Ottawa, le lundi 25 mars 2024
Le Canada a vécu, en ce début d'année 2024, l’un des bouleversements politiques les plus spectaculaires de son histoire récente. En l’espace de quelques semaines, le pays est passé d’un gouvernement libéral usé par le pouvoir à une victoire écrasante du Parti conservateur, portée par un homme : Pierre Poilievre.
Tout commence le 17 janvier 2024. Affaibli par une majorité parlementaire relative et dépendant depuis 2022 d’une entente de soutien avec le Nouveau Parti démocratique (NPD), Justin Trudeau annonce sa démission de son poste de Premier ministre.
La rupture est provoquée par le retrait officiel du NPD de l’accord de gouvernance, après l’échec des négociations sur un projet emblématique : la mise en place d’une assurance médicaments universelle. Jagmeet Singh, chef néo-démocrate, juge les concessions libérales insuffisantes et retire son soutien, précipitant la chute du gouvernement.
Conformément aux usages parlementaires, le gouverneur général convoque alors des élections fédérales anticipées, fixées au 24 mars 2024.
La démission de Justin Trudeau entraîne mécaniquement l’ouverture d’une course à la chefferie du Parti libéral du Canada, dans un climat d’urgence et de divisions internes.
Trois figures majeures s’imposent rapidement :
- Greg Fergus, alors président de la Chambre des communes, incarnation d’un libéralisme institutionnel et parlementaire, apprécié pour sa maîtrise des équilibres politiques mais jugé peu charismatique ;
- Chrystia Freeland, vice-première ministre et ministre des Finances sortante, figure centrale du gouvernement Trudeau, symbole de la gestion économique et des choix budgétaires contestés de la dernière mandature ;
- Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, très médiatique, francophone, misant sur son profil international et sa gestion de la crise ukrainienne pour reconquérir le Québec.
À l’issue d’une campagne interne rapide et tendue, c’est Chrystia Freeland qui est désignée cheffe du Parti libéral, et par conséquent candidate aux prochaines élections fédérales anticipées.
Face à des libéraux fragilisés, Pierre Poilievre, chef du Parti conservateur du Canada, mène une campagne d’une rare intensité, articulée autour de messages simples, martelés sans relâche. Ses slogans « Axe the tax », « Building homes », « Stop the crime », « Fix the budget », « Le gros bon sens », « Le Canada d’abord » « Powerful paycheques», « Boots, not suites », « Réparons la frontière cassée », « Ils volent nos jobs » deviennent omniprésents.
Mais c’est surtout sur deux thèmes sensibles que Poilievre opère un basculement stratégique majeur: immigration et insécurité. Pour la première fois depuis longtemps au Canada, un chef conservateur lie frontalement immigration, services publics et sécurité. Il annonce vouloir restreindre le regroupement familial élargi, remettre en cause le droit du sol, durcir les peines, mettre fin aux remises en liberté automatiques pour les récidivistes. Parallèlement, il fait de la crise de la drogue, particulièrement les opioïdes (fentanyl), véritable fléau à Vancouver où il n’est pas rare de voir des zombies errer dans les rues, un thème central de sa campagne, promettant fermeté pénale et démantèlement des réseaux.
Ce discours, longtemps tabou, produit un effet électoral spectaculaire, de la Colombie-Britannique jusqu’au Québec, où les conservateurs enregistrent une remontée inédite.
Les enquêtes d’opinion, qui donnaient initialement les conservateurs autour de 40 % du vote populaire, s’emballent en fin de campagne. Le 24 mars 2024, le verdict des urnes dépasse toutes les projections. Les conservateurs remportent près de 52 % du vote populaire, un score historique dans le contexte du système électoral canadien majoritaire uninominal à un tour. Un système qui, cette fois, amplifie la victoire.
Les résultats en sièges à la Chambre des communes sont sans appel :
Parti conservateur du Canada : 209 députés
Une majorité écrasante, offrant à Pierre Poilievre une marge de manœuvre parlementaire considérable. La victoire conservatrice s’est forgée sur une victoire dans l’Ontario (68 élus) mais surtout une victoire en Colombie Britannique (30 élus) et une percée inattendue au Québec (33 élus) qui a apprécié son discours de franc-tireur sur l’immigration et la perte d’identité liée.
Parti libéral du Canada : 73 députés
Les libéraux parviennent à sauver une partie de l’Ontario, mais subissent un effondrement historique ailleurs, Québec et Colombie-Britannique en tête.
Nouveau Parti démocratique (NPD) : 31 députés
Une progression, mais insuffisante pour peser face à la majorité conservatrice.
Bloc québécois : 21 députés
Le parti souverainiste survit, se maintient, mais recule face à la percée conservatrice au Québec.
Parti vert du Canada : 1 député
Une élue sur l’île de Vancouver (Victoria).
Parti populaire du Canada (PPC) : 8 députés
La grande surprise du scrutin. Le parti de Maxime Bernier fait son entrée à la Chambre des communes, avec quatre élus au Québec, dont Bernier lui-même, confirmant l’existence d’un électorat conservateur plus radicalisé dans l’ensemble du pays.
il y a 6 mois
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Connectez-vous pour masquer les pubsJe vais retourner là-bas si poilievre est élu et qu'il stop l'invasion indienne
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Malheureusement les Ontariens et Québécois ont préféré voter pour Carney et les libéraux. Encore.
Les prix à l'épicerie toujours plus haut, l'immobilier qui continue de flamber, vague migratoire continue et insécurité galopante.
Ah les Libs ont réussi l'exploit de se mettre à dos le seul voisin et protecteur, les Etats-Unis, tout en se jetant dans les bras de la Chine.
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il y a 6 mois
Ottawa, le lundi 25 mars 2024
La victoire de Pierre Poilievre ne se limite pas à une majorité confortable à la Chambre des communes. Elle prend les allures d’un raz-de-marée territorial, redessinant en profondeur la carte politique du Canada. Province après province, territoire après territoire, les conservateurs s’imposent comme la force dominante du pays, souvent à des niveaux inédits.
Sans surprise, l’Ouest constitue l’épicentre de la vague conservatrice.
En Alberta, fief historique de la droite canadienne, le Parti conservateur réalise une quasi-rafle : 36 sièges sur 37. Seul le NPD parvient à sauver un siège, dans la ville d’Edmonton, dans l’hyper-centre plus progressiste. Partout ailleurs, les conservateurs écrasent leurs adversaires avec des scores massifs, confirmant l’adhésion totale de la province au projet Poilievre.
Même scénario en Saskatchewan, où le Parti conservateur remporte la totalité des 14 sièges. Aucun autre parti ne parvient à percer, signe d’un alignement politique presque parfait entre électorat rural, classes moyennes et discours conservateur.
