. Enfin, nous observions que la transgression post-moderne de l’ordre social, sans encore considérer l’ordre moral, correspondait en réalité la constitution d’un ordre social nouveau, antagoniste à l’idée même de la transgression, en tant que l’ordre de la transgression conformiste.
Je lisais il y a quelques temps le texte d’un ultra-libéral, qu’ici je ne puis nommer.
«La démocratie et la dictature ne sont pas du tout des contraires, elles sont les deux faces d'une même pièce, elles ont l'essentiel en commun : elles commencent par désigner une somme d'individus comme sujet du droit, et ensuite seulement s'inquiètent de ce en quoi consistera ce droit. À côté de cette donnée centrale, savoir si c'est à un seul homme ou à plusieurs, ou bien à tous, pour une durée prédéterminée ou ad vitam, héréditaire ou pas de décider de la loi, ou bien jusqu'à la teneur de la loi elle-même, tout cela devient presque anecdotique.
Je suis d'accord pour dire que les nationalismes locaux sont un outil anti-impérialiste mais n'est-il pas plus pertinent de dire que « la liberté des peuples de disposer d'eux-mêmes », c'est souvent surtout le nom de code de la liberté des chefs de disposer des autres ? Quid d'un « peuple » dont certains membres ne veulent pas en faire partie ? Est-ce encore seulement un peuple quand il reconnaît ses membres indépendamment de leur souscription ? Bien sûr que non. Il n'y a pas, soit dit en passant, en ce sens, de peuple français, quelque soit l'ouverture qu'il eut ou pas à l’assimilation d’immigrés. »
Il est commun aujourd’hui de rencontrer des arguments semblables, très souvent moins cohérents par leur mise en forme ou leur syntaxe, mais de fondement identique : l’appartenance à un peuple, à un pays, à une ethnie, à une culture, s’oppose diamétralement au principe de liberté absolue de se faire soi-même, autrement dit, est intrinsèquement déterministe.
Toute notion d'appartenance à un groupe d'êtres humains dont l'attache est autre que la volonté propre de l'intégralité de ses membres devient donc ennemie de l'existentialisme. C'est d'autant plus évident chez Sartre, qui n'hésite pas, sans les nommer explicitement, à induire que le "fardeau" de la liberté des hommes les poussent à la vendre à ces mêmes entités afin de pouvoir s'abroger de la responsabilité inhérente aux actes de l'homme "libre". Si je suis libre, alors je suis responsable de ce que je fais. Sinon, c'est la faute de celui qui m'oppresse. D'où l'existence des nations. Réécriture partielle mais drastique du contrat social, qui n'étonnera personne compte tenu des proximités philosophiques du jeune crapaud et des hommes des Lu(cifer)mières.
Essayons de ne pas trop nous écarter de la question nationale (ou simplement sociale) pour le moment. Le contrat social suppose deux parties prenantes, l'une étant la multitude des hommes, l'autre étant le Léviathan. Les faibles et les forts ? Pas à proprement parler. Le peuple et l'Autorité en tout cas. Où réside la légitimité de ce contrat ? Dans la volonté populaire qui a conduit le peuple (ce sur quoi s'exerce le pouvoir) à soumettre sa volonté en deçà de sa sécurité, contraignant le Léviathan à s'acquitter de son devoir de protection sous peine de voir le peuple rompre le contrat, et ainsi de faire sécession. Machiavel l'avait compris avant Hobbes, il avait même vu beaucoup plus loin : pour permettre au contrat social de subsister, il suffit de s'assurer que le peuple croit que le rôle du Léviathan est bien rempli. Or c'est là que réside le cœur du problème démocratique.
On a souvent reproché à l'État nation de l'Ancien Régime sa barbarie, son archaïsme et sa violence. Que je sache, les renversements de régimes (pas de dirigeants, de régimes) conservaient une dimension exceptionnelle, du moins par rapport à aujourd'hui. Je pense qu'on peut dire sans trop s'avancer que le Léviathan remplissait sa part du contrat social, d'autant plus que la symétrie des capacités militaires étaient telles que les révolutions et rébellions en tout genre étaient plus à mêmes de connaître un succès tant qu'elles étaient soutenues par une masse populaire organisée suffisamment nombreuse. Il aura suffi de donner au peuple l'illusion que le Roi avait cessé de les protéger pour qu'un petit nombre de bourgeois parisiens renversent le Léviathan millénaire à jamais.
En démocratie, ce genre de revirement politique est impossible, parce que le peuple ne cherche jamais à rompre le contrat social, seulement à substituer à ses "chefs" une nouvelle figure dirigeante. La gauche échoue ? Élisons la droite. La droite oppresse ? Élisons les centristes. De temps en temps, on regarde à l'extrême, droite ou gauche, mais qui ne remet jamais en question le principe de souveraineté populaire, sinon ces extrêmes seraient considérées depuis longtemps comme des terroristes. Les coups d'États et révolutions populaires du monde post moderne aboutissent d'ailleurs presque toujours à l'instauration (ou la ré-instauration) d'un régime fondé sur des élections démocratiques régulières. Le seul, en fait, qui a le pouvoir de rompre le contrat, c'est le Léviathan, qui peut transformer sa démocratie en dictature une fois s'être assuré que l'opinion publique était soit suffisamment docile, soit suffisamment faible, pour qu'il ne soit pas inquiété. Un contrat fort déséquilibré, donc.
Le contrat social s'est transformé en asservissement dès lors que le peuple s'est placé en tant que seul détenteur du pouvoir. Pourquoi ? Deux raisons. La première, puisque le peuple n'est supposément plus asservi mais qu'il prend ses propres décisions, il n'est alors plus contraint d'agir selon la volonté d'un autre. L'existentialisme peut alors éclore, l'homme est responsable de sa Liberté : le crapaud est content. La deuxième, parce que dès lors que c'est le peuple qui dirige, et tant qu'il dirige, sa politique sera invariablement et pour toujours sensiblement la même. On peut changer de dirigeant, on ne peut pas changer un peuple. À moins de le marteler de propagande sur plusieurs générations. Ou de le remplacer tout simplement par un peuple étranger... Rien de tout ça ne vous semble familier ?
La démocratie n'est pas la liberté du peuple, c'est son asservissement. À qui ? La question mérite une considération à elle seule. Plus important, demandons-nous pourquoi ériger la liberté en culte suprême de l'individu conduirait nécessairement les peuples à s'en débarrasser aussitôt en tant que nations.
Parce que oui, si l'individu est libre, il n'est pas obligé d'être français, au même titre qu'il n'est pas obligé d'être un homme, ou même un être humain , ou même un être vivant (effectivement la gauche post moderne sera allée jusque là). Puisque l'identité n'est plus que ce que l'individu décide d'être à un instant précis (la gauche post moderne allant jusqu'à revendiquer l'existence "d'alters" ou de personnalités et affinités changeantes), il n'y a donc plus de légitimité à appartenir au peuple français : l'existentialisme induit la Mort des nations puisque si l'homme n'est que ce qu'il se fait, il doit pouvoir adhérer à n'importe quelle union populaire de n'importe quelle nature, simplement suivant ses désirs, et ce instantanément. D'où l'émergence de nouvelles communautés internationales, sans territoires, implantées à la fois partout et nulle part mais présentant tout de même une forme de "patriotisme" (ou de sectarisme, il n'y a pas à ma connaissance de terme approprié, le mot "communautarisme" étant souvent utilisé de manière abusive) malgré leur absence de lien de sang ou de populations, comme la communauté LGBT, par exemple. On pourra d'ailleurs dire que cette communauté est plus fermée que la plupart des frontières nationales des états occidentaux, ce qui constitue un nouveau paradoxe, puisqu'encore une fois cette "libéral-liberté" (décidément il faut que je trouve un terme approprié) ne considère comme légitime que les libérations transgressives, c'est à dire celles qui perturbent l'ordre social établi. On revient à l'orexis. Ce sont les nouvelles nations, les nouveaux Leviathans, ceux qui possèderont dans un futur plus ou moins proche le monopole de la violence légitime. Rassurant ?
Quid de la liberté de penser, alors ? Et ces nouvelles nations, n'ont elles pas pour but de s'universaliser ? D'autres considérations répondront à ces questions.
J'ai vu juste sur le manque de Tocqueville dans ces écrits. En fait le "progrès sociétal" que tu décris n'est pas le résultat d'un culte de la liberté, mais plutôt de celui de l'égalité. Si les homosexuels cherchent à avoir les mêmes droits que les autres, c'est à cause de cette brûlante obsession pour l'égalité qui caractérise toutes les démocraties. Bien sûr, ces évolutions n'ont été possibles qu'après l'effondrement du christianisme, qui a toujours calmé - avec plus ou moins de succès - les ardeurs de la démocratie.
La discrimination positive suit aussi une logique d'égalité. L'idée, c'est d'équilibrer la balance entre les droits des "privilégiés" (le terme n'a pas changé depuis 300 ans) et celui des autres.
Ce n'est pas une excitation malsaine pour la transgression qui explique ces changements. Permets-moi d'ajouter que la psychologie est un terrain dangereux. On peut diagnostiquer des individus, mais avec beaucoup de soin, car les gens ont une fâcheuse tendance à dire une chose et faire une autre, ou défendre une cause tout en croyant secrètement à une autre. Tu vas trop vite en besogne.
Bien sûr, la liberté et l'égalité ne s'excluent pas mutuellement, bien au contraire. En fin de compte, pour les modernes, l'égalité est le chemin qui mène à la liberté.
Ici, il y a clairement un parallèle à faire avec la Trinité. La modernité libérale peut être résumé en trois idées : liberté (le Père) égalité (le Fils) et fraternité (le Saint-Esprit). Cette structure de pensée étant proprement chrétienne - et surtout catholique, il n'est pas étonnant que les européens l'aient reprise pour définir les idéologies laïques.
Or le christianisme est avant tout la religion du Fils. Le coeur de la démocratie moderne est le Fils, et d'ailleurs la passion démocratique s'inscrit clairement dans la continuité avec le message du Christ, qui affirme l'universalité (catholicisme) et l'égalité des hommes devant Dieu.
