Ce sujet a été résolu
Hier, j'étais dans un état de transe profonde à cause de Paul Eluard que je n'avais jamais lu et qui m'a volé ma soirée. J'étais tout à fait fasciné, absorbé.
Il s'agit d'un recueil surréaliste L'amour la poésie. Contrairement à Réné Char poète surréaliste également, Eluard a du génie, de la légèreté.
Là où Char avait l'air d'un pédant incompréhensible, Eluard parvient à déformer la langue en conservant la clarté aérienne qu'exige ce genre. Il n'est pourtant pas descriptif, il évoque plus qu'il ne dit, mais ça suscite chez moi des impressions immenses, que je peux comprendre et sentir.
Eluard se sert énormément de la synesthésie, il brouille ainsi les sens et étend le champ des associations. On dirait qu'il fait de la musique avec les idées. Il y a un gros travail sur ces associations. C'est ainsi qu'on obtient ce vers : pour les cailloux du bruit. C'est cohérent, frappant, on pourrait carrément inverser le nom et l'adjectif en perdant néanmoins l'effet synesthésiste.
Certains vers sont effroyables d'étendue et de profondeur, ils laissent un vide qui me dévaste :
Nos yeux se renvoient la lumière
Er la lumière le silence
A ne plus se reconnaître
A survivre à l'absence
J'ai rien à redire, ça me tétanise : toute une vie passe en quatre vers et on éprouve tous les sentiments d'une histoire qui a dû être longue, c'est de la magie à ce niveau là. Ou encore :
Je te cherche par-delà l'attente
Par-delà moi-même
Et je ne sais plus tant je t'aime
Lequel de nous deux est absent
Rien que de le retranscrire j'en tremble. Jamais l'abandon de soi pour quelqu'un n'avait été aussi bien marquée. Tout commentaire serait de la paraphrase, l'évidence est écrite là, nue, comme une vérité absolue sur l'amour qu'on ne peut plus réduire. Un dernier passage-choc pour la route :
Dehors tout est mortel
Pourtant tout est dehors
Tu vivras de la vie d'ici
Et de l'espace misérable
Qui répond à tes gestes
Qui placarde tes mots
Sur un mur incompréhensible
Ensuite, il y a son côté proprement surréaliste, avec cette écriture très proche du hasard, destructurée à l'extrême :
Si calme la peau grise éteinte calcinée
Faible de la nuit prise dans ses fleurs de givres
Elle n'a plus de la lumière que les formes
Amoureuse cela lui va bien d'être belle
Rien n'est au hasard évidemment, et on retrouve une cohérence dans le champ lexical, ainsi qu'un contraste venant étonner les trois premiers vers. Eluard parle d'une femme qui a l'air presque morte, à peine existante, et l'amour vient soudainement l'illuminer comme si sa vraie vie commençait à présent.
Malgré l'incohérence apparente, on remarque trois manques : un manque d'énergie (calme, faible) un manque de couleur (éteinte, plus de lumière, calcinée) et un manque de chaleur (grise, givres) et ce sont toutes ces absences de vie que vient redorer l'amour d'un seul coup
Je remarque également qu'Eluard n'est pas un poète du son. Il ne travaille ni sa musique, ni son rythme. Il y a très rarement d'assonances, jamais de rimes, et le rythme est un souffle lâché net. C'est pourquoi tout est court, chez Eluard. Il ne pourrait pas tenir son souffle très longtemps. Mais la vérité, c'est qu'il n'a pas besoin d'être un maître de la consonne, car ce n'est pas son espace de travail. Lui, il est dans l'association, c'est même le plus grand associateur que j'ai lu de ma vie. Il danse avec la sensorialité, il emboite les images comme aucun cinéaste n'a jamais pu le faire.
Son fameux : la terre est bleue comme une orange, c'est très caractéristique de son style. L'association de forme entre la terre et l'orange est réalisée de manière détournée par un daltonisme, et c'est ce mélange des couleurs qui induit la correspondance véritable. Eluard fait exploser la sensorialité comme un trip de LSD, mais sans jamais raconter n'importe quoi comme René Char, c'est vraiment une exploration sensorielle et idéelle au cours de laquelle nous voyons des associations que nous n'avions jamais vues, et qui sont magnifiques
@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
Il s'agit d'un recueil surréaliste L'amour la poésie. Contrairement à Réné Char poète surréaliste également, Eluard a du génie, de la légèreté.