Le Manitoba suit de très près : 13 sièges sur 14 pour les conservateurs. Là encore, seul le NPD empêche le grand chelem, en conservant un siège dans Winnipeg, cœur urbain de la province.
C’est en Colombie-Britannique que la surprise est la plus marquante. Province longtemps fragmentée politiquement, elle bascule largement en faveur des conservateurs. Sur 43 sièges, le Parti conservateur en remporte 30, un score spectaculaire dans une province confrontée à une crise aiguë du logement, une explosion de la consommation de drogues dures et une insécurité croissante dans la région de Vancouver.
La carte électorale révèle toutefois quelques poches de résistance. L’île de Vancouver et Vancouver font figure d’exception, illustrant la fracture persistante entre centres ville progressistes et périphéries basculant à droite.
C’est en Ontario, province la plus peuplée et la plus décisive électoralement, que Pierre Poilievre scelle définitivement sa victoire. Sur les 122 sièges que compte la province, les conservateurs en remportent 68. Un résultat déterminant, qui témoigne d’un basculement des banlieues et des classes moyennes, sensibles au discours sur le coût de la vie, la fiscalité, la criminalité et le logement. Les libéraux y limitent les dégâts (48 sièges), mais perdent leur statut de force dominante.

Autre fait marquant du scrutin : la performance des conservateurs au Québec. Dans une province traditionnellement partagée entre bloquistes et libéraux, Pierre Poilievre parvient à faire élire 33 députés sur 78. Un score qualifié d’impressionnant par de nombreux observateurs.
La stratégie conservatrice, articulée autour de la sécurité, de l’immigration ciblée, du respect des compétences provinciales, et d’un discours économique lisible, séduit une partie de l’électorat francophone, sans pour autant faire disparaître le Bloc Québécois (21 députés), qui se maintient, ni les libéraux, qui reculent nettement (10 députés). A noter également une percée des néo-démocrates à Montréal (10 députés).
Dans l’Est du pays, traditionnellement plus favorable aux libéraux, la vague conservatrice est plus modérée mais bien réelle:
- Nouveau-Brunswick : 5 sièges sur 10 pour les conservateurs.
- Nouvelle-Écosse : 5 sièges sur 11.
- Île-du-Prince-Édouard : 2 sièges sur 4.
- Terre-Neuve-et-Labrador : 3 sièges sur 7 remportés par les conservateurs, un résultat notable dans une province longtemps acquise aux libéraux.
Ces résultats confirment une érosion du bastion libéral atlantique, et une recomposition du vote du centre et de la gauche partagée entre les libéraux et néo-démocrates.
Enfin, l’un des symboles forts de cette élection vient des territoires du Nord. Le Yukon, souvent imprévisible électoralement, élit le député conservateur Ryan Leef. Un siège symbolique, mais lourd de sens : même dans les régions les plus isolées, le discours de Pierre Poilievre trouve un écho, notamment sur les questions de coût de la vie, d’énergie et de gouvernance fédérale.
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Quand j'ai quitté en 2022, je payais 60 dollars pour un petit panier de courses
Ca + croiser des indiens a chaque coin de rue m'a fait ragequit
J'espère vrm que trump va prendre tout le Canada sauf le québec
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il y a 6 mois
Né le 3 juin 1979 à Calgary en Alberta dans l’Ouest canadien, Pierre Poilievre n'est pas issu de l'élite laurentienne (la classe supérieure vivant le long du fleuve Saint-Laurent et de son bassin versant, dans les grandes villes du centre du Canada comme Montréal et Toronto). Fils adoptif d'un couple d'enseignants d'origine fransaskoise (personnes d'expression française nées en Saskatchewan), il porte en lui cette identité de l'Ouest canadien, conservatrice, résiliente et méfiante envers le pouvoir central d'Ottawa. Il maîtrise parfaitement les deux langues officielles du pays, l’Anglais et le Français.
Entré au Parlement à seulement 25 ans, il s'est forgé une réputation de débatteur féroce, utilisant une rhétorique simple et percutante. Il remporte haut la main la course à la chefferie du Parti Conservateur du Canada (PCC) au terme d’un duel avec l’ancien Premier ministre du Québec, Jean Charest. Appelé comme un sauveur par la frange la plus conservatrice du parti, il en devient le nouveau chef le 10 septembre 2022.
Pierre Poilievre est proche de la droite libertarienne appartenant à la frange la plus radicale du Parti conservateur. Son soutien au Convoi de la liberté et au mouvement de lutte contre les mesures sanitaires lui a permis de gagner fortement en popularité. Il se présente lui-même comme un candidat « antiwoke ».
Poilievre soutient que les déficits, la création monétaire, les taux d'intérêt très bas et la taxe carbone sont les principales raisons qui expliquent l'inflation et plaide pour la normalisation des cryptomonnaies comme moyen d’en sortir. Il est pro-pétrole et veut augmenter la production canadienne, en abolir les importations et développer les moyens de transport du pétrole d’un bout à l’autre du pays. Il veut abolir la taxe carbone qui est en vigueur au Canada depuis 2018. Il souhaite couper le financement de la plupart des médias publics pour protéger les Canadiens contre la désinformation. Néanmoins, il soutient les services français de Radio-Canada.
Il a attiré avec lui de nouveaux membres en allant appuyer les manifestations des camionneurs, le fameux convoi de la Liberté à Ottawa en 2022. Il a appuyé leurs revendications contre les mesures sanitaires et il a canalisé cette colère qui flotte dans les réseaux sociaux contre Justin Trudeau. Il a intégré 300 000 nouveaux membres au sein du Parti conservateur. C’est du jamais vu en politique canadienne actuelle, un véritable record. Il a réussi à mettre en place une grosse machine de guerre et veut faire du Canada le « pays le plus libre du monde ».
Depuis son irrésistible ascension, toutes les étiquettes lui ont été accolées. Un libertarien ? Un populiste ? Un désinformateur ? Un complotiste ? Un Trump canadien ? Le Voldemort des politiciens ? D’extrême droite ?
Pour contrer Pierre Poilievre, les libéraux tentent de l’amalgamer à Donald Trump et à la droite américaine. Mais, après s’être associé au mouvement d’occupation de la colline Parlementaire par les camionneurs, comme l’avait fait Trump avec les insurectionnistes du 6 janvier, Pierre Poilievre ne se cache plus et reprend le vocabulaire de l’ancien président américain. Il a qualifié Justin Trudeau de « wacko » (cinglé) en plein débat parlementaire, ce qui lui a valu d’être expulsé de la Chambre des communes, du jamais-vu pour un chef de l’opposition. Les conservateurs ont accusé le président de la chambre, Greg Fergus, d’avoir été partisan dans sa décision d’expulser Poilievre. Comme pour Donald Trump aux Etats-Unis, ne voudrait-on pas faire taire Pierre Poilievre au Canada ?
