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Chrono
Chrono
3 ans
Oui, j'admets ici complètement réfléchir de manière nietzschéenne, et aussi wittgensteinienne et sartrienne, pour boucler la biblio
:Mouais_Jesus:


Je trouve précisément que tu vois le problème aussi à l'envers, et à un niveau supérieur nous avons aussi un point de vue différent sur la nature même de notre désaccord. Je le prends dans ma perspective dialectique de la lutte, et tu le prends pour une différence d'adéquation à la vérité entre nos deux discours
:Mouais_Jesus:


Et je pense que ta vision, comme je disais l'autre fois, est dommageable au sens où elle impose des valeurs transcendantes à d'autres consciences et réduit objectivement leur capacité à prendre conscience de leur propre liberté et de leur propre responsabilité à choisir, puisque ta vision crée les conditions objectives d'une société poussant les esprits à se conforter dans notre tendance à recevoir les choses absolument et sans les questionner (et donc reproduit la domination de certaines consciences, créatrices, sur d'autres consciences réceptrices et informées par ces règles, domination qui est une réalité de fait mais qui ne devrait pas être doublée d'une réalité de droit, je pense)
:Mouais_Jesus:


C'est en raison de ces conséquences, et pas de tes principes en eux-mêmes, que je m'oppose, je pense
:Mouais_Jesus:


De même que, dans ma vision, tu t'opposes à mon point de vue à cause des dangers du relativisme moral, alors que, dans ta vision, tu t'opposes d'abord à mon point de vue parce que précisément il existe un Dieu et une vérité et ma pensée n'est pas en adéquation avec eux
:Mouais_Jesus:
>Et je pense que ta vision, comme je disais l'autre fois, est dommageable au sens où elle impose des valeurs transcendantes à d'autres consciences et réduit objectivement leur capacité à prendre conscience de leur propre liberté et de leur propre responsabilité à choisir, puisque ta vision crée les conditions objectives d'une société poussant les esprits à se conforter dans notre tendance à recevoir les choses absolument et sans les questionner

Je ne suis pas existentialiste comme toi, mais en toute rigueur je ne crois pas qu'on puisse accuser la perspective religieuse (du point de vue de cette perspective j'entends) de réduire la capacité de chacun à prendre conscience de sa propre liberté. Le catholique est conscient de son libre-arbitre et du fait qu'en en étant doté, il revient seulement à sa conscience d'en faire un usage orienté vers le bien. Je veux dire que le catholique est conscient de sa liberté mais pense devoir l'appliquer à un bien donné et extérieur à lui. Il a très vif le sens de la responsabilité au contraire car elle s'inscrit dans un cadre ontologique fort et déterminant pour son jugement dernier. De ce point de vue c'est au contraire un existentialisme nietzschéen qui détruit le sens de la responsabilité car en n'acceptant de valeurs que celles que l'individu s'est lui-même fixé, il n'a pas de "compte" à rendre, pas de devoir et donc pas vraiment de responsabilité.

>De même que, dans ma vision, tu t'opposes à mon point de vue à cause des dangers du relativisme moral, alors que, dans ta vision, tu t'opposes d'abord à mon point de vue parce que précisément il existe un Dieu et une vérité et ma pensée n'est pas en adéquation avec eux

Je m'oppose du point de vue principiel à toi à cause de ton refus de Dieu, mais aussi d'un point de vue moral à cause des dangers du relativisme, et les deux coexistent sans forcément de préséance. Je crois que le nihilisme (dont je considère Nietzsche et Sartre des représentants) est un corollaire de ce relativisme, et que dans le fond y adhérer, c'est nier le bien, le vrai, le beau et la raison, ce qui me paraît insupportable (et contradictoire parce que nier la raison c'est se changer en plante verte comme dit Aristote). En quelque sorte pour moi, l'existence de Dieu quelque part est une condition nécessaire à la possibilité de l'existence de sens dans le monde et la vie
:fdp:
il y a 3 ans
Sainte
Sainte
3 ans
>Et je pense que ta vision, comme je disais l'autre fois, est dommageable au sens où elle impose des valeurs transcendantes à d'autres consciences et réduit objectivement leur capacité à prendre conscience de leur propre liberté et de leur propre responsabilité à choisir, puisque ta vision crée les conditions objectives d'une société poussant les esprits à se conforter dans notre tendance à recevoir les choses absolument et sans les questionner