Là où Char avait l'air d'un pédant incompréhensible, Eluard parvient à déformer la langue en conservant la clarté aérienne qu'exige ce genre. Il n'est pourtant pas descriptif, il évoque plus qu'il ne dit, mais ça suscite chez moi des impressions immenses, que je peux comprendre et sentir.
Eluard se sert énormément de la synesthésie, il brouille ainsi les sens et étend le champ des associations. On dirait qu'il fait de la musique avec les idées. Il y a un gros travail sur ces associations. C'est ainsi qu'on obtient ce vers : pour les cailloux du bruit. C'est cohérent, frappant, on pourrait carrément inverser le nom et l'adjectif en perdant néanmoins l'effet synesthésiste.
Certains vers sont effroyables d'étendue et de profondeur, ils laissent un vide qui me dévaste :
Nos yeux se renvoient la lumière
Er la lumière le silence
A ne plus se reconnaître
A survivre à l'absence
J'ai rien à redire, ça me tétanise : toute une vie passe en quatre vers et on éprouve tous les sentiments d'une histoire qui a dû être longue, c'est de la magie à ce niveau là. Ou encore :
Je te cherche par-delà l'attente
Par-delà moi-même
Et je ne sais plus tant je t'aime
Lequel de nous deux est absent
Rien que de le retranscrire j'en tremble. Jamais l'abandon de soi pour quelqu'un n'avait été aussi bien marquée. Tout commentaire serait de la paraphrase, l'évidence est écrite là, nue, comme une vérité absolue sur l'amour qu'on ne peut plus réduire. Un dernier passage-choc pour la route :
Dehors tout est mortel
Pourtant tout est dehors
Tu vivras de la vie d'ici
Et de l'espace misérable
Qui répond à tes gestes
Qui placarde tes mots
Sur un mur incompréhensible
Ensuite, il y a son côté proprement surréaliste, avec cette écriture très proche du hasard, destructurée à l'extrême :
Si calme la peau grise éteinte calcinée
Faible de la nuit prise dans ses fleurs de givres
Elle n'a plus de la lumière que les formes
Amoureuse cela lui va bien d'être belle
Rien n'est au hasard évidemment, et on retrouve une cohérence dans le champ lexical, ainsi qu'un contraste venant étonner les trois premiers vers. Eluard parle d'une femme qui a l'air presque morte, à peine existante, et l'amour vient soudainement l'illuminer comme si sa vraie vie commençait à présent.
Malgré l'incohérence apparente, on remarque trois manques : un manque d'énergie (calme, faible) un manque de couleur (éteinte, plus de lumière, calcinée) et un manque de chaleur (grise, givres) et ce sont toutes ces absences de vie que vient redorer l'amour d'un seul coup
Je remarque également qu'Eluard n'est pas un poète du son. Il ne travaille ni sa musique, ni son rythme. Il y a très rarement d'assonances, jamais de rimes, et le rythme est un souffle lâché net. C'est pourquoi tout est court, chez Eluard. Il ne pourrait pas tenir son souffle très longtemps. Mais la vérité, c'est qu'il n'a pas besoin d'être un maître de la consonne, car ce n'est pas son espace de travail. Lui, il est dans l'association, c'est même le plus grand associateur que j'ai lu de ma vie. Il danse avec la sensorialité, il emboite les images comme aucun cinéaste n'a jamais pu le faire.
Son fameux : la terre est bleue comme une orange, c'est très caractéristique de son style. L'association de forme entre la terre et l'orange est réalisée de manière détournée par un daltonisme, et c'est ce mélange des couleurs qui induit la correspondance véritable. Eluard fait exploser la sensorialité comme un trip de LSD, mais sans jamais raconter n'importe quoi comme René Char, c'est vraiment une exploration sensorielle et idéelle au cours de laquelle nous voyons des associations que nous n'avions jamais vues, et qui sont magnifiques
@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
il y a 5 jours
Tu n'es plus le seul maintenant
Par contre rené Char je comprenais pas ses poèmes
il y a 5 jours
Par contre rené Char je comprenais pas ses poèmes
Moi non plus, et il ne suscite rien en moi, je ne l'aime vraiment pas. J'en avais fait un topic aussi il y a deux mois
il y a 5 jours
J'ai pas la ref
il y a 5 jours
Hier, j'étais dans un état de transe profonde à cause de Paul Eluard que je n'avais jamais lu et qui m'a volé ma soirée. J'étais tout à fait fasciné, absorbé.