Pierre Poilievre a été offensif sur les voix des travailleurs en se rendant à de nombreuses reprises dans des usines, des aciéries, des mines, des ports. Il s’est saisi de certaines plaintes de la population canadienne : les revenus stagnants, le coût de l’alimentation qui ne cesse de monter et l’accès impossible à la propriété. L’augmentation des prix de l’alimentation et des loyers a mis les familles ouvrières à la marge de l’économie. Plusieurs de ceux et celles qui constituaient traditionnellement la base du NPD, donc membres des syndicats ouvriers, se tournent aujourd’hui vers le chef conservateur. La gauche néglige les préoccupations économiques des travailleurs pour s’aventurer dans des enjeux symboliques qui sont surtout populaires sur les campus universitaires.
Cette stratégie a été payante pour les conservateurs qui ont conquis des bastions néo-démocrates comme dans le Grand Nord de l’Ontario où Colin Reynolds, un électricien syndicaliste, qui a ravi le siège du historique du NPD. Pierre Poilievre a non seulement maintenu la base conservatrice de Stephen Harper dans le parti mais il s’est tourné vers la classe ouvrière et y a fait des progrès aux dépens des deux autres partis.
il y a 6 mois
Tu étais où ?
A Montréal, la neige me manque pas du tout
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il y a 6 mois
Anaida Galindo est née le 6 mars 1987 à Caracas, au Venezuela. En 1995, quand elle avait huit ans, sa famille a déménagé à Montréal. En un mois et demi, elle a appris le français en regardant la série humoristique québécoise « La Petite Vie ». Elle a épousé Pierre Poilievre en 2017 à Sintra, au Portugal. Maintenant qu'elle est mère de famille, le français occupe toujours une grande place chez elle. Ses enfants parlent en effet couramment le français et l’espagnol.
Elle participe activement à la vie politique de Pierre, assistant à des événements avec lui et participant à une campagne promotionnelle du Parti conservateur en août 2023. À Ottawa, plusieurs conservateurs disent considérer Anaida Poilievre Galindo comme un atout pour le parti au Québec. Le Québec est l’une des seules provinces où les appuis envers les conservateurs ne sont pas aussi dominants, mais cela a changé lors des dernières élections avec 33 sièges remportés sur les 78 en jeu (un record depuis 1988, 10 sièges en 2021) . La principale intéressée était aux côtés de son mari lors de la campagne électorale.
Dans les rangs conservateurs, on estime qu’elle est l’« arme secrète » de Pierre Poilievre. Depuis qu’ils ont uni leurs destinées, elle est devenue une de ses plus proches conseillères. Ils peuvent se parler ou échanger des messages à plusieurs reprises lors d’une même journée.
En entrevue, elle parle du Québec avec passion, évoquant spontanément « la fierté de notre nation et la fierté de nos valeurs au Québec » qui sont aussi axées sur la protection de la culture et de la langue française. Elle révèle d’ailleurs que la langue de communication à la maison est le français. Et c’est Pierre Poilievre qui tient à parler la langue de Vigneault à la maison avec la famille.
Pierre Poilievre s’amuse d’ailleurs à traduire tout en français. « Il traduit même les noms. Il m’a déjà appelé pour me dire qu’il était en route et qu’il était avec le député Écosse et Lire. Il parlait du député Scott Reid ! Il est tannant. » Un autre exemple ? « Il m’appelle des fois avant de rentrer pour me demander si je veux un Étoile-Fric — un café Starbucks ! », dit-elle en éclatant de rire.
il y a 6 mois
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Connectez-vous pour masquer les pubs30e CONSEIL DES MINISTRES
Ottawa, le mardi 2 avril 2024
Monarque : Charles III
Premier Ministre : Pierre Poilievre
45e Législature
Formation : le 2 avril 2024
Coalition : Conservateur
Ottawa, le mardi 2 avril 2024
Monarque : Charles III
Premier Ministre : Pierre Poilievre
45e Législature
Formation : le 2 avril 2024
Coalition : Conservateur
Vice-Premier Ministre chargé de la réduction de la taille de l’État : Elon Musk
Secrétaire d’État aux Affaires étrangères: Andrew Scheer
Secrétaire d’État au Trésor: Danielle Smith
Secrétaire d’État à la Défense : Pierre-Paul Hus
Procureur général : Ted Cruz
Ministre de la Sécurité publique, des frontières et de l’immigration : Raquel Dancho
Ministre de l’Energie et des Ressources naturelles : Leslyn Lewis
Ministre du Logement et de la Construction: Arpan Khanna
Ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire : Damien Kurek
Ministre des affaires du Nord et de l'Arctique: Eric Melillo
Ministère de la Cybersécurité et du Numérique : Michael Chong
Ministre de la Santé et de la Famille: Rachael Thomas
Ministre de l’Education, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : Jamil Jivani
Ministre des forêts et océans: Maïté-Blanchette Vézina
Ministre de la Culture, de l’identité canadienne et des langues officielles: Mathieu Bock-Côté
Le Canada est sous le choc. Moins d’une semaine après sa victoire écrasante aux élections fédérales, Pierre Poilievre frappe un coup que personne n’avait vu venir : Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, est nommé vice-premier ministre du Canada, avec une mission claire et explosive : réduire drastiquement la taille de l’État fédéral. En nommant le milliardaire né en Afrique du Sud mais citoyen canadien par sa mère née en Saskatchewan, Poilievre apporte une aura de disruption technologique et entrepreneuriale. Ses partisans y voient le génie qui va sabrer les réglementations superflues et booster l'innovation canadienne.
La victoire des conservateurs se traduit désormais par un gouvernement qui promet de redessiner la scène politique canadienne, et même internationale, de manière spectaculaire. Ce 30e conseil des ministres est resserré à seulement 16 ministères en tout (contre 38 sous Justin Trudeau). Cette cure d'amaigrissement symbolise la promesse de dégraisser l'État fédéral, jugé obèse et inefficace. Mais les surprises ne s'arrêtent pas là.
Danielle Smith, la Première ministre de l'Alberta, prend les Finances et l'Économie. Cette ancienne journaliste et leader de la droite albertaine, défendant farouchement l'industrie pétrolière et les libertés individuelles, est un choix logique pour relancer l'économie canadienne sur des bases conservatrices. Mais la nomination qui fait le plus de bruit est celle de Ted Cruz comme Procureur général du Canada. Né à Calgary en 1970 d'une mère américaine et d'un père cubain, Cruz avait renoncé à sa citoyenneté canadienne en 2014 pour se concentrer sur sa carrière de sénateur républicain au Texas. Son retour au Canada, est un coup de maître : ultra-conservateur, farouche opposant à l'avortement et défenseur des armes à feu, il incarne le lien transfrontalier avec les valeurs américaines conservatrices. Les libéraux crient au scandale et à l’ingérence étrangère, mais Poilievre argue que Cruz, avec son expertise constitutionnelle, va réformer un système judiciaire perçu comme trop idéologique.
