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L’AURORE - Anna de Noailles
Je vous ai regardé ce matin, soleil jaune,
Si longtemps que mon cœur en fut tout aveuglé.
Vous étiez un enfant debout sur mille trônes,
Petit soleil, avec vos couronnes de blé !
Sur un pin d’Italie, entre deux branches vertes,
Votre visage d’or luisait, ivre et divin,
Et moi je vous disais, tenant mes mains ouvertes
Est-ce vous, mon amour, qui venez sur ce pin ?
Vous, prince de l’espace, essence, de tout être,
Vous venez dans cet arbre, auprès de ma maison,
Vous buvez le cristal étroit de ma fenêtre,
Bouche de la Nature, haleine des Saisons !
Et je puis regarder ta douce forme en face,
Je puis dire Voici tes lèvres et tes yeux,
Voici le front charmant qu’un laurier rose enlace,
Amant de Danaé ! Visage de mes dieux !
– Comment es-tu venu si près de ma demeure,
Ô petit Jupiter jouant dans l’air d’azur ?
Ne pâlis pas ainsi, j’ai peur que tu ne meures
D’écraser tes luisants rayons blancs sur le mur !
Tu vois, tout le jardin est une chaude arène,
Soleil, petit taureau, augmente tes transports,
Ne crains pas d’effrayer et de blesser ta reine,
Et dans mon pourpre cœur entre tes cornes d’or !
Soleil moelleux et dru qui brille, brille, brille,
Soleil vert et d’argent, soleil bleu, soleil brun,
Pâmoison enfermée en l’ardente résille,
Ô rose, défaillant de son propre parfum,
C’est ma prière unique et ma foi naturelle
De plier mes genoux orgueilleux sur tes pas,
De n’avoir jamais vu ta face qui ruisselle
Sans qu’un sourire immense en mon cœur s’allumât.
Ah qu’on nous laisse seuls, que ma ferveur t’attire,
Que je puisse mêler mes doigts à ton éclat,
Que je presse sur moi, objet de mon délire,
Les parfums enflammés de tes jardins lilas !
Je te dirai Voici, c’est vous, c’est moi, je t’aime,
Je ne souhaite rien que de rester ainsi,
Je te vois, je te sais, notre ardeur est la même,
Je n’habite que l’air splendide, et vous aussi.
C’est pour vous que j’écris, c’est pour vous que je rêve,
Rien ne m’est suffisant qui n’est pas votre égal,
Je ne veux rien que toi ; que ma course s’achève
Enchaînée à ton char, Apollon matinal !
Que j’abandonne tout, que je quitte la terre,
Que je ne sache plus où je vais, d’où je vins,
Et que mon cœur qui fut royal et solitaire
Soit un des sabots d’or de tes chevaux divins…
moh, c'est super jolie ! haleine de saisons, serra ma prochaine excuse quand je parlerais trop près des gens après avoir mangé une tartiflette

il y a 3 mois
Clair de lune, Paul Verlaine
Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.
Tout en chantant sur le mode mineur
L’amour vainqueur et la vie opportune,
Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,
Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d’extase les jets d’eau,
Les grands jets d’eau sveltes parmi les marbres.
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.
Tout en chantant sur le mode mineur
L’amour vainqueur et la vie opportune,
Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,
Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d’extase les jets d’eau,
Les grands jets d’eau sveltes parmi les marbres.
il y a 3 mois
C'est une vrai déclaration d'amour
Les roses de Saadi, Marceline Desbordes-Valmore
J’ai voulu, ce matin, te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.
Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir.
La vague en a paru rouge et comme enflammée :
Ce soir ma robe encore en est tout embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.
Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir.
La vague en a paru rouge et comme enflammée :
Ce soir ma robe encore en est tout embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.
il y a 3 mois
La Fourmi, Robert Desnos & Frieren
Une fourmi de dix-huit mètres
Avec un chapeau sur la tête,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Une fourmi traînant un char
Plein de pingouins et de canards,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Une fourmi parlant français,
Parlant latin et javanais,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Une fourmi me pipelette,
Me soufflant : "J'adore la tartiflette"
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Eh ! Pourquoi pas ?
