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https://onche.org/topic/1[...]re-contre-la-liberte-ep-2
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Il est bon, après les deux premières étapes de notre raisonnement, d’avoir établi d’une part première que la liberté, sous la forme qu’elle prend dans le monde post-moderne, se caractérise par le plaisir de voir l’orexis se réaliser matériellement, c’est-à-dire par le désir de la transgression spectaculaire, d’autre part que cette liberté est synonyme de régression, et ce jusqu’à l’archaïsme pré-Socratique (et d’ailleurs carrément pré-hellénique) où le concept de liberté s’affranchissait de toute considération sur la nuance entre désir et volonté. Enfin, nous observions que la transgression post-moderne de l’ordre social, sans encore considérer l’ordre moral, correspondait en réalité la constitution d’un ordre social nouveau, antagoniste à l’idée même de la transgression, en tant que l’ordre de la transgression conformiste.
Je lisais il y a quelques temps le texte d’un ultra-libéral, qu’ici je ne puis nommer.
«La démocratie et la dictature ne sont pas du tout des contraires, elles sont les deux faces d'une même pièce, elles ont l'essentiel en commun : elles commencent par désigner une somme d'individus comme sujet du droit, et ensuite seulement s'inquiètent de ce en quoi consistera ce droit. À côté de cette donnée centrale, savoir si c'est à un seul homme ou à plusieurs, ou bien à tous, pour une durée prédéterminée ou ad vitam, héréditaire ou pas de décider de la loi, ou bien jusqu'à la teneur de la loi elle-même, tout cela devient presque anecdotique.
Je suis d'accord pour dire que les nationalismes locaux sont un outil anti-impérialiste mais n'est-il pas plus pertinent de dire que « la liberté des peuples de disposer d'eux-mêmes », c'est souvent surtout le nom de code de la liberté des chefs de disposer des autres ? Quid d'un « peuple » dont certains membres ne veulent pas en faire partie ? Est-ce encore seulement un peuple quand il reconnaît ses membres indépendamment de leur souscription ? Bien sûr que non. Il n'y a pas, soit dit en passant, en ce sens, de peuple français, quelque soit l'ouverture qu'il eut ou pas à l’assimilation d’immigrés. »
Il est commun aujourd’hui de rencontrer des arguments semblables, très souvent moins cohérents par leur mise en forme ou leur syntaxe, mais de fondement identique : l’appartenance à un peuple, à un pays, à une ethnie, à une culture, s’oppose diamétralement au principe de liberté absolue de se faire soi-même, autrement dit, est intrinsèquement déterministe.
Toute notion d'appartenance à un groupe d'êtres humains dont l'attache est autre que la volonté propre de l'intégralité de ses membres devient donc ennemie de l'existentialisme. C'est d'autant plus évident chez Sartre, qui n'hésite pas, sans les nommer explicitement, à induire que le "fardeau" de la liberté des hommes les poussent à la vendre à ces mêmes entités afin de pouvoir s'abroger de la responsabilité inhérente aux actes de l'homme "libre". Si je suis libre, alors je suis responsable de ce que je fais. Sinon, c'est la faute de celui qui m'oppresse. D'où l'existence des nations. Réécriture partielle mais drastique du contrat social, qui n'étonnera personne compte tenu des proximités philosophiques du jeune crapaud et des hommes des Lu(cifer)mières.
Essayons de ne pas trop nous écarter de la question nationale (ou simplement sociale) pour le moment. Le contrat social suppose deux parties prenantes, l'une étant la multitude des hommes, l'autre étant le Léviathan. Les faibles et les forts ? Pas à proprement parler. Le peuple et l'Autorité en tout cas. Où réside la légitimité de ce contrat ? Dans la volonté populaire qui a conduit le peuple (ce sur quoi s'exerce le pouvoir) à soumettre sa volonté en deçà de sa sécurité, contraignant le Léviathan à s'acquitter de son devoir de protection sous peine de voir le peuple rompre le contrat, et ainsi de faire sécession. Machiavel l'avait compris avant Hobbes, il avait même vu beaucoup plus loin : pour permettre au contrat social de subsister, il suffit de s'assurer que le peuple croit que le rôle du Léviathan est bien rempli. Or c'est là que réside le cœur du problème démocratique.
On a souvent reproché à l'État nation de l'Ancien Régime sa barbarie, son archaïsme et sa violence. Que je sache, les renversements de régimes (pas de dirigeants, de régimes) conservaient une dimension exceptionnelle, du moins par rapport à aujourd'hui. Je pense qu'on peut dire sans trop s'avancer que le Léviathan remplissait sa part du contrat social, d'autant plus que la symétrie des capacités militaires étaient telles que les révolutions et rébellions en tout genre étaient plus à mêmes de connaître un succès tant qu'elles étaient soutenues par une masse populaire organisée suffisamment nombreuse. Il aura suffi de donner au peuple l'illusion que le Roi avait cessé de les protéger pour qu'un petit nombre de bourgeois parisiens renversent le Léviathan millénaire à jamais.
En démocratie, ce genre de revirement politique est impossible, parce que le peuple ne cherche jamais à rompre le contrat social, seulement à substituer à ses "chefs" une nouvelle figure dirigeante. La gauche échoue ? Élisons la droite. La droite oppresse ? Élisons les centristes. De temps en temps, on regarde à l'extrême, droite ou gauche, mais qui ne remet jamais en question le principe de souveraineté populaire, sinon ces extrêmes seraient considérées depuis longtemps comme des terroristes. Les coups d'États et révolutions populaires du monde post moderne aboutissent d'ailleurs presque toujours à l'instauration (ou la ré-instauration) d'un régime fondé sur des élections démocratiques régulières. Le seul, en fait, qui a le pouvoir de rompre le contrat, c'est le Léviathan, qui peut transformer sa démocratie en dictature une fois s'être assuré que l'opinion publique était soit suffisamment docile, soit suffisamment faible, pour qu'il ne soit pas inquiété. Un contrat fort déséquilibré, donc.
Le contrat social s'est transformé en asservissement dès lors que le peuple s'est placé en tant que seul détenteur du pouvoir. Pourquoi ? Deux raisons. La première, puisque le peuple n'est supposément plus asservi mais qu'il prend ses propres décisions, il n'est alors plus contraint d'agir selon la volonté d'un autre. L'existentialisme peut alors éclore, l'homme est responsable de sa Liberté : le crapaud est content. La deuxième, parce que dès lors que c'est le peuple qui dirige, et tant qu'il dirige, sa politique sera invariablement et pour toujours sensiblement la même. On peut changer de dirigeant, on ne peut pas changer un peuple. À moins de le marteler de propagande sur plusieurs générations. Ou de le remplacer tout simplement par un peuple étranger... Rien de tout ça ne vous semble familier ?
La démocratie n'est pas la liberté du peuple, c'est son asservissement. À qui ? La question mérite une considération à elle seule. Plus important, demandons-nous pourquoi ériger la liberté en culte suprême de l'individu conduirait nécessairement les peuples à s'en débarrasser aussitôt en tant que nations.