Il s'agit d'un recueil surréaliste L'amour la poésie. Contrairement à Réné Char poète surréaliste également, Eluard a du génie, de la légèreté.
Là où Char avait l'air d'un pédant incompréhensible, Eluard parvient à déformer la langue en conservant la clarté aérienne qu'exige ce genre. Il n'est pourtant pas descriptif, il évoque plus qu'il ne dit, mais ça suscite chez moi des impressions immenses, que je peux comprendre et sentir.
Eluard se sert énormément de la synesthésie, il brouille ainsi les sens et étend le champ des associations. On dirait qu'il fait de la musique avec les idées. Il y a un gros travail sur ces associations. C'est ainsi qu'on obtient ce vers : pour les cailloux du bruit. C'est cohérent, frappant, on pourrait carrément inverser le nom et l'adjectif en perdant néanmoins l'effet synesthésiste.
Certains vers sont effroyables d'étendue et de profondeur, ils laissent un vide qui me dévaste :
Nos yeux se renvoient la lumière
Er la lumière le silence
A ne plus se reconnaître
A survivre à l'absence
J'ai rien à redire, ça me tétanise : toute une vie passe en quatre vers et on éprouve tous les sentiments d'une histoire qui a dû être longue, c'est de la magie à ce niveau là. Ou encore :
Je te cherche par-delà l'attente
Par-delà moi-même
Et je ne sais plus tant je t'aime
Lequel de nous deux est absent
Rien que de le retranscrire j'en tremble. Jamais l'abandon de soi pour quelqu'un n'avait été aussi bien marquée. Tout commentaire serait de la paraphrase, l'évidence est écrite là, nue, comme une vérité absolue sur l'amour qu'on ne peut plus réduire. Un dernier passage-choc pour la route :
Dehors tout est mortel
Pourtant tout est dehors
Tu vivras de la vie d'ici
Et de l'espace misérable
Qui répond à tes gestes
Qui placarde tes mots
Sur un mur incompréhensible
Ensuite, il y a son côté proprement surréaliste, avec cette écriture très proche du hasard, destructurée à l'extrême :
Si calme la peau grise éteinte calcinée
Faible de la nuit prise dans ses fleurs de givres
Elle n'a plus de la lumière que les formes
Amoureuse cela lui va bien d'être belle
Rien n'est au hasard évidemment, et on retrouve une cohérence dans le champ lexical, ainsi qu'un contraste venant étonner les trois premiers vers. Eluard parle d'une femme qui a l'air presque morte, à peine existante, et l'amour vient soudainement l'illuminer comme si sa vraie vie commençait à présent.
Malgré l'incohérence apparente, on remarque trois manques : un manque d'énergie (calme, faible) un manque de couleur (éteinte, plus de lumière, calcinée) et un manque de chaleur (grise, givres) et ce sont toutes ces absences de vie que vient redorer l'amour d'un seul coup
Je remarque également qu'Eluard n'est pas un poète du son. Il ne travaille ni sa musique, ni son rythme. Il y a très rarement d'assonances, jamais de rimes, et le rythme est un souffle lâché net. C'est pourquoi tout est court, chez Eluard. Il ne pourrait pas tenir son souffle très longtemps. Mais la vérité, c'est qu'il n'a pas besoin d'être un maître de la consonne, car ce n'est pas son espace de travail. Lui, il est dans l'association, c'est même le plus grand associateur que j'ai lu de ma vie. Il danse avec la sensorialité, il emboite les images comme aucun cinéaste n'a jamais pu le faire.
Son fameux : la terre est bleue comme une orange, c'est très caractéristique de son style. L'association de forme entre la terre et l'orange est réalisée de manière détournée par un daltonisme, et c'est ce mélange des couleurs qui induit la correspondance véritable. Eluard fait exploser la sensorialité comme un trip de LSD, mais sans jamais raconter n'importe quoi comme René Char, c'est vraiment une exploration sensorielle et idéelle au cours de laquelle nous voyons des associations que nous n'avions jamais vues, et qui sont magnifiques
@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
Il s'agit d'un recueil surréaliste L'amour la poésie. Contrairement à Réné Char poète surréaliste également, Eluard a du génie, de la légèreté.