Avec un chapeau sur la tête,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Une fourmi traînant un char
Plein de pingouins et de canards,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Une fourmi parlant français,
Parlant latin et javanais,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Une fourmi me pipelette,
Me soufflant : "J'adore la tartiflette"
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Eh ! Pourquoi pas ?
il y a 3 mois
La Fourmi, Robert Desnos & Frieren
Une fourmi de dix-huit mètres
Avec un chapeau sur la tête,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Une fourmi traînant un char
Plein de pingouins et de canards,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Une fourmi parlant français,
Parlant latin et javanais,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Une fourmi me pipelette,
Me soufflant : "J'adore la tartiflette"
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Eh ! Pourquoi pas ?
Avec un chapeau sur la tête,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Une fourmi traînant un char
Plein de pingouins et de canards,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Une fourmi parlant français,
Parlant latin et javanais,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Une fourmi me pipelette,
Me soufflant : "J'adore la tartiflette"
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Eh ! Pourquoi pas ?
il y a 3 mois
heuu coralie tu veux voir kévin manger des fourmis ?
il y a 3 mois
Ouient
il y a 3 mois
Frieren
3 mois
A vos posts. J'irai dormir et reprendrai plus tard si il y a des demandes supplémentaires.
il y a 3 mois
Parfum exotique, Charles Baudelaire
Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;
Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l'oeil par sa franchise étonne.
Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,
Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;
Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l'oeil par sa franchise étonne.
Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,
Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.
il y a 3 mois
Frieren
3 mois
A vos posts. J'irai dormir et reprendrai plus tard si il y a des demandes supplémentaires.
Toast
il y a 3 mois
Amaury
3 mois
post
La Vie ardente, Émile Verhaeren
Mon cœur, je l’ai rempli du beau tumulte humain.
Tout ce qui fut vivant et haletant sur terre,
Folle audace, volonté sourde, ardeur austère
Et la révolte d’hier et l’ordre de demain
N’ont point pour les juger refroidi ma pensée.
Sombres charbons, j’ai fait de vous un grand feu d’or
N’exaltant que sa flamme et son volant essor
Qui mêlaient leur splendeur à la vie angoissée.
Et vous, haines, vertus, vices, rages, désirs,
Je vous accueillis tous, avec tous vos contrastes,
Afin que fût plus long, plus complexe et plus vaste
Le merveilleux frisson qui m’a fait tressaillir.
Mon cœur à moi ne vit dûment que s’il s’efforce ;
L’humanité totale a besoin d’un tourment
Qui la travaille avec fureur, comme un ferment,
Pour élargir sa vie et soulever sa force.
Qu’importe, si l’on part, qu’on n’arrive jamais,
Et que l’on voie au loin se déplacer les cimes !
L’orgueil est de monter toujours vers un sommet
Tenant la peur de soi pour le plus vil des crimes ;
Celui qui choit s’est rehaussé, quand même, un jour,
S’il a senti l’enivrement de la mêlée
L’exalter à tel point dans la haine ou l’amour,
Que sa force soudaine en parut décuplée.
Et puis toucher, goûter, sentir, entendre et voir ;
Ouvrir les yeux pour regarder l’aube ou le soir
Dorer un horizon ou rosir un nuage ;
Marcher près de la mer et chanter sur la plage ;
Écouter le vent fou danser sur la forêt
Comme sur un brasier de flammes végétales ;
Recueillir un parfum dans un flot de pétales ;
Sucer le jus d’un fruit intarissable et frais ;
Ou bien vouer des mains aux caresses profondes,
Le soir, quand, sur sa couche amoureuse, la chair
S’illumine du large éclat de ses seins clairs ;
Dites ! n’y eût-il rien que ces bonheurs au monde
Qu’il faut les accueillir pour vivre, éperdument.
Ô muscles que je meus avec emportement !
Ô rythmes de mon sang qui m’allégez tout l’être
Et mêlez on ne sait quelle fièvre à votre cours !
Voici que mon cerveau se ranime à son tour
Et qu’il cherche et se tend pour découvrir, peut-être,
Dans l’univers profond un peu de vérité.