Parce que oui, si l'individu est libre, il n'est pas obligé d'être français, au même titre qu'il n'est pas obligé d'être un homme, ou même un être humain , ou même un être vivant (effectivement la gauche post moderne sera allée jusque là). Puisque l'identité n'est plus que ce que l'individu décide d'être à un instant précis (la gauche post moderne allant jusqu'à revendiquer l'existence "d'alters" ou de personnalités et affinités changeantes), il n'y a donc plus de légitimité à appartenir au peuple français : l'existentialisme induit la Mort des nations puisque si l'homme n'est que ce qu'il se fait, il doit pouvoir adhérer à n'importe quelle union populaire de n'importe quelle nature, simplement suivant ses désirs, et ce instantanément. D'où l'émergence de nouvelles communautés internationales, sans territoires, implantées à la fois partout et nulle part mais présentant tout de même une forme de "patriotisme" (ou de sectarisme, il n'y a pas à ma connaissance de terme approprié, le mot "communautarisme" étant souvent utilisé de manière abusive) malgré leur absence de lien de sang ou de populations, comme la communauté LGBT, par exemple. On pourra d'ailleurs dire que cette communauté est plus fermée que la plupart des frontières nationales des états occidentaux, ce qui constitue un nouveau paradoxe, puisqu'encore une fois cette "libéral-liberté" (décidément il faut que je trouve un terme approprié) ne considère comme légitime que les libérations transgressives, c'est à dire celles qui perturbent l'ordre social établi. On revient à l'orexis. Ce sont les nouvelles nations, les nouveaux Leviathans, ceux qui possèderont dans un futur plus ou moins proche le monopole de la violence légitime. Rassurant ?
Quid de la liberté de penser, alors ? Et ces nouvelles nations, n'ont elles pas pour but de s'universaliser ? D'autres considérations répondront à ces questions.
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Il est bon, après les deux premières étapes de notre raisonnement, d’avoir établi d’une part première que la liberté, sous la forme qu’elle prend dans le monde post-moderne, se caractérise par le plaisir de voir l’orexis se réaliser matériellement, c’est-à-dire par le désir de la transgression spectaculaire, d’autre part que cette liberté est synonyme de régression, et ce jusqu’à l’archaïsme pré-Socratique (et d’ailleurs carrément pré-hellénique) où le concept de liberté s’affranchissait de toute considération sur la nuance entre désir et volonté. Enfin, nous observions que la transgression post-moderne de l’ordre social, sans encore considérer l’ordre moral, correspondait en réalité la constitution d’un ordre social nouveau, antagoniste à l’idée même de la transgression, en tant que l’ordre de la transgression conformiste.
Je lisais il y a quelques temps le texte d’un ultra-libéral, qu’ici je ne puis nommer.
«La démocratie et la dictature ne sont pas du tout des contraires, elles sont les deux faces d'une même pièce, elles ont l'essentiel en commun : elles commencent par désigner une somme d'individus comme sujet du droit, et ensuite seulement s'inquiètent de ce en quoi consistera ce droit. À côté de cette donnée centrale, savoir si c'est à un seul homme ou à plusieurs, ou bien à tous, pour une durée prédéterminée ou ad vitam, héréditaire ou pas de décider de la loi, ou bien jusqu'à la teneur de la loi elle-même, tout cela devient presque anecdotique.
Je suis d'accord pour dire que les nationalismes locaux sont un outil anti-impérialiste mais n'est-il pas plus pertinent de dire que « la liberté des peuples de disposer d'eux-mêmes », c'est souvent surtout le nom de code de la liberté des chefs de disposer des autres ? Quid d'un « peuple » dont certains membres ne veulent pas en faire partie ? Est-ce encore seulement un peuple quand il reconnaît ses membres indépendamment de leur souscription ? Bien sûr que non. Il n'y a pas, soit dit en passant, en ce sens, de peuple français, quelque soit l'ouverture qu'il eut ou pas à l’assimilation d’immigrés. »
Il est commun aujourd’hui de rencontrer des arguments semblables, très souvent moins cohérents par leur mise en forme ou leur syntaxe, mais de fondement identique : l’appartenance à un peuple, à un pays, à une ethnie, à une culture, s’oppose diamétralement au principe de liberté absolue de se faire soi-même, autrement dit, est intrinsèquement déterministe.
Toute notion d'appartenance à un groupe d'êtres humains dont l'attache est autre que la volonté propre de l'intégralité de ses membres devient donc ennemie de l'existentialisme. C'est d'autant plus évident chez Sartre, qui n'hésite pas, sans les nommer explicitement, à induire que le "fardeau" de la liberté des hommes les poussent à la vendre à ces mêmes entités afin de pouvoir s'abroger de la responsabilité inhérente aux actes de l'homme "libre". Si je suis libre, alors je suis responsable de ce que je fais. Sinon, c'est la faute de celui qui m'oppresse. D'où l'existence des nations. Réécriture partielle mais drastique du contrat social, qui n'étonnera personne compte tenu des proximités philosophiques du jeune crapaud et des hommes des Lu(cifer)mières.
Essayons de ne pas trop nous écarter de la question nationale (ou simplement sociale) pour le moment. Le contrat social suppose deux parties prenantes, l'une étant la multitude des hommes, l'autre étant le Léviathan. Les faibles et les forts ? Pas à proprement parler. Le peuple et l'Autorité en tout cas. Où réside la légitimité de ce contrat ? Dans la volonté populaire qui a conduit le peuple (ce sur quoi s'exerce le pouvoir) à soumettre sa volonté en deçà de sa sécurité, contraignant le Léviathan à s'acquitter de son devoir de protection sous peine de voir le peuple rompre le contrat, et ainsi de faire sécession. Machiavel l'avait compris avant Hobbes, il avait même vu beaucoup plus loin : pour permettre au contrat social de subsister, il suffit de s'assurer que le peuple croit que le rôle du Léviathan est bien rempli. Or c'est là que réside le cœur du problème démocratique.
On a souvent reproché à l'État nation de l'Ancien Régime sa barbarie, son archaïsme et sa violence. Que je sache, les renversements de régimes (pas de dirigeants, de régimes) conservaient une dimension exceptionnelle, du moins par rapport à aujourd'hui. Je pense qu'on peut dire sans trop s'avancer que le Léviathan remplissait sa part du contrat social, d'autant plus que la symétrie des capacités militaires étaient telles que les révolutions et rébellions en tout genre étaient plus à mêmes de connaître un succès tant qu'elles étaient soutenues par une masse populaire organisée suffisamment nombreuse. Il aura suffi de donner au peuple l'illusion que le Roi avait cessé de les protéger pour qu'un petit nombre de bourgeois parisiens renversent le Léviathan millénaire à jamais.
En démocratie, ce genre de revirement politique est impossible, parce que le peuple ne cherche jamais à rompre le contrat social, seulement à substituer à ses "chefs" une nouvelle figure dirigeante. La gauche échoue ? Élisons la droite. La droite oppresse ? Élisons les centristes. De temps en temps, on regarde à l'extrême, droite ou gauche, mais qui ne remet jamais en question le principe de souveraineté populaire, sinon ces extrêmes seraient considérées depuis longtemps comme des terroristes. Les coups d'États et révolutions populaires du monde post moderne aboutissent d'ailleurs presque toujours à l'instauration (ou la ré-instauration) d'un régime fondé sur des élections démocratiques régulières. Le seul, en fait, qui a le pouvoir de rompre le contrat, c'est le Léviathan, qui peut transformer sa démocratie en dictature une fois s'être assuré que l'opinion publique était soit suffisamment docile, soit suffisamment faible, pour qu'il ne soit pas inquiété. Un contrat fort déséquilibré, donc.
