Sujet résolu
L'auteur a trouvé une solution à son problème.
Chose assez curieuse, l'écrivain Gide a produit une éthique très moderne, dans un langage à mi chemin entre les Évangiles et un essai philosophique
Il s'agit d'une éthique hédoniste qui défend donc l'idée suivante : le bonheur découle du plaisir. Plaisir, c'est à dire une sensation plaisante de la part du corps ou de l'esprit.
Le risque du plaisir est la démesure. La débauche. Rien de tel chez Gide.
Il pose des bases très classiques, très stoïciennes : accepte ce qui ne dépend pas de toi, satisfais toi de ce que tu as. Mais Gide ne propose pas une morale d'esclave, comme dirait Hegel.
La notion de destin est absente chez Gide. L'homme a une meilleure marge de liberté qui n'est pas strictement intellectuelle. Nous pouvons nous mettre en situation de ' disposition à l'accueil '
C'est à dire qu l'on modifie son comportement pour être ouvert à la nouveauté. Il nous arrivera alors des choses qui ne nous seraient pas arrivées. Et il faut donc désirer que ces nouveaux événements adviennent.
Mais pas par la magie du destin comme dans le stoïcisme. Il faut provoquer les événements, ne pas rester passif.
Ces situations nouvelles vont alors nous procurer du plaisir, principalement sensoriel. Quand on fait quelque chose dans la vie, il faut en tirer du plaisir physique, ou bien notre vie est une erreur.
Ne serait-ce que la caresse du vent, un bel arbres, le chants des oiseaux, il faut tout acceuillir intensément et en tirer du plaisir.
Tous les phénomènes du monde sensibles sont uniques dans leur apparition, bien qu'ils puissent se reproduire par nature. On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve comme disait Heraclite
Donc si l'on mène une vie répétitive qui a fini par nous rendre aveugle au monde extérieur, c'est la pire des situations.
Il faut mener sa vie de sorte que chaque crépuscule vous marque comme s'il s'agissait du dernier. Il faut s'étonner du monde, s'emerveiller, être attentif à tous nos sens
Pour parvenir à un tel niveau de présence au monde, Gide propose une forme de dénuement. Il ne faut pas s'attacher à un lieu, un foyer, une famille, car notre champ de vision se réduit alors à notre petit univers.
C'est une attitude de fermeture, de cloisonnement. Il faut renoncer à ses bien, quitter les siens, se déraciner en quelque sorte.
L'attitude est radicale, mais a le bénéfice de rendre l'existence profondément imprévisible et nouvelle. N'ayant plus de foyer où dormir le soir, nous sommes tout entiers ouvert à ce qui pourrait nous protèger de la nuit.
En cessant de posséder des biens matériels, nous cessons également de percevoir le monde à partir de ce qui nous appartient et de ce qui pourrait nous servir.
C'est un bon moyen d'être plus attentif à la totalité du monde, et de jouir des sensations présentes pour ce qu'elles sont.
Nous ne sommes plus tracassé par le fait de perdre de l'argent, ni soucieux d'en gagner. Nous jouissons simplement des sensations présentes et que nous ignorions.
Mieux, Gide propose une quête, une chasse à la sensation nouvelle. Une exploration du monde pour en tirer tout ce qu'il a de plaisirs simples et immédiatement accessibles
De même, il ne faut plus s'arrêter à une idée, en faire une idéologie et ne plus voir le monde que par son prisme. Quelle réduction du monde ! Voir le monde à travers une idée, c'est déjà se détacher du phénomène présent
En fait, ce que s'efforce de nous dire Gide, c'est de partir à la conquête du présent. Chasser tout ce qui nous en sépare.
Ne pas être des bêtes rivés au piquet de l'instant comme dirait Nietzsche, bien sûr. C'est l'attitude des addicts, de la répétition aveugle, de l'homme sans profondeur.
Non, l'instant, la présence, chez Gide, a une profondeur infinie. Le passé et le futur ne sont pas niés, ils sont mis en suspens.
Car c'est la manière de goûter à la nouveauté. Quand vient l'été, on oublié l'été dernier, on abandonne ses attentes d'un été doux, et on l'apprécie tel qu'il est, fut-il caniculaire, car cette canicule nous offre des joies qu'il n'y avait pas dans l'été doux. On ne les désirait pas, mais elles sont là, sachons les voir et en jouir. Tout ce qui nous soulage de l'accablante chaleur devient une joie.