Et je tremble et j’exulte à ouïr le mystère
Parler comme quelqu’un qui parlerait sous terre,
Et le sol bat et mon cœur rouge et contracté
S’écrase sur ce sol pour mieux entendre encore ;
Mais déjà le silence a remplacé tout bruit
Et le soir tombe, et le deuil choit, et c’est la nuit
Et rien ne bouge plus dans la terre sonore.
Heureux, pourtant, celui qui ne sanglote pas
Et repousse quand même avec un orgueil rude
La trop facile et vieille et douce certitude
Dont les cœurs les plus francs, en notre temps, sont las.
Une autre foi s’élève et pousse aux découvertes
Nettes, sûres, innombrables, quoique jamais
Claires au point de lui livrer tous les secrets ;
L’âme nouvelle a limité sa force experte
À conquérir, non plus le ciel, mais l’univers.
Calcul précis, coups d’œil soudains, recherches lentes,
Dieu sait quelle fureur admirable la hante
Et quel essor lui impriment tous ses revers.
Plus une œuvre est ardue et plus je la sens proche
De mon courage dur et de mon orgueil droit.
Mes chants ont retenti en ces heures d’effroi
Où le malheur tenait mon corps sous sa mailloche.
La bondissante mer m’a rempli de ferveur ;
J’ai célébré la tempête, le vent, la neige,
L’espace en marche et l’horizon et son cortège
De nuages volants et de rouges lueurs.
L’âpre nature a guerroyé par tout mon être
Lui imprimant la loi de sa férocité,
Pour qu’à mon tour j’éduque aussi ma volonté
À me bâtir un front qui doit rester mon maître.
Tout ce qui fut vivant et haletant sur terre,
Folle audace, volonté sourde, ardeur austère
Et la révolte d’hier et l’ordre de demain
N’ont point pour les juger refroidi ma pensée.
Sombres charbons, j’ai fait de vous un grand feu d’or
N’exaltant que sa flamme et son volant essor
Qui mêlaient leur splendeur à la vie angoissée.
Et vous, haines, vertus, vices, rages, désirs,
Je vous accueillis tous, avec tous vos contrastes,
Afin que fût plus long, plus complexe et plus vaste
Le merveilleux frisson qui m’a fait tressaillir.
Mon cœur à moi ne vit dûment que s’il s’efforce ;
L’humanité totale a besoin d’un tourment
Qui la travaille avec fureur, comme un ferment,
Pour élargir sa vie et soulever sa force.
Qu’importe, si l’on part, qu’on n’arrive jamais,
Et que l’on voie au loin se déplacer les cimes !
L’orgueil est de monter toujours vers un sommet
Tenant la peur de soi pour le plus vil des crimes ;
Celui qui choit s’est rehaussé, quand même, un jour,
S’il a senti l’enivrement de la mêlée
L’exalter à tel point dans la haine ou l’amour,
Que sa force soudaine en parut décuplée.
Et puis toucher, goûter, sentir, entendre et voir ;
Ouvrir les yeux pour regarder l’aube ou le soir
Dorer un horizon ou rosir un nuage ;
Marcher près de la mer et chanter sur la plage ;
Écouter le vent fou danser sur la forêt
Comme sur un brasier de flammes végétales ;
Recueillir un parfum dans un flot de pétales ;
Sucer le jus d’un fruit intarissable et frais ;
Ou bien vouer des mains aux caresses profondes,
Le soir, quand, sur sa couche amoureuse, la chair
S’illumine du large éclat de ses seins clairs ;
Dites ! n’y eût-il rien que ces bonheurs au monde
Qu’il faut les accueillir pour vivre, éperdument.
Ô muscles que je meus avec emportement !
Ô rythmes de mon sang qui m’allégez tout l’être
Et mêlez on ne sait quelle fièvre à votre cours !
Voici que mon cerveau se ranime à son tour
Et qu’il cherche et se tend pour découvrir, peut-être,
Dans l’univers profond un peu de vérité.