Le contrat social s'est transformé en asservissement dès lors que le peuple s'est placé en tant que seul détenteur du pouvoir. Pourquoi ? Deux raisons. La première, puisque le peuple n'est supposément plus asservi mais qu'il prend ses propres décisions, il n'est alors plus contraint d'agir selon la volonté d'un autre. L'existentialisme peut alors éclore, l'homme est responsable de sa Liberté : le crapaud est content. La deuxième, parce que dès lors que c'est le peuple qui dirige, et tant qu'il dirige, sa politique sera invariablement et pour toujours sensiblement la même. On peut changer de dirigeant, on ne peut pas changer un peuple. À moins de le marteler de propagande sur plusieurs générations. Ou de le remplacer tout simplement par un peuple étranger... Rien de tout ça ne vous semble familier ?
La démocratie n'est pas la liberté du peuple, c'est son asservissement. À qui ? La question mérite une considération à elle seule. Plus important, demandons-nous pourquoi ériger la liberté en culte suprême de l'individu conduirait nécessairement les peuples à s'en débarrasser aussitôt en tant que nations.
Parce que oui, si l'individu est libre, il n'est pas obligé d'être français, au même titre qu'il n'est pas obligé d'être un homme, ou même un être humain , ou même un être vivant (effectivement la gauche post moderne sera allée jusque là). Puisque l'identité n'est plus que ce que l'individu décide d'être à un instant précis (la gauche post moderne allant jusqu'à revendiquer l'existence "d'alters" ou de personnalités et affinités changeantes), il n'y a donc plus de légitimité à appartenir au peuple français : l'existentialisme induit la Mort des nations puisque si l'homme n'est que ce qu'il se fait, il doit pouvoir adhérer à n'importe quelle union populaire de n'importe quelle nature, simplement suivant ses désirs, et ce instantanément. D'où l'émergence de nouvelles communautés internationales, sans territoires, implantées à la fois partout et nulle part mais présentant tout de même une forme de "patriotisme" (ou de sectarisme, il n'y a pas à ma connaissance de terme approprié, le mot "communautarisme" étant souvent utilisé de manière abusive) malgré leur absence de lien de sang ou de populations, comme la communauté LGBT, par exemple. On pourra d'ailleurs dire que cette communauté est plus fermée que la plupart des frontières nationales des états occidentaux, ce qui constitue un nouveau paradoxe, puisqu'encore une fois cette "libéral-liberté" (décidément il faut que je trouve un terme approprié) ne considère comme légitime que les libérations transgressives, c'est à dire celles qui perturbent l'ordre social établi. On revient à l'orexis. Ce sont les nouvelles nations, les nouveaux Leviathans, ceux qui possèderont dans un futur plus ou moins proche le monopole de la violence légitime. Rassurant ?
Quid de la liberté de penser, alors ? Et ces nouvelles nations, n'ont elles pas pour but de s'universaliser ? D'autres considérations répondront à ces questions.
Ave Maria
il y a un jour
Bon retour parmi nous, j’avais suivi l’échange qui t’a mené au goulag un peu injustement
il y a un jour
Bon retour parmi nous, j’avais suivi l’échange qui t’a mené au goulag un peu injustement
Merci beaucoup clé, c'est drôle que tu t'en rappelles ça fait une semaine quand même
Ave Maria
il y a un jour
Bon retour parmi nous, j’avais suivi l’échange qui t’a mené au goulag un peu injustement
Ah ouais ? J'aurais bien aimé voir ça
LabelConFort Kaguya-Hourai
il y a un jour
Je lisais il y a quelques temps le texte d’un ultra-libéral, qu’ici je ne puis nommer.
Pourquoi ?
LabelConFort Kaguya-Hourai
il y a un jour
Je lisais il y a quelques temps le texte d’un ultra-libéral, qu’ici je ne puis nommer.
Pourquoi ?
Parce que je ne connais pas son nom et que son pseudo a été supprimé
Ave Maria
il y a un jour
Réécriture partielle mais drastique du contrat social, qui n'étonnera personne compte tenu des proximités philosophiques du jeune crapaud et des hommes des Lu(cifer)mières.
il suffit de s'assurer que le peuple croit que le rôle du Léviathan est bien rempli. Or c'est là que réside le cœur du problème démocratique.
LabelConFort Kaguya-Hourai
il y a un jour
Très bien, rien à dire
Ajoutons qu'au final une grande partie du peuple est prête à sacrifier cette soi disante liberté elle même pour plus de sécurité
Ajoutons qu'au final une grande partie du peuple est prête à sacrifier cette soi disante liberté elle même pour plus de sécurité
LabelConFort Kaguya-Hourai
il y a un jour
Très bien, rien à dire
Ajoutons qu'au final une grande partie du peuple est prête à sacrifier cette soi disante liberté elle même pour plus de sécurité
Ajoutons qu'au final une grande partie du peuple est prête à sacrifier cette soi disante liberté elle même pour plus de sécurité
Exactement, c'est le cœur du contrat social hobbessien. Mais bon Rousseau et Sartre l'ont réécrit à leur manière...
Ave Maria
il y a un jour
Exactement, c'est le cœur du contrat social hobbessien. Mais bon Rousseau et Sartre l'ont réécrit à leur manière...
Ok, je savais pas
LabelConFort Kaguya-Hourai
il y a un jour
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Il est bon, après les deux premières étapes de notre raisonnement, d’avoir établi d’une part première que la liberté, sous la forme qu’elle prend dans le monde post-moderne, se caractérise par le plaisir de voir l’orexis se réaliser matériellement, c’est-à-dire par le désir de la transgression spectaculaire, d’autre part que cette liberté est synonyme de régression, et ce jusqu’à l’archaïsme pré-Socratique (et d’ailleurs carrément pré-hellénique) où le concept de liberté s’affranchissait de toute considération sur la nuance entre désir et volonté. Enfin, nous observions que la transgression post-moderne de l’ordre social, sans encore considérer l’ordre moral, correspondait en réalité la constitution d’un ordre social nouveau, antagoniste à l’idée même de la transgression, en tant que l’ordre de la transgression conformiste.
Je lisais il y a quelques temps le texte d’un ultra-libéral, qu’ici je ne puis nommer.
«La démocratie et la dictature ne sont pas du tout des contraires, elles sont les deux faces d'une même pièce, elles ont l'essentiel en commun : elles commencent par désigner une somme d'individus comme sujet du droit, et ensuite seulement s'inquiètent de ce en quoi consistera ce droit. À côté de cette donnée centrale, savoir si c'est à un seul homme ou à plusieurs, ou bien à tous, pour une durée prédéterminée ou ad vitam, héréditaire ou pas de décider de la loi, ou bien jusqu'à la teneur de la loi elle-même, tout cela devient presque anecdotique.
