Ce sujet a été résolu
il y a deux notions qui reviennent dans ces citations : -l'équité, voire l'égalité
-le mérite
C'est parce qu'on considère que les hommes sont égaux dans l'absolu qu'on peut mesurer leurs mérites à l'aune des efforts concrets qu'ils fournissent individuellement ; néanmoins une juste reconnaissance des torts et des mérites se fait par quelqu'un qui possède les justes moyens de les estimer et à ce titre, le Juste n'est pas une simple affaire d'individus, mais une affaire collective parce que tout a une valeur relativement à ce dont le groupe a besoin, de là le pragmatisme de la jurisprudence qui est aujourd'hui imprégnée d'une pensée de l'excuse qui n'a rien à voir avec sa génèse et qui ne satisfait aucune aspiration populaire...
Pourtant, les gens qui sont dans ce cadre "excusatoire" peuvent estimer qu'ils sont dans le Bien et qu'ils font le bien. Finalement, le Bien absolu existe certainement, mais sur Terre le bien est le fruit de négociations entre des forces reconnues comme telles et s'impose.
C'est ce que j'estime être un angle mort des réflexions autour de la justice, tout se focalise trop sur l'individu vu comme son origine et son horizon, c'est d'une part flatter l'égocentrisme des individus qui croient tous voir midi à leur porte dans leur conception de la Justice, d'autre part si il faut établir les responsabilités d'un malheur, l'exécutant a certes fait le choix de procéder au crime et mérite à ce titre sa peine, mais on oublie vite ce qui l'y a amené ; si en plus on peut atténuer ou mésestimer le tort causé, voire excuser le criminel pour ce qu'il est en utilisant une jurisprudence essentialiste (ce qui est un oxymore)... on ne respecte plus ni l'égalité théorique, ni la rétribution en fonction des faits
-le mérite
C'est parce qu'on considère que les hommes sont égaux dans l'absolu qu'on peut mesurer leurs mérites à l'aune des efforts concrets qu'ils fournissent individuellement ; néanmoins une juste reconnaissance des torts et des mérites se fait par quelqu'un qui possède les justes moyens de les estimer et à ce titre, le Juste n'est pas une simple affaire d'individus, mais une affaire collective parce que tout a une valeur relativement à ce dont le groupe a besoin, de là le pragmatisme de la jurisprudence qui est aujourd'hui imprégnée d'une pensée de l'excuse qui n'a rien à voir avec sa génèse et qui ne satisfait aucune aspiration populaire...
Pourtant, les gens qui sont dans ce cadre "excusatoire" peuvent estimer qu'ils sont dans le Bien et qu'ils font le bien. Finalement, le Bien absolu existe certainement, mais sur Terre le bien est le fruit de négociations entre des forces reconnues comme telles et s'impose.
"Ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste."
C'est ce que j'estime être un angle mort des réflexions autour de la justice, tout se focalise trop sur l'individu vu comme son origine et son horizon, c'est d'une part flatter l'égocentrisme des individus qui croient tous voir midi à leur porte dans leur conception de la Justice, d'autre part si il faut établir les responsabilités d'un malheur, l'exécutant a certes fait le choix de procéder au crime et mérite à ce titre sa peine, mais on oublie vite ce qui l'y a amené ; si en plus on peut atténuer ou mésestimer le tort causé, voire excuser le criminel pour ce qu'il est en utilisant une jurisprudence essentialiste (ce qui est un oxymore)... on ne respecte plus ni l'égalité théorique, ni la rétribution en fonction des faits

Je dirais que c'est la différence entre le bien et le juste.
Le bien : il est absolu. Ne pas tuer, ne pas voler...
Le juste : fruit des négociations, car effectivement si on tue un membre de ma famille par exemple, j'ai une légitimité à tuer à mon tour, or il convient que la société entière s'implique dans l'affaire (à travers l'Etat et les tribunaux) pour éviter une spirale de violence et pour pacifier
Ainsi on peut faire le bien tout en étant injuste, par exemple : donner un hôtel 5 étoiles à un violeur pédophile c'est faire le bien dans l'absolu, or c'est complètement injuste évidemment.