Soyons présents à ce qui est, et partons en quête de tout ce qui est dans le monde, sans s'attendre à autre chose que ce que nous y verrons, et jouissons de toutes ces présences par tous nos sens. Voilà ce que dit Gide
C'est un hedonisme très moderne qui a influencé les beatniks puis les hippies, à la différence près que ces derniers ont abusé des mêmes sensations jusqu'à saturer leur appareil sensoriel. C'est pourquoi la continuelle nouveauté est indispensable. Tout ce qui stagne perd son mouvement et finit par mourir.
Maintenant, oubliez Gide, et ne percevez pas le monde uniquement par son prisme
Il s'agit d'une éthique hédoniste qui défend donc l'idée suivante : le bonheur découle du plaisir. Plaisir, c'est à dire une sensation plaisante de la part du corps ou de l'esprit.
Le risque du plaisir est la démesure. La débauche. Rien de tel chez Gide.
Il pose des bases très classiques, très stoïciennes : accepte ce qui ne dépend pas de toi, satisfais toi de ce que tu as. Mais Gide ne propose pas une morale d'esclave, comme dirait Hegel.
La notion de destin est absente chez Gide. L'homme a une meilleure marge de liberté qui n'est pas strictement intellectuelle. Nous pouvons nous mettre en situation de ' disposition à l'accueil '
C'est à dire qu l'on modifie son comportement pour être ouvert à la nouveauté. Il nous arrivera alors des choses qui ne nous seraient pas arrivées. Et il faut donc désirer que ces nouveaux événements adviennent.
Mais pas par la magie du destin comme dans le stoïcisme. Il faut provoquer les événements, ne pas rester passif.
Ces situations nouvelles vont alors nous procurer du plaisir, principalement sensoriel. Quand on fait quelque chose dans la vie, il faut en tirer du plaisir physique, ou bien notre vie est une erreur.
Ne serait-ce que la caresse du vent, un bel arbres, le chants des oiseaux, il faut tout acceuillir intensément et en tirer du plaisir.
Tous les phénomènes du monde sensibles sont uniques dans leur apparition, bien qu'ils puissent se reproduire par nature. On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve comme disait Heraclite
Donc si l'on mène une vie répétitive qui a fini par nous rendre aveugle au monde extérieur, c'est la pire des situations.
Il faut mener sa vie de sorte que chaque crépuscule vous marque comme s'il s'agissait du dernier. Il faut s'étonner du monde, s'emerveiller, être attentif à tous nos sens
Pour parvenir à un tel niveau de présence au monde, Gide propose une forme de dénuement. Il ne faut pas s'attacher à un lieu, un foyer, une famille, car notre champ de vision se réduit alors à notre petit univers.
C'est une attitude de fermeture, de cloisonnement. Il faut renoncer à ses bien, quitter les siens, se déraciner en quelque sorte.
L'attitude est radicale, mais a le bénéfice de rendre l'existence profondément imprévisible et nouvelle. N'ayant plus de foyer où dormir le soir, nous sommes tout entiers ouvert à ce qui pourrait nous protèger de la nuit.
En cessant de posséder des biens matériels, nous cessons également de percevoir le monde à partir de ce qui nous appartient et de ce qui pourrait nous servir.
C'est un bon moyen d'être plus attentif à la totalité du monde, et de jouir des sensations présentes pour ce qu'elles sont.
Nous ne sommes plus tracassé par le fait de perdre de l'argent, ni soucieux d'en gagner. Nous jouissons simplement des sensations présentes et que nous ignorions.
Mieux, Gide propose une quête, une chasse à la sensation nouvelle. Une exploration du monde pour en tirer tout ce qu'il a de plaisirs simples et immédiatement accessibles
De même, il ne faut plus s'arrêter à une idée, en faire une idéologie et ne plus voir le monde que par son prisme. Quelle réduction du monde ! Voir le monde à travers une idée, c'est déjà se détacher du phénomène présent
En fait, ce que s'efforce de nous dire Gide, c'est de partir à la conquête du présent. Chasser tout ce qui nous en sépare.
Ne pas être des bêtes rivés au piquet de l'instant comme dirait Nietzsche, bien sûr. C'est l'attitude des addicts, de la répétition aveugle, de l'homme sans profondeur.