Leslyn Lewis, avocate et députée en Ontario, née en Jamaïque en 1970 et immigrée au Canada à cinq ans, prend les Ressources naturelles et l'Énergie. Candidate à la chefferie conservatrice en 2020 et 2022, elle est une figure hyper-conservatrice, pro-vie, opposée au vaccin obligatoire et défendant les valeurs familiales traditionnelles. Son doctorat en droit et sa maîtrise en études environnementales la qualifient pour équilibrer exploitation énergétique et durabilité, dans une optique pro-industrie.
L'Environnement, recentré sur les littoraux, océans, biodiversité, forêts, chasse et pêche, revient à Maïté Blanchette Vézina, politicienne québécoise née en 1985 à Montmagny. Avocate de formation, son expertise en droit des affaires et son engagement local en font une gardienne pragmatique de l'environnement, loin des excès écologistes.
À 38 ans, Jivani, survivant d'un cancer et avocat formé à Yale, est nommé Ministre de l’Education et de l’Enseignement supérieur. Il apporte une vision critique du wokisme en classe, prônant une éducation libérée des programmes de diversité, équité et inclusion (DEI) qu'il voit comme un racisme libéral perpétuant des attentes basses pour les minorités – un écho direct à son modèle, le juge américain Clarence Thomas, qu'il admire comme un pionnier de la diversité authentique et un combattant contre le "soft bigotry of low expectations". Ses positions controversées, comme son opposition au "defund the police", son scepticisme face au racisme systémique et sa critique des fermetures d'écoles pendant la pandémie l'ont poussé à démissionner de son rôle auprès de Doug Ford (Premier Ministre conservateur de l’Ontario).
Parallèlement, son amitié étroite avec JD Vance, vice-président américain et ancien camarade de Yale qu'il décrit comme un frère, pourrait influencer ses politiques éducatives, notamment en s'inspirant des critiques de Vance sur l'élitisme universitaire pour réformer la recherche canadienne vers plus de pragmatisme économique. Cette nomination est saluée par les conservateurs jusqu'aux Etats-Unis comme un coup de maître pour reconquérir les écoles et les universités, mais décriée par les libéraux comme un retour en arrière pour les idées anti-progressistes, s'annonce comme un foyer de controverses, où Jivani, souvent accusé de ne pas correspondre au "bon type de Noir" par ses détracteurs, pourrait redéfinir l'éducation canadienne à l'image de ses héros conservateurs.
Enfin, Mathieu Bock-Côté, sociologue et essayiste québécois né en 1980, hérite de la Culture, de l'Identité canadienne et de la Liberté d'expression. Résidant à Paris où il anime sur CNews, ce critique acerbe du multiculturalisme et du wokisme est une bombe à fragmentation pour les élites libérales. Expulsé jeune du Bloc québécois pour ses vues nationalistes, il défend une identité canadienne forte, ancrée dans les traditions provinciales et européennes. Son arrivée au gouvernement est vue comme un signal fort pour protéger la liberté d'expression contre les censures progressistes.


il y a 6 mois
Ottawa, le mardi 2 avril 2024
À peine élu, Pierre Poilievre a engagé son pays dans une rupture nette, brutale et méthodiquement pensée avec l’ère Trudeau. À l’image de Donald Trump en janvier 2017, le nouveau premier ministre conservateur a fait du premier jour de son mandat un acte politique total, destiné à marquer durablement les esprits – et à rendre tout retour en arrière impossible. Dès l’aube, à Rideau Hall, le ton est donné.
Comme Donald Trump s’en était pris à l’Obamacare dès le jour de son investiture, Pierre Poilievre choisit de s’attaquer immédiatement au symbole le plus honni de la décennie libérale : la taxe carbone. Un décret exécutif suspend sans délai le dispositif fédéral, en attendant son abrogation législative complète dans le mois. La taxe sur le carbone, mise en place en 2019 par les libéraux, imposait un prix sur les émissions de gaz à effet de serre dans les provinces sans système équivalent (seuls le Québec et la Colombie-Britannique ont leur propre système de taxe carbone). La taxe carbone a fait grimper le prix de l'essence, de l'épicerie et du chauffage domestique en pleine crise du coût de la vie. De façon indirecte, elle entraîne aussi une hausse des coûts sur d’autres biens, puisque les entreprises qui doivent la payer augmentent le coût de leurs biens et services pour compenser. C'est une victoire pour les travailleurs et les familles qui ont été écrasés par cette taxe injuste.
Concrètement, la suppression de la taxe – qui s'élevait à 80 dollars par tonne de CO2 en 2024 – devrait générer des économies immédiates pour les Canadiens. Par exemple, les ménages économiseront plus de 2 dollars à l’achat d’une bonbonne de propane pour barbecue standard de 20 livres (9 kilogrammes).
Partout au pays, sauf au Québec, l’annulation de la taxe fédérale se fera sentir à la pompe à essence. Le montant ajouté de 17,6 cents par litre d'essence devrait disparaître d'ici quelques jours Remplir un réservoir d’essence de 50 litres sera environ 8 dollars moins cher, et 10 dollars en moins pour le diesel. Pour le gaz naturel, les ménages canadiens consomment en moyenne 2280 mètres cubes annuellement, surtout pour le chauffage, soit environ 340 dollars en économies annuelles. En Alberta, par exemple, la réduction totale de la facture d'une famille moyenne pourrait atteindre près de 30 % par mois.
Cependant, cette mesure s'accompagne de la fin des remises sur le carbone, qui redistribuaient 90 % des recettes aux familles sous forme de paiements trimestriels. Selon le Directeur parlementaire du budget, ces remises excédaient souvent les coûts payés pour 80 % des ménages, particulièrement les plus modestes. L'abolition pourrait ainsi représenter une perte nette pour de nombreuses familles, bien que Poilievre assure que les économies directes et indirectes compenseront largement.
Dans l’Ouest canadien, la mesure est saluée comme une libération fiscale. Dans les grands centres urbains, elle provoque l’ire des milieux environnementalistes. "La taxe carbone était un outil essentiel pour lutter contre le changement climatique, a déclaré un porte-parole de Greenpeace Canada. Sa suppression va compromettre les efforts du Canada pour atteindre ses objectifs de réduction des émissions."