Concernant la liberté elle-même, tu n'as pas pris le temps de la définir, donc je ne sais pas trop quel est ton point de vue. Si tu réponds à mon message, j'aimerais que tu me donnes ta définition. Tu aurais dû commencer par là.
Pour moi, la liberté est avant tout un statut social (un homme libre, par opposition à un esclave). Philosophiquement, la liberté peut être beaucoup de choses (un sentiment, une décision, un désir, un acte...) mais ultimement, la Liberté c'est Dieu, et chaque âme est libre car elle a été faite à son image.
La discrimination positive suit aussi une logique d'égalité. L'idée, c'est d'équilibrer la balance entre les droits des "privilégiés" (le terme n'a pas changé depuis 300 ans) et celui des autres.
Ce n'est pas une excitation malsaine pour la transgression qui explique ces changements. Permets-moi d'ajouter que la psychologie est un terrain dangereux. On peut diagnostiquer des individus, mais avec beaucoup de soin, car les gens ont une fâcheuse tendance à dire une chose et faire une autre, ou défendre une cause tout en croyant secrètement à une autre. Tu vas trop vite en besogne.
Bien sûr, la liberté et l'égalité ne s'excluent pas mutuellement, bien au contraire. En fin de compte, pour les modernes, l'égalité est le chemin qui mène à la liberté.
Ici, il y a clairement un parallèle à faire avec la Trinité. La modernité libérale peut être résumé en trois idées : liberté (le Père) égalité (le Fils) et fraternité (le Saint-Esprit). Cette structure de pensée étant proprement chrétienne - et surtout catholique, il n'est pas étonnant que les européens l'aient reprise pour définir les idéologies laïques.
Or le christianisme est avant tout la religion du Fils. Le coeur de la démocratie moderne est le Fils, et d'ailleurs la passion démocratique s'inscrit clairement dans la continuité avec le message du Christ, qui affirme l'universalité (catholicisme) et l'égalité des hommes devant Dieu.
Concernant la liberté elle-même, tu n'as pas pris le temps de la définir, donc je ne sais pas trop quel est ton point de vue. Si tu réponds à mon message, j'aimerais que tu me donnes ta définition. Tu aurais dû commencer par là.
Pour moi, la liberté est avant tout un statut social (un homme libre, par opposition à un esclave). Philosophiquement, la liberté peut être beaucoup de choses (un sentiment, une décision, un désir, un acte...) mais ultimement, la Liberté c'est Dieu, et chaque âme est libre car elle a été faite à son image.
Au plaisir ~
il y a 4 mois
En démocratie le peuple n'est pas vraiment détenteur du pouvoir
Les gens aiment la politique nonobstant parce que c'est une belle feinte pour leur faire croire que leur avis compte
Les gens aiment la politique nonobstant parce que c'est une belle feinte pour leur faire croire que leur avis compte
il y a 4 mois
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4 mois
Ce topic est la suite directe de celui-ci :
https://onche.org/topic/1[...]re-contre-la-liberte-ep-2
Pour lire la série depuis le début, c'est ici :
https://onche.org/topic/1[...]re-contre-la-liberte-ep-1
Il est bon, après les deux premières étapes de notre raisonnement, d’avoir établi d’une part première que la liberté, sous la forme qu’elle prend dans le monde post-moderne, se caractérise par le plaisir de voir l’orexis se réaliser matériellement, c’est-à-dire par le désir de la transgression spectaculaire, d’autre part que cette liberté est synonyme de régression, et ce jusqu’à l’archaïsme pré-Socratique (et d’ailleurs carrément pré-hellénique) où le concept de liberté s’affranchissait de toute considération sur la nuance entre désir et volonté. Enfin, nous observions que la transgression post-moderne de l’ordre social, sans encore considérer l’ordre moral, correspondait en réalité la constitution d’un ordre social nouveau, antagoniste à l’idée même de la transgression, en tant que l’ordre de la transgression conformiste.
Je lisais il y a quelques temps le texte d’un ultra-libéral, qu’ici je ne puis nommer.
«La démocratie et la dictature ne sont pas du tout des contraires, elles sont les deux faces d'une même pièce, elles ont l'essentiel en commun : elles commencent par désigner une somme d'individus comme sujet du droit, et ensuite seulement s'inquiètent de ce en quoi consistera ce droit. À côté de cette donnée centrale, savoir si c'est à un seul homme ou à plusieurs, ou bien à tous, pour une durée prédéterminée ou ad vitam, héréditaire ou pas de décider de la loi, ou bien jusqu'à la teneur de la loi elle-même, tout cela devient presque anecdotique.
Je suis d'accord pour dire que les nationalismes locaux sont un outil anti-impérialiste mais n'est-il pas plus pertinent de dire que « la liberté des peuples de disposer d'eux-mêmes », c'est souvent surtout le nom de code de la liberté des chefs de disposer des autres ? Quid d'un « peuple » dont certains membres ne veulent pas en faire partie ? Est-ce encore seulement un peuple quand il reconnaît ses membres indépendamment de leur souscription ? Bien sûr que non. Il n'y a pas, soit dit en passant, en ce sens, de peuple français, quelque soit l'ouverture qu'il eut ou pas à l’assimilation d’immigrés. »
Il est commun aujourd’hui de rencontrer des arguments semblables, très souvent moins cohérents par leur mise en forme ou leur syntaxe, mais de fondement identique : l’appartenance à un peuple, à un pays, à une ethnie, à une culture, s’oppose diamétralement au principe de liberté absolue de se faire soi-même, autrement dit, est intrinsèquement déterministe.
Toute notion d'appartenance à un groupe d'êtres humains dont l'attache est autre que la volonté propre de l'intégralité de ses membres devient donc ennemie de l'existentialisme. C'est d'autant plus évident chez Sartre, qui n'hésite pas, sans les nommer explicitement, à induire que le "fardeau" de la liberté des hommes les poussent à la vendre à ces mêmes entités afin de pouvoir s'abroger de la responsabilité inhérente aux actes de l'homme "libre". Si je suis libre, alors je suis responsable de ce que je fais. Sinon, c'est la faute de celui qui m'oppresse. D'où l'existence des nations. Réécriture partielle mais drastique du contrat social, qui n'étonnera personne compte tenu des proximités philosophiques du jeune crapaud et des hommes des Lu(cifer)mières.
Essayons de ne pas trop nous écarter de la question nationale (ou simplement sociale) pour le moment. Le contrat social suppose deux parties prenantes, l'une étant la multitude des hommes, l'autre étant le Léviathan. Les faibles et les forts ? Pas à proprement parler. Le peuple et l'Autorité en tout cas. Où réside la légitimité de ce contrat ? Dans la volonté populaire qui a conduit le peuple (ce sur quoi s'exerce le pouvoir) à soumettre sa volonté en deçà de sa sécurité, contraignant le Léviathan à s'acquitter de son devoir de protection sous peine de voir le peuple rompre le contrat, et ainsi de faire sécession. Machiavel l'avait compris avant Hobbes, il avait même vu beaucoup plus loin : pour permettre au contrat social de subsister, il suffit de s'assurer que le peuple croit que le rôle du Léviathan est bien rempli. Or c'est là que réside le cœur du problème démocratique.
On a souvent reproché à l'État nation de l'Ancien Régime sa barbarie, son archaïsme et sa violence. Que je sache, les renversements de régimes (pas de dirigeants, de régimes) conservaient une dimension exceptionnelle, du moins par rapport à aujourd'hui. Je pense qu'on peut dire sans trop s'avancer que le Léviathan remplissait sa part du contrat social, d'autant plus que la symétrie des capacités militaires étaient telles que les révolutions et rébellions en tout genre étaient plus à mêmes de connaître un succès tant qu'elles étaient soutenues par une masse populaire organisée suffisamment nombreuse. Il aura suffi de donner au peuple l'illusion que le Roi avait cessé de les protéger pour qu'un petit nombre de bourgeois parisiens renversent le Léviathan millénaire à jamais.
En démocratie, ce genre de revirement politique est impossible, parce que le peuple ne cherche jamais à rompre le contrat social, seulement à substituer à ses "chefs" une nouvelle figure dirigeante. La gauche échoue ? Élisons la droite. La droite oppresse ? Élisons les centristes. De temps en temps, on regarde à l'extrême, droite ou gauche, mais qui ne remet jamais en question le principe de souveraineté populaire, sinon ces extrêmes seraient considérées depuis longtemps comme des terroristes. Les coups d'États et révolutions populaires du monde post moderne aboutissent d'ailleurs presque toujours à l'instauration (ou la ré-instauration) d'un régime fondé sur des élections démocratiques régulières. Le seul, en fait, qui a le pouvoir de rompre le contrat, c'est le Léviathan, qui peut transformer sa démocratie en dictature une fois s'être assuré que l'opinion publique était soit suffisamment docile, soit suffisamment faible, pour qu'il ne soit pas inquiété. Un contrat fort déséquilibré, donc.
Le contrat social s'est transformé en asservissement dès lors que le peuple s'est placé en tant que seul détenteur du pouvoir. Pourquoi ? Deux raisons. La première, puisque le peuple n'est supposément plus asservi mais qu'il prend ses propres décisions, il n'est alors plus contraint d'agir selon la volonté d'un autre. L'existentialisme peut alors éclore, l'homme est responsable de sa Liberté : le crapaud est content. La deuxième, parce que dès lors que c'est le peuple qui dirige, et tant qu'il dirige, sa politique sera invariablement et pour toujours sensiblement la même. On peut changer de dirigeant, on ne peut pas changer un peuple. À moins de le marteler de propagande sur plusieurs générations. Ou de le remplacer tout simplement par un peuple étranger... Rien de tout ça ne vous semble familier ?
La démocratie n'est pas la liberté du peuple, c'est son asservissement. À qui ? La question mérite une considération à elle seule. Plus important, demandons-nous pourquoi ériger la liberté en culte suprême de l'individu conduirait nécessairement les peuples à s'en débarrasser aussitôt en tant que nations.