Et je tremble et j’exulte à ouïr le mystère
Parler comme quelqu’un qui parlerait sous terre,
Et le sol bat et mon cœur rouge et contracté
S’écrase sur ce sol pour mieux entendre encore ;
Mais déjà le silence a remplacé tout bruit
Et le soir tombe, et le deuil choit, et c’est la nuit
Et rien ne bouge plus dans la terre sonore.
Heureux, pourtant, celui qui ne sanglote pas
Et repousse quand même avec un orgueil rude
La trop facile et vieille et douce certitude
Dont les cœurs les plus francs, en notre temps, sont las.
Une autre foi s’élève et pousse aux découvertes
Nettes, sûres, innombrables, quoique jamais
Claires au point de lui livrer tous les secrets ;
L’âme nouvelle a limité sa force experte
À conquérir, non plus le ciel, mais l’univers.
Calcul précis, coups d’œil soudains, recherches lentes,
Dieu sait quelle fureur admirable la hante
Et quel essor lui impriment tous ses revers.
Plus une œuvre est ardue et plus je la sens proche
De mon courage dur et de mon orgueil droit.
Mes chants ont retenti en ces heures d’effroi
Où le malheur tenait mon corps sous sa mailloche.
La bondissante mer m’a rempli de ferveur ;
J’ai célébré la tempête, le vent, la neige,
L’espace en marche et l’horizon et son cortège
De nuages volants et de rouges lueurs.
L’âpre nature a guerroyé par tout mon être
Lui imprimant la loi de sa férocité,
Pour qu’à mon tour j’éduque aussi ma volonté
À me bâtir un front qui doit rester mon maître.
il y a 3 mois
Post + pas de poème mp boobs à la place !
* bruit de trompettes * N'oubliez pas d'aller voir mon nouveau film dans les salles en ce moment 

il y a 3 mois
« Je respire où tu palpites », Victor Hugo
Je respire où tu palpites,
Tu sais ; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t’en vas ?
À quoi bon vivre, étant l’ombre
De cet ange qui s’enfuit !
À quoi bon, sous le ciel sombre,
N’être plus que de la nuit ?
Je suis la fleur des murailles
Dont avril est le seul bien.
Il suffit que tu t’en ailles
Pour qu’il ne reste plus rien.
Tu m’entoures d’auréoles ;
Te voir est mon seul souci.
Il suffit que tu t’envoles
Pour que je m’envole aussi.
Si tu pars, mon front se penche ;
Mon âme au ciel, son berceau,
Fuira, car dans ta main blanche
Tu tiens ce sauvage oiseau.
Que veux-tu que je devienne,
Si je n’entends plus ton pas ?
Est-ce ta vie ou la mienne
Qui s’en va ? Je ne sais pas.
Quand mon courage succombe,
J’en reprends dans ton cœur pur ;
Je suis comme la colombe
Qui vient boire au lac d’azur.
L’amour fait comprendre à l’âme
L’univers, sombre et béni ;
Et cette petite flamme
Seule éclaire l’infini.
Sans toi, toute la nature
N’est plus qu’un cachot fermé,
Où je vais à l’aventure,
Pâle et n’étant plus aimé.
Sans toi, tout s’effeuille et tombe,
L’ombre emplit mon noir sourcil,
Une fête est une tombe,
La patrie est un exil.
Je t’implore et te réclame ;
Ne fuis pas loin de mes maux,
Ô fauvette de mon âme
Qui chante dans mes rameaux !
De quoi puis-je avoir envie,
De quoi puis-je avoir effroi,
Que ferai-je de la vie
Si tu n’es plus près de moi ?
Tu portes dans la lumière,
Tu portes dans les buissons,
Sur une aile ma prière,
Et sur l’autre mes chansons.
Que dirai-je aux champs que voile
L’inconsolable douleur ?
Que ferai-je de l’étoile ?
Que ferai-je de la fleur ?
Que dirai-je au bois morose
Qu’illuminait ta douceur ?
Que répondrai-je à la rose
Disant : Où donc est ma sœur ?
J’en mourrai ; fuis, si tu l’oses.
À quoi bon, jours révolus !
Regarder toutes ces choses
Qu’elle ne regarde plus ?