Pour le gouvernement fédéral, les recettes brutes de la taxe étaient d'environ 10,1 milliards CAD (7,37 milliards USD) en 2023-2024. Or, 90 % étaient redistribués aux ménages via les remises, 9 % aux PME/agriculteurs, et 1 % aux communautés autochtones, rendant le système quasi neutre fiscalement. L'État ne conservait que les coûts administratifs mais gagnait indirectement via la TPS (GST) perçue sur la taxe elle-même. En supprimant la taxe, l'État perd ces 10 % nets (environ 1 milliard CAD ou 0,73 milliard USD), plus les recettes TPS indirectes. Mais il économise les coûts d'administration et de distribution des remises. Au final, une opération légèrement négative pour les finances publiques estimée à 180 millions CAD.
il y a 6 mois
Ottawa, le jeudi 4 avril 2024
À peine sa première mesure sur la suppression de la taxe carbone annoncée, le nouveau premier ministre Pierre Poilievre a enchaîné avec une série de décrets visant la fonction publique fédérale. Elon Musk, nommé vice-premier ministre chargé de la réduction de la taille de l'État, prend la tête de ces réformes radicales, inspirées de ses méthodes controversées chez Twitter (rebaptisé X). « Chaque dollar public doit avoir une justification mesurable », a martelé le multimilliardaire lors d'une conférence de presse conjointe avec Poilievre.
Le deuxième décret instaure un gel immédiat de toutes les embauches dans la fonction publique fédérale, à l'exception des forces armées, de la sécurité frontalière et du contrôle aérien. Cette mesure, copiée sur le gel imposé par Donald Trump en 2017, vise à réduire la bureaucratie que Poilievre accuse d'avoir gonflé de 42% depuis 2015.
L'annonce la plus explosive concerne la fin du télétravail dans la fonction publique. Officiellement destiné à restaurer l'efficacité de l'État, ce décret impose un retour obligatoire au présentiel pour tous les fonctionnaires fédéraux dans les 60 jours, mettant fin aux arrangements hérités de la pandémie de COVID-19. Poilievre a lancé, cinglant : « L’État n’est pas un club Zoom subventionné. » Cette mesure mise sur une attrition volontaire massive, à l'image de l'ultimatum « hardcore » de Musk chez X en 2022.
A cela s’ajoute également une intention de délocaliser plusieurs agences fédérales d'Ottawa vers des régions plus éloignées et moins urbaines du Canada. Cette mesure, intégrée à son plan de réduction de la taille de l'État, vise à équilibrer le pays en dispersant les emplois publics et en réduisant l'attrait d'Ottawa comme bulle bureaucratique, selon les mots du chef conservateur. Parmi les agences visées figurent des entités non essentielles à la proximité du Parlement, telles que des divisions de Ressources naturelles Canada, d'Environnement et Changement climatique Canada, ou encore des bureaux de Statistique Canada.
Une partie de Ressources naturelles Canada pourrait être relocalisée à Fort McMurray, en Alberta, une ville minière au cœur des sables bitumineux.
Des bureaux d'Environnement Canada pourraient déménager à Regina, en Saskatchewan, une ville des Prairies souvent perçue comme moins glamour que la capitale, mais proche des enjeux agricoles et climatiques des provinces de l'Ouest.
Pour Statistique Canada, une délocalisation vers Thunder Bay, en Ontario du Nord, une zone industrielle et forestière isolée, est envisagée. Cette ville, avec son climat rigoureux et son éloignement (plus de 1 300 km d'Ottawa), est décrite comme moins attractive pour les bureaucrates, mais idéale pour décentraliser les opérations de collecte de données régionales.
Enfin, des divisions administratives d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada pourraient être transférées à Brandon, au Manitoba, une petite ville rurale près de la frontière ouest, pour mieux gérer les flux migratoires loin du bubble ottavien.
Cela permettrait, selon le gouvernement, de réduire les loyers fédéraux de 30-50 % tout en stimulant l'emploi local. Cette proposition s'inspire des réformes américaines sous Donald Trump, qui avait délocalisé le Bureau de gestion des terres à Grand Junction, au Colorado, ou des divisions agricoles à Kansas City, pour « drainer le marais » washingtonien et réduire les coûts. Au Canada, Poilievre argue que cela économiserait des millions en loyers (Ottawa représente 70 % des bureaux fédéraux) et forcerait une attrition naturelle, car de nombreux employés pourraient refuser de déménager vers ces endroits perçus comme moins désirables en raison de leur isolement, du climat ou du manque d'aménités urbaines.
À Ottawa, ville où la fonction publique emploie une grande partie de la population, l'onde de choc est immédiate. Les syndicats, comme l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) et l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), parlent de « déclaration de guerre ». Les syndicats menacent d'actions légales, arguant que cela viole les accords collectifs et pourrait coûter cher aux contribuables, alors que des analyses montrent que l'expansion du télétravail pourrait économiser jusqu'à 6 milliards de dollars en vendant des bureaux inutilisés.
il y a 6 mois
Ottawa, le dimanche 7 avril 2024
Elon Musk prend sa mission très au sérieux. Le milliardaire, chargé par le Premier ministre Pierre Poilievre de faire le ménage au sein du gouvernement fédéral, a annoncé, conjointement avec le Secrétaire d'État aux Affaires étrangères Ted Cruz, le gel immédiat de l'aide publique au développement canadienne, soumise désormais à un examen pays par pays. Elon Musk, vice-premier ministre chargé de la réduction de la taille de l'État, a accusé l'Agence canadienne de développement de fraudes, de gaspillage et de dilapidation d'argent public. Cette agence, qui emploie environ 2 300 personnes dans ses fonctions de développement, sera démantelée, ses missions étant reprises par le secrétaire d'État aux Affaires étrangères et le secrétaire d'État au Trésor.
Nous ne pouvons plus tolérer que des milliards de dollars des contribuables canadiens soient gaspillés dans des programmes inefficaces ou versés à des régimes hostiles. Poilievre a ajouté que cette mesure permettra de conserver seulement 25 % des programmes actuels, réduisant l'aide totale de 4,9 milliards de dollars américains (environ 6,7 milliards de dollars canadiens) à 1,35 milliard de dollars américains (environ 1,85 milliard de dollars canadiens). L'aide sera maintenue pour les interventions en cas de catastrophes naturelles ou humanitaires, mais réorientée vers des priorités alignées sur les intérêts canadiens.
Parmi les changements les plus controversés : le soutien à l'Ukraine, qui représente une part importante de l'aide canadienne depuis l'invasion russe en 2022, sera réduit de moitié. En 2024, le Canada avait alloué environ 2 milliards de dollars canadiens en prêts et aides à Kiev, selon des données préliminaires de l'OCDE. Plusieurs pays jugés « hostiles ou défaillants » seront purement et simplement rayés de la liste des bénéficiaires, incluant la Somalie, l'Afghanistan, la Syrie, la Palestine, l'Irak, le Pakistan, le Niger, la Colombie, la Centrafrique, l'Afrique du Sud, le Mali et la Guinée.