Là où Char avait l'air d'un pédant incompréhensible, Eluard parvient à déformer la langue en conservant la clarté aérienne qu'exige ce genre. Il n'est pourtant pas descriptif, il évoque plus qu'il ne dit, mais ça suscite chez moi des impressions immenses, que je peux comprendre et sentir.
Eluard se sert énormément de la synesthésie, il brouille ainsi les sens et étend le champ des associations. On dirait qu'il fait de la musique avec les idées. Il y a un gros travail sur ces associations. C'est ainsi qu'on obtient ce vers : pour les cailloux du bruit. C'est cohérent, frappant, on pourrait carrément inverser le nom et l'adjectif en perdant néanmoins l'effet synesthésiste.
Certains vers sont effroyables d'étendue et de profondeur, ils laissent un vide qui me dévaste :
Nos yeux se renvoient la lumière
Er la lumière le silence
A ne plus se reconnaître
A survivre à l'absence
J'ai rien à redire, ça me tétanise : toute une vie passe en quatre vers et on éprouve tous les sentiments d'une histoire qui a dû être longue, c'est de la magie à ce niveau là. Ou encore :
Je te cherche par-delà l'attente
Par-delà moi-même
Et je ne sais plus tant je t'aime
Lequel de nous deux est absent
Rien que de le retranscrire j'en tremble. Jamais l'abandon de soi pour quelqu'un n'avait été aussi bien marquée. Tout commentaire serait de la paraphrase, l'évidence est écrite là, nue, comme une vérité absolue sur l'amour qu'on ne peut plus réduire. Un dernier passage-choc pour la route :
Dehors tout est mortel
Pourtant tout est dehors
Tu vivras de la vie d'ici
Et de l'espace misérable
Qui répond à tes gestes
Qui placarde tes mots
Sur un mur incompréhensible
Ensuite, il y a son côté proprement surréaliste, avec cette écriture très proche du hasard, destructurée à l'extrême :
Si calme la peau grise éteinte calcinée
Faible de la nuit prise dans ses fleurs de givres
Elle n'a plus de la lumière que les formes
Amoureuse cela lui va bien d'être belle
Rien n'est au hasard évidemment, et on retrouve une cohérence dans le champ lexical, ainsi qu'un contraste venant étonner les trois premiers vers. Eluard parle d'une femme qui a l'air presque morte, à peine existante, et l'amour vient soudainement l'illuminer comme si sa vraie vie commençait à présent.
Malgré l'incohérence apparente, on remarque trois manques : un manque d'énergie (calme, faible) un manque de couleur (éteinte, plus de lumière, calcinée) et un manque de chaleur (grise, givres) et ce sont toutes ces absences de vie que vient redorer l'amour d'un seul coup
Je remarque également qu'Eluard n'est pas un poète du son. Il ne travaille ni sa musique, ni son rythme. Il y a très rarement d'assonances, jamais de rimes, et le rythme est un souffle lâché net. C'est pourquoi tout est court, chez Eluard. Il ne pourrait pas tenir son souffle très longtemps. Mais la vérité, c'est qu'il n'a pas besoin d'être un maître de la consonne, car ce n'est pas son espace de travail. Lui, il est dans l'association, c'est même le plus grand associateur que j'ai lu de ma vie. Il danse avec la sensorialité, il emboite les images comme aucun cinéaste n'a jamais pu le faire.
Son fameux : la terre est bleue comme une orange, c'est très caractéristique de son style. L'association de forme entre la terre et l'orange est réalisée de manière détournée par un daltonisme, et c'est ce mélange des couleurs qui induit la correspondance véritable. Eluard fait exploser la sensorialité comme un trip de LSD, mais sans jamais raconter n'importe quoi comme René Char, c'est vraiment une exploration sensorielle et idéelle au cours de laquelle nous voyons des associations que nous n'avions jamais vues, et qui sont magnifiques
@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
Salut Cailloux
J'ai du mal à lire des recueil de poèmes alors que j'aime beaucoup lire des vers isolés. Je crois que je m'essouffle mentalement face à la quantité de vers que peut contenir un livre de poésie, alors que sur pris individuellement j'arrive a accorder plus de moi même sur chacun des mots.