Une civilisation qui s'obsède à faire le bien à tout prix finira par être profondément injuste.
Et la "jurisprudence" aujourd'hui n'est même pas essentialiste, mais purement idéologique et dogmatique. En réalité on pourrait dire qu'on n'est plus du tout dans de la jurisprudence ni de la justice, mais plutôt un organe exécutif de l'Etat qui prend des décisions de gestion politique des masses (entretenir l'horizontalité des luttes en octroyant des passe-droits aux muzz, empêcher toute véritable contestation sociale en réprimant les gilets jaunes et tout autre mouvement dangereux, etc)
Le bien : il est absolu. Ne pas tuer, ne pas voler...
Le juste : fruit des négociations, car effectivement si on tue un membre de ma famille par exemple, j'ai une légitimité à tuer à mon tour, or il convient que la société entière s'implique dans l'affaire (à travers l'Etat et les tribunaux) pour éviter une spirale de violence et pour pacifier
Ainsi on peut faire le bien tout en étant injuste, par exemple : donner un hôtel 5 étoiles à un violeur pédophile c'est faire le bien dans l'absolu, or c'est complètement injuste évidemment.
Une civilisation qui s'obsède à faire le bien à tout prix finira par être profondément injuste.
Et la "jurisprudence" aujourd'hui n'est même pas essentialiste, mais purement idéologique et dogmatique. En réalité on pourrait dire qu'on n'est plus du tout dans de la jurisprudence ni de la justice, mais plutôt un organe exécutif de l'Etat qui prend des décisions de gestion politique des masses (entretenir l'horizontalité des luttes en octroyant des passe-droits aux muzz, empêcher toute véritable contestation sociale en réprimant les gilets jaunes et tout autre mouvement dangereux, etc)
Au plaisir ~
il y a 2 ans
En fait, je crois qu'on a vraiment commencé à se poser la question de la Justice et gravé ses principes dans le marbre à partir du moment où le nombre d'hommes a cru suffisamment pour qu'on aie pas l'intime connaissance de tous les individus de la cité, donc qu'on se dote de moyens mécaniques pour juger un litige et passer à l'affaire suivante, abandonnant la société organique mais réduite d'avant.
La Justice est devenue une affaire de masse et c'est probablement à ce moment-là, dans l'Antiquité, à la fin du l'âge du Bronze qui était le début de la colonisation massive de la méditérannée par les Grecs, que ces questions ont émergé et que les grandes institutions sont nées
"À partir de 800 av. J.-C. environ, les cités États grecques ont commencé à coloniser les côtes de la Méditerranée et de la mer Noire. Les raisons suggérées pour cette expansion spectaculaire sont la surpopulation, les graves sécheresses voire la fuite de peuples vaincus (ou une combinaison de ces facteurs). La population des zones de peuplement grec, de la Méditerranée occidentale à l'Asie mineure et à la mer Noire, au IVe siècle avant J.-C., a été estimée à 7,5-10 millions d'habitants1. "
La Justice est devenue une affaire de masse et c'est probablement à ce moment-là, dans l'Antiquité, à la fin du l'âge du Bronze qui était le début de la colonisation massive de la méditérannée par les Grecs, que ces questions ont émergé et que les grandes institutions sont nées

"À partir de 800 av. J.-C. environ, les cités États grecques ont commencé à coloniser les côtes de la Méditerranée et de la mer Noire. Les raisons suggérées pour cette expansion spectaculaire sont la surpopulation, les graves sécheresses voire la fuite de peuples vaincus (ou une combinaison de ces facteurs). La population des zones de peuplement grec, de la Méditerranée occidentale à l'Asie mineure et à la mer Noire, au IVe siècle avant J.-C., a été estimée à 7,5-10 millions d'habitants1. "
A mon avis, on est passés du communisme primitif, à des sociétés villageoises organiques (plus larges que les tribus, mais probablement les sociétés les plus libres dans l'histoire de l'humanité) , puis étonnamment à un certain "retour" au "communisme" primitif, soit le fait qu'à partir d'une certaine taille critique, il est devenu nécessaire de mettre plusieurs choses en commun dont la Justice - menant peu à peu à la constitution de l'Etat
Au plaisir ~
il y a 2 ans
Je dirais que c'est la différence entre le bien et le juste.