Non, l'instant, la présence, chez Gide, a une profondeur infinie. Le passé et le futur ne sont pas niés, ils sont mis en suspens.
Car c'est la manière de goûter à la nouveauté. Quand vient l'été, on oublié l'été dernier, on abandonne ses attentes d'un été doux, et on l'apprécie tel qu'il est, fut-il caniculaire, car cette canicule nous offre des joies qu'il n'y avait pas dans l'été doux. On ne les désirait pas, mais elles sont là, sachons les voir et en jouir. Tout ce qui nous soulage de l'accablante chaleur devient une joie.
Soyons présents à ce qui est, et partons en quête de tout ce qui est dans le monde, sans s'attendre à autre chose que ce que nous y verrons, et jouissons de toutes ces présences par tous nos sens. Voilà ce que dit Gide
C'est un hedonisme très moderne qui a influencé les beatniks puis les hippies, à la différence près que ces derniers ont abusé des mêmes sensations jusqu'à saturer leur appareil sensoriel. C'est pourquoi la continuelle nouveauté est indispensable. Tout ce qui stagne perd son mouvement et finit par mourir.
Maintenant, oubliez Gide, et ne percevez pas le monde uniquement par son prisme
il y a 2 ans
Sponsorisé
Connectez-vous pour masquer les pubsOn se retrouvera toujours dans une boucle tant que cette société tourne de la sorte
En bouche, un saint-Véran se distingue par sa rondeur et son harmonie.
il y a 2 ans
On se retrouvera toujours dans une boucle tant que cette société tourne de la sorte
Sors de cette société et ressens ce qui se trouve en dehors
il y a 2 ans
Ça peut s'appliquer dans une moindre mesure, mais je me vois très mal intégrer ce mode de vie entièrement dans le contexte actuel
il y a 2 ans
Ça peut s'appliquer dans une moindre mesure, mais je me vois très mal intégrer ce mode de vie entièrement dans le contexte actuel
Voyager n'a jamais été aussi facile. Générer du revenu sans avoir de domicile également. Le contexte est ideal pour sortir de la société sans avoir à se casser le cul à poser des rails où à porter des charges de 50kg pendant 12 heures comme devaient le faire de temps en temps les journaliers de l'époque pour continuer leur mode de vie marginal
il y a 2 ans
Voyager n'a jamais été aussi facile. Générer du revenu sans avoir de domicile également. Le contexte est ideal pour sortir de la société sans avoir à se casser le cul à poser des rails où à porter des charges de 50kg pendant 12 heures comme devaient le faire de temps en temps les journaliers de l'époque pour continuer leur mode de vie marginal
Oui enfin c'est pas donné à tout le monde de créer de la thune comme ça
Je trouve
Je trouve
il y a 2 ans
Sponsorisé
Connectez-vous pour masquer les pubsOui enfin c'est pas donné à tout le monde de créer de la thune comme ça
Je trouve
Je trouve
Il y en à qui font sans tunes et qui mangent dans les poubelles no fake
il y a 2 ans
Je n'ai lu que les Nourritures, et j'ai bien envie de continuer. C'est un auteur qui commence à dater en même temps, il succède de peu à Zola, et le naturalisme ne s'écrit pas aujourd'hui davantage que du Gide
J'ai l'impression qu'il marque beaucoup la jeunesse, tu n'es pas le premier à me le dire
J'ai l'impression qu'il marque beaucoup la jeunesse, tu n'es pas le premier à me le dire
il y a 2 ans
Il y en à qui font sans tunes et qui mangent dans les poubelles no fake
Je suis clairement not ready pour faire ça
Est-ce que ça devient pas aussi ennuyeux que la vie "normale" qu'on nous vend, à force?
Est-ce que ça devient pas aussi ennuyeux que la vie "normale" qu'on nous vend, à force?
il y a 2 ans
Je suis clairement not ready pour faire ça
Est-ce que ça devient pas aussi ennuyeux que la vie "normale" qu'on nous vend, à force?
Est-ce que ça devient pas aussi ennuyeux que la vie "normale" qu'on nous vend, à force?