Parce que oui, si l'individu est libre, il n'est pas obligé d'être français, au même titre qu'il n'est pas obligé d'être un homme, ou même un être humain , ou même un être vivant (effectivement la gauche post moderne sera allée jusque là). Puisque l'identité n'est plus que ce que l'individu décide d'être à un instant précis (la gauche post moderne allant jusqu'à revendiquer l'existence "d'alters" ou de personnalités et affinités changeantes), il n'y a donc plus de légitimité à appartenir au peuple français : l'existentialisme induit la Mort des nations puisque si l'homme n'est que ce qu'il se fait, il doit pouvoir adhérer à n'importe quelle union populaire de n'importe quelle nature, simplement suivant ses désirs, et ce instantanément. D'où l'émergence de nouvelles communautés internationales, sans territoires, implantées à la fois partout et nulle part mais présentant tout de même une forme de "patriotisme" (ou de sectarisme, il n'y a pas à ma connaissance de terme approprié, le mot "communautarisme" étant souvent utilisé de manière abusive) malgré leur absence de lien de sang ou de populations, comme la communauté LGBT, par exemple. On pourra d'ailleurs dire que cette communauté est plus fermée que la plupart des frontières nationales des états occidentaux, ce qui constitue un nouveau paradoxe, puisqu'encore une fois cette "libéral-liberté" (décidément il faut que je trouve un terme approprié) ne considère comme légitime que les libérations transgressives, c'est à dire celles qui perturbent l'ordre social établi. On revient à l'orexis. Ce sont les nouvelles nations, les nouveaux Leviathans, ceux qui possèderont dans un futur plus ou moins proche le monopole de la violence légitime. Rassurant ?
Quid de la liberté de penser, alors ? Et ces nouvelles nations, n'ont elles pas pour but de s'universaliser ? D'autres considérations répondront à ces questions.
Pour lire la série depuis le début, c'est ici :
Il est bon, après les deux premières étapes de notre raisonnement, d’avoir établi d’une part première que la liberté, sous la forme qu’elle prend dans le monde post-moderne, se caractérise par le plaisir de voir l’orexis se réaliser matériellement, c’est-à-dire par le désir de la transgression spectaculaire, d’autre part que cette liberté est synonyme de régression, et ce jusqu’à l’archaïsme pré-Socratique (et d’ailleurs carrément pré-hellénique) où le concept de liberté s’affranchissait de toute considération sur la nuance entre désir et volonté. Enfin, nous observions que la transgression post-moderne de l’ordre social, sans encore considérer l’ordre moral, correspondait en réalité la constitution d’un ordre social nouveau, antagoniste à l’idée même de la transgression, en tant que l’ordre de la transgression conformiste.
Je lisais il y a quelques temps le texte d’un ultra-libéral, qu’ici je ne puis nommer.
«La démocratie et la dictature ne sont pas du tout des contraires, elles sont les deux faces d'une même pièce, elles ont l'essentiel en commun : elles commencent par désigner une somme d'individus comme sujet du droit, et ensuite seulement s'inquiètent de ce en quoi consistera ce droit. À côté de cette donnée centrale, savoir si c'est à un seul homme ou à plusieurs, ou bien à tous, pour une durée prédéterminée ou ad vitam, héréditaire ou pas de décider de la loi, ou bien jusqu'à la teneur de la loi elle-même, tout cela devient presque anecdotique.
Je suis d'accord pour dire que les nationalismes locaux sont un outil anti-impérialiste mais n'est-il pas plus pertinent de dire que « la liberté des peuples de disposer d'eux-mêmes », c'est souvent surtout le nom de code de la liberté des chefs de disposer des autres ? Quid d'un « peuple » dont certains membres ne veulent pas en faire partie ? Est-ce encore seulement un peuple quand il reconnaît ses membres indépendamment de leur souscription ? Bien sûr que non. Il n'y a pas, soit dit en passant, en ce sens, de peuple français, quelque soit l'ouverture qu'il eut ou pas à l’assimilation d’immigrés. »
Il est commun aujourd’hui de rencontrer des arguments semblables, très souvent moins cohérents par leur mise en forme ou leur syntaxe, mais de fondement identique : l’appartenance à un peuple, à un pays, à une ethnie, à une culture, s’oppose diamétralement au principe de liberté absolue de se faire soi-même, autrement dit, est intrinsèquement déterministe.
Toute notion d'appartenance à un groupe d'êtres humains dont l'attache est autre que la volonté propre de l'intégralité de ses membres devient donc ennemie de l'existentialisme. C'est d'autant plus évident chez Sartre, qui n'hésite pas, sans les nommer explicitement, à induire que le "fardeau" de la liberté des hommes les poussent à la vendre à ces mêmes entités afin de pouvoir s'abroger de la responsabilité inhérente aux actes de l'homme "libre". Si je suis libre, alors je suis responsable de ce que je fais. Sinon, c'est la faute de celui qui m'oppresse. D'où l'existence des nations. Réécriture partielle mais drastique du contrat social, qui n'étonnera personne compte tenu des proximités philosophiques du jeune crapaud et des hommes des Lu(cifer)mières.
Essayons de ne pas trop nous écarter de la question nationale (ou simplement sociale) pour le moment. Le contrat social suppose deux parties prenantes, l'une étant la multitude des hommes, l'autre étant le Léviathan. Les faibles et les forts ? Pas à proprement parler. Le peuple et l'Autorité en tout cas. Où réside la légitimité de ce contrat ? Dans la volonté populaire qui a conduit le peuple (ce sur quoi s'exerce le pouvoir) à soumettre sa volonté en deçà de sa sécurité, contraignant le Léviathan à s'acquitter de son devoir de protection sous peine de voir le peuple rompre le contrat, et ainsi de faire sécession. Machiavel l'avait compris avant Hobbes, il avait même vu beaucoup plus loin : pour permettre au contrat social de subsister, il suffit de s'assurer que le peuple croit que le rôle du Léviathan est bien rempli. Or c'est là que réside le cœur du problème démocratique.
On a souvent reproché à l'État nation de l'Ancien Régime sa barbarie, son archaïsme et sa violence. Que je sache, les renversements de régimes (pas de dirigeants, de régimes) conservaient une dimension exceptionnelle, du moins par rapport à aujourd'hui. Je pense qu'on peut dire sans trop s'avancer que le Léviathan remplissait sa part du contrat social, d'autant plus que la symétrie des capacités militaires étaient telles que les révolutions et rébellions en tout genre étaient plus à mêmes de connaître un succès tant qu'elles étaient soutenues par une masse populaire organisée suffisamment nombreuse. Il aura suffi de donner au peuple l'illusion que le Roi avait cessé de les protéger pour qu'un petit nombre de bourgeois parisiens renversent le Léviathan millénaire à jamais.
En démocratie, ce genre de revirement politique est impossible, parce que le peuple ne cherche jamais à rompre le contrat social, seulement à substituer à ses "chefs" une nouvelle figure dirigeante. La gauche échoue ? Élisons la droite. La droite oppresse ? Élisons les centristes. De temps en temps, on regarde à l'extrême, droite ou gauche, mais qui ne remet jamais en question le principe de souveraineté populaire, sinon ces extrêmes seraient considérées depuis longtemps comme des terroristes. Les coups d'États et révolutions populaires du monde post moderne aboutissent d'ailleurs presque toujours à l'instauration (ou la ré-instauration) d'un régime fondé sur des élections démocratiques régulières. Le seul, en fait, qui a le pouvoir de rompre le contrat, c'est le Léviathan, qui peut transformer sa démocratie en dictature une fois s'être assuré que l'opinion publique était soit suffisamment docile, soit suffisamment faible, pour qu'il ne soit pas inquiété. Un contrat fort déséquilibré, donc.
Le contrat social s'est transformé en asservissement dès lors que le peuple s'est placé en tant que seul détenteur du pouvoir. Pourquoi ? Deux raisons. La première, puisque le peuple n'est supposément plus asservi mais qu'il prend ses propres décisions, il n'est alors plus contraint d'agir selon la volonté d'un autre. L'existentialisme peut alors éclore, l'homme est responsable de sa Liberté : le crapaud est content. La deuxième, parce que dès lors que c'est le peuple qui dirige, et tant qu'il dirige, sa politique sera invariablement et pour toujours sensiblement la même. On peut changer de dirigeant, on ne peut pas changer un peuple. À moins de le marteler de propagande sur plusieurs générations. Ou de le remplacer tout simplement par un peuple étranger... Rien de tout ça ne vous semble familier ?
La démocratie n'est pas la liberté du peuple, c'est son asservissement. À qui ? La question mérite une considération à elle seule. Plus important, demandons-nous pourquoi ériger la liberté en culte suprême de l'individu conduirait nécessairement les peuples à s'en débarrasser aussitôt en tant que nations.
Parce que oui, si l'individu est libre, il n'est pas obligé d'être français, au même titre qu'il n'est pas obligé d'être un homme, ou même un être humain , ou même un être vivant (effectivement la gauche post moderne sera allée jusque là). Puisque l'identité n'est plus que ce que l'individu décide d'être à un instant précis (la gauche post moderne allant jusqu'à revendiquer l'existence "d'alters" ou de personnalités et affinités changeantes), il n'y a donc plus de légitimité à appartenir au peuple français : l'existentialisme induit la Mort des nations puisque si l'homme n'est que ce qu'il se fait, il doit pouvoir adhérer à n'importe quelle union populaire de n'importe quelle nature, simplement suivant ses désirs, et ce instantanément. D'où l'émergence de nouvelles communautés internationales, sans territoires, implantées à la fois partout et nulle part mais présentant tout de même une forme de "patriotisme" (ou de sectarisme, il n'y a pas à ma connaissance de terme approprié, le mot "communautarisme" étant souvent utilisé de manière abusive) malgré leur absence de lien de sang ou de populations, comme la communauté LGBT, par exemple. On pourra d'ailleurs dire que cette communauté est plus fermée que la plupart des frontières nationales des états occidentaux, ce qui constitue un nouveau paradoxe, puisqu'encore une fois cette "libéral-liberté" (décidément il faut que je trouve un terme approprié) ne considère comme légitime que les libérations transgressives, c'est à dire celles qui perturbent l'ordre social établi. On revient à l'orexis. Ce sont les nouvelles nations, les nouveaux Leviathans, ceux qui possèderont dans un futur plus ou moins proche le monopole de la violence légitime. Rassurant ?
