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topic librement inspiré de onche.org https://onche.org/topic/7[...]eintures-pour-20-textes/1
le jeu c'est de trouver des accords cachés entre une oeuvre picturale et une passage littéraire, j'espère pour fare découvrir un artiste, un tableau ou vous donner envie de lire quelque chose
:ChatPastek:



Pastorale, François Boucher

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« Les arbres, les arbrisseaux, les plantes sont la parure et le vêtement de la terre. Rien n’est si triste que l’aspect d’une campagne nue et pelée qui n’étale aux yeux que des pierres, du limon et des sables. Mais vivifiée par la nature et revêtue de sa robe de noces au milieu du cours des eaux et du chant des oiseaux, la terre offre à l’homme dans l’harmonie des trois règnes un spectacle plein de vie, d’intérêt et de charmes, le seul spectacle au monde dont ses yeux et son cœur ne se lassent jamais.

Plus un contemplateur a l’âme sensible, plus il se livre aux extases qu’excite en lui cet accord. Une rêverie douce et profonde s’empare alors de ses sens, et il se perd avec une délicieuse ivresse dans l’immensité de ce beau système avec lequel il se sent identifié. Alors tous les objets particuliers lui échappent, il ne voit et ne sent rien que dans le tout. Il faut que quelque circonstance particulière resserre ses idées & circonscrive son imagination pour qu’il puisse observer par partie cet univers qu’il s’efforçait d’embrasser. »

Les Rêveries du promeneur solitaire, Jean-Jacques Rousseau



@sisyphe @glock @elbouclador @orsik
:ChatPastek:
il y a un an
La lune à Ischia, Giuseppe Casciaro

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« Moi seul je la revois, telle que la pensée
Dans l’âme où rien ne meurt, vivante l’a laissée,
Vivante ! comme à l’heure où les yeux sur les miens,
Prolongeant sur la mer nos premiers entretiens,
Ses cheveux noirs livrés au vent qui les dénoue,
Et l’ombre de la voile errante sur sa joue,
Elle écoutait le chant nocturne du pêcheur,
De la brise embaumée aspirait la fraîcheur,
Me montrait dans le ciel la lune épanouie,
Comme une fleur des nuits dont l’aube est réjouie,
Et l’écume argentée, et me disait : « Pourquoi
Tout brille-t-il ainsi dans les airs et dans moi ?
Jamais ces champs d’azur semés de tant de flammes,
Jamais ces sables d’or où vont mourir les lames,
Ces monts dont les sommets tremblent au fond des cieux,
Ces golfes couronnés de bois silencieux,
Ces lueurs sur la côte, et ces chants sur les vagues,
N’avaient ému mes sens de voluptés si vagues !
Pourquoi, comme ce soir n’ai-je jamais rêvé ?
Un astre dans mon cœur s’est-il aussi levé ? »

Le dernier regret, Alphonse de Lamartine
il y a un an
Le chant de l'alouette, Jules Breton

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« Il faut renoncer à cette idée que la passion soit trouble (ou obscure) et que la raison soit claire, que la passion soit confuse et que la raison soit distincte. Nous connaissons tous des passions qui sont claires comme des fontaines et des raisons au contraire qui courent toujours après les encombrements de leurs trains de bagages. »

Note sur M. Bergson, Charles Péguy
il y a un an
Crépuscule, Théodore Rousseau

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« Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain,
Étendre ses désirs comme un profond feuillage,
Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage,
La sève universelle affluer dans ses mains.

Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,
Boire le sel ardent des embruns et des pleurs
Et goûter chaudement la joie et la douleur
Qui font une buée humaine dans l’espace.


Sentir, dans son cœur vif, l’air, le feu et le sang
Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre :
— S’élever au réel et pencher au mystère,
Être le jour qui monte et l’ombre qui descend.

Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise,
Laisser du cœur vermeil couler la flamme et l’eau,
Et comme l’aube claire appuyée au coteau
Avoir l’âme qui rêve, au bord du monde assise… »

La vie profonde, Anna de Noailles
il y a un an
Boucher y a mieux ...
:Mymy_aryan:
ET POURTANT JE CONTINUE D'ÉCRIRE, PARCE QUE C'EST MA FAÇON DE HURLER
il y a un an
L'été, Henri Martin

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« Il faudrait que la joie soit paisible. Il faudrait que la joie soit une chose habituelle et tout à fait paisible et tranquille, et non pas batailleuse et passionnée. »

Que ma joie demeure, Jean Giono
il y a un an
Lavandières dans les ruines du Colisée, Hubert Robert

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« Nouveau venu, qui cherches Rome en Rome
Et rien de Rome en Rome n'aperçois,
Ces vieux palais, ces vieux arcs que tu vois,
Et ces vieux murs, c'est ce que Rome on nomme.

Vois quel orgueil, quelle ruine : et comme
Celle qui mit le monde sous ses lois,
Pour dompter tout, se dompta quelquefois,
Et devint proie au temps, qui tout consomme.