Du coup merci d'en avoir partager quelques uns
J'ai du mal à lire des recueil de poèmes alors que j'aime beaucoup lire des vers isolés. Je crois que je m'essouffle mentalement face à la quantité de vers que peut contenir un livre de poésie, alors que sur pris individuellement j'arrive a accorder plus de moi même sur chacun des mots.
Du coup merci d'en avoir partager quelques uns
il y a 5 jours
C’est trop dur pour moi je préfére Malraux c’est la dernière claque littéraire que j’ai eu
Propagande agressive, ambassadeur gay poubelle
il y a 5 jours
Salut Cailloux
J'ai du mal à lire des recueil de poèmes alors que j'aime beaucoup lire des vers isolés. Je crois que je m'essouffle mentalement face à la quantité de vers que peut contenir un livre de poésie, alors que sur pris individuellement j'arrive a accorder plus de moi même sur chacun des mots.
Du coup merci d'en avoir partager quelques uns
J'ai du mal à lire des recueil de poèmes alors que j'aime beaucoup lire des vers isolés. Je crois que je m'essouffle mentalement face à la quantité de vers que peut contenir un livre de poésie, alors que sur pris individuellement j'arrive a accorder plus de moi même sur chacun des mots.
Du coup merci d'en avoir partager quelques uns
Toujours la pour les kheys
il y a 5 jours
Toujours la pour les kheys
C'est marrant je crois que t'avais dis que t'étais pas tombé amoureux dans ta vie, je sais que mon raisonnement est pas forcément très rationnel mais intuitivement je trouves ça étrange que tu puisses être touché par la poésie sans avoir été amoureux
Ça me semble pas impossible mais un peu surprenant, comme quelqu'un qui comprendrait le fonctionnement d'une voiture mais pas d'un vélo
Ça me semble pas impossible mais un peu surprenant, comme quelqu'un qui comprendrait le fonctionnement d'une voiture mais pas d'un vélo
il y a 5 jours
Barjavel
5j
C’est trop dur pour moi je préfére Malraux c’est la dernière claque littéraire que j’ai eu
Ca fait longtemps que je n'ai pas lu Malraux, j'avais beaucoup aimé aussi !
il y a 4 jours
Ca fait longtemps que je n'ai pas lu Malraux, j'avais beaucoup aimé aussi !
Cest tres chouette j’adore son style petits romans de journalistes on a vraiment l’impression de voyager avec
Propagande agressive, ambassadeur gay poubelle
il y a 4 jours
C'est marrant je crois que t'avais dis que t'étais pas tombé amoureux dans ta vie, je sais que mon raisonnement est pas forcément très rationnel mais intuitivement je trouves ça étrange que tu puisses être touché par la poésie sans avoir été amoureux
Ça me semble pas impossible mais un peu surprenant, comme quelqu'un qui comprendrait le fonctionnement d'une voiture mais pas d'un vélo
Ça me semble pas impossible mais un peu surprenant, comme quelqu'un qui comprendrait le fonctionnement d'une voiture mais pas d'un vélo
En fait, il y a quelques femmes que j'aime d'un amour immense. Seulement, chez moi, l'amour prend de multiples formes et je n'ai pas spécialement l'envie de former un couple. J'entretiens plutôt un genre d'amour libre, inqualifiable, et aussi fort que ce que nous vendent les romantiques. Je ne suis pas du tout un personnage insensible, ignorant de l'amour
il y a 4 jours
Hier, j'étais dans un état de transe profonde à cause de Paul Eluard que je n'avais jamais lu et qui m'a volé ma soirée. J'étais tout à fait fasciné, absorbé.
Il s'agit d'un recueil surréaliste L'amour la poésie. Contrairement à Réné Char poète surréaliste également, Eluard a du génie, de la légèreté.
Là où Char avait l'air d'un pédant incompréhensible, Eluard parvient à déformer la langue en conservant la clarté aérienne qu'exige ce genre. Il n'est pourtant pas descriptif, il évoque plus qu'il ne dit, mais ça suscite chez moi des impressions immenses, que je peux comprendre et sentir.
Eluard se sert énormément de la synesthésie, il brouille ainsi les sens et étend le champ des associations. On dirait qu'il fait de la musique avec les idées. Il y a un gros travail sur ces associations. C'est ainsi qu'on obtient ce vers : pour les cailloux du bruit. C'est cohérent, frappant, on pourrait carrément inverser le nom et l'adjectif en perdant néanmoins l'effet synesthésiste.