Quid de la liberté de penser, alors ? Et ces nouvelles nations, n'ont elles pas pour but de s'universaliser ? D'autres considérations répondront à ces questions.
Lecture franchement intéressante, p'tit caillou.
Je n’ai rien à redire sur le fond, car ta maîtrise de la langue française, ainsi que la qualité de ta pensée est exhaustive, voire trop.
Trop, car c'est un texte ardu à lire. En fait, c'est la seule vraie problématique, puisqu'il faut un certain niveau académique pour lire ça.
Si tu veux rendre tes œuvres plus accessibles, il faut adoucir le niveau, ainsi que les exigences. Certains diront que c'est une vision dangereuse, mais je crois, tout de même, que la pédagogie est nécessaire afin de véhiculer des idées nouvelles.
Mais honnêtement, cette critique est, plus ou moins, réelle, car cela relève plutôt du goût que du factuel.
En ce qui concerne le texte, honnêtement, chapeau l'artiste. Il reflète ma perception actuelle que les mécanismes de domination, peu importe le système, sont des récurrences. Je vais même jusqu'à dire que cela relève beaucoup de notre animalité. Tous les mammifères qui vivent en société appliquent des mécanismes de domination, peu importe que le leader soit un mâle, une femelle ou un couple. Pour preuve, les hyènes tachetées vivent dans des bandes où les femelles dominent totalement les mâles, car plus grandes, plus fortes, plus corpulentes. Les mâles mangent en dernier, tout comme ils sont les victimes de la cruauté des femelles.
Si je fais ce parallèle, c'est que ton texte renferme, selon mon interprétation, un nihilisme qui permet de penser que, peu importe le système, nous reproduisons ces mécanismes de violence et, parfois, encore plus violemment chez certains groupes qui prétendent faire le contraire (tu mentionnes les mouvements LGBT+ qui sont plus violents, parfois, dans leurs actions que les nationalistes identitaires)
Si je me trompe, p'tit caillou, n'hésite pas à me corriger. Je ne suis pas académicien, alors je peux avoir mal compris ton texte.
Je n’ai rien à redire sur le fond, car ta maîtrise de la langue française, ainsi que la qualité de ta pensée est exhaustive, voire trop.
Trop, car c'est un texte ardu à lire. En fait, c'est la seule vraie problématique, puisqu'il faut un certain niveau académique pour lire ça.
Si tu veux rendre tes œuvres plus accessibles, il faut adoucir le niveau, ainsi que les exigences. Certains diront que c'est une vision dangereuse, mais je crois, tout de même, que la pédagogie est nécessaire afin de véhiculer des idées nouvelles.
Mais honnêtement, cette critique est, plus ou moins, réelle, car cela relève plutôt du goût que du factuel.
En ce qui concerne le texte, honnêtement, chapeau l'artiste. Il reflète ma perception actuelle que les mécanismes de domination, peu importe le système, sont des récurrences. Je vais même jusqu'à dire que cela relève beaucoup de notre animalité. Tous les mammifères qui vivent en société appliquent des mécanismes de domination, peu importe que le leader soit un mâle, une femelle ou un couple. Pour preuve, les hyènes tachetées vivent dans des bandes où les femelles dominent totalement les mâles, car plus grandes, plus fortes, plus corpulentes. Les mâles mangent en dernier, tout comme ils sont les victimes de la cruauté des femelles.
Si je fais ce parallèle, c'est que ton texte renferme, selon mon interprétation, un nihilisme qui permet de penser que, peu importe le système, nous reproduisons ces mécanismes de violence et, parfois, encore plus violemment chez certains groupes qui prétendent faire le contraire (tu mentionnes les mouvements LGBT+ qui sont plus violents, parfois, dans leurs actions que les nationalistes identitaires)
Si je me trompe, p'tit caillou, n'hésite pas à me corriger. Je ne suis pas académicien, alors je peux avoir mal compris ton texte.
Fan de Bungie
il y a 4 mois
J'ai vu juste sur le manque de Tocqueville dans ces écrits. En fait le "progrès sociétal" que tu décris n'est pas le résultat d'un culte de la liberté, mais plutôt de celui de l'égalité. Si les homosexuels cherchent à avoir les mêmes droits que les autres, c'est à cause de cette brûlante obsession pour l'égalité qui caractérise toutes les démocraties. Bien sûr, ces évolutions n'ont été possibles qu'après l'effondrement du christianisme, qui a toujours calmé - avec plus ou moins de succès - les ardeurs de la démocratie.
La discrimination positive suit aussi une logique d'égalité. L'idée, c'est d'équilibrer la balance entre les droits des "privilégiés" (le terme n'a pas changé depuis 300 ans) et celui des autres.
Ce n'est pas une excitation malsaine pour la transgression qui explique ces changements. Permets-moi d'ajouter que la psychologie est un terrain dangereux. On peut diagnostiquer des individus, mais avec beaucoup de soin, car les gens ont une fâcheuse tendance à dire une chose et faire une autre, ou défendre une cause tout en croyant secrètement à une autre. Tu vas trop vite en besogne.
Bien sûr, la liberté et l'égalité ne s'excluent pas mutuellement, bien au contraire. En fin de compte, pour les modernes, l'égalité est le chemin qui mène à la liberté.
Ici, il y a clairement un parallèle à faire avec la Trinité. La modernité libérale peut être résumé en trois idées : liberté (le Père) égalité (le Fils) et fraternité (le Saint-Esprit). Cette structure de pensée étant proprement chrétienne - et surtout catholique, il n'est pas étonnant que les européens l'aient reprise pour définir les idéologies laïques.
Or le christianisme est avant tout la religion du Fils. Le coeur de la démocratie moderne est le Fils, et d'ailleurs la passion démocratique s'inscrit clairement dans la continuité avec le message du Christ, qui affirme l'universalité (catholicisme) et l'égalité des hommes devant Dieu.
Concernant la liberté elle-même, tu n'as pas pris le temps de la définir, donc je ne sais pas trop quel est ton point de vue. Si tu réponds à mon message, j'aimerais que tu me donnes ta définition. Tu aurais dû commencer par là.
Pour moi, la liberté est avant tout un statut social (un homme libre, par opposition à un esclave). Philosophiquement, la liberté peut être beaucoup de choses (un sentiment, une décision, un désir, un acte...) mais ultimement, la Liberté c'est Dieu, et chaque âme est libre car elle a été faite à son image.
La discrimination positive suit aussi une logique d'égalité. L'idée, c'est d'équilibrer la balance entre les droits des "privilégiés" (le terme n'a pas changé depuis 300 ans) et celui des autres.
Ce n'est pas une excitation malsaine pour la transgression qui explique ces changements. Permets-moi d'ajouter que la psychologie est un terrain dangereux. On peut diagnostiquer des individus, mais avec beaucoup de soin, car les gens ont une fâcheuse tendance à dire une chose et faire une autre, ou défendre une cause tout en croyant secrètement à une autre. Tu vas trop vite en besogne.
Bien sûr, la liberté et l'égalité ne s'excluent pas mutuellement, bien au contraire. En fin de compte, pour les modernes, l'égalité est le chemin qui mène à la liberté.
Ici, il y a clairement un parallèle à faire avec la Trinité. La modernité libérale peut être résumé en trois idées : liberté (le Père) égalité (le Fils) et fraternité (le Saint-Esprit). Cette structure de pensée étant proprement chrétienne - et surtout catholique, il n'est pas étonnant que les européens l'aient reprise pour définir les idéologies laïques.
Or le christianisme est avant tout la religion du Fils. Le coeur de la démocratie moderne est le Fils, et d'ailleurs la passion démocratique s'inscrit clairement dans la continuité avec le message du Christ, qui affirme l'universalité (catholicisme) et l'égalité des hommes devant Dieu.
Concernant la liberté elle-même, tu n'as pas pris le temps de la définir, donc je ne sais pas trop quel est ton point de vue. Si tu réponds à mon message, j'aimerais que tu me donnes ta définition. Tu aurais dû commencer par là.
Pour moi, la liberté est avant tout un statut social (un homme libre, par opposition à un esclave). Philosophiquement, la liberté peut être beaucoup de choses (un sentiment, une décision, un désir, un acte...) mais ultimement, la Liberté c'est Dieu, et chaque âme est libre car elle a été faite à son image.
Merci pour ta réponse, tu fais une erreur classique que je vais réfuter dans le prochain topic
Ave Maria
il y a 4 mois
Lecture franchement intéressante, p'tit caillou.
Je n’ai rien à redire sur le fond, car ta maîtrise de la langue française, ainsi que la qualité de ta pensée est exhaustive, voire trop.
Trop, car c'est un texte ardu à lire. En fait, c'est la seule vraie problématique, puisqu'il faut un certain niveau académique pour lire ça.
Si tu veux rendre tes œuvres plus accessibles, il faut adoucir le niveau, ainsi que les exigences. Certains diront que c'est une vision dangereuse, mais je crois, tout de même, que la pédagogie est nécessaire afin de véhiculer des idées nouvelles.
Mais honnêtement, cette critique est, plus ou moins, réelle, car cela relève plutôt du goût que du factuel.
En ce qui concerne le texte, honnêtement, chapeau l'artiste. Il reflète ma perception actuelle que les mécanismes de domination, peu importe le système, sont des récurrences. Je vais même jusqu'à dire que cela relève beaucoup de notre animalité. Tous les mammifères qui vivent en société appliquent des mécanismes de domination, peu importe que le leader soit un mâle, une femelle ou un couple. Pour preuve, les hyènes tachetées vivent dans des bandes où les femelles dominent totalement les mâles, car plus grandes, plus fortes, plus corpulentes. Les mâles mangent en dernier, tout comme ils sont les victimes de la cruauté des femelles.