Le bien : il est absolu. Ne pas tuer, ne pas voler...
Le juste : fruit des négociations, car effectivement si on tue un membre de ma famille par exemple, j'ai une légitimité à tuer à mon tour, or il convient que la société entière s'implique dans l'affaire (à travers l'Etat et les tribunaux) pour éviter une spirale de violence et pour pacifier
Ainsi on peut faire le bien tout en étant injuste, par exemple : donner un hôtel 5 étoiles à un violeur pédophile c'est faire le bien dans l'absolu, or c'est complètement injuste évidemment.
Une civilisation qui s'obsède à faire le bien à tout prix finira par être profondément injuste.
Et la "jurisprudence" aujourd'hui n'est même pas essentialiste, mais purement idéologique et dogmatique. En réalité on pourrait dire qu'on n'est plus du tout dans de la jurisprudence ni de la justice, mais plutôt un organe exécutif de l'Etat qui prend des décisions de gestion politique des masses (entretenir l'horizontalité des luttes en octroyant des passe-droits aux muzz, empêcher toute véritable contestation sociale en réprimant les gilets jaunes et tout autre mouvement dangereux, etc)
Le bien : il est absolu. Ne pas tuer, ne pas voler...
Le juste : fruit des négociations, car effectivement si on tue un membre de ma famille par exemple, j'ai une légitimité à tuer à mon tour, or il convient que la société entière s'implique dans l'affaire (à travers l'Etat et les tribunaux) pour éviter une spirale de violence et pour pacifier
Ainsi on peut faire le bien tout en étant injuste, par exemple : donner un hôtel 5 étoiles à un violeur pédophile c'est faire le bien dans l'absolu, or c'est complètement injuste évidemment.
Une civilisation qui s'obsède à faire le bien à tout prix finira par être profondément injuste.
Et la "jurisprudence" aujourd'hui n'est même pas essentialiste, mais purement idéologique et dogmatique. En réalité on pourrait dire qu'on n'est plus du tout dans de la jurisprudence ni de la justice, mais plutôt un organe exécutif de l'Etat qui prend des décisions de gestion politique des masses (entretenir l'horizontalité des luttes en octroyant des passe-droits aux muzz, empêcher toute véritable contestation sociale en réprimant les gilets jaunes et tout autre mouvement dangereux, etc)
je n'ai pas d'objections, sinon sur la jurisprudence... si je dis qu'elle est essentialiste, c'est parce que ce qui est pris en compte ce sont aussi des caractères innés comme la provenance géographique et tous ses signes extérieurs, ou même le sexe de l'accusé. Les femmes reçoivent des peines plus douces que les hommes en général, parce qu'elles sont de sexe féminin et on déjuge l'individu parce que de sexe féminin avant même de prendre la peine d'examiner son cas. 
Mais tu as raison sur les usages et incidences que ça entretient

Mais tu as raison sur les usages et incidences que ça entretient
il y a 2 ans
A mon avis, on est passés du communisme primitif, à des sociétés villageoises organiques (plus larges que les tribus, mais probablement les sociétés les plus libres dans l'histoire de l'humanité) , puis étonnamment à un certain "retour" au "communisme" primitif, soit le fait qu'à partir d'une certaine taille critique, il est devenu nécessaire de mettre plusieurs choses en commun dont la Justice - menant peu à peu à la constitution de l'Etat
C'est probablement ce scénario oui ; après ces sociétés ont conservé un aspect aristocratique qui change un peu cette mutualisation 

il y a 2 ans