Certains vers sont effroyables d'étendue et de profondeur, ils laissent un vide qui me dévaste :
Nos yeux se renvoient la lumière
Er la lumière le silence
A ne plus se reconnaître
A survivre à l'absence
J'ai rien à redire, ça me tétanise : toute une vie passe en quatre vers et on éprouve tous les sentiments d'une histoire qui a dû être longue, c'est de la magie à ce niveau là. Ou encore :
Je te cherche par-delà l'attente
Par-delà moi-même
Et je ne sais plus tant je t'aime
Lequel de nous deux est absent
Rien que de le retranscrire j'en tremble. Jamais l'abandon de soi pour quelqu'un n'avait été aussi bien marquée. Tout commentaire serait de la paraphrase, l'évidence est écrite là, nue, comme une vérité absolue sur l'amour qu'on ne peut plus réduire. Un dernier passage-choc pour la route :
Dehors tout est mortel
Pourtant tout est dehors
Tu vivras de la vie d'ici
Et de l'espace misérable
Qui répond à tes gestes
Qui placarde tes mots
Sur un mur incompréhensible
Ensuite, il y a son côté proprement surréaliste, avec cette écriture très proche du hasard, destructurée à l'extrême :
Si calme la peau grise éteinte calcinée
Faible de la nuit prise dans ses fleurs de givres
Elle n'a plus de la lumière que les formes
Amoureuse cela lui va bien d'être belle
Rien n'est au hasard évidemment, et on retrouve une cohérence dans le champ lexical, ainsi qu'un contraste venant étonner les trois premiers vers. Eluard parle d'une femme qui a l'air presque morte, à peine existante, et l'amour vient soudainement l'illuminer comme si sa vraie vie commençait à présent.
Malgré l'incohérence apparente, on remarque trois manques : un manque d'énergie (calme, faible) un manque de couleur (éteinte, plus de lumière, calcinée) et un manque de chaleur (grise, givres) et ce sont toutes ces absences de vie que vient redorer l'amour d'un seul coup
Je remarque également qu'Eluard n'est pas un poète du son. Il ne travaille ni sa musique, ni son rythme. Il y a très rarement d'assonances, jamais de rimes, et le rythme est un souffle lâché net. C'est pourquoi tout est court, chez Eluard. Il ne pourrait pas tenir son souffle très longtemps. Mais la vérité, c'est qu'il n'a pas besoin d'être un maître de la consonne, car ce n'est pas son espace de travail. Lui, il est dans l'association, c'est même le plus grand associateur que j'ai lu de ma vie. Il danse avec la sensorialité, il emboite les images comme aucun cinéaste n'a jamais pu le faire.
Son fameux : la terre est bleue comme une orange, c'est très caractéristique de son style. L'association de forme entre la terre et l'orange est réalisée de manière détournée par un daltonisme, et c'est ce mélange des couleurs qui induit la correspondance véritable. Eluard fait exploser la sensorialité comme un trip de LSD, mais sans jamais raconter n'importe quoi comme René Char, c'est vraiment une exploration sensorielle et idéelle au cours de laquelle nous voyons des associations que nous n'avions jamais vues, et qui sont magnifiques
@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
Il s'agit d'un recueil surréaliste L'amour la poésie. Contrairement à Réné Char poète surréaliste également, Eluard a du génie, de la légèreté.
Là où Char avait l'air d'un pédant incompréhensible, Eluard parvient à déformer la langue en conservant la clarté aérienne qu'exige ce genre. Il n'est pourtant pas descriptif, il évoque plus qu'il ne dit, mais ça suscite chez moi des impressions immenses, que je peux comprendre et sentir.
Eluard se sert énormément de la synesthésie, il brouille ainsi les sens et étend le champ des associations. On dirait qu'il fait de la musique avec les idées. Il y a un gros travail sur ces associations. C'est ainsi qu'on obtient ce vers : pour les cailloux du bruit. C'est cohérent, frappant, on pourrait carrément inverser le nom et l'adjectif en perdant néanmoins l'effet synesthésiste.