En revanche, le gouvernement prévoit une augmentation de l'aide pour certains alliés stratégiques. Le Salvador recevra un soutien accru pour financer ses prisons, dans le cadre de la lutte contre les gangs et le crime organisé. L'Arménie bénéficiera d'une aide renforcée face aux conséquences de la guerre contre l'Azerbaïdjan, particulièrement pour les réfugiés et la reconstruction. L'Argentine verra son assistance économique augmentée pour « relancer l'économie et appuyer l'excellent travail du président Milei », selon Poilievre, qui loue les réformes libérales de ce dernier. Enfin, la Serbie recevra un appui supplémentaire pour renforcer ses liens avec l'Occident et promouvoir la stabilité dans les Balkans.
il y a 6 mois
Ottawa, Le mercredi 10 avril 2024
Dès son arrivée au pouvoir, Pierre Poilievre a donné le ton. Ordre a été donné de lancer un examen exhaustif de la politique de sécurité nationale du Canada, signe d’une rupture assumée avec des années d’aveuglement stratégique. À l’heure où les rapports de force reviennent brutalement au premier plan, le nouveau gouvernement juge intenable la posture d’un pays trop longtemps habitué à s’abriter derrière la protection de l’OTAN. Sous Justin Trudeau, la sécurité nationale a été reléguée au rang de variable secondaire, au profit d’une diplomatie incantatoire et d’un multilatéralisme déconnecté des réalités. Le monde a changé. Ottawa aussi.
À cette fin, le ministre de la Cybersécurité et des Affaires numériques, Michael Chong, a dévoilé un plan solide engageant 1,85 milliard de dollars américains (environ 2,5 milliards de dollars canadiens) par an sur cinq ans. Ce financement soutiendra des campagnes de sensibilisation citoyenne aux questions de sécurité, une stratégie complète de cyberprotection pour les administrations gouvernementales, des programmes de formation et de sensibilisation pour les employés du secteur public, l'adoption de systèmes de messagerie sécurisés pour l'ensemble du personnel, des audits de cybersécurité pour tous les services de l'État et les administrations, des formations accréditées pour le personnel de direction, et des certifications obligatoires ISO/CEI 27031 pour les secteurs d'infrastructures critiques, y compris la sécurité civile, les transports, l'électricité, le gaz, les fournisseurs d'eau, les institutions, les universités et les centres de recherche.
De plus, 3,4 milliards de dollars américains (environ 4,6 milliards de dollars canadiens) seront dirigés vers les services de renseignement et les améliorations en cybersécurité. Les priorités clés incluent le renforcement des capacités de contre-espionnage, l'avancement de la cryptographie et de la cybersécurité des services ; l'expansion du recrutement et de la formation d'agents de renseignement tant au niveau national qu'international – avec un doublement des agents internationaux de 250 à 500, une augmentation de 11 % du personnel national, et un accroissement de 50 % des analystes cyber ; ainsi que le renforcement global des opérations de contre-renseignement.
Ces investissements, totalisant près de 13 milliards de dollars américains sur cinq ans, visent à moderniser le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et la Gendarmerie royale du Canada (GRC), en réponse aux menaces persistantes provenant d'acteurs tels que la Chine et la Russie. Poilievre a mis en lumière les risques posés par l'ingérence étrangère, l'espionnage, la diplomatie des otages et les cyberattaques, qui menacent les institutions gouvernementales, la population, les entreprises, les universités et les installations de recherche. L’addition est lourde, mais assumée.
L'opposition libérale a critiqué cette initiative comme potentiellement alarmiste, détournant des ressources des priorités sociales, tandis que les défenseurs des libertés civiles expriment des préoccupations concernant une surveillance élargie sans garde-fous suffisants. Les experts en sécurité, cependant, saluent l'initiative comme un rattrapage nécessaire, compte tenu des investissements substantiels de la Chine dans des domaines similaires.
il y a 6 mois
Baie Resolute (Nunavut), le samedi 13 avril 2024
Dans la foulée des annonces du milieu de semaine, le gouvernement de Pierre Poilievre a annoncé un renforcement significatif de la présence militaire canadienne dans l'Arctique lors d’un déplacement dans le territoire du Nunavut, une région à la fois riche en ressources naturelles et cruciale sur le plan stratégique. Face aux enjeux sécuritaires majeurs qui s'y concentrent, cette décision vise à affirmer la souveraineté canadienne dans un espace vital, longtemps négligé sous les gouvernements précédents.
À quelques centaines de kilomètres seulement, la Russie a rouvert et modernisé de nombreuses bases militaires héritées de la Guerre froide, intensifiant les tensions dans cette zone disputée. Le Canada n'est séparé du Groenland que par environ 26 kilomètres, au niveau du détroit de Nares, une proximité géographique qui confère à cette zone une importance stratégique évidente.
Ottawa entend ainsi intensifier sa coopération avec le Danemark et ses alliés, afin de sécuriser cet espace clé. La fonte accélérée de la banquise, conséquence directe du réchauffement climatique, ouvre par ailleurs de nouvelles routes maritimes commerciales, jusqu’ici impraticables. Le sous-sol groenlandais recèle en outre du gaz naturel et des terres rares, devenues indispensables à la production de batteries, d’équipements électroniques et de technologies militaires avancées — des ressources que la Chine et la Russie surveillent de très près.
Le Secrétaire d’Etat à la Défense, le Québécois Pierre-Paul-Hus, a annoncé l'ouverture d'une base militaire aérienne à Baie Resolute, envoyant un signal clair de souveraineté canadienne dans l’Arctique et assumant enfin la centralité du Nord dans la souveraineté canadienne. Baie Resolute n’est pas un simple hameau isolé : c’est l’un des verrous géographiques du Haut-Arctique canadien. Située au centre de l’archipel arctique, Resolute Bay occupe une position géographique exceptionnelle : contrôle des accès au passage du Nord-Ouest, proximité directe du pôle Nord, hub logistique naturel pour les opérations arctiques, et position avancée face au Groenland, point clé du dispositif nord-atlantique. Un simple regard sur un globe suffit à comprendre l’évidence.
lle est relativement proche du Groenland, donc des dynamiques stratégiques Russie–OTAN–Amérique du Nord. Elle permet une projection rapide vers le pôle Nord, ce que peu de sites canadiens autorisent. « L'Arctique est notre front stratégique, et nous ne le laisserons pas aux ambitions étrangères », a déclaré Poilievre, soulignant que cette base renforcera les capacités de surveillance et de réponse rapide face aux incursions russes et chinoises.
il y a 6 mois
Toronto, le mardi 7 mai 2024
L’achat d’une maison est devenu hors de portée pour de nombreux Canadiens, en particulier pour les jeunes familles vivant dans les grandes villes. Vancouver et Toronto sont devenues deux des agglomérations urbaines les plus inabordables au monde. Justin Trudeau et son gouvernement sont les responsables de la crise du logement et du prix exorbitant des maisons au Canada. Sous l'ère Trudeau, le Canada est devenu une anomalie économique au sein de l'OCDE : un pays vaste avec des densités de population faibles, mais affichant les prix immobiliers les plus élevés de la planète. Le Premier Ministre Pierre Poilievre, accompagné de son jeune Ministre du Logement Arpan Khanna (33 ans), marque aujourd'hui une rupture historique. Fini le temps de la bureaucratie de salon. Place au Gros Bon Sens et à la libération des forces productives. Pierre Poilievre décide de faire de la crise du logement une PRIORITÉ NATIONALE. De passage à Toronto, frappée de plein fouet par la crise, le Premier ministre a dévoilé la série de mesures qui vont rapidement entrer en vigueur.