Je suis d'accord pour dire que les nationalismes locaux sont un outil anti-impérialiste mais n'est-il pas plus pertinent de dire que « la liberté des peuples de disposer d'eux-mêmes », c'est souvent surtout le nom de code de la liberté des chefs de disposer des autres ? Quid d'un « peuple » dont certains membres ne veulent pas en faire partie ? Est-ce encore seulement un peuple quand il reconnaît ses membres indépendamment de leur souscription ? Bien sûr que non. Il n'y a pas, soit dit en passant, en ce sens, de peuple français, quelque soit l'ouverture qu'il eut ou pas à l’assimilation d’immigrés. »
Il est commun aujourd’hui de rencontrer des arguments semblables, très souvent moins cohérents par leur mise en forme ou leur syntaxe, mais de fondement identique : l’appartenance à un peuple, à un pays, à une ethnie, à une culture, s’oppose diamétralement au principe de liberté absolue de se faire soi-même, autrement dit, est intrinsèquement déterministe.
Toute notion d'appartenance à un groupe d'êtres humains dont l'attache est autre que la volonté propre de l'intégralité de ses membres devient donc ennemie de l'existentialisme. C'est d'autant plus évident chez Sartre, qui n'hésite pas, sans les nommer explicitement, à induire que le "fardeau" de la liberté des hommes les poussent à la vendre à ces mêmes entités afin de pouvoir s'abroger de la responsabilité inhérente aux actes de l'homme "libre". Si je suis libre, alors je suis responsable de ce que je fais. Sinon, c'est la faute de celui qui m'oppresse. D'où l'existence des nations. Réécriture partielle mais drastique du contrat social, qui n'étonnera personne compte tenu des proximités philosophiques du jeune crapaud et des hommes des Lu(cifer)mières.
Essayons de ne pas trop nous écarter de la question nationale (ou simplement sociale) pour le moment. Le contrat social suppose deux parties prenantes, l'une étant la multitude des hommes, l'autre étant le Léviathan. Les faibles et les forts ? Pas à proprement parler. Le peuple et l'Autorité en tout cas. Où réside la légitimité de ce contrat ? Dans la volonté populaire qui a conduit le peuple (ce sur quoi s'exerce le pouvoir) à soumettre sa volonté en deçà de sa sécurité, contraignant le Léviathan à s'acquitter de son devoir de protection sous peine de voir le peuple rompre le contrat, et ainsi de faire sécession. Machiavel l'avait compris avant Hobbes, il avait même vu beaucoup plus loin : pour permettre au contrat social de subsister, il suffit de s'assurer que le peuple croit que le rôle du Léviathan est bien rempli. Or c'est là que réside le cœur du problème démocratique.
On a souvent reproché à l'État nation de l'Ancien Régime sa barbarie, son archaïsme et sa violence. Que je sache, les renversements de régimes (pas de dirigeants, de régimes) conservaient une dimension exceptionnelle, du moins par rapport à aujourd'hui. Je pense qu'on peut dire sans trop s'avancer que le Léviathan remplissait sa part du contrat social, d'autant plus que la symétrie des capacités militaires étaient telles que les révolutions et rébellions en tout genre étaient plus à mêmes de connaître un succès tant qu'elles étaient soutenues par une masse populaire organisée suffisamment nombreuse. Il aura suffi de donner au peuple l'illusion que le Roi avait cessé de les protéger pour qu'un petit nombre de bourgeois parisiens renversent le Léviathan millénaire à jamais.
En démocratie, ce genre de revirement politique est impossible, parce que le peuple ne cherche jamais à rompre le contrat social, seulement à substituer à ses "chefs" une nouvelle figure dirigeante. La gauche échoue ? Élisons la droite. La droite oppresse ? Élisons les centristes. De temps en temps, on regarde à l'extrême, droite ou gauche, mais qui ne remet jamais en question le principe de souveraineté populaire, sinon ces extrêmes seraient considérées depuis longtemps comme des terroristes. Les coups d'États et révolutions populaires du monde post moderne aboutissent d'ailleurs presque toujours à l'instauration (ou la ré-instauration) d'un régime fondé sur des élections démocratiques régulières. Le seul, en fait, qui a le pouvoir de rompre le contrat, c'est le Léviathan, qui peut transformer sa démocratie en dictature une fois s'être assuré que l'opinion publique était soit suffisamment docile, soit suffisamment faible, pour qu'il ne soit pas inquiété. Un contrat fort déséquilibré, donc.
Le contrat social s'est transformé en asservissement dès lors que le peuple s'est placé en tant que seul détenteur du pouvoir. Pourquoi ? Deux raisons. La première, puisque le peuple n'est supposément plus asservi mais qu'il prend ses propres décisions, il n'est alors plus contraint d'agir selon la volonté d'un autre. L'existentialisme peut alors éclore, l'homme est responsable de sa Liberté : le crapaud est content. La deuxième, parce que dès lors que c'est le peuple qui dirige, et tant qu'il dirige, sa politique sera invariablement et pour toujours sensiblement la même. On peut changer de dirigeant, on ne peut pas changer un peuple. À moins de le marteler de propagande sur plusieurs générations. Ou de le remplacer tout simplement par un peuple étranger... Rien de tout ça ne vous semble familier ?
La démocratie n'est pas la liberté du peuple, c'est son asservissement. À qui ? La question mérite une considération à elle seule. Plus important, demandons-nous pourquoi ériger la liberté en culte suprême de l'individu conduirait nécessairement les peuples à s'en débarrasser aussitôt en tant que nations.
Parce que oui, si l'individu est libre, il n'est pas obligé d'être français, au même titre qu'il n'est pas obligé d'être un homme, ou même un être humain , ou même un être vivant (effectivement la gauche post moderne sera allée jusque là). Puisque l'identité n'est plus que ce que l'individu décide d'être à un instant précis (la gauche post moderne allant jusqu'à revendiquer l'existence "d'alters" ou de personnalités et affinités changeantes), il n'y a donc plus de légitimité à appartenir au peuple français : l'existentialisme induit la Mort des nations puisque si l'homme n'est que ce qu'il se fait, il doit pouvoir adhérer à n'importe quelle union populaire de n'importe quelle nature, simplement suivant ses désirs, et ce instantanément. D'où l'émergence de nouvelles communautés internationales, sans territoires, implantées à la fois partout et nulle part mais présentant tout de même une forme de "patriotisme" (ou de sectarisme, il n'y a pas à ma connaissance de terme approprié, le mot "communautarisme" étant souvent utilisé de manière abusive) malgré leur absence de lien de sang ou de populations, comme la communauté LGBT, par exemple. On pourra d'ailleurs dire que cette communauté est plus fermée que la plupart des frontières nationales des états occidentaux, ce qui constitue un nouveau paradoxe, puisqu'encore une fois cette "libéral-liberté" (décidément il faut que je trouve un terme approprié) ne considère comme légitime que les libérations transgressives, c'est à dire celles qui perturbent l'ordre social établi. On revient à l'orexis. Ce sont les nouvelles nations, les nouveaux Leviathans, ceux qui possèderont dans un futur plus ou moins proche le monopole de la violence légitime. Rassurant ?
Quid de la liberté de penser, alors ? Et ces nouvelles nations, n'ont elles pas pour but de s'universaliser ? D'autres considérations répondront à ces questions.
Pour lire la série depuis le début, c'est ici :
Il est bon, après les deux premières étapes de notre raisonnement, d’avoir établi d’une part première que la liberté, sous la forme qu’elle prend dans le monde post-moderne, se caractérise par le plaisir de voir l’orexis se réaliser matériellement, c’est-à-dire par le désir de la transgression spectaculaire, d’autre part que cette liberté est synonyme de régression, et ce jusqu’à l’archaïsme pré-Socratique (et d’ailleurs carrément pré-hellénique) où le concept de liberté s’affranchissait de toute considération sur la nuance entre désir et volonté. Enfin, nous observions que la transgression post-moderne de l’ordre social, sans encore considérer l’ordre moral, correspondait en réalité la constitution d’un ordre social nouveau, antagoniste à l’idée même de la transgression, en tant que l’ordre de la transgression conformiste.