Certains vers sont effroyables d'étendue et de profondeur, ils laissent un vide qui me dévaste :
Nos yeux se renvoient la lumière
Er la lumière le silence
A ne plus se reconnaître
A survivre à l'absence
J'ai rien à redire, ça me tétanise : toute une vie passe en quatre vers et on éprouve tous les sentiments d'une histoire qui a dû être longue, c'est de la magie à ce niveau là. Ou encore :
Je te cherche par-delà l'attente
Par-delà moi-même
Et je ne sais plus tant je t'aime
Lequel de nous deux est absent
Rien que de le retranscrire j'en tremble. Jamais l'abandon de soi pour quelqu'un n'avait été aussi bien marquée. Tout commentaire serait de la paraphrase, l'évidence est écrite là, nue, comme une vérité absolue sur l'amour qu'on ne peut plus réduire. Un dernier passage-choc pour la route :
Dehors tout est mortel
Pourtant tout est dehors
Tu vivras de la vie d'ici
Et de l'espace misérable
Qui répond à tes gestes
Qui placarde tes mots
Sur un mur incompréhensible
Ensuite, il y a son côté proprement surréaliste, avec cette écriture très proche du hasard, destructurée à l'extrême :
Si calme la peau grise éteinte calcinée
Faible de la nuit prise dans ses fleurs de givres
Elle n'a plus de la lumière que les formes
Amoureuse cela lui va bien d'être belle
Rien n'est au hasard évidemment, et on retrouve une cohérence dans le champ lexical, ainsi qu'un contraste venant étonner les trois premiers vers. Eluard parle d'une femme qui a l'air presque morte, à peine existante, et l'amour vient soudainement l'illuminer comme si sa vraie vie commençait à présent.
Malgré l'incohérence apparente, on remarque trois manques : un manque d'énergie (calme, faible) un manque de couleur (éteinte, plus de lumière, calcinée) et un manque de chaleur (grise, givres) et ce sont toutes ces absences de vie que vient redorer l'amour d'un seul coup
Je remarque également qu'Eluard n'est pas un poète du son. Il ne travaille ni sa musique, ni son rythme. Il y a très rarement d'assonances, jamais de rimes, et le rythme est un souffle lâché net. C'est pourquoi tout est court, chez Eluard. Il ne pourrait pas tenir son souffle très longtemps. Mais la vérité, c'est qu'il n'a pas besoin d'être un maître de la consonne, car ce n'est pas son espace de travail. Lui, il est dans l'association, c'est même le plus grand associateur que j'ai lu de ma vie. Il danse avec la sensorialité, il emboite les images comme aucun cinéaste n'a jamais pu le faire.
Son fameux : la terre est bleue comme une orange, c'est très caractéristique de son style. L'association de forme entre la terre et l'orange est réalisée de manière détournée par un daltonisme, et c'est ce mélange des couleurs qui induit la correspondance véritable. Eluard fait exploser la sensorialité comme un trip de LSD, mais sans jamais raconter n'importe quoi comme René Char, c'est vraiment une exploration sensorielle et idéelle au cours de laquelle nous voyons des associations que nous n'avions jamais vues, et qui sont magnifiques
@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
Je remarque également qu'Eluard n'est pas un poète du son. Il ne travaille ni sa musique, ni son rythme
Il n'est donc pas un poète
A sa décharge, très peu l'ont été depuis le début du XXème siècle
Ces écrivains sont des bavardeurs conceptuels, ils enchaînent des idées, des impressions, donnant une apparence de profondeur parce que rien n'est détaillé, sous prétexte de poésie. Poésie qui rappelons-le, est pure musique, mélodie & rythme, bien plus que dispensatrice d'unités de sens.
J'ai souvent noté que les philosophes français modernes sont des poètes ratés - le français est langue poétique, non philosophique -, par ex Gilles Deleuze. Incapable d'être poète car sans doute trop égomaniaque, trop bavard, trop attaché au concept, il s'est mis à la philosophie et s'est efforcé de la poétiser à l'aide d'un invraisemblable assemblage de concepts mous et flasques.
C'est indéterminé, c'est évasif, ça esquisse et ça évoque... eh ce doit être de la poésie
Ce pauvre alcoolo était incapable d'écrire un alexandrin convoquant des réalités par la seule puissance musicale, il a donc écrit des milliers de pages d'assommants blablas tournant autour du pot cassé de son inspiration morte-née.