Si je fais ce parallèle, c'est que ton texte renferme, selon mon interprétation, un nihilisme qui permet de penser que, peu importe le système, nous reproduisons ces mécanismes de violence et, parfois, encore plus violemment chez certains groupes qui prétendent faire le contraire (tu mentionnes les mouvements LGBT+ qui sont plus violents, parfois, dans leurs actions que les nationalistes identitaires)
Si je me trompe, p'tit caillou, n'hésite pas à me corriger. Je ne suis pas académicien, alors je peux avoir mal compris ton texte.
Je n’ai rien à redire sur le fond, car ta maîtrise de la langue française, ainsi que la qualité de ta pensée est exhaustive, voire trop.
Trop, car c'est un texte ardu à lire. En fait, c'est la seule vraie problématique, puisqu'il faut un certain niveau académique pour lire ça.
Si tu veux rendre tes œuvres plus accessibles, il faut adoucir le niveau, ainsi que les exigences. Certains diront que c'est une vision dangereuse, mais je crois, tout de même, que la pédagogie est nécessaire afin de véhiculer des idées nouvelles.
Mais honnêtement, cette critique est, plus ou moins, réelle, car cela relève plutôt du goût que du factuel.
En ce qui concerne le texte, honnêtement, chapeau l'artiste. Il reflète ma perception actuelle que les mécanismes de domination, peu importe le système, sont des récurrences. Je vais même jusqu'à dire que cela relève beaucoup de notre animalité. Tous les mammifères qui vivent en société appliquent des mécanismes de domination, peu importe que le leader soit un mâle, une femelle ou un couple. Pour preuve, les hyènes tachetées vivent dans des bandes où les femelles dominent totalement les mâles, car plus grandes, plus fortes, plus corpulentes. Les mâles mangent en dernier, tout comme ils sont les victimes de la cruauté des femelles.
Si je fais ce parallèle, c'est que ton texte renferme, selon mon interprétation, un nihilisme qui permet de penser que, peu importe le système, nous reproduisons ces mécanismes de violence et, parfois, encore plus violemment chez certains groupes qui prétendent faire le contraire (tu mentionnes les mouvements LGBT+ qui sont plus violents, parfois, dans leurs actions que les nationalistes identitaires)
Si je me trompe, p'tit caillou, n'hésite pas à me corriger. Je ne suis pas académicien, alors je peux avoir mal compris ton texte.
Merci clé, je pense que les problèmes de compréhension peuvent être réglés grâce à une meilleure structure de texte et d'arguments, j'essayerai de m'appliquer dans le prochain topic.
Pour le reste, je ne pense pas que l'homme est naturellement condamné à refaire ces erreurs, justement la question sociale pour est essentiellement distincte de l'individu, même si ça peut paraître contrintuitif.
Pour le reste, je ne pense pas que l'homme est naturellement condamné à refaire ces erreurs, justement la question sociale pour est essentiellement distincte de l'individu, même si ça peut paraître contrintuitif.
Ave Maria
il y a 4 mois
Billet très structuré, c'est rare venant d'un forumer.
On sent une patte royaliste, je pense malgré tout relever quelques coquilles.
Mais d'abord revenons sur quoi repose ton argumentaire.
Tu attaques la liberté comme valeur morale, principe politique et culte.
Tu utilises l'argument soralien :le social prends le dessus sur le sociétal; on déplace la lutte des classes sur le plan purement individuel.
L'ordre naturel garantissant le bon fonctionnement d'une société courbe l'échine devant l'individualisme au nom de l'égalité.
La liberté individuelle détruit la famille qui est la garante d'une société.
La sacralité du corps, de la famille, du mariage et de toute autre institution représentant la Tradition et l'Ordre naturel est menacés par la l'individualisme sous le regard du bien mal nommé Progrès.
Le peuple est le plus grand tyran.
L'individualisme n'est pas compatible avec la démocratie.
Sur le fond je ne peux qu'être d'accord, parce que je partage la même ligne idéologique, quant à l'esprit anti-révolutionnaire
Mais.
Ta première erreur c'est de confondre la sociologie avec de la philosophie.
Tu ne parle pas de la liberté (en tant valeur morale...) que tel quelle est, mais tel qu'est exécutée et comprise par l'homme.
Il aurait été pertinent que tu mentionnes la notion de dignité.
Parce qu'elle la clé pour comprendre les nombreux changements des moeurs et sociétales, et c'est cette clé qui nous amène inévitablement à la notion d'égalité et de liberté individuelle.
L'homme veut donner la dignité à l'homme.
Ce n'est plus Dieu, qui doit nous garantir le lien entre la vertu et le bonheur...c'est l'Homme.
Cet orexis (merci j'ai appris un nouveau concept) né d'une violente déception : les deux Grandes Guerres.
Les coeurs révoltés de la jeunesse des années 60 nourissent une question pleine de ressentiment : comment avons pu laisser faire ça ?
La Shoah est la représentation la plus ultime de ce qu'il y a de plus indigne.
Une solution naquit : plus jamais ça !
Cette peur d'un retour à l'Horreur paralyse complètement l'Ordre naturel; pire elle est haït.
Toutes les institutions qui représentent de prêt ou de loin la Tradition est férocement attaqué, sous le prétexte qu'elle n'a pas pu préserver la dignité de tous les hommes.
Évidemment les changements profonds ont été accéléré par les avancées technologiques et scientifiques qui renforce le sentiment d'indépendance de l'individu face à la société.
On sent une patte royaliste, je pense malgré tout relever quelques coquilles.
Mais d'abord revenons sur quoi repose ton argumentaire.
Tu attaques la liberté comme valeur morale, principe politique et culte.
Tu utilises l'argument soralien :le social prends le dessus sur le sociétal; on déplace la lutte des classes sur le plan purement individuel.
L'ordre naturel garantissant le bon fonctionnement d'une société courbe l'échine devant l'individualisme au nom de l'égalité.
La liberté individuelle détruit la famille qui est la garante d'une société.
La sacralité du corps, de la famille, du mariage et de toute autre institution représentant la Tradition et l'Ordre naturel est menacés par la l'individualisme sous le regard du bien mal nommé Progrès.
Le peuple est le plus grand tyran.
L'individualisme n'est pas compatible avec la démocratie.
Sur le fond je ne peux qu'être d'accord, parce que je partage la même ligne idéologique, quant à l'esprit anti-révolutionnaire
Mais.
Ta première erreur c'est de confondre la sociologie avec de la philosophie.
Tu ne parle pas de la liberté (en tant valeur morale...) que tel quelle est, mais tel qu'est exécutée et comprise par l'homme.
Il aurait été pertinent que tu mentionnes la notion de dignité.
Parce qu'elle la clé pour comprendre les nombreux changements des moeurs et sociétales, et c'est cette clé qui nous amène inévitablement à la notion d'égalité et de liberté individuelle.
L'homme veut donner la dignité à l'homme.
Ce n'est plus Dieu, qui doit nous garantir le lien entre la vertu et le bonheur...c'est l'Homme.
Cet orexis (merci j'ai appris un nouveau concept) né d'une violente déception : les deux Grandes Guerres.
Les coeurs révoltés de la jeunesse des années 60 nourissent une question pleine de ressentiment : comment avons pu laisser faire ça ?
La Shoah est la représentation la plus ultime de ce qu'il y a de plus indigne.
Une solution naquit : plus jamais ça !
Cette peur d'un retour à l'Horreur paralyse complètement l'Ordre naturel; pire elle est haït.
Toutes les institutions qui représentent de prêt ou de loin la Tradition est férocement attaqué, sous le prétexte qu'elle n'a pas pu préserver la dignité de tous les hommes.
Évidemment les changements profonds ont été accéléré par les avancées technologiques et scientifiques qui renforce le sentiment d'indépendance de l'individu face à la société.
il y a 13 jours
Une autre erreur qui dessert ton propos par contre, c'est de faire des raccourcis indigne de ton intelligence.
Parler de gauchiste, femme ou d'homosexuel comme si c'était des concepts bien définis, et pour moi de la paresse et du sentiment.
Beaucoup de gauchiste ou d'homosexuel, déplorent le dévoiement de leur combat et sont complètement conscient de l'instabilité que cela peut avoir sur la société.
Mais j'imagine que le format billet, pousse à la simplification.
Merci en tout cas pour cette petite gymnastique intellectuelle.
Parler de gauchiste, femme ou d'homosexuel comme si c'était des concepts bien définis, et pour moi de la paresse et du sentiment.
Beaucoup de gauchiste ou d'homosexuel, déplorent le dévoiement de leur combat et sont complètement conscient de l'instabilité que cela peut avoir sur la société.
Mais j'imagine que le format billet, pousse à la simplification.
Merci en tout cas pour cette petite gymnastique intellectuelle.
il y a 13 jours
Proutojine-
4 mois
Ce topic est la suite directe de celui-ci :
https://onche.org/topic/1[...]re-contre-la-liberte-ep-2
Pour lire la série depuis le début, c'est ici :
https://onche.org/topic/1[...]re-contre-la-liberte-ep-1
Il est bon, après les deux premières étapes de notre raisonnement, d’avoir établi d’une part première que la liberté, sous la forme qu’elle prend dans le monde post-moderne, se caractérise par le plaisir de voir l’orexis se réaliser matériellement, c’est-à-dire par le désir de la transgression spectaculaire, d’autre part que cette liberté est synonyme de régression, et ce jusqu’à l’archaïsme pré-Socratique (et d’ailleurs carrément pré-hellénique) où le concept de liberté s’affranchissait de toute considération sur la nuance entre désir et volonté. Enfin, nous observions que la transgression post-moderne de l’ordre social, sans encore considérer l’ordre moral, correspondait en réalité la constitution d’un ordre social nouveau, antagoniste à l’idée même de la transgression, en tant que l’ordre de la transgression conformiste.
Je lisais il y a quelques temps le texte d’un ultra-libéral, qu’ici je ne puis nommer.