Je lisais il y a quelques temps le texte d’un ultra-libéral, qu’ici je ne puis nommer.
«La démocratie et la dictature ne sont pas du tout des contraires, elles sont les deux faces d'une même pièce, elles ont l'essentiel en commun : elles commencent par désigner une somme d'individus comme sujet du droit, et ensuite seulement s'inquiètent de ce en quoi consistera ce droit. À côté de cette donnée centrale, savoir si c'est à un seul homme ou à plusieurs, ou bien à tous, pour une durée prédéterminée ou ad vitam, héréditaire ou pas de décider de la loi, ou bien jusqu'à la teneur de la loi elle-même, tout cela devient presque anecdotique.
Je suis d'accord pour dire que les nationalismes locaux sont un outil anti-impérialiste mais n'est-il pas plus pertinent de dire que « la liberté des peuples de disposer d'eux-mêmes », c'est souvent surtout le nom de code de la liberté des chefs de disposer des autres ? Quid d'un « peuple » dont certains membres ne veulent pas en faire partie ? Est-ce encore seulement un peuple quand il reconnaît ses membres indépendamment de leur souscription ? Bien sûr que non. Il n'y a pas, soit dit en passant, en ce sens, de peuple français, quelque soit l'ouverture qu'il eut ou pas à l’assimilation d’immigrés. »
Il est commun aujourd’hui de rencontrer des arguments semblables, très souvent moins cohérents par leur mise en forme ou leur syntaxe, mais de fondement identique : l’appartenance à un peuple, à un pays, à une ethnie, à une culture, s’oppose diamétralement au principe de liberté absolue de se faire soi-même, autrement dit, est intrinsèquement déterministe.
Toute notion d'appartenance à un groupe d'êtres humains dont l'attache est autre que la volonté propre de l'intégralité de ses membres devient donc ennemie de l'existentialisme. C'est d'autant plus évident chez Sartre, qui n'hésite pas, sans les nommer explicitement, à induire que le "fardeau" de la liberté des hommes les poussent à la vendre à ces mêmes entités afin de pouvoir s'abroger de la responsabilité inhérente aux actes de l'homme "libre". Si je suis libre, alors je suis responsable de ce que je fais. Sinon, c'est la faute de celui qui m'oppresse. D'où l'existence des nations. Réécriture partielle mais drastique du contrat social, qui n'étonnera personne compte tenu des proximités philosophiques du jeune crapaud et des hommes des Lu(cifer)mières.
Essayons de ne pas trop nous écarter de la question nationale (ou simplement sociale) pour le moment. Le contrat social suppose deux parties prenantes, l'une étant la multitude des hommes, l'autre étant le Léviathan. Les faibles et les forts ? Pas à proprement parler. Le peuple et l'Autorité en tout cas. Où réside la légitimité de ce contrat ? Dans la volonté populaire qui a conduit le peuple (ce sur quoi s'exerce le pouvoir) à soumettre sa volonté en deçà de sa sécurité, contraignant le Léviathan à s'acquitter de son devoir de protection sous peine de voir le peuple rompre le contrat, et ainsi de faire sécession. Machiavel l'avait compris avant Hobbes, il avait même vu beaucoup plus loin : pour permettre au contrat social de subsister, il suffit de s'assurer que le peuple croit que le rôle du Léviathan est bien rempli. Or c'est là que réside le cœur du problème démocratique.
On a souvent reproché à l'État nation de l'Ancien Régime sa barbarie, son archaïsme et sa violence. Que je sache, les renversements de régimes (pas de dirigeants, de régimes) conservaient une dimension exceptionnelle, du moins par rapport à aujourd'hui. Je pense qu'on peut dire sans trop s'avancer que le Léviathan remplissait sa part du contrat social, d'autant plus que la symétrie des capacités militaires étaient telles que les révolutions et rébellions en tout genre étaient plus à mêmes de connaître un succès tant qu'elles étaient soutenues par une masse populaire organisée suffisamment nombreuse. Il aura suffi de donner au peuple l'illusion que le Roi avait cessé de les protéger pour qu'un petit nombre de bourgeois parisiens renversent le Léviathan millénaire à jamais.
En démocratie, ce genre de revirement politique est impossible, parce que le peuple ne cherche jamais à rompre le contrat social, seulement à substituer à ses "chefs" une nouvelle figure dirigeante. La gauche échoue ? Élisons la droite. La droite oppresse ? Élisons les centristes. De temps en temps, on regarde à l'extrême, droite ou gauche, mais qui ne remet jamais en question le principe de souveraineté populaire, sinon ces extrêmes seraient considérées depuis longtemps comme des terroristes. Les coups d'États et révolutions populaires du monde post moderne aboutissent d'ailleurs presque toujours à l'instauration (ou la ré-instauration) d'un régime fondé sur des élections démocratiques régulières. Le seul, en fait, qui a le pouvoir de rompre le contrat, c'est le Léviathan, qui peut transformer sa démocratie en dictature une fois s'être assuré que l'opinion publique était soit suffisamment docile, soit suffisamment faible, pour qu'il ne soit pas inquiété. Un contrat fort déséquilibré, donc.
Le contrat social s'est transformé en asservissement dès lors que le peuple s'est placé en tant que seul détenteur du pouvoir. Pourquoi ? Deux raisons. La première, puisque le peuple n'est supposément plus asservi mais qu'il prend ses propres décisions, il n'est alors plus contraint d'agir selon la volonté d'un autre. L'existentialisme peut alors éclore, l'homme est responsable de sa Liberté : le crapaud est content. La deuxième, parce que dès lors que c'est le peuple qui dirige, et tant qu'il dirige, sa politique sera invariablement et pour toujours sensiblement la même. On peut changer de dirigeant, on ne peut pas changer un peuple. À moins de le marteler de propagande sur plusieurs générations. Ou de le remplacer tout simplement par un peuple étranger... Rien de tout ça ne vous semble familier ?
La démocratie n'est pas la liberté du peuple, c'est son asservissement. À qui ? La question mérite une considération à elle seule. Plus important, demandons-nous pourquoi ériger la liberté en culte suprême de l'individu conduirait nécessairement les peuples à s'en débarrasser aussitôt en tant que nations.