Rome de Rome est le seul monument,
Et Rome Rome a vaincu seulement.
Le Tibre seul, qui vers la mer s'enfuit,

Reste de Rome. O mondaine inconstance !
Ce qui est ferme, est par le temps détruit,
Et ce qui fuit, au temps fait résistance. »

Les Antiquités de Rome, Joachim du Bellay
il y a un an
Nuages fleuris, Odilon Redon

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« Je dis qu’il faut être voyant, se faire VOYANT.

Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, — et le suprême Savant ! — Car il arrive à l’inconnu ! Puisqu’il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu’aucun ! Il arrive à l’inconnu ; et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues ! Qu’il crève dans son bondissement par les choses inouïes et innommables : viendront d’autres horribles travailleurs ; ils commenceront par les horizons où l’autre s’est affaissé ! »

Lettre à Demeny, Arthur Rimbaud
il y a un an
Portrait de Paul Chenavard, Gustave Courbet

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« Ô nuit d’été, paix du village,
Ciel pur, doux parfums, frais ruisseau,
Vous embellissiez mon berceau ;
Consolez-moi dans un autre âge.
Las du monde, ici je me plais ;
Tout y retrace mon enfance,
Oui, tout, jusqu’à ces feux follets.
Jadis leur éclat et leur danse
M’auraient fait fuir à pas pressés.
J’ai perdu ma douce ignorance.
Follets, dansez, dansez, dansez.

On racontait aux longues veilles
Qu’ils étaient moqueurs et méchants ;
Que ces feux gardaient dans nos champs
Bien des trésors, bien des merveilles.
Revenants, lutins, noirs esprits,
Sorciers, malignes influences,
À tout croire on m’avait appris.
Je voyais des dragons immenses
Sur les donjons des temps passés.
L’âge a soufflé sur mes croyances.
Follets, dansez, dansez, dansez.

À seize ans, je vis cette flamme
Sur la tombe du vieux curé ;
Soudain m’écriant : Je prierai,
Monsieur le curé, pour votre âme ;
Je m’imagine qu’il me dit :
« Faut-il que la beauté te rende
« Déjà rêveur, enfant maudit ! »
Ce soir-là, tant ma peur fut grande,
Je crus à des cieux courroucés.
Parlez encore et que j’entende.
Follets, dansez, dansez, dansez.

Quand j’aimai Rose au cœur candide,
Un peu d’or eût comblé nos vœux.
Devant moi passe un de ces feux :
Vers des trésors qu’il soit, mon guide.
J’ose le suivre, mais, hélas !
Dans l’étang que ce ruisseau creuse,
Je tombe, et je ne péris pas !
A-t-il ri de ta chute affreuse ?
Disent encor des insensés.
Non, mais sans moi Rose est heureuse.
Follets, dansez, dansez, dansez.

De mille erreurs l’âme affranchie,
Me voilà vieux avant le temps.
Vapeurs qui brillez peu d’instants,
Voyez-vous ma tête blanchie ?
Des sages m’ont ouvert les yeux ;
Mais j’admirais bien plus l’aurore
Quand je connaissais moins les cieux.
Du savoir le flambeau dévore
Les sylphes qui nous ont bercés.
Ah ! je voudrais vous craindre encore.
Follets, dansez, dansez, dansez. »

Le feu follet, Pierre-Jean de Béranger
il y a un an
Tu fais comme Sysyphe, j'aime bien ce genre de topic
:chat-fume:
il y a un an
Oeuf au plat sans le plat, Salvador Dali

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« Mère Ubu
Eh ! nos invités sont bien en retard.

Père Ubu
Oui, de par ma chandelle verte. Je crève de faim. Mère Ubu, tu es bien laide aujourd’hui. Est-ce parce que nous avons du monde ?

Mère Ubu (haussant les épaules).
Merdre.

Père Ubu (saisissant un poulet rôti).
Tiens, j’ai faim. Je vais mordre dans cet oiseau. C’est un poulet, je crois. Il n’est pas mauvais.

Mère Ubu
Que fais-tu, malheureux ? Que mangeront nos invités ?

Père Ubu
Ils en auront encore bien assez. Je ne toucherai plus à rien. Mère Ubu, va donc voir à la fenêtre si nos invités arrivent.

Mère Ubu (y allant).
Je ne vois rien. (Pendant ce temps le Père Ubu dérobe une rouelle de veau.)

Mère Ubu
Ah ! voilà le capitaine Bordure et ses partisans qui arrivent. Que manges-tu donc, Père Ubu

Père Ubu
Rien, un peu de veau.

Mère Ubu
Ah ! le veau ! le veau ! veau ! Il a mangé le veau ! Au secours !

Père Ubu
De par ma chandelle verte, je te vais arracher les yeux. »

Ubu roi, Alfred Jarry
il y a un an
Italienne à la fontaine, William Bouguereau

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« Ainsi, mon cher, tu t’en reviens
Du pays dont je me souviens
Comme d’un rêve,
De ces beaux lieux où l’oranger
Naquit pour nous dédommager
Du péché d’Ève.