«La démocratie et la dictature ne sont pas du tout des contraires, elles sont les deux faces d'une même pièce, elles ont l'essentiel en commun : elles commencent par désigner une somme d'individus comme sujet du droit, et ensuite seulement s'inquiètent de ce en quoi consistera ce droit. À côté de cette donnée centrale, savoir si c'est à un seul homme ou à plusieurs, ou bien à tous, pour une durée prédéterminée ou ad vitam, héréditaire ou pas de décider de la loi, ou bien jusqu'à la teneur de la loi elle-même, tout cela devient presque anecdotique.
Je suis d'accord pour dire que les nationalismes locaux sont un outil anti-impérialiste mais n'est-il pas plus pertinent de dire que « la liberté des peuples de disposer d'eux-mêmes », c'est souvent surtout le nom de code de la liberté des chefs de disposer des autres ? Quid d'un « peuple » dont certains membres ne veulent pas en faire partie ? Est-ce encore seulement un peuple quand il reconnaît ses membres indépendamment de leur souscription ? Bien sûr que non. Il n'y a pas, soit dit en passant, en ce sens, de peuple français, quelque soit l'ouverture qu'il eut ou pas à l’assimilation d’immigrés. »
Il est commun aujourd’hui de rencontrer des arguments semblables, très souvent moins cohérents par leur mise en forme ou leur syntaxe, mais de fondement identique : l’appartenance à un peuple, à un pays, à une ethnie, à une culture, s’oppose diamétralement au principe de liberté absolue de se faire soi-même, autrement dit, est intrinsèquement déterministe.
Toute notion d'appartenance à un groupe d'êtres humains dont l'attache est autre que la volonté propre de l'intégralité de ses membres devient donc ennemie de l'existentialisme. C'est d'autant plus évident chez Sartre, qui n'hésite pas, sans les nommer explicitement, à induire que le "fardeau" de la liberté des hommes les poussent à la vendre à ces mêmes entités afin de pouvoir s'abroger de la responsabilité inhérente aux actes de l'homme "libre". Si je suis libre, alors je suis responsable de ce que je fais. Sinon, c'est la faute de celui qui m'oppresse. D'où l'existence des nations. Réécriture partielle mais drastique du contrat social, qui n'étonnera personne compte tenu des proximités philosophiques du jeune crapaud et des hommes des Lu(cifer)mières.
Essayons de ne pas trop nous écarter de la question nationale (ou simplement sociale) pour le moment. Le contrat social suppose deux parties prenantes, l'une étant la multitude des hommes, l'autre étant le Léviathan. Les faibles et les forts ? Pas à proprement parler. Le peuple et l'Autorité en tout cas. Où réside la légitimité de ce contrat ? Dans la volonté populaire qui a conduit le peuple (ce sur quoi s'exerce le pouvoir) à soumettre sa volonté en deçà de sa sécurité, contraignant le Léviathan à s'acquitter de son devoir de protection sous peine de voir le peuple rompre le contrat, et ainsi de faire sécession. Machiavel l'avait compris avant Hobbes, il avait même vu beaucoup plus loin : pour permettre au contrat social de subsister, il suffit de s'assurer que le peuple croit que le rôle du Léviathan est bien rempli. Or c'est là que réside le cœur du problème démocratique.
On a souvent reproché à l'État nation de l'Ancien Régime sa barbarie, son archaïsme et sa violence. Que je sache, les renversements de régimes (pas de dirigeants, de régimes) conservaient une dimension exceptionnelle, du moins par rapport à aujourd'hui. Je pense qu'on peut dire sans trop s'avancer que le Léviathan remplissait sa part du contrat social, d'autant plus que la symétrie des capacités militaires étaient telles que les révolutions et rébellions en tout genre étaient plus à mêmes de connaître un succès tant qu'elles étaient soutenues par une masse populaire organisée suffisamment nombreuse. Il aura suffi de donner au peuple l'illusion que le Roi avait cessé de les protéger pour qu'un petit nombre de bourgeois parisiens renversent le Léviathan millénaire à jamais.
En démocratie, ce genre de revirement politique est impossible, parce que le peuple ne cherche jamais à rompre le contrat social, seulement à substituer à ses "chefs" une nouvelle figure dirigeante. La gauche échoue ? Élisons la droite. La droite oppresse ? Élisons les centristes. De temps en temps, on regarde à l'extrême, droite ou gauche, mais qui ne remet jamais en question le principe de souveraineté populaire, sinon ces extrêmes seraient considérées depuis longtemps comme des terroristes. Les coups d'États et révolutions populaires du monde post moderne aboutissent d'ailleurs presque toujours à l'instauration (ou la ré-instauration) d'un régime fondé sur des élections démocratiques régulières. Le seul, en fait, qui a le pouvoir de rompre le contrat, c'est le Léviathan, qui peut transformer sa démocratie en dictature une fois s'être assuré que l'opinion publique était soit suffisamment docile, soit suffisamment faible, pour qu'il ne soit pas inquiété. Un contrat fort déséquilibré, donc.
Le contrat social s'est transformé en asservissement dès lors que le peuple s'est placé en tant que seul détenteur du pouvoir. Pourquoi ? Deux raisons. La première, puisque le peuple n'est supposément plus asservi mais qu'il prend ses propres décisions, il n'est alors plus contraint d'agir selon la volonté d'un autre. L'existentialisme peut alors éclore, l'homme est responsable de sa Liberté : le crapaud est content. La deuxième, parce que dès lors que c'est le peuple qui dirige, et tant qu'il dirige, sa politique sera invariablement et pour toujours sensiblement la même. On peut changer de dirigeant, on ne peut pas changer un peuple. À moins de le marteler de propagande sur plusieurs générations. Ou de le remplacer tout simplement par un peuple étranger... Rien de tout ça ne vous semble familier ?
La démocratie n'est pas la liberté du peuple, c'est son asservissement. À qui ? La question mérite une considération à elle seule. Plus important, demandons-nous pourquoi ériger la liberté en culte suprême de l'individu conduirait nécessairement les peuples à s'en débarrasser aussitôt en tant que nations.
Parce que oui, si l'individu est libre, il n'est pas obligé d'être français, au même titre qu'il n'est pas obligé d'être un homme, ou même un être humain , ou même un être vivant (effectivement la gauche post moderne sera allée jusque là). Puisque l'identité n'est plus que ce que l'individu décide d'être à un instant précis (la gauche post moderne allant jusqu'à revendiquer l'existence "d'alters" ou de personnalités et affinités changeantes), il n'y a donc plus de légitimité à appartenir au peuple français : l'existentialisme induit la Mort des nations puisque si l'homme n'est que ce qu'il se fait, il doit pouvoir adhérer à n'importe quelle union populaire de n'importe quelle nature, simplement suivant ses désirs, et ce instantanément. D'où l'émergence de nouvelles communautés internationales, sans territoires, implantées à la fois partout et nulle part mais présentant tout de même une forme de "patriotisme" (ou de sectarisme, il n'y a pas à ma connaissance de terme approprié, le mot "communautarisme" étant souvent utilisé de manière abusive) malgré leur absence de lien de sang ou de populations, comme la communauté LGBT, par exemple. On pourra d'ailleurs dire que cette communauté est plus fermée que la plupart des frontières nationales des états occidentaux, ce qui constitue un nouveau paradoxe, puisqu'encore une fois cette "libéral-liberté" (décidément il faut que je trouve un terme approprié) ne considère comme légitime que les libérations transgressives, c'est à dire celles qui perturbent l'ordre social établi. On revient à l'orexis. Ce sont les nouvelles nations, les nouveaux Leviathans, ceux qui possèderont dans un futur plus ou moins proche le monopole de la violence légitime. Rassurant ?
Quid de la liberté de penser, alors ? Et ces nouvelles nations, n'ont elles pas pour but de s'universaliser ? D'autres considérations répondront à ces questions.
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Il est bon, après les deux premières étapes de notre raisonnement, d’avoir établi d’une part première que la liberté, sous la forme qu’elle prend dans le monde post-moderne, se caractérise par le plaisir de voir l’orexis se réaliser matériellement, c’est-à-dire par le désir de la transgression spectaculaire, d’autre part que cette liberté est synonyme de régression, et ce jusqu’à l’archaïsme pré-Socratique (et d’ailleurs carrément pré-hellénique) où le concept de liberté s’affranchissait de toute considération sur la nuance entre désir et volonté. Enfin, nous observions que la transgression post-moderne de l’ordre social, sans encore considérer l’ordre moral, correspondait en réalité la constitution d’un ordre social nouveau, antagoniste à l’idée même de la transgression, en tant que l’ordre de la transgression conformiste.
Je lisais il y a quelques temps le texte d’un ultra-libéral, qu’ici je ne puis nommer.
«La démocratie et la dictature ne sont pas du tout des contraires, elles sont les deux faces d'une même pièce, elles ont l'essentiel en commun : elles commencent par désigner une somme d'individus comme sujet du droit, et ensuite seulement s'inquiètent de ce en quoi consistera ce droit. À côté de cette donnée centrale, savoir si c'est à un seul homme ou à plusieurs, ou bien à tous, pour une durée prédéterminée ou ad vitam, héréditaire ou pas de décider de la loi, ou bien jusqu'à la teneur de la loi elle-même, tout cela devient presque anecdotique.
Je suis d'accord pour dire que les nationalismes locaux sont un outil anti-impérialiste mais n'est-il pas plus pertinent de dire que « la liberté des peuples de disposer d'eux-mêmes », c'est souvent surtout le nom de code de la liberté des chefs de disposer des autres ? Quid d'un « peuple » dont certains membres ne veulent pas en faire partie ? Est-ce encore seulement un peuple quand il reconnaît ses membres indépendamment de leur souscription ? Bien sûr que non. Il n'y a pas, soit dit en passant, en ce sens, de peuple français, quelque soit l'ouverture qu'il eut ou pas à l’assimilation d’immigrés. »
Il est commun aujourd’hui de rencontrer des arguments semblables, très souvent moins cohérents par leur mise en forme ou leur syntaxe, mais de fondement identique : l’appartenance à un peuple, à un pays, à une ethnie, à une culture, s’oppose diamétralement au principe de liberté absolue de se faire soi-même, autrement dit, est intrinsèquement déterministe.