Non. Le risque est la récupération d'une alternative par le capitalisme. C'est ainsi que l'émancipation des hippies est devenu un marché dans lequel on a commercialisé des caravanes, une esthétique, une industrie musicale. Mais l'ennui, jamais, car l'avenir est tout le temps noir de mystère, et ils surprend continuellement
il y a 2 ans
Non. Le risque est la récupération d'une alternative par le capitalisme. C'est ainsi que l'émancipation des hippies est devenu un marché dans lequel on a commercialisé des caravanes, une esthétique, une industrie musicale. Mais l'ennui, jamais, car l'avenir est tout le temps noir de mystère, et ils surprend continuellement
Ah.. c'est vrai, c'est bien vu
C'est le genre de truc qui dénature complètement la base du mouvement. Dire qu'il y a des gens qui organisent ça sciemment
C'est le genre de truc qui dénature complètement la base du mouvement. Dire qu'il y a des gens qui organisent ça sciemment
il y a 2 ans
Je déteste Narcisse et Goldmund. Enfin, j'exagère, mais je le trouve trop simpliste, tirant trop sur le conte. En revanche, quelque chose comme le Loup des Steppes, ça me parle beaucoup.
C'est un roman plus lourd, mais plus tourmenté. Et c'est cette femme qui vient sauver le héros de lui-même, qui vient lui rappeler l'extrême simplicité du monde, lui qui s'est perdu dans des pensées trop profondes. Ça, c'est quelque qui me touche. Hesse y pose l'idée que le héros pourrait tout devenir en fin de compte, et que c'est lui seul qui s'est enfermé dans un personnage.
Gide est plus spécifique, mais les deux auteurs s'accorderaient sur l'ouverture au monde, à l'avenir, sur l'absence de déterminations et l'importance de savoir vivre de plaisirs dans ce monde matériel
C'est un roman plus lourd, mais plus tourmenté. Et c'est cette femme qui vient sauver le héros de lui-même, qui vient lui rappeler l'extrême simplicité du monde, lui qui s'est perdu dans des pensées trop profondes. Ça, c'est quelque qui me touche. Hesse y pose l'idée que le héros pourrait tout devenir en fin de compte, et que c'est lui seul qui s'est enfermé dans un personnage.
Gide est plus spécifique, mais les deux auteurs s'accorderaient sur l'ouverture au monde, à l'avenir, sur l'absence de déterminations et l'importance de savoir vivre de plaisirs dans ce monde matériel
il y a 2 ans
Je crois que Guy Debord dit quelque chose de pareil. Ce sont deux cinéastes de la même génération, et ils refusaient de divertir le public, pour ne pas être recuperés, justement
il y a 2 ans
Dans son conte c'est pareil, d'un côté l'artiste romantique, de l'autre le moine intellectuel. Et cet enchaînement d'actions à la Voltaire, la courte histoire d'une vie, ça ne me dit rien.
Tu n'aimes pas Dosto par exemple ?
Tu n'aimes pas Dosto par exemple ?
il y a 2 ans
Je dois avouer que je ressemblais beaucoup au héro et que j'ai suivi le même processus de descente du monde des idées vers le monde sensible, donc c'était un bouquin vraiment fait pour moi.
Putain oui, le D il me fait chialer. Chaque livre change un peu ma vie. À part les Frères Karamazov, ça m'avait fait chier à 18 ans.
Crime et Châtiment par exemple est le seul bouquin qui m'a fait peur moralement. Tout à coup, je ne me suis plus senti capable de nuire aux autres, de commettre des crimes
L'idiot, putain j'en pleurais, l'idiot, c'est moi en beaucoup plus sublime.
Aïe aïe aïe j'ai envie de m'en taper un nouveau la
Putain oui, le D il me fait chialer. Chaque livre change un peu ma vie. À part les Frères Karamazov, ça m'avait fait chier à 18 ans.
Crime et Châtiment par exemple est le seul bouquin qui m'a fait peur moralement. Tout à coup, je ne me suis plus senti capable de nuire aux autres, de commettre des crimes
L'idiot, putain j'en pleurais, l'idiot, c'est moi en beaucoup plus sublime.
Aïe aïe aïe j'ai envie de m'en taper un nouveau la
il y a 2 ans
Oui, je te conseille les carnets. Rien à voir avec ses gros romans. C'est sec, incisif, simple, crasseux
il y a 2 ans













