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Simone Weil est une philosophe atypique de la première moitié du vingtième siècle dont la vie vie intense et rythmée s'est interrompue brusquement l'année de ses trente-quatre ans, à cause de sa santé fragile.
:Weil_7:


Je ne vais pas détailler sa biographie, mais plutôt parler de son livre le plus connu - qui est en fait un recueil de notes rassemblées après sa mort - intitulé la Pesanteur et la Grâce. Dans cette œuvre, elle élabore une pensée mystique où des influences juives et bouddhistes se conjuguent avec une théologie chrétienn, pour mettre au point une métaphysique du détachement et de la grâce.

La Pesanteur et la grâce sont deux notions dont l'opposition forme le noyau conceptuel de l'ouvrage.
La pesanteur agit lorsqu'on laisse remplir son âme par des éléments lourds ; la compensation, l'illusion, les sentiments bas.
La grâce est permise par le détachement, elle remplit un manque d'être par sa lumière surnaturelle. Pour l'atteindre, il faut accepter de faire le vide en soi.
:Weil_5:


Simone Weil s'inspire d'un concept juif expliquant la création du monde par Dieu, le tsimtsoum, concept qu'elle reprend à son compte pour l'appliquer à un Dieu trinitaire chrétien ; Dieu se fait manque d'être par amour pour Soi (l'amour trinitaire qui, par surabondance, cherche un réceptacle), ce qui rend possible notre existence.
Nous sommes donc nés avec une fausse divinité, l'ego, dont on doit se vider comme Dieu s'est vidé de Sa vraie Divinité pour se faire homme. Dieu nous aime, mais ce qu'il aime à travers nous, c'est Soi-même, et c'est à travers nous qu'il peut pleinement déployer cet amour pour Soi. Or cet amour est la manifestation de la grâce, c'est pourquoi Dieu attend de nous un détachement de soi, un renoncement à être, pour permettre le déploiement de cet amour pour Soi à travers ce vide.
:Weil_5:


Ce qui nous empêche de consentir au vide, c'est la pesanteur. Elle vient de la peur et de la mauvaise compréhension de ce qui est bon pour nous. L'illusion est partout ; le mal apparait à notre imagination comme ce qu'il y de plus séduisant, de plus facile, de plus bénéfique, alors que le bien nous semble souvent ennuyeux, voir dangereux. En effet, ce que craignent la chair et les fausses idées, c'est la mort, or, c'est par le bien et par Dieu que les choses meurent, et la mort est nécessaire au processus d'éternité. L'espérance en l'immortalité est en fait un voeu de prolonger la vie, car on ne peut se représenter l'âme dans sa dimension incorporelle. D'où notre défiance à faire le bien, à préférer se laisser porter par les causes mauvaises, par peur de la mort. C'est pourquoi il ne faut pas craindre la mort, et l'accepter quand elle vient.
:Weil_5:


La grâce quant à elle, ne peut pas être provoquée, elle est un consentement, on consent à vider son esprit pour le laisser pénétrer par la lumière surnaturelle de Dieu. Il ne s'agit pas d'anéantir son intériorité, mais de se décréer, enlever la créature en soi. On ne permet pas à Dieu d'entrer, on cesse de l'empêcher.
:Weil_5:


Aucun fragment ne donne d'explication vraiment précise pour parvenir à faire le vide en soi, sauf par l'expérience vécue d'un malheur extrême. Le malheur extrême est au-delà de la simple souffrance, il peut contribuer à détruire le "je" de l'extérieur s'il déclenche une extrême révolte. Mais si on résiste à cette révolte par amour pour Dieu, alors on peut détruire le "je" par un mouvement intérieur de la volonté, c'est une voie vers le bien. La destruction du "je" par ce moyen ouvre à la plénitude de la Croix.
:Weil_5:
il y a 2 heures
La mort de l'ego
:igo5:


Exact
:igo5:
"Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui jaillissent les sources de la Vie." — Proverbes 4:23
il y a 2 heures
Magnifique
:mm_jeanne_darc:
il y a 2 heures
Neg
Neg
2h
La mort de l'ego
:igo5:


Exact
:igo5:
Pour Weil, il ne s'agit pas de tuer l'ego, mais d'y renoncer, et accepter sa mortalité. Ceci est possible par l'amour, une forme spécifique d'amour, sans calcul, sans désir de possession et d'accaparement, une concentration totale vers l'objet par l'abstraction du sujet. L'ego n'a plus sa place avec une telle forme d'amour.
:Weil_4:
il y a 2 heures
Je me demande si on aurait autant parlé de Simone Weil si ça avait été un homme
il y a 2 heures
Se laisser posseder par ses parties dissociées blessées (pesanteur), puis faire le mouvement d'intégration qui ramènera cette partie vers la lumière (grâce)
:sailor_moon:


Super topic clef
:coeurmignon:
il y a 2 heures
Pour Weil, il ne s'agit pas de tuer l'ego, mais d'y renoncer, et accepter sa mortalité. Ceci est possible par l'amour, une forme spécifique d'amour, sans calcul, sans désir de possession et d'accaparement, une concentration totale vers l'objet par l'abstraction du sujet. L'ego n'a plus sa place avec une telle forme d'amour.
:Weil_4:
Pour aimer il faut bien un ego
il y a 2 heures
Non pas elle , en plus elle est morte sans baptême
:risi_celestin:
Priez le saint Rosaire entier de quinze dizaines chaque jour si possible, afin d’être éclairé
il y a une heure
Se laisser posseder par ses parties dissociées blessées (pesanteur), puis faire le mouvement d'intégration qui ramènera cette partie vers la lumière (grâce)
:sailor_moon:


Super topic clef
:coeurmignon:
Merci cléyou.
:Weil_5:

Tiens justement, toi qui en parlais, elle a laissé plusieurs témoignages de ses expériences mystiques je te cite l'article wiki ;
"le premier eut lieu en septembre 1935, dans le petit port de Póvoa de Varzim au Portugal, où entendant chanter des cantiques « d'une tristesse déchirante », elle a « soudain la certitude que le christianisme est par excellence la religion des esclaves », et qu'elle ne peut pas ne pas y adhérer. La deuxième expérience est celle vécue en 1937, alors qu'elle passe deux jours à Assise en Italie, dont elle parle en ces termes : « Là, étant seule dans la petite chapelle romane de Sainte-Marie-des-Anges, incomparable merveille de pureté, où François d'Assise a prié bien souvent, quelque chose de plus fort que moi m'a obligée, pour la première fois de ma vie, à me mettre à genoux[72]. » Enfin, en 1938, elle assiste à la Semaine sainte à Solesmes dans la Sarthe, en suivant tous les offices, centrés sur la Passion du Christ. Elle éprouve en même temps « une joie pure et parfaite dans la beauté inouïe du chant et des paroles » : elle découvre ainsi, par analogie, « la possibilité d'aimer l'amour divin à travers le malheur[72] » ; quelques mois plus tard, elle connaît l'expérience mystique qui va changer sa vie : « Dans un moment d’intense douleur physique, alors que je m’efforçais d’aimer, j’ai senti une présence plus personnelle, plus certaine, plus réelle que celle d’un être humain, inaccessible et aux sens et à l’imagination, analogue à l’amour qui transparaît à travers le plus tendre sourire d’un être aimé[73]. »[74] C’est en récitant le poème Amour de George Herbert[75] qu’elle éprouve cette présence du Christ, affirmant : « Le Christ lui-même est descendu et m'a prise »[76]."

C'est ça, il faut se laisser gagner par la grâce, sans en former le désir implicite
:Weil_5:

Je serais curieux que tu me partages tes propres témoignages d'expérience mystique si tu le veux bien un jour !
il y a une heure
Simone Weil est une philosophe atypique de la première moitié du vingtième siècle dont la vie vie intense et rythmée s'est interrompue brusquement l'année de ses trente-quatre ans, à cause de sa santé fragile.
:Weil_7:


Je ne vais pas détailler sa biographie, mais plutôt parler de son livre le plus connu - qui est en fait un recueil de notes rassemblées après sa mort - intitulé la Pesanteur et la Grâce. Dans cette œuvre, elle élabore une pensée mystique où des influences juives et bouddhistes se conjuguent avec une théologie chrétienn, pour mettre au point une métaphysique du détachement et de la grâce.