Mais félicitations à l'OP qui déteste Char, lequel est malheureusement encore de nos jours assez vénéré chez les lettreux. Char le poussif grandiloquent, les soliloques de l'emphase, le babil de fausse lumière
Au moins il est drôle à caricaturer, il suffit d'enfiler des mots, de parler du ciel, du soleil, de sentiments fougueux mais contrôlés, tout ça peinturluré d'un vernis de spiritualité
On pourrait espérer qu'il a tué plus d'allemands que de poésie française mais vu sa production il est manifeste que non
Ce matin d'aube pure
Par le sentier luisant
A mes atours changeants un soleil sans pareil
Hâte-toi mon amour inconnu j'attends dans la lumière
On a versé d'abord à la rive d'hier
Et puis sans sommation quand il fallu partir
Mais je vis et je viens et semblable au tonnerre
Marie mère des hommes les femmes qui viendront
Je cours
Je rampe
Et la vie et l'envie
Et j'entends si jamais
Car toujours c'est enfin et d'autres erreront
etc etc
Iroquois solaire
Dans la carrure de ta gloire
Les étoiles scintillent aux mille prés diaprés
Farouche liberté qu'il nous faudra quérir
L'OP tu dois te délivrer de ces auteurs PDs et lire de la véritable poésie, celle qui vit dans le rythme et la mélodie
Il n'est donc pas un poète
A sa décharge, très peu l'ont été depuis le début du XXème siècle
Ces écrivains sont des bavardeurs conceptuels, ils enchaînent des idées, des impressions, donnant une apparence de profondeur parce que rien n'est détaillé, sous prétexte de poésie. Poésie qui rappelons-le, est pure musique, mélodie & rythme, bien plus que dispensatrice d'unités de sens.
J'ai souvent noté que les philosophes français modernes sont des poètes ratés - le français est langue poétique, non philosophique -, par ex Gilles Deleuze. Incapable d'être poète car sans doute trop égomaniaque, trop bavard, trop attaché au concept, il s'est mis à la philosophie et s'est efforcé de la poétiser à l'aide d'un invraisemblable assemblage de concepts mous et flasques.
C'est indéterminé, c'est évasif, ça esquisse et ça évoque... eh ce doit être de la poésie
Ce pauvre alcoolo était incapable d'écrire un alexandrin convoquant des réalités par la seule puissance musicale, il a donc écrit des milliers de pages d'assommants blablas tournant autour du pot cassé de son inspiration morte-née.
Mais félicitations à l'OP qui déteste Char, lequel est malheureusement encore de nos jours assez vénéré chez les lettreux. Char le poussif grandiloquent, les soliloques de l'emphase, le babil de fausse lumière
Au moins il est drôle à caricaturer, il suffit d'enfiler des mots, de parler du ciel, du soleil, de sentiments fougueux mais contrôlés, tout ça peinturluré d'un vernis de spiritualité
On pourrait espérer qu'il a tué plus d'allemands que de poésie française mais vu sa production il est manifeste que non
Ce matin d'aube pure
Par le sentier luisant
A mes atours changeants un soleil sans pareil
Hâte-toi mon amour inconnu j'attends dans la lumière
On a versé d'abord à la rive d'hier
Et puis sans sommation quand il fallu partir
Mais je vis et je viens et semblable au tonnerre
Marie mère des hommes les femmes qui viendront
Je cours
Je rampe
Et la vie et l'envie
Et j'entends si jamais
Car toujours c'est enfin et d'autres erreront
etc etc
Iroquois solaire
Dans la carrure de ta gloire
Les étoiles scintillent aux mille prés diaprés
Farouche liberté qu'il nous faudra quérir
L'OP tu dois te délivrer de ces auteurs PDs et lire de la véritable poésie, celle qui vit dans le rythme et la mélodie
il y a 4 jours
En fait, il y a quelques femmes que j'aime d'un amour immense. Seulement, chez moi, l'amour prend de multiples formes et je n'ai pas spécialement l'envie de former un couple. J'entretiens plutôt un genre d'amour libre, inqualifiable, et aussi fort que ce que nous vendent les romantiques. Je ne suis pas du tout un personnage insensible, ignorant de l'amour
Ah du coup t'as déjà été amoureux c'est juste que tu zap l'aspect un peu possessif/exclusif
il y a 4 jours





