Toute notion d'appartenance à un groupe d'êtres humains dont l'attache est autre que la volonté propre de l'intégralité de ses membres devient donc ennemie de l'existentialisme. C'est d'autant plus évident chez Sartre, qui n'hésite pas, sans les nommer explicitement, à induire que le "fardeau" de la liberté des hommes les poussent à la vendre à ces mêmes entités afin de pouvoir s'abroger de la responsabilité inhérente aux actes de l'homme "libre". Si je suis libre, alors je suis responsable de ce que je fais. Sinon, c'est la faute de celui qui m'oppresse. D'où l'existence des nations. Réécriture partielle mais drastique du contrat social, qui n'étonnera personne compte tenu des proximités philosophiques du jeune crapaud et des hommes des Lu(cifer)mières.
Essayons de ne pas trop nous écarter de la question nationale (ou simplement sociale) pour le moment. Le contrat social suppose deux parties prenantes, l'une étant la multitude des hommes, l'autre étant le Léviathan. Les faibles et les forts ? Pas à proprement parler. Le peuple et l'Autorité en tout cas. Où réside la légitimité de ce contrat ? Dans la volonté populaire qui a conduit le peuple (ce sur quoi s'exerce le pouvoir) à soumettre sa volonté en deçà de sa sécurité, contraignant le Léviathan à s'acquitter de son devoir de protection sous peine de voir le peuple rompre le contrat, et ainsi de faire sécession. Machiavel l'avait compris avant Hobbes, il avait même vu beaucoup plus loin : pour permettre au contrat social de subsister, il suffit de s'assurer que le peuple croit que le rôle du Léviathan est bien rempli. Or c'est là que réside le cœur du problème démocratique.
On a souvent reproché à l'État nation de l'Ancien Régime sa barbarie, son archaïsme et sa violence. Que je sache, les renversements de régimes (pas de dirigeants, de régimes) conservaient une dimension exceptionnelle, du moins par rapport à aujourd'hui. Je pense qu'on peut dire sans trop s'avancer que le Léviathan remplissait sa part du contrat social, d'autant plus que la symétrie des capacités militaires étaient telles que les révolutions et rébellions en tout genre étaient plus à mêmes de connaître un succès tant qu'elles étaient soutenues par une masse populaire organisée suffisamment nombreuse. Il aura suffi de donner au peuple l'illusion que le Roi avait cessé de les protéger pour qu'un petit nombre de bourgeois parisiens renversent le Léviathan millénaire à jamais.
En démocratie, ce genre de revirement politique est impossible, parce que le peuple ne cherche jamais à rompre le contrat social, seulement à substituer à ses "chefs" une nouvelle figure dirigeante. La gauche échoue ? Élisons la droite. La droite oppresse ? Élisons les centristes. De temps en temps, on regarde à l'extrême, droite ou gauche, mais qui ne remet jamais en question le principe de souveraineté populaire, sinon ces extrêmes seraient considérées depuis longtemps comme des terroristes. Les coups d'États et révolutions populaires du monde post moderne aboutissent d'ailleurs presque toujours à l'instauration (ou la ré-instauration) d'un régime fondé sur des élections démocratiques régulières. Le seul, en fait, qui a le pouvoir de rompre le contrat, c'est le Léviathan, qui peut transformer sa démocratie en dictature une fois s'être assuré que l'opinion publique était soit suffisamment docile, soit suffisamment faible, pour qu'il ne soit pas inquiété. Un contrat fort déséquilibré, donc.
Le contrat social s'est transformé en asservissement dès lors que le peuple s'est placé en tant que seul détenteur du pouvoir. Pourquoi ? Deux raisons. La première, puisque le peuple n'est supposément plus asservi mais qu'il prend ses propres décisions, il n'est alors plus contraint d'agir selon la volonté d'un autre. L'existentialisme peut alors éclore, l'homme est responsable de sa Liberté : le crapaud est content. La deuxième, parce que dès lors que c'est le peuple qui dirige, et tant qu'il dirige, sa politique sera invariablement et pour toujours sensiblement la même. On peut changer de dirigeant, on ne peut pas changer un peuple. À moins de le marteler de propagande sur plusieurs générations. Ou de le remplacer tout simplement par un peuple étranger... Rien de tout ça ne vous semble familier ?
La démocratie n'est pas la liberté du peuple, c'est son asservissement. À qui ? La question mérite une considération à elle seule. Plus important, demandons-nous pourquoi ériger la liberté en culte suprême de l'individu conduirait nécessairement les peuples à s'en débarrasser aussitôt en tant que nations.
Parce que oui, si l'individu est libre, il n'est pas obligé d'être français, au même titre qu'il n'est pas obligé d'être un homme, ou même un être humain , ou même un être vivant (effectivement la gauche post moderne sera allée jusque là). Puisque l'identité n'est plus que ce que l'individu décide d'être à un instant précis (la gauche post moderne allant jusqu'à revendiquer l'existence "d'alters" ou de personnalités et affinités changeantes), il n'y a donc plus de légitimité à appartenir au peuple français : l'existentialisme induit la Mort des nations puisque si l'homme n'est que ce qu'il se fait, il doit pouvoir adhérer à n'importe quelle union populaire de n'importe quelle nature, simplement suivant ses désirs, et ce instantanément. D'où l'émergence de nouvelles communautés internationales, sans territoires, implantées à la fois partout et nulle part mais présentant tout de même une forme de "patriotisme" (ou de sectarisme, il n'y a pas à ma connaissance de terme approprié, le mot "communautarisme" étant souvent utilisé de manière abusive) malgré leur absence de lien de sang ou de populations, comme la communauté LGBT, par exemple. On pourra d'ailleurs dire que cette communauté est plus fermée que la plupart des frontières nationales des états occidentaux, ce qui constitue un nouveau paradoxe, puisqu'encore une fois cette "libéral-liberté" (décidément il faut que je trouve un terme approprié) ne considère comme légitime que les libérations transgressives, c'est à dire celles qui perturbent l'ordre social établi. On revient à l'orexis. Ce sont les nouvelles nations, les nouveaux Leviathans, ceux qui possèderont dans un futur plus ou moins proche le monopole de la violence légitime. Rassurant ?
Quid de la liberté de penser, alors ? Et ces nouvelles nations, n'ont elles pas pour but de s'universaliser ? D'autres considérations répondront à ces questions.
dans le contexte actuel, il est aussi pertinent d'évoquer les techniques d'extorsion du consentement ; le libéralisme d'une manière générale génère tout un tas de pratiques pour pouvoir forcer l'autre à accepter des concessions qui vont aller de plus en plus loin, ça se voit aussi bien en économie (l'avènement des machines-outils dans les industries textiles comme le remplacement des caissiers par des caisses automatiques, ont permis de dévaloriser le travail et donc le salaire tiré) que dans l'univers moral (petit à petit on a accepté le remplacement de population, la confusion des rôles sociaux entre les deux sexes, le fait qu'une vie soit suffisamment sacrée pour qu'on ne commence pas à vouloir louer des ventres...).
L'objectif visé par ce progrès est toujours de l'ordre de la rentabilité et de la mise en dépendance, mais le progrès économique avance toujours avec le progrès sociétal, enfin bon je vais pas paraphraser Michéa ou Loïc Chaigneau qui parle de Clouscard non plus
Ce faisant, la transgression finit par devenir commune et d'arrière-garde, tandis que la réaction devient l'avant-garde, mais le rôle de l'un et de l'autre engendre systématiquement des événements et des critiques acerbes, qui sont récupérés par la même caste dans le cadre de la "full-spectrum dominance" parce que le système et sa critique sont des marchés et des niches
Problème : comment éviter de devenir une caricature de progressiste et une caricature de réactionnaire ? Au-delà des distinctions politiques, comment Faire pour briser ce cadre qui fait de nous des caricatures ?
L'objectif visé par ce progrès est toujours de l'ordre de la rentabilité et de la mise en dépendance, mais le progrès économique avance toujours avec le progrès sociétal, enfin bon je vais pas paraphraser Michéa ou Loïc Chaigneau qui parle de Clouscard non plus
Problème : comment éviter de devenir une caricature de progressiste et une caricature de réactionnaire ? Au-delà des distinctions politiques, comment Faire pour briser ce cadre qui fait de nous des caricatures ?
il y a 12 jours
Leopold-II
13j
Une autre erreur qui dessert ton propos par contre, c'est de faire des raccourcis indigne de ton intelligence.
Parler de gauchiste, femme ou d'homosexuel comme si c'était des concepts bien définis, et pour moi de la paresse et du sentiment.
Beaucoup de gauchiste ou d'homosexuel, déplorent le dévoiement de leur combat et sont complètement conscient de l'instabilité que cela peut avoir sur la société.
Mais j'imagine que le format billet, pousse à la simplification.
Merci en tout cas pour cette petite gymnastique intellectuelle.
Parler de gauchiste, femme ou d'homosexuel comme si c'était des concepts bien définis, et pour moi de la paresse et du sentiment.
Beaucoup de gauchiste ou d'homosexuel, déplorent le dévoiement de leur combat et sont complètement conscient de l'instabilité que cela peut avoir sur la société.
Mais j'imagine que le format billet, pousse à la simplification.
Merci en tout cas pour cette petite gymnastique intellectuelle.
Je vais répondre à tes deux messages dans celui-ci.
Tout d'abord merci beaucoup pour le retour, ça fait toujours plaisir que quelqu'un prenne le temps de répondre à son pavay
Oui, je mêle (ou j'essaie de mêler) sociologie, philosophie, et parfois psychologie, bien que mes connaissances en cette dernière se limitent à la lecture de Lebon. Je parle ici de liberté telle qu'elle a toujours été défendue politiquement c'est-à-dire par la transgression, jamais réellement comme la recherche de l'autodétermination, bien que je considère en effet qu'il n'existe aucun caractère indéterminé de la nature humaine, ce qui invalide à mes yeux l'idée de liberté en tant que telle. La liberté sera au mieux un reflu opposé à l'essence, à défaut d'être un refus du déterminisme social.