🇦🇷 Le Miracle de Buenos Aires
Pour ceux qui doutent encore des bienfaits de la déréglementation, le Premier Ministre a cité les résultats spectaculaires du président Javier Milei en Argentine. En abolissant le contrôle des loyers en décembre 2023, l'offre de logements à Buenos Aires a bondi de 184 % en seulement six mois. Contrairement aux prédictions des étatistes, les prix des loyers ajustés à l'inflation ont chuté de 40 % en un an. Si cela a fonctionné dans une économie en ruine comme l'Argentine, imaginez ce que cela fera pour le Canada
Libéralisation du marché de l’immobilier
Comment convaincre les propriétaires de louer leur logement? En leur laissant totalement les coudées franches. Le Ministre du Logement a fait signer au chef du gouvernement un méga-décret de déréglementation (et non pas de dérégulation, car la liberté est, on va le voir un outil de régulation alors que l'État qui réglemente à tous crins peut être un champion du désordre). Khanna va ramener le marché du logement de Toronto, Vancouver et Montréal à un lieu de confrontation de l'offre et de la demande où la liberté des prix et la liberté des contrats sont devenues la règle.
Objectif : Inciter les propriétaires à remettre sur le marché les milliers de logements vacants par peur de la réglementation.
Résultat espéré d'ici 12 mois : Une augmentation de 25 % de l'inventaire locatif de Vancouver à Halifax, en passant par Calgary, Montréal et Ottawa entraînant une stabilisation, puis une baisse des prix par la concurrence.
Coût : 2,5 milliards $.
Impact : Cet allègement redonne du pouvoir d'achat aux propriétaires et réduit la barrière à l'entrée pour les primo-accédants.
La Logique : En injectant de l'argent public pour aider les gens à acheter, Trudeau n'a fait que nourrir l'incendie des prix. En retirant ces aides, le gouvernement force les prix à s'ajuster à la baisse.
Nouvelle Règle : Le nombre de visas sera désormais indexé mathématiquement sur le nombre de mises en chantier par province. Pas de toits, pas de nouveaux arrivants.
La Mesure : Instauration du permis automatique par défaut. Si la municipalité n'a pas répondu à une demande de construction conforme aux normes de sécurité en 60 jours, le permis est considéré comme accordé.
La Mesure : Désormais, locateurs et locataires peuvent légalement libeller et payer leurs baux en deux actifs hors-système : en Bitcoin et en Or.
il y a 6 mois
Toronto, le mardi 7 mai 2024
Le Fonds pour le développement des collectivités du Canada (FDCC) est une source de financement stable, prévisible et indexée, accordée aux provinces et aux territoires qui, à leur tour, transfèrent ce financement à leurs collectivités. Chaque année, plus de 2,5 milliards de dollars sont versés à 3700 collectivités par l'entremise du FDCC dans l'ensemble du pays. Ces investissements contribuent au renforcement de l'offre de logements au Canada en soutenant des projets d'infrastructure. A titre d'information, cela représente prêt de 900 millions CAD pour l'Ontario, 535 millions CAD pour le Québec, plus de 300 millions CAD pour la Colombie-Britannique ou bien 80 millions CAD pour le Manotiba.
Le gouvernement Poilievre ne se contente plus de verser les 2,5 milliards de dollars annuels du FDCC de manière automatique. Désormais, ce transfert est régi par une règle mathématique stricte de performance.
La "Prime aux Bâtisseurs": Ottawa distribuera désormais des primes directes aux provinces dont les villes dépassent leurs objectifs de construction de 15 % par an. Celles qui bloquent les projets via des zonages archaïques verront leurs transferts fédéraux pour les infrastructures coupés.
Faciliter les expulsions: Pour recevoir 100 % de leurs transferts fédéraux liés au logement et aux infrastructures, les provinces doivent légiférer pour garantir qu'un dossier d'expulsion pour non-paiement de loyer soit traité (de la demande à l'exécution par l'huissier) en maximum 45 jours. Toute province affichant un délai moyen supérieur à 45 jours au sein de ses tribunaux (TAL au Québec, LTB en Ontario) verra ses subventions fédérales pour les municipalités amputées de 10 % par quinzaine de retard. Par exemple, si le Québec traite les dossiers d’expulsion en 90 jours en moyenne, alors il perdra 30% du FDCC (soit plus de 175 millions CAD).
Actuellement, les propriétaires exigent des scores de crédit parfaits et des cautions parentales car ils ont peur de "perdre" leur bien pendant 12 mois. Avec une garantie d'expulsion sous 45 jours, les critères de sélection s'assouplissent, le propriétaire sait qu'il peut récupérer son bien rapidement en cas de pépin, il acceptera beaucoup plus facilement un locataire au dossier plus léger. On s'attend à une disparition progressive des exigences de "cosignataires" ou de garanties bancaires exorbitantes. Le risque étant limité dans le temps, la caution de base suffit.
il y a 6 mois
Brampton (Ontario), le mardi 7 mai 2024

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Vidéo YouTubeDans la continuité de la libéralisation du marché de l’immobilier, Pierre Poilievre a poursuivi sa journée consacrée au logement à Brampton pour annoncer la loi Stand-on-Guard en compagnie du député conservateur Kyle Seeback. Inspirée des lois britanniques et américaines, cette loi modifie le Code Criminel pour créer une nouvelle infraction spécifique. La loi doit être claire. Tous les Canadiens devraient pouvoir défendre leurs maisons contre les criminels qui entrent pour voler ou pour nuire à leur famille.
Après 10 ans de gouvernement libéral, le système traite les victimes comme des criminels et les criminels comme des victimes. Actuellement, pour déterminer si un acte de légitime défense est raisonnable, les tribunaux prennent en compte neuf facteurs. Mais dans la réalité, si vous défendez votre maison, vous n’avez pas le temps de réfléchir à neuf situations différentes. Vous n’avez qu’une seule condition : vous protéger vous-même et vos enfants.