La Pesanteur et la grâce sont deux notions dont l'opposition forme le noyau conceptuel de l'ouvrage.
La pesanteur agit lorsqu'on laisse remplir son âme par des éléments lourds ; la compensation, l'illusion, les sentiments bas.
La grâce est permise par le détachement, elle remplit un manque d'être par sa lumière surnaturelle. Pour l'atteindre, il faut accepter de faire le vide en soi.
:Weil_5:


Simone Weil s'inspire d'un concept juif expliquant la création du monde par Dieu, le tsimtsoum, concept qu'elle reprend à son compte pour l'appliquer à un Dieu trinitaire chrétien ; Dieu se fait manque d'être par amour pour Soi (l'amour trinitaire qui, par surabondance, cherche un réceptacle), ce qui rend possible notre existence.
Nous sommes donc nés avec une fausse divinité, l'ego, dont on doit se vider comme Dieu s'est vidé de Sa vraie Divinité pour se faire homme. Dieu nous aime, mais ce qu'il aime à travers nous, c'est Soi-même, et c'est à travers nous qu'il peut pleinement déployer cet amour pour Soi. Or cet amour est la manifestation de la grâce, c'est pourquoi Dieu attend de nous un détachement de soi, un renoncement à être, pour permettre le déploiement de cet amour pour Soi à travers ce vide.
:Weil_5:


Ce qui nous empêche de consentir au vide, c'est la pesanteur. Elle vient de la peur et de la mauvaise compréhension de ce qui est bon pour nous. L'illusion est partout ; le mal apparait à notre imagination comme ce qu'il y de plus séduisant, de plus facile, de plus bénéfique, alors que le bien nous semble souvent ennuyeux, voir dangereux. En effet, ce que craignent la chair et les fausses idées, c'est la mort, or, c'est par le bien et par Dieu que les choses meurent, et la mort est nécessaire au processus d'éternité. L'espérance en l'immortalité est en fait un voeu de prolonger la vie, car on ne peut se représenter l'âme dans sa dimension incorporelle. D'où notre défiance à faire le bien, à préférer se laisser porter par les causes mauvaises, par peur de la mort. C'est pourquoi il ne faut pas craindre la mort, et l'accepter quand elle vient.
:Weil_5:


La grâce quant à elle, ne peut pas être provoquée, elle est un consentement, on consent à vider son esprit pour le laisser pénétrer par la lumière surnaturelle de Dieu. Il ne s'agit pas d'anéantir son intériorité, mais de se décréer, enlever la créature en soi. On ne permet pas à Dieu d'entrer, on cesse de l'empêcher.
:Weil_5:


Aucun fragment ne donne d'explication vraiment précise pour parvenir à faire le vide en soi, sauf par l'expérience vécue d'un malheur extrême. Le malheur extrême est au-delà de la simple souffrance, il peut contribuer à détruire le "je" de l'extérieur s'il déclenche une extrême révolte. Mais si on résiste à cette révolte par amour pour Dieu, alors on peut détruire le "je" par un mouvement intérieur de la volonté, c'est une voie vers le bien. La destruction du "je" par ce moyen ouvre à la plénitude de la Croix.
:Weil_5:
il y a une heure-PEMT
Pour aimer il faut bien un ego
Pour l'amour qui se conçoit au sens général, oui, mais le concept d'amour chez Weil est autre, il procède de l'extérieur de soi, je le détaille un peu dans mon texte
:Weil_5:
il y a une heure-PEMT
Bullshit de foldingue catho-marxiste sans intérêt
il y a une heure
Neg
Neg
2h
La mort de l'ego
:igo5:


Exact
:igo5:
Tu t'y intéresse ?
:Philippot_chauve:
il y a une heure
Bullshit de foldingue catho-marxiste sans intérêt
Heureusement AsukaPantsu est la pour relever le niveau
:Philippot_chauve:
il y a une heure
Tu t'y intéresse ?
:Philippot_chauve:
Pourquoi clé ?
:igo5:
"Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui jaillissent les sources de la Vie." — Proverbes 4:23
il y a une heure
Neg
Neg
1h
Pourquoi clé ?
:igo5:
Pour avoir ton point de vue
:Philippot_chauve:
il y a une heure
La mystique c'est païen, et c'est de la grosse merde non-biblique. Quand on est chrétien on lit la Bible et on ne cherche pas de révélation privée, point final.
il y a une heure
Pour l'amour qui se conçoit au sens général, oui, mais le concept d'amour chez Weil est autre, il procède de l'extérieur de soi, je le détaille un peu dans mon texte
:Weil_5:
Aimer c'est mourir pour autrui
:igo5:


Pas d'Amour sans y laisser son ego
:igo5:
"Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui jaillissent les sources de la Vie." — Proverbes 4:23
il y a une heure
Pour avoir ton point de vue
:Philippot_chauve:
Par rapport à quoi clé?
:igo5:
"Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui jaillissent les sources de la Vie." — Proverbes 4:23
il y a une heure