Je suis tout à fait d'accord sur la nation de dignité, elle aurait été pertinente, mais pour moi toute idée de liberté est nécessairement caduque au sein d'un système régit par la soumission, autrement dit le capitalisme.
Et je ne suis d'accord qu'en partie avec ton analyse historique. La période post WW2 a vu naître un modèle occidental largement soutenu par sa population, le processus libertarien précède certes son déclin mais s'est fortement accéléré après le début des années 2000, c'est à dire après la réalisation que la "fin de l'histoire" était un mythe. La transgression rejette la Tradition et l'Ordre même dans les formes qu'ils prennent après 1990.
Enfin oui, par homosexuel j'entends l'homosexuel politique, c'est à dire l'activiste LGBT, pareil quand je dis gauchiste. Ce sont des approximations.
Merci pour ta réponse, je suis en train d'écrire un projet de continuation du travail de Ted Kaczinsky à partir des écrits d'Hilaire Belloc et de Thoreau, je te taguerai dessus
Tout d'abord merci beaucoup pour le retour, ça fait toujours plaisir que quelqu'un prenne le temps de répondre à son pavay
Oui, je mêle (ou j'essaie de mêler) sociologie, philosophie, et parfois psychologie, bien que mes connaissances en cette dernière se limitent à la lecture de Lebon. Je parle ici de liberté telle qu'elle a toujours été défendue politiquement c'est-à-dire par la transgression, jamais réellement comme la recherche de l'autodétermination, bien que je considère en effet qu'il n'existe aucun caractère indéterminé de la nature humaine, ce qui invalide à mes yeux l'idée de liberté en tant que telle. La liberté sera au mieux un reflu opposé à l'essence, à défaut d'être un refus du déterminisme social.
Je suis tout à fait d'accord sur la nation de dignité, elle aurait été pertinente, mais pour moi toute idée de liberté est nécessairement caduque au sein d'un système régit par la soumission, autrement dit le capitalisme.
Et je ne suis d'accord qu'en partie avec ton analyse historique. La période post WW2 a vu naître un modèle occidental largement soutenu par sa population, le processus libertarien précède certes son déclin mais s'est fortement accéléré après le début des années 2000, c'est à dire après la réalisation que la "fin de l'histoire" était un mythe. La transgression rejette la Tradition et l'Ordre même dans les formes qu'ils prennent après 1990.
Enfin oui, par homosexuel j'entends l'homosexuel politique, c'est à dire l'activiste LGBT, pareil quand je dis gauchiste. Ce sont des approximations.
Merci pour ta réponse, je suis en train d'écrire un projet de continuation du travail de Ted Kaczinsky à partir des écrits d'Hilaire Belloc et de Thoreau, je te taguerai dessus
Ave Maria
il y a 12 jours
dans le contexte actuel, il est aussi pertinent d'évoquer les techniques d'extorsion du consentement ; le libéralisme d'une manière générale génère tout un tas de pratiques pour pouvoir forcer l'autre à accepter des concessions qui vont aller de plus en plus loin, ça se voit aussi bien en économie (l'avènement des machines-outils dans les industries textiles comme le remplacement des caissiers par des caisses automatiques, ont permis de dévaloriser le travail et donc le salaire tiré) que dans l'univers moral (petit à petit on a accepté le remplacement de population, la confusion des rôles sociaux entre les deux sexes, le fait qu'une vie soit suffisamment sacrée pour qu'on ne commence pas à vouloir louer des ventres...).
L'objectif visé par ce progrès est toujours de l'ordre de la rentabilité et de la mise en dépendance, mais le progrès économique avance toujours avec le progrès sociétal, enfin bon je vais pas paraphraser Michéa ou Loïc Chaigneau qui parle de Clouscard non plus
Ce faisant, la transgression finit par devenir commune et d'arrière-garde, tandis que la réaction devient l'avant-garde, mais le rôle de l'un et de l'autre engendre systématiquement des événements et des critiques acerbes, qui sont récupérés par la même caste dans le cadre de la "full-spectrum dominance" parce que le système et sa critique sont des marchés et des niches
Problème : comment éviter de devenir une caricature de progressiste et une caricature de réactionnaire ? Au-delà des distinctions politiques, comment Faire pour briser ce cadre qui fait de nous des caricatures ?
L'objectif visé par ce progrès est toujours de l'ordre de la rentabilité et de la mise en dépendance, mais le progrès économique avance toujours avec le progrès sociétal, enfin bon je vais pas paraphraser Michéa ou Loïc Chaigneau qui parle de Clouscard non plus
Problème : comment éviter de devenir une caricature de progressiste et une caricature de réactionnaire ? Au-delà des distinctions politiques, comment Faire pour briser ce cadre qui fait de nous des caricatures ?
Ce que tu dis me fais penser à un texte de Carl Shmidt, le libéralisme autoritaire, ça pourrait t'intéresser.
Et je ne pense pas qu'il faille de "juste milieux" entre progrès et réaction. Le système étant devenu subversif en lui-même, incarner la subversion revient à tenter de le préserver.
Et je ne pense pas qu'il faille de "juste milieux" entre progrès et réaction. Le système étant devenu subversif en lui-même, incarner la subversion revient à tenter de le préserver.
Ave Maria
il y a 12 jours
Ce que tu dis me fais penser à un texte de Carl Shmidt, le libéralisme autoritaire, ça pourrait t'intéresser.
Et je ne pense pas qu'il faille de "juste milieux" entre progrès et réaction. Le système étant devenu subversif en lui-même, incarner la subversion revient à tenter de le préserver.
Et je ne pense pas qu'il faille de "juste milieux" entre progrès et réaction. Le système étant devenu subversif en lui-même, incarner la subversion revient à tenter de le préserver.
il n'est pas question de juste milieu, mais d'éviter de tomber dans les travers de l'une ou l'autre de ces figures caricaturales ; cette dualité est surmontable, mais uniquement si déjà on ne joue pas le jeu de la full-spectrum dominance et surtout si on reconnait les intérêts qu'il y a à conserver ce qu'il y a à conserver et qu'il y a à transgresser ce qu'il faut transgresser
il y a 12 jours
Je vais répondre à tes deux messages dans celui-ci.
Tout d'abord merci beaucoup pour le retour, ça fait toujours plaisir que quelqu'un prenne le temps de répondre à son pavay
Oui, je mêle (ou j'essaie de mêler) sociologie, philosophie, et parfois psychologie, bien que mes connaissances en cette dernière se limitent à la lecture de Lebon. Je parle ici de liberté telle qu'elle a toujours été défendue politiquement c'est-à-dire par la transgression, jamais réellement comme la recherche de l'autodétermination, bien que je considère en effet qu'il n'existe aucun caractère indéterminé de la nature humaine, ce qui invalide à mes yeux l'idée de liberté en tant que telle. La liberté sera au mieux un reflu opposé à l'essence, à défaut d'être un refus du déterminisme social.
Je suis tout à fait d'accord sur la nation de dignité, elle aurait été pertinente, mais pour moi toute idée de liberté est nécessairement caduque au sein d'un système régit par la soumission, autrement dit le capitalisme.
Et je ne suis d'accord qu'en partie avec ton analyse historique. La période post WW2 a vu naître un modèle occidental largement soutenu par sa population, le processus libertarien précède certes son déclin mais s'est fortement accéléré après le début des années 2000, c'est à dire après la réalisation que la "fin de l'histoire" était un mythe. La transgression rejette la Tradition et l'Ordre même dans les formes qu'ils prennent après 1990.
Enfin oui, par homosexuel j'entends l'homosexuel politique, c'est à dire l'activiste LGBT, pareil quand je dis gauchiste. Ce sont des approximations.
Merci pour ta réponse, je suis en train d'écrire un projet de continuation du travail de Ted Kaczinsky à partir des écrits d'Hilaire Belloc et de Thoreau, je te taguerai dessus
Tout d'abord merci beaucoup pour le retour, ça fait toujours plaisir que quelqu'un prenne le temps de répondre à son pavay
Oui, je mêle (ou j'essaie de mêler) sociologie, philosophie, et parfois psychologie, bien que mes connaissances en cette dernière se limitent à la lecture de Lebon. Je parle ici de liberté telle qu'elle a toujours été défendue politiquement c'est-à-dire par la transgression, jamais réellement comme la recherche de l'autodétermination, bien que je considère en effet qu'il n'existe aucun caractère indéterminé de la nature humaine, ce qui invalide à mes yeux l'idée de liberté en tant que telle. La liberté sera au mieux un reflu opposé à l'essence, à défaut d'être un refus du déterminisme social.
Je suis tout à fait d'accord sur la nation de dignité, elle aurait été pertinente, mais pour moi toute idée de liberté est nécessairement caduque au sein d'un système régit par la soumission, autrement dit le capitalisme.
Et je ne suis d'accord qu'en partie avec ton analyse historique. La période post WW2 a vu naître un modèle occidental largement soutenu par sa population, le processus libertarien précède certes son déclin mais s'est fortement accéléré après le début des années 2000, c'est à dire après la réalisation que la "fin de l'histoire" était un mythe. La transgression rejette la Tradition et l'Ordre même dans les formes qu'ils prennent après 1990.
Enfin oui, par homosexuel j'entends l'homosexuel politique, c'est à dire l'activiste LGBT, pareil quand je dis gauchiste. Ce sont des approximations.
Merci pour ta réponse, je suis en train d'écrire un projet de continuation du travail de Ted Kaczinsky à partir des écrits d'Hilaire Belloc et de Thoreau, je te taguerai dessus
Disons que la remise en question des anciennes institutions représentant l'Ordre et la Tradition a commencé signicativement dans les années 60.
C'est la génération ni Dieu ni Maître, préparant ainsi le terreau nécessaire aux nombreuses dérives progressistes et humanistes qu'ont subit gravement aujourd'hui.
C'est la génération ni Dieu ni Maître, préparant ainsi le terreau nécessaire aux nombreuses dérives progressistes et humanistes qu'ont subit gravement aujourd'hui.
il y a 11 jours
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