En adoptant la doctrine Stand-on-Guard, le cadre juridique applicable aux propriétaires immobiliers est profondément modifié. Une telle doctrine a pour effet de :
- Criminaliser l’intrusion dans une propriété privée, le fait de pénétrer dans une résidence sans le consentement du propriétaire, avec l'intention d'y résider, devient un acte criminel (et non plus une simple violation de propriété civile).
- Présumer que le recours à la force est légitime lorsqu'il est utilisé contre des intrus illégaux dans une maison ou un logement.
- Supprimer toute considération de proportionnalité au sein du domicile, en considérant l'entrée illégale en elle-même comme un motif suffisant pour recourir à la force défensive.
- Accorder une immunité civile , empêchant les intrus (ou leurs ayants droit) de poursuivre les propriétaires en dommages et intérêts.
- Expulser sans ordonnance, la police reçoit le pouvoir d'expulser immédiatement toute personne ne pouvant produire un bail valide ou une preuve de paiement récente, sans attendre une audience devant un tribunal civil.
Cela donne aux propriétaires des outils juridiques plus solides pour défendre non seulement leurs familles, mais aussi leur investissement immobilier lui-même. Cerise sur le gâteau, les primes d'assurance habitation pour les résidences secondaires ou les investissements locatifs vont chuter, car le risque de perte de jouissance prolongée disparaît. En effet, l'assurance est une science actuarielle. Si le risque de perte financière maximale diminue, l'assureur doit baisser ses prix. Certaines compagnies (Desjardins, Aviva) ont déjà annoncé des ajustements tarifaires de 15 à 25 % dès le renouvellement 2026. Pour un appartement deux pièces (3½) à Montréal utilisé comme locatif, l’économie annuelle moyenne se situe entre 200 et 300 $ CAD (soit 150 à 225$ USD).
L'objectif est surtout de mettre fin à ce que Poilievre appelle le monde à l'envers où les victimes sont traitées comme des criminels. Actuellement, un propriétaire doit attendre des mois pour un jugement. Avec cette loi, l’intrusion devient un crime en cours. La police intervient comme pour un vol de voiture : on rend l'objet volé (la maison) immédiatement à son propriétaire. Sous Trudeau, si un voleur entre chez vous, c'est vous qui risquez la prison si vous le touchez. Avec la loi 'Stand-On-Guard', votre maison redevient votre forteresse. Un intrus n'est pas un locataire, c'est un criminel.
il y a 6 mois
Rome, le vendredi 10 mai 2024
Ce n’est ni à Washington, sous administration Biden, ni à Londres que Pierre Poilievre a choisi d’effectuer son premier déplacement international. Un mois après son arrivée au pouvoir, le nouveau Premier ministre canadien a pris de court les chancelleries occidentales en faisant de Rome la première étape de sa diplomatie naissante. Le choix est tout sauf anodin. En rompant avec le tropisme traditionnel Ottawa–Washington ou Ottawa–Londres, Pierre Poilievre entend signifier que la diplomatie canadienne ne sera plus dictée par des automatismes hérités, mais par une convergence idéologique et civilisationnelle À ses yeux, l’Italie s’impose désormais comme un interlocuteur central en Europe, avant même Paris ou Berlin.
Rome comme acte politique fondateur
Reçu par la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, Pierre Poilievre a inscrit cette première journée romaine dans un cadre résolument politique. Les échanges bilatéraux ont porté sur les enjeux migratoires, la sécurité, la défense des frontières, l’énergie et la réindustrialisation, autant de sujets sur lesquels Ottawa et Rome revendiquent désormais une convergence idéologique.
Dans son entourage, le Premier ministre canadien a expliqué considérer que l’Occident traverse une phase de fragilisation historique, marquée par l’effacement des frontières, l’excès normatif et l’abandon progressif de ses fondements culturels. Il estime que la survie du monde occidental passe par un retour à la souveraineté des États et à la maîtrise des flux migratoires, combat que le Canada entend désormais assumer aux côtés de l’Italie.
La journée se poursuit par une visite des grands sites de la capitale italienne, du Colisée aux forums antiques, avant un dîner officiel réunissant responsables politiques, économiques et intellectuels des deux pays, dont Jordan Peterson, le célèbre professeur émérite de psychologie à l'Université de Toronto. La symbolique romaine n’a pas échappé aux observateurs. En choisissant la capitale italienne, Pierre Poilievre a voulu inscrire son message dans la continuité historique de l’Europe politique et civilisationnelle.
La Toscane comme enracinement et économie réelle
Le deuxième jour de la visite s’est déroulé en Toscane, région choisie pour son ancrage historique et économique. La délégation canadienne s’est rendue à San Gimignano, village médiéval emblématique, avant de poursuivre par la visite d’un vignoble du Chianti.
Ce déplacement s’inscrit dans une mise en scène assumée de l’enracinement, de la transmission et de l’économie réelle. Pierre Poilievre a tenu à souligner l’importance des savoir-faire traditionnels, du temps long et de la stabilité culturelle comme fondements de la prospérité économique. Une vision qu’il entend transposer au Canada, notamment dans les secteurs agricole, énergétique et industriel.
L’après-midi, à Florence, plusieurs pistes de coopération économique sont évoquées : sécurité énergétique, savoir-faire industriel et artisanal. Le Canada, explique-t-on dans l’entourage du Premier ministre, cherche des partenaires pragmatiques, capables de produire et non de réglementer à l’excès.
Le Vatican comme tournant idéologique
Le troisième jour marque un moment hautement symbolique avec la visite du Vatican. Reçu par le pape, Pierre Poilievre prononce un discours qui tranche radicalement avec la retenue habituelle des dirigeants canadiens sur les questions spirituelles.
Il y rappelle que l’histoire du Canada est indissociable du christianisme, depuis les missions catholiques françaises jusqu’aux institutions protestantes britanniques. Il souligne que le nom même de « Dominion du Canada » trouve son origine dans le Psaume 72, et que la devise nationale, A Mari Usque Ad Mare, témoigne d’un héritage biblique assumé par les Pères de la Confédération.
Sans remettre en cause le cadre constitutionnel moderne, le Premier ministre affirme que le multiculturalisme canadien ne peut se comprendre qu’à partir d’un socle historique clair. Selon lui, accueillir ne signifie pas s’effacer, et la reconnaissance de la diversité ne doit jamais conduire à la négation de l’identité fondatrice du pays.
À Ottawa, plusieurs diplomates reconnaissent que ce déplacement ne relève pas d’un simple exercice protocolaire, mais d’une déclaration de doctrine. Le Canada, longtemps perçu comme un suiveur discret du monde occidental, entend désormais proposer une voie alternative, assumée et structurée. Rome n’a pas été choisie par hasard. Elle a été choisie comme point de départ.
il y a 6 mois
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