Tu l’as vu, ce ciel enchanté
Qui montre avec tant de clarté
Le grand mystère ;
Si pur, qu’un soupir monte à Dieu
Plus librement qu’en aucun lieu
Qui soit sur terre.


Tu les as vus, les vieux manoirs
De cette ville aux palais noirs
Qui fut Florence,
Plus ennuyeuse que Milan
Où du moins, quatre ou cinq fois l’an,
Cérito danse.

Tu l’as vue, assise dans l’eau,
Portant gaiement son mezzaro,
La belle Gènes,
Le visage peint, l’œil brillant,
Qui babille et joue en riant
Avec ses chaînes.

Tu l’as vu, cet antique port
Où, dans son grand langage mort,
Le flot murmure ;
Où Stendhal, cet esprit charmant,
Remplissait si dévotement
Sa sinécure.

Tu l’as vu, ce fantôme altier
Qui jadis eut le monde entier
Sous son empire.
César dans sa pourpre est tombé ;
Dans un petit manteau d’abbé
Sa veuve expire.

Tu t’es bercé sur ce flot pur
Où Naple enchâsse dans l’azur
Sa mosaïque ;
Oreiller des lazzaroni,
Où sont nés le macaroni
Et la musique.


Qu’il soit rusé, simple ou moqueur,
N’est-ce pas qu’il nous laisse au cœur
Un charme étrange,
Ce peuple ami de la gaieté
Qui donnerait gloire et beauté
Pour une orange ? »

A mon frère revenant d'Italie, Alfred de Musset
il y a un an
Le chiffre d'amour, Jean-Honoré Fragonard

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« Mais pourquoi avez-vous mis quelque prix à être aimé de moi ? Vous n’en aviez pas besoin ; vous saviez bien que vous ne pouviez pas me répondre. Vous seriez-vous fait un jeu de mon désespoir ? Remplissez donc mon âme, ou ne la tourmentez plus : faites que je vous aime toujours, ou que je ne vous aie jamais aimé ; enfin, faites l’impossible, calmez-moi ou je meurs. »

Correspondance, Julie de Lespinasse
il y a un an
Naufrage à l'aurore, Ivan Konstantinovich Aivazovsky

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« Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes. »

Sonnet à Phillis, Pierre de Marbeuf
il y a un an
Morning, Maxfield Parrish

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« Courez vous enfermer dans vos cités, allez vous soumettre à vos petites lois ; gagnez votre pain à la sueur de votre front, ou dévorez le pain du pauvre ; égorgez-vous pour un mot, pour un maître, doutez de l’existence de Dieu, ou adorez-le sous des formes superstitieuses : moi j’irai errant dans mes solitudes ; pas un seul battement de mon cœur ne sera comprimé, pas une seule de mes pensées ne sera enchaînée ; je serai libre comme la nature ; je ne reconnaîtrai que celui qui alluma la flamme des soleils et qui d’un coup de main fit rouler tous les mondes. »

Voyage en Amérique, François-René de Chateaubriand
il y a un an
Silver Moon, Albert Pinkham Ryder

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« Un jour je vis, debout au bord des flots mouvants,
Passer, gonflant ses voiles,
Un rapide navire enveloppé de vents,
De vagues et d’étoiles ;

Et j’entendis, penché sur l’abîme des cieux,
Que l’autre abîme touche,
Me parler à l’oreille une voix dont mes yeux
Ne voyaient pas la bouche :

— Poëte, tu fais bien ! poëte au triste front,
Tu rêves près des ondes,
Et tu tires des mers bien des choses qui sont
Sous les vagues profondes !

La mer, c’est le Seigneur, que, misère ou bonheur,
Tout destin montre et nomme ;
Le vent, c’est le Seigneur ; l’astre, c’est le Seigneur ;
Le navire, c’est l’homme. — »

« Un jour je vis… », Victor Hugo
il y a un an
Saint Jean-Baptiste dans le désert, Le Caravage

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« Car enfin qu'est-ce que l'homme dans la nature ? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout. Infiniment éloigné de comprendre les extrêmes, la fin des choses et leur principe sont pour lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable, également incapable de voir le néant d'où il est tiré, et l'infini où il est englouti. »

Pensées, Pascal
il y a un an
Boucher y a mieux ...
:Mymy_aryan:
j'aime beaucoup celui-là, il a quelque chose d'explicitement contemplatif qu'on trouve pas souvent au XVIIIème
:ChatPastek:
il y a un an
Tu fais comme Sysyphe, j'aime bien ce genre de topic
:chat-fume:
c'est lui qui fait rétroactivement comme moi surtout ne l'oublions pas
:ChatPastek:
il y a un an
Sainte
Sainte
1 an
c'est lui qui fait rétroactivement comme moi surtout ne l'oublions pas
:ChatPastek:
Intéressant, je saurai que tu es une personne de goût dans ce cas
:chat-fume:
il y a un an