Que ferai-je de la lyre,
De la vertu, du destin ?
Hélas ! et, sans ton sourire,
Que ferai-je du matin ?
Que ferai-je, seul, farouche,
Sans toi, du jour et des cieux,
De mes baisers sans ta bouche,
Et de mes pleurs sans tes yeux !
Tu sais ; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t’en vas ?
À quoi bon vivre, étant l’ombre
De cet ange qui s’enfuit !
À quoi bon, sous le ciel sombre,
N’être plus que de la nuit ?
Je suis la fleur des murailles
Dont avril est le seul bien.
Il suffit que tu t’en ailles
Pour qu’il ne reste plus rien.
Tu m’entoures d’auréoles ;
Te voir est mon seul souci.
Il suffit que tu t’envoles
Pour que je m’envole aussi.
Si tu pars, mon front se penche ;
Mon âme au ciel, son berceau,
Fuira, car dans ta main blanche
Tu tiens ce sauvage oiseau.
Que veux-tu que je devienne,
Si je n’entends plus ton pas ?
Est-ce ta vie ou la mienne
Qui s’en va ? Je ne sais pas.
Quand mon courage succombe,
J’en reprends dans ton cœur pur ;
Je suis comme la colombe
Qui vient boire au lac d’azur.
L’amour fait comprendre à l’âme
L’univers, sombre et béni ;
Et cette petite flamme
Seule éclaire l’infini.
Sans toi, toute la nature
N’est plus qu’un cachot fermé,
Où je vais à l’aventure,
Pâle et n’étant plus aimé.
Sans toi, tout s’effeuille et tombe,
L’ombre emplit mon noir sourcil,
Une fête est une tombe,
La patrie est un exil.
Je t’implore et te réclame ;
Ne fuis pas loin de mes maux,
Ô fauvette de mon âme
Qui chante dans mes rameaux !
De quoi puis-je avoir envie,
De quoi puis-je avoir effroi,
Que ferai-je de la vie
Si tu n’es plus près de moi ?
Tu portes dans la lumière,
Tu portes dans les buissons,
Sur une aile ma prière,
Et sur l’autre mes chansons.
Que dirai-je aux champs que voile
L’inconsolable douleur ?
Que ferai-je de l’étoile ?
Que ferai-je de la fleur ?
Que dirai-je au bois morose
Qu’illuminait ta douceur ?
Que répondrai-je à la rose
Disant : Où donc est ma sœur ?
J’en mourrai ; fuis, si tu l’oses.
À quoi bon, jours révolus !
Regarder toutes ces choses
Qu’elle ne regarde plus ?
Que ferai-je de la lyre,
De la vertu, du destin ?
Hélas ! et, sans ton sourire,
Que ferai-je du matin ?
Que ferai-je, seul, farouche,
Sans toi, du jour et des cieux,
De mes baisers sans ta bouche,
Et de mes pleurs sans tes yeux !
il y a 3 mois
Toast
Dixains, Paul-Jean Toulet
Nane, as−tu gardé souvenir
Du Panthéon−Place Courcelle
Qui roulait à cris de crécelle,
Sans au but jamais parvenir :
Du jour où te sculptait la brise
Sous ta jupe noire et cerise ;
De l’impérial au banc haut,
Où se scandait comme un ïambe
La glissade avec le cahot,
— Et du vieux qui lorgnait tes jambes ?
Église de Saint−Augustin,
Au porche maigre, à l’ample dôme
Dont les cloches seraient à Rome
Beaucoup mieux qu’ici, le matin,
Si ta circonspecte opulence
Ignore cette violence
Qui nous abyme en oraison,
C’est que Dieu même est resté triste
Qu’on prît pour bâtir sa maison
Un architecte calviniste.
Si ta grande ombre, ô Moréas,
Revient aux cabarets des Halles
Parmi les filles de trois balles
Et leurs gitons complets à l’as,
Puissé−je au soir d’un beau Dimanche,
Près de l’homme à la souris blanche,
À l’Ange ou dans l’affreux Caveau,
Entendre encor ta voix cuivrée :
Telle, de sagesse enivrée,
Une cigale, au renouveau.