Parce que oui, si l'individu est libre, il n'est pas obligé d'être français, au même titre qu'il n'est pas obligé d'être un homme, ou même un être humain , ou même un être vivant (effectivement la gauche post moderne sera allée jusque là). Puisque l'identité n'est plus que ce que l'individu décide d'être à un instant précis (la gauche post moderne allant jusqu'à revendiquer l'existence "d'alters" ou de personnalités et affinités changeantes), il n'y a donc plus de légitimité à appartenir au peuple français : l'existentialisme induit la Mort des nations puisque si l'homme n'est que ce qu'il se fait, il doit pouvoir adhérer à n'importe quelle union populaire de n'importe quelle nature, simplement suivant ses désirs, et ce instantanément. D'où l'émergence de nouvelles communautés internationales, sans territoires, implantées à la fois partout et nulle part mais présentant tout de même une forme de "patriotisme" (ou de sectarisme, il n'y a pas à ma connaissance de terme approprié, le mot "communautarisme" étant souvent utilisé de manière abusive) malgré leur absence de lien de sang ou de populations, comme la communauté LGBT, par exemple. On pourra d'ailleurs dire que cette communauté est plus fermée que la plupart des frontières nationales des états occidentaux, ce qui constitue un nouveau paradoxe, puisqu'encore une fois cette "libéral-liberté" (décidément il faut que je trouve un terme approprié) ne considère comme légitime que les libérations transgressives, c'est à dire celles qui perturbent l'ordre social établi. On revient à l'orexis. Ce sont les nouvelles nations, les nouveaux Leviathans, ceux qui possèderont dans un futur plus ou moins proche le monopole de la violence légitime. Rassurant ?
Quid de la liberté de penser, alors ? Et ces nouvelles nations, n'ont elles pas pour but de s'universaliser ? D'autres considérations répondront à ces questions.
En effet je me suis déjà décerné, par ma prophétie auto-réalisatrice, le monopole de la violence légitime, à bientôt dans un futur proche, c'est un plaisir de te connaître
Je ne relèverai pas les quelques points où ma parole est travestie, notamment quand tu me confonds avec un existentialiste : ce n'est pas si intéressant que ça
Je ne relèverai pas les quelques points où ma parole est travestie, notamment quand tu me confonds avec un existentialiste : ce n'est pas si intéressant que ça
Crépuscule des mythomanes : https://onche.org/topic/1[...]du-forum#message_20107982
il y a un jour
En effet je me suis déjà décerné, par ma prophétie auto-réalisatrice, le monopole de la violence légitime, à bientôt dans un futur proche, c'est un plaisir de te connaître
Je ne relèverai pas les quelques points où ma parole est travestie, notamment quand tu me confonds avec un existentialiste : ce n'est pas si intéressant que ça
Je ne relèverai pas les quelques points où ma parole est travestie, notamment quand tu me confonds avec un existentialiste : ce n'est pas si intéressant que ça
Quand TA parole est travestie ? Clé je ne fait référence à toi à aucun moment
Ave Maria
il y a un jour
Parce que je ne connais pas son nom et que son pseudo a été supprimé
Hein ? C'est moi qui ai écrit le texte que tu cites
il fait partie de ce topic :
https://onche.org/topic/9[...]/mon-wokisme-de-droite-20
Crépuscule des mythomanes : https://onche.org/topic/1[...]du-forum#message_20107982
il y a un jour
Hein ? C'est moi qui ai écrit le texte que tu cites
il fait partie de ce topic :
https://onche.org/topic/9[...]/mon-wokisme-de-droite-20
Tu l'as volé à un khey de JVC clé
https://www.jeuxvideo.com[...]-wokisme-de-droite-20.htm
Ave Maria
il y a un jour
Tu l'as volé à un khey de JVC clé
https://www.jeuxvideo.com[...]-wokisme-de-droite-20.htm
Non ce pseudo JVC m'appartient
et puis même s'il m'appartenait pas pourquoi ce serait pas le clé de JVC qui me l'aurait volé
Crépuscule des mythomanes : https://onche.org/topic/1[...]du-forum#message_20107982
il y a un jour
Et bien je n'avais aucune idée que c'était toi clé, je l'ai trouvé sur JVC
Cela dit tu es, de fait, un ultra libéral, ou à moins que ce soit une erreur de ma part, explique moi.
Par ailleurs je ne te taxe pas d'existentialiste, seulement tes arguments découlent de cette idéologie
Cela dit tu es, de fait, un ultra libéral, ou à moins que ce soit une erreur de ma part, explique moi.
Par ailleurs je ne te taxe pas d'existentialiste, seulement tes arguments découlent de cette idéologie
Ave Maria
il y a un jour
Ce topic est la suite directe de celui-ci :
https://onche.org/topic/1[...]re-contre-la-liberte-ep-2
Pour lire la série depuis le début, c'est ici :
https://onche.org/topic/1[...]re-contre-la-liberte-ep-1
Il est bon, après les deux premières étapes de notre raisonnement, d’avoir établi d’une part première que la liberté, sous la forme qu’elle prend dans le monde post-moderne, se caractérise par le plaisir de voir l’orexis se réaliser matériellement, c’est-à-dire par le désir de la transgression spectaculaire, d’autre part que cette liberté est synonyme de régression, et ce jusqu’à l’archaïsme pré-Socratique (et d’ailleurs carrément pré-hellénique) où le concept de liberté s’affranchissait de toute considération sur la nuance entre désir et volonté. Enfin, nous observions que la transgression post-moderne de l’ordre social, sans encore considérer l’ordre moral, correspondait en réalité la constitution d’un ordre social nouveau, antagoniste à l’idée même de la transgression, en tant que l’ordre de la transgression conformiste.
Je lisais il y a quelques temps le texte d’un ultra-libéral, qu’ici je ne puis nommer.
«La démocratie et la dictature ne sont pas du tout des contraires, elles sont les deux faces d'une même pièce, elles ont l'essentiel en commun : elles commencent par désigner une somme d'individus comme sujet du droit, et ensuite seulement s'inquiètent de ce en quoi consistera ce droit. À côté de cette donnée centrale, savoir si c'est à un seul homme ou à plusieurs, ou bien à tous, pour une durée prédéterminée ou ad vitam, héréditaire ou pas de décider de la loi, ou bien jusqu'à la teneur de la loi elle-même, tout cela devient presque anecdotique.
Je suis d'accord pour dire que les nationalismes locaux sont un outil anti-impérialiste mais n'est-il pas plus pertinent de dire que « la liberté des peuples de disposer d'eux-mêmes », c'est souvent surtout le nom de code de la liberté des chefs de disposer des autres ? Quid d'un « peuple » dont certains membres ne veulent pas en faire partie ? Est-ce encore seulement un peuple quand il reconnaît ses membres indépendamment de leur souscription ? Bien sûr que non. Il n'y a pas, soit dit en passant, en ce sens, de peuple français, quelque soit l'ouverture qu'il eut ou pas à l’assimilation d’immigrés. »
Il est commun aujourd’hui de rencontrer des arguments semblables, très souvent moins cohérents par leur mise en forme ou leur syntaxe, mais de fondement identique : l’appartenance à un peuple, à un pays, à une ethnie, à une culture, s’oppose diamétralement au principe de liberté absolue de se faire soi-même, autrement dit, est intrinsèquement déterministe.
Toute notion d'appartenance à un groupe d'êtres humains dont l'attache est autre que la volonté propre de l'intégralité de ses membres devient donc ennemie de l'existentialisme. C'est d'autant plus évident chez Sartre, qui n'hésite pas, sans les nommer explicitement, à induire que le "fardeau" de la liberté des hommes les poussent à la vendre à ces mêmes entités afin de pouvoir s'abroger de la responsabilité inhérente aux actes de l'homme "libre". Si je suis libre, alors je suis responsable de ce que je fais. Sinon, c'est la faute de celui qui m'oppresse. D'où l'existence des nations. Réécriture partielle mais drastique du contrat social, qui n'étonnera personne compte tenu des proximités philosophiques du jeune crapaud et des hommes des Lu(cifer)mières.