Je ne suis pas existentialiste comme toi, mais en toute rigueur je ne crois pas qu'on puisse accuser la perspective religieuse (du point de vue de cette perspective j'entends) de réduire la capacité de chacun à prendre conscience de sa propre liberté. Le catholique est conscient de son libre-arbitre et du fait qu'en en étant doté, il revient seulement à sa conscience d'en faire un usage orienté vers le bien. Je veux dire que le catholique est conscient de sa liberté mais pense devoir l'appliquer à un bien donné et extérieur à lui. Il a très vif le sens de la responsabilité au contraire car elle s'inscrit dans un cadre ontologique fort et déterminant pour son jugement dernier. De ce point de vue c'est au contraire un existentialisme nietzschéen qui détruit le sens de la responsabilité car en n'acceptant de valeurs que celles que l'individu s'est lui-même fixé, il n'a pas de "compte" à rendre, pas de devoir et donc pas vraiment de responsabilité.

>De même que, dans ma vision, tu t'opposes à mon point de vue à cause des dangers du relativisme moral, alors que, dans ta vision, tu t'opposes d'abord à mon point de vue parce que précisément il existe un Dieu et une vérité et ma pensée n'est pas en adéquation avec eux

Je m'oppose du point de vue principiel à toi à cause de ton refus de Dieu, mais aussi d'un point de vue moral à cause des dangers du relativisme, et les deux coexistent sans forcément de préséance. Je crois que le nihilisme (dont je considère Nietzsche et Sartre des représentants) est un corollaire de ce relativisme, et que dans le fond y adhérer, c'est nier le bien, le vrai, le beau et la raison, ce qui me paraît insupportable (et contradictoire parce que nier la raison c'est se changer en plante verte comme dit Aristote). En quelque sorte pour moi, l'existence de Dieu quelque part est une condition nécessaire à la possibilité de l'existence de sens dans le monde et la vie
:fdp:
Au fond je crois qu'on peut parfaitement être authentique en étant chrétien, tout comme en étant athée, mais je crois que ça implique une vision du christianisme où on ne se défausse pas de la responsabilité de ses actes au nom de Dieu ou au nom des Écritures en tant qu'elles exprimeraient sa vérité. Et je n'adhère pas à l'idée d'un enseignement dogmatique, qui transmet un mauvais rapport au contenu doctrinal. Imaginons un chrétien accompli, qui vit les principes et la parole du christ dans sa chair et comprend comment ces principes sont existentiellement riches. Il veut donc les transmettre en affirmant leur vérité mais l'autre conscience comprendra différemment le sens de cette vérité, elle lui apparaitra comme extérieure à lui, se réduisant à un pur et simple devoir d'y croire. Il est évidemment délicat d'une manière générale d'édifier son prochain, et d'éduquer un homme libre, mais je pense que le rapport dogmatique à une vérité en soi est un obstacle plus qu'un guide.

Et dans ma perspective les problèmes du dogmatisme comme du relativisme se dissolvent d'eux-mêmes, dès lors qu'il ne s'agit justement jamais d'agir en leur nom (Dieu existe et Dieu a dit ça donc je fais ça ; Dieu n'existe pas et tout est permis donc je fais ça)

Je pense qu'en dernière instance il nous faudrait beaucoup plus de temps et de méditation pour accéder à la perspective de l'autre de manière totale, je t'avoue que ta dernière phrase m'est quasiment inintelligible
:Mouais_Jesus:
il y a 3 ans