Chandelier toujours sans chandelle
Mais qu’il y faudrait trop de suif,
Atricaille à revendre au Juif
Et qui fais peur à l’hirondelle :
Qu’Eiffel ait trouvé ton schéma
Dans les marais de Panama
Çà vaut−il à jamais qu’en France,
Sous couleur de parler sans fil
Aux nègres de l’île−à−Morfil,
Ta laideur soit sans espérance ?
« — Non, ce taxi, quelle charrette.
C’est sous les toits, votre entresol ?
Je t’aime… oui c’est un tournesol…
Si tu savais comme il me traite :
Des claques voilà mes cadeaux !
Je croyais n’être jamais prête.
… Çà ? C’est moi. Laissez les rideaux. »
« — Le cœur vous est bien en dentelle. »
« — Mais il faut une heure », dit−elle,
« Rien qu’à me lacer dans le dos. »
L’un vainqueur ou l’autre battu,
Ces beaux soldats qui vous ont faite
Gardaient jusque dans la défaite
Le sourire de leur vertu.
Vous, pour avoir rendu les armes,
Je vous trouve fondue en larmes
Et qui m’insultez entre tant.
Que si l’on doit, toute sa vie,
Déplorer l’éclair d’un instant,
Mieux vaut coucher sur son envie.
Industrieux fils de Dédale
Qui ressuscitez dans Paris —
Pourquoi, j’y entrave que dale —
Tant de singes en vain péris ;
Et de quoi sert que Dieu les tue
Si vous nous fichez leur statue ?
Il faut vivre, se faire un nom.
— Eh ! Qui de savoir s’évertue,
Par la racine ou non,
Comment vous mangez la laitue.
Sur le canal Saint−Martin glisse,
Lisse et peinte comme un joujou,
Une péniche en acajou,
Avec ses volets à coulisse,
Un caillebot au minium,
Et deux pots de géranium
Pour la picarde, en bas, qui trôle.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Je rêve d’un soir rouge d’or,
Et d’un lougre hindou qui s’endort :
— Siffle la brise… eh toi ! Créole.
Ce pavé que l’Europe foule
Est gras encor du suif des morts.
Leurs os, qui n’ont plus de remords,
Y dorment au pas de la foule,
D’un sommeil noir, à pleins paniers.
— Dors−tu, Cathau, loin des charniers
Où tes crapauds, sous l’herbe verte,
Enchantaient le cœur des passants :
Toi qu’un jour l’aube, aux Innocents,
Trouva nue, et la gorge ouverte ?
Qu’Allard, sur la caricature
De ce malcuit, de ce Dolet,
Aille râler du Michelet,
Que le vieux Sçavant s’aventure
À débrouiller son plagiat —
Dieu les garde ! Mais tant y a
Qu’un éditeur c’est bon à prendre.
Et nos aïeux, en ayant un
Sous la main, le menèrent pendre :
Ainsi soit de tout importun.
Tant pis si Boulenger m’attrape,
Je n’irai plus à Chantilly
Pâmer sur un lièvre assailli
Par deux chiens à la forte gueule,
Sauf à vous y trouver encor,
Fille de France au ciel d’accord.
Telle — et le printemps nous présage —
L’onde où tremble un pur paysage
N’est si délicieux décor
Que ses rêves sur son visage.
Puisque tes jours ne t’ont laissé
Qu’un peu de cendre dans la bouche,
Avant qu’on ne tende la couche
Où ton cœur dorme, enfin glacé,
Retourne, comme au temps passé,
Cueillir, près de la dune instable,
Le lys qu’y courbe un souffle amer,
— Et grave ces mots sur le sable :
Le rêve de l’homme est semblable
Aux illusions de la mer.
Du Panthéon−Place Courcelle
Qui roulait à cris de crécelle,
Sans au but jamais parvenir :
Du jour où te sculptait la brise
Sous ta jupe noire et cerise ;
De l’impérial au banc haut,
Où se scandait comme un ïambe
La glissade avec le cahot,
— Et du vieux qui lorgnait tes jambes ?