Essayons de ne pas trop nous écarter de la question nationale (ou simplement sociale) pour le moment. Le contrat social suppose deux parties prenantes, l'une étant la multitude des hommes, l'autre étant le Léviathan. Les faibles et les forts ? Pas à proprement parler. Le peuple et l'Autorité en tout cas. Où réside la légitimité de ce contrat ? Dans la volonté populaire qui a conduit le peuple (ce sur quoi s'exerce le pouvoir) à soumettre sa volonté en deçà de sa sécurité, contraignant le Léviathan à s'acquitter de son devoir de protection sous peine de voir le peuple rompre le contrat, et ainsi de faire sécession. Machiavel l'avait compris avant Hobbes, il avait même vu beaucoup plus loin : pour permettre au contrat social de subsister, il suffit de s'assurer que le peuple croit que le rôle du Léviathan est bien rempli. Or c'est là que réside le cœur du problème démocratique.
On a souvent reproché à l'État nation de l'Ancien Régime sa barbarie, son archaïsme et sa violence. Que je sache, les renversements de régimes (pas de dirigeants, de régimes) conservaient une dimension exceptionnelle, du moins par rapport à aujourd'hui. Je pense qu'on peut dire sans trop s'avancer que le Léviathan remplissait sa part du contrat social, d'autant plus que la symétrie des capacités militaires étaient telles que les révolutions et rébellions en tout genre étaient plus à mêmes de connaître un succès tant qu'elles étaient soutenues par une masse populaire organisée suffisamment nombreuse. Il aura suffi de donner au peuple l'illusion que le Roi avait cessé de les protéger pour qu'un petit nombre de bourgeois parisiens renversent le Léviathan millénaire à jamais.
En démocratie, ce genre de revirement politique est impossible, parce que le peuple ne cherche jamais à rompre le contrat social, seulement à substituer à ses "chefs" une nouvelle figure dirigeante. La gauche échoue ? Élisons la droite. La droite oppresse ? Élisons les centristes. De temps en temps, on regarde à l'extrême, droite ou gauche, mais qui ne remet jamais en question le principe de souveraineté populaire, sinon ces extrêmes seraient considérées depuis longtemps comme des terroristes. Les coups d'États et révolutions populaires du monde post moderne aboutissent d'ailleurs presque toujours à l'instauration (ou la ré-instauration) d'un régime fondé sur des élections démocratiques régulières. Le seul, en fait, qui a le pouvoir de rompre le contrat, c'est le Léviathan, qui peut transformer sa démocratie en dictature une fois s'être assuré que l'opinion publique était soit suffisamment docile, soit suffisamment faible, pour qu'il ne soit pas inquiété. Un contrat fort déséquilibré, donc.
Le contrat social s'est transformé en asservissement dès lors que le peuple s'est placé en tant que seul détenteur du pouvoir. Pourquoi ? Deux raisons. La première, puisque le peuple n'est supposément plus asservi mais qu'il prend ses propres décisions, il n'est alors plus contraint d'agir selon la volonté d'un autre. L'existentialisme peut alors éclore, l'homme est responsable de sa Liberté : le crapaud est content. La deuxième, parce que dès lors que c'est le peuple qui dirige, et tant qu'il dirige, sa politique sera invariablement et pour toujours sensiblement la même. On peut changer de dirigeant, on ne peut pas changer un peuple. À moins de le marteler de propagande sur plusieurs générations. Ou de le remplacer tout simplement par un peuple étranger... Rien de tout ça ne vous semble familier ?
La démocratie n'est pas la liberté du peuple, c'est son asservissement. À qui ? La question mérite une considération à elle seule. Plus important, demandons-nous pourquoi ériger la liberté en culte suprême de l'individu conduirait nécessairement les peuples à s'en débarrasser aussitôt en tant que nations.
Parce que oui, si l'individu est libre, il n'est pas obligé d'être français, au même titre qu'il n'est pas obligé d'être un homme, ou même un être humain , ou même un être vivant (effectivement la gauche post moderne sera allée jusque là). Puisque l'identité n'est plus que ce que l'individu décide d'être à un instant précis (la gauche post moderne allant jusqu'à revendiquer l'existence "d'alters" ou de personnalités et affinités changeantes), il n'y a donc plus de légitimité à appartenir au peuple français : l'existentialisme induit la Mort des nations puisque si l'homme n'est que ce qu'il se fait, il doit pouvoir adhérer à n'importe quelle union populaire de n'importe quelle nature, simplement suivant ses désirs, et ce instantanément. D'où l'émergence de nouvelles communautés internationales, sans territoires, implantées à la fois partout et nulle part mais présentant tout de même une forme de "patriotisme" (ou de sectarisme, il n'y a pas à ma connaissance de terme approprié, le mot "communautarisme" étant souvent utilisé de manière abusive) malgré leur absence de lien de sang ou de populations, comme la communauté LGBT, par exemple. On pourra d'ailleurs dire que cette communauté est plus fermée que la plupart des frontières nationales des états occidentaux, ce qui constitue un nouveau paradoxe, puisqu'encore une fois cette "libéral-liberté" (décidément il faut que je trouve un terme approprié) ne considère comme légitime que les libérations transgressives, c'est à dire celles qui perturbent l'ordre social établi. On revient à l'orexis. Ce sont les nouvelles nations, les nouveaux Leviathans, ceux qui possèderont dans un futur plus ou moins proche le monopole de la violence légitime. Rassurant ?
Quid de la liberté de penser, alors ? Et ces nouvelles nations, n'ont elles pas pour but de s'universaliser ? D'autres considérations répondront à ces questions.
Pour lire la série depuis le début, c'est ici :
Il est bon, après les deux premières étapes de notre raisonnement, d’avoir établi d’une part première que la liberté, sous la forme qu’elle prend dans le monde post-moderne, se caractérise par le plaisir de voir l’orexis se réaliser matériellement, c’est-à-dire par le désir de la transgression spectaculaire, d’autre part que cette liberté est synonyme de régression, et ce jusqu’à l’archaïsme pré-Socratique (et d’ailleurs carrément pré-hellénique) où le concept de liberté s’affranchissait de toute considération sur la nuance entre désir et volonté. Enfin, nous observions que la transgression post-moderne de l’ordre social, sans encore considérer l’ordre moral, correspondait en réalité la constitution d’un ordre social nouveau, antagoniste à l’idée même de la transgression, en tant que l’ordre de la transgression conformiste.
Je lisais il y a quelques temps le texte d’un ultra-libéral, qu’ici je ne puis nommer.
«La démocratie et la dictature ne sont pas du tout des contraires, elles sont les deux faces d'une même pièce, elles ont l'essentiel en commun : elles commencent par désigner une somme d'individus comme sujet du droit, et ensuite seulement s'inquiètent de ce en quoi consistera ce droit. À côté de cette donnée centrale, savoir si c'est à un seul homme ou à plusieurs, ou bien à tous, pour une durée prédéterminée ou ad vitam, héréditaire ou pas de décider de la loi, ou bien jusqu'à la teneur de la loi elle-même, tout cela devient presque anecdotique.