Église de Saint−Augustin,
Au porche maigre, à l’ample dôme
Dont les cloches seraient à Rome
Beaucoup mieux qu’ici, le matin,
Si ta circonspecte opulence
Ignore cette violence
Qui nous abyme en oraison,
C’est que Dieu même est resté triste
Qu’on prît pour bâtir sa maison
Un architecte calviniste.
Si ta grande ombre, ô Moréas,
Revient aux cabarets des Halles
Parmi les filles de trois balles
Et leurs gitons complets à l’as,
Puissé−je au soir d’un beau Dimanche,
Près de l’homme à la souris blanche,
À l’Ange ou dans l’affreux Caveau,
Entendre encor ta voix cuivrée :
Telle, de sagesse enivrée,
Une cigale, au renouveau.
Chandelier toujours sans chandelle
Mais qu’il y faudrait trop de suif,
Atricaille à revendre au Juif
Et qui fais peur à l’hirondelle :
Qu’Eiffel ait trouvé ton schéma
Dans les marais de Panama
Çà vaut−il à jamais qu’en France,
Sous couleur de parler sans fil
Aux nègres de l’île−à−Morfil,
Ta laideur soit sans espérance ?
« — Non, ce taxi, quelle charrette.
C’est sous les toits, votre entresol ?
Je t’aime… oui c’est un tournesol…
Si tu savais comme il me traite :
Des claques voilà mes cadeaux !
Je croyais n’être jamais prête.
… Çà ? C’est moi. Laissez les rideaux. »
« — Le cœur vous est bien en dentelle. »
« — Mais il faut une heure », dit−elle,
« Rien qu’à me lacer dans le dos. »
L’un vainqueur ou l’autre battu,
Ces beaux soldats qui vous ont faite
Gardaient jusque dans la défaite
Le sourire de leur vertu.
Vous, pour avoir rendu les armes,
Je vous trouve fondue en larmes
Et qui m’insultez entre tant.
Que si l’on doit, toute sa vie,
Déplorer l’éclair d’un instant,
Mieux vaut coucher sur son envie.
Industrieux fils de Dédale
Qui ressuscitez dans Paris —
Pourquoi, j’y entrave que dale —
Tant de singes en vain péris ;
Et de quoi sert que Dieu les tue
Si vous nous fichez leur statue ?
Il faut vivre, se faire un nom.
— Eh ! Qui de savoir s’évertue,
Par la racine ou non,
Comment vous mangez la laitue.
Sur le canal Saint−Martin glisse,
Lisse et peinte comme un joujou,
Une péniche en acajou,
Avec ses volets à coulisse,
Un caillebot au minium,
Et deux pots de géranium
Pour la picarde, en bas, qui trôle.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Je rêve d’un soir rouge d’or,
Et d’un lougre hindou qui s’endort :
— Siffle la brise… eh toi ! Créole.
Ce pavé que l’Europe foule
Est gras encor du suif des morts.
Leurs os, qui n’ont plus de remords,
Y dorment au pas de la foule,
D’un sommeil noir, à pleins paniers.
— Dors−tu, Cathau, loin des charniers
Où tes crapauds, sous l’herbe verte,
Enchantaient le cœur des passants :
Toi qu’un jour l’aube, aux Innocents,
Trouva nue, et la gorge ouverte ?
Qu’Allard, sur la caricature
De ce malcuit, de ce Dolet,
Aille râler du Michelet,
Que le vieux Sçavant s’aventure
À débrouiller son plagiat —
Dieu les garde ! Mais tant y a
Qu’un éditeur c’est bon à prendre.
Et nos aïeux, en ayant un
Sous la main, le menèrent pendre :
Ainsi soit de tout importun.
Tant pis si Boulenger m’attrape,
Je n’irai plus à Chantilly
Pâmer sur un lièvre assailli
Par deux chiens à la forte gueule,
Sauf à vous y trouver encor,
Fille de France au ciel d’accord.
Telle — et le printemps nous présage —
L’onde où tremble un pur paysage
N’est si délicieux décor
Que ses rêves sur son visage.
Puisque tes jours ne t’ont laissé
Qu’un peu de cendre dans la bouche,
Avant qu’on ne tende la couche
Où ton cœur dorme, enfin glacé,
Retourne, comme au temps passé,
Cueillir, près de la dune instable,
Le lys qu’y courbe un souffle amer,
— Et grave ces mots sur le sable :
Le rêve de l’homme est semblable
Aux illusions de la mer.
il y a 3 mois
Tu es plus belle que le ciel et la mer, Blaise Cendrars
Quand tu aimes il faut partir
Quitte ta femme quitte ton enfant
Quitte ton ami quitte ton amie
Quitte ton amante quitte ton amant
Quand tu aimes il faut partir
Le monde est plein de nègres et de négresses
Des femmes des hommes des hommes des femmes
Regarde les beaux magasins
Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre
Et toutes les belles marchandises
II y a l'air il y a le vent
Les montagnes l'eau le ciel la terre
Les enfants les animaux
Les plantes et le charbon de terre
Apprends à vendre à acheter à revendre
Donne prends donne prends
Quand tu aimes il faut savoir
Chanter courir manger boire
Siffler
Et apprendre à travailler
Quand tu aimes il faut partir
Ne larmoie pas en souriant
Ne te niche pas entre deux seins
Respire marche pars va-t'en
Je prends mon bain et je regarde
Je vois la bouche que je connais
La main la jambe l'œil
Je prends mon bain et je regarde
Le monde entier est toujours là
La vie pleine de choses surprenantes
Je sors de la pharmacie
Je descends juste de la bascule
Je pèse mes 80 kilos
Je t'aime
Quitte ta femme quitte ton enfant
Quitte ton ami quitte ton amie
Quitte ton amante quitte ton amant
Quand tu aimes il faut partir
Le monde est plein de nègres et de négresses
Des femmes des hommes des hommes des femmes
Regarde les beaux magasins
Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre
Et toutes les belles marchandises
II y a l'air il y a le vent
Les montagnes l'eau le ciel la terre
Les enfants les animaux
Les plantes et le charbon de terre
Apprends à vendre à acheter à revendre
Donne prends donne prends
Quand tu aimes il faut savoir
Chanter courir manger boire
Siffler
Et apprendre à travailler
Quand tu aimes il faut partir
Ne larmoie pas en souriant
Ne te niche pas entre deux seins
Respire marche pars va-t'en
Je prends mon bain et je regarde
Je vois la bouche que je connais
La main la jambe l'œil
Je prends mon bain et je regarde
Le monde entier est toujours là
La vie pleine de choses surprenantes
Je sors de la pharmacie
Je descends juste de la bascule
Je pèse mes 80 kilos
Je t'aime
il y a 3 mois
Frieren
3 mois
A vos posts. J'irai dormir et reprendrai plus tard si il y a des demandes supplémentaires.
il y a 3 mois
Toast
Le serpent qui danse, Charles Baudelaire
Que j'aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau !
Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,
Comme un navire qui s'éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.
Tes yeux, où rien ne se révèle
De doux ni d'amer,
Sont deux bijoux froids où se mêle
L'or avec le fer.
A te voir marcher en cadence,
Belle d'abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d'un bâton.
Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d'enfant
Se balance avec la mollesse
D'un jeune éléphant,
Et ton corps se penche et s'allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l'eau.
Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l'eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,
Je crois boire un vin de Bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D'étoiles mon coeur !
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau !
Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,
Comme un navire qui s'éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.
Tes yeux, où rien ne se révèle
De doux ni d'amer,
Sont deux bijoux froids où se mêle
L'or avec le fer.
A te voir marcher en cadence,
Belle d'abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d'un bâton.
Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d'enfant
Se balance avec la mollesse
D'un jeune éléphant,
Et ton corps se penche et s'allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l'eau.
Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l'eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,
Je crois boire un vin de Bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D'étoiles mon coeur !
il y a 3 mois
Frieren
3 mois
A vos posts. J'irai dormir et reprendrai plus tard si il y a des demandes supplémentaires.
il y a 3 mois