Je suis d'accord pour dire que les nationalismes locaux sont un outil anti-impérialiste mais n'est-il pas plus pertinent de dire que « la liberté des peuples de disposer d'eux-mêmes », c'est souvent surtout le nom de code de la liberté des chefs de disposer des autres ? Quid d'un « peuple » dont certains membres ne veulent pas en faire partie ? Est-ce encore seulement un peuple quand il reconnaît ses membres indépendamment de leur souscription ? Bien sûr que non. Il n'y a pas, soit dit en passant, en ce sens, de peuple français, quelque soit l'ouverture qu'il eut ou pas à l’assimilation d’immigrés. »
Il est commun aujourd’hui de rencontrer des arguments semblables, très souvent moins cohérents par leur mise en forme ou leur syntaxe, mais de fondement identique : l’appartenance à un peuple, à un pays, à une ethnie, à une culture, s’oppose diamétralement au principe de liberté absolue de se faire soi-même, autrement dit, est intrinsèquement déterministe.
Toute notion d'appartenance à un groupe d'êtres humains dont l'attache est autre que la volonté propre de l'intégralité de ses membres devient donc ennemie de l'existentialisme. C'est d'autant plus évident chez Sartre, qui n'hésite pas, sans les nommer explicitement, à induire que le "fardeau" de la liberté des hommes les poussent à la vendre à ces mêmes entités afin de pouvoir s'abroger de la responsabilité inhérente aux actes de l'homme "libre". Si je suis libre, alors je suis responsable de ce que je fais. Sinon, c'est la faute de celui qui m'oppresse. D'où l'existence des nations. Réécriture partielle mais drastique du contrat social, qui n'étonnera personne compte tenu des proximités philosophiques du jeune crapaud et des hommes des Lu(cifer)mières.
Essayons de ne pas trop nous écarter de la question nationale (ou simplement sociale) pour le moment. Le contrat social suppose deux parties prenantes, l'une étant la multitude des hommes, l'autre étant le Léviathan. Les faibles et les forts ? Pas à proprement parler. Le peuple et l'Autorité en tout cas. Où réside la légitimité de ce contrat ? Dans la volonté populaire qui a conduit le peuple (ce sur quoi s'exerce le pouvoir) à soumettre sa volonté en deçà de sa sécurité, contraignant le Léviathan à s'acquitter de son devoir de protection sous peine de voir le peuple rompre le contrat, et ainsi de faire sécession. Machiavel l'avait compris avant Hobbes, il avait même vu beaucoup plus loin : pour permettre au contrat social de subsister, il suffit de s'assurer que le peuple croit que le rôle du Léviathan est bien rempli. Or c'est là que réside le cœur du problème démocratique.
On a souvent reproché à l'État nation de l'Ancien Régime sa barbarie, son archaïsme et sa violence. Que je sache, les renversements de régimes (pas de dirigeants, de régimes) conservaient une dimension exceptionnelle, du moins par rapport à aujourd'hui. Je pense qu'on peut dire sans trop s'avancer que le Léviathan remplissait sa part du contrat social, d'autant plus que la symétrie des capacités militaires étaient telles que les révolutions et rébellions en tout genre étaient plus à mêmes de connaître un succès tant qu'elles étaient soutenues par une masse populaire organisée suffisamment nombreuse. Il aura suffi de donner au peuple l'illusion que le Roi avait cessé de les protéger pour qu'un petit nombre de bourgeois parisiens renversent le Léviathan millénaire à jamais.
En démocratie, ce genre de revirement politique est impossible, parce que le peuple ne cherche jamais à rompre le contrat social, seulement à substituer à ses "chefs" une nouvelle figure dirigeante. La gauche échoue ? Élisons la droite. La droite oppresse ? Élisons les centristes. De temps en temps, on regarde à l'extrême, droite ou gauche, mais qui ne remet jamais en question le principe de souveraineté populaire, sinon ces extrêmes seraient considérées depuis longtemps comme des terroristes. Les coups d'États et révolutions populaires du monde post moderne aboutissent d'ailleurs presque toujours à l'instauration (ou la ré-instauration) d'un régime fondé sur des élections démocratiques régulières. Le seul, en fait, qui a le pouvoir de rompre le contrat, c'est le Léviathan, qui peut transformer sa démocratie en dictature une fois s'être assuré que l'opinion publique était soit suffisamment docile, soit suffisamment faible, pour qu'il ne soit pas inquiété. Un contrat fort déséquilibré, donc.
Le contrat social s'est transformé en asservissement dès lors que le peuple s'est placé en tant que seul détenteur du pouvoir. Pourquoi ? Deux raisons. La première, puisque le peuple n'est supposément plus asservi mais qu'il prend ses propres décisions, il n'est alors plus contraint d'agir selon la volonté d'un autre. L'existentialisme peut alors éclore, l'homme est responsable de sa Liberté : le crapaud est content. La deuxième, parce que dès lors que c'est le peuple qui dirige, et tant qu'il dirige, sa politique sera invariablement et pour toujours sensiblement la même. On peut changer de dirigeant, on ne peut pas changer un peuple. À moins de le marteler de propagande sur plusieurs générations. Ou de le remplacer tout simplement par un peuple étranger... Rien de tout ça ne vous semble familier ?
La démocratie n'est pas la liberté du peuple, c'est son asservissement. À qui ? La question mérite une considération à elle seule. Plus important, demandons-nous pourquoi ériger la liberté en culte suprême de l'individu conduirait nécessairement les peuples à s'en débarrasser aussitôt en tant que nations.
Parce que oui, si l'individu est libre, il n'est pas obligé d'être français, au même titre qu'il n'est pas obligé d'être un homme, ou même un être humain , ou même un être vivant (effectivement la gauche post moderne sera allée jusque là). Puisque l'identité n'est plus que ce que l'individu décide d'être à un instant précis (la gauche post moderne allant jusqu'à revendiquer l'existence "d'alters" ou de personnalités et affinités changeantes), il n'y a donc plus de légitimité à appartenir au peuple français : l'existentialisme induit la Mort des nations puisque si l'homme n'est que ce qu'il se fait, il doit pouvoir adhérer à n'importe quelle union populaire de n'importe quelle nature, simplement suivant ses désirs, et ce instantanément. D'où l'émergence de nouvelles communautés internationales, sans territoires, implantées à la fois partout et nulle part mais présentant tout de même une forme de "patriotisme" (ou de sectarisme, il n'y a pas à ma connaissance de terme approprié, le mot "communautarisme" étant souvent utilisé de manière abusive) malgré leur absence de lien de sang ou de populations, comme la communauté LGBT, par exemple. On pourra d'ailleurs dire que cette communauté est plus fermée que la plupart des frontières nationales des états occidentaux, ce qui constitue un nouveau paradoxe, puisqu'encore une fois cette "libéral-liberté" (décidément il faut que je trouve un terme approprié) ne considère comme légitime que les libérations transgressives, c'est à dire celles qui perturbent l'ordre social établi. On revient à l'orexis. Ce sont les nouvelles nations, les nouveaux Leviathans, ceux qui possèderont dans un futur plus ou moins proche le monopole de la violence légitime. Rassurant ?
Quid de la liberté de penser, alors ? Et ces nouvelles nations, n'ont elles pas pour but de s'universaliser ? D'autres considérations répondront à ces questions.
J'ai lu, je crois que j'y répondrai de façon plus élaborée plus tard quand j'aurai du temps libre, mais je sens un sévère manque de Tocqueville dans cette analyse.
Au plaisir ~
il y a un jour





















