Ce sujet a été résolu
Émouvante et bien écrite dans son style.
LA NAISSANCE D’UNE FÉE
Ballet en plusieurs actes
Epoque : Louis XV.
Lieu : Où l'on voudra.
Décor : Une clairière dans un bois, des rochers, une rivière dans le fond.
Action : Au lever du rideau, les petits esprits de la forêt dansent, sautent, virevoltent... C'est la ronde des lutins, des farfadets, des elfes... Leur chef est un lutin couronné, le Roi des Lutins, agile, preste, toujours aux aguets... Ils jouent... saute-mouton... Avec eux, dans la ronde joyeuse... une biche frêle et timide... leur petite compagne... Et puis un gros compagnon, le gros hibou... Il danse aussi par ci, par là... mais tranquillement, un peu en retrait toujours... Il est le conseiller, le sage de la petite bande... toujours un peu boudeur... Le petit lapin est là aussi... avec son tambour... On entend les cris d'une autre bande joyeuse... Jeunes gens et jeunes filles... qui se rapprochent de la clairière... la première de ces jeunes filles apparaît entre les buissons : Evelyne... Une très belle, très joyeuse, très gaie, très étincelante jeune fille. Elle aperçoit tout juste le dernier des petits lutins... qui s'enfuient à l'approche... effrayés par les humains...
Les lutins disparaissent dans le bois... Evelyne fait signe à ses amis, de la rejoindre vite, dans la clairière... Vite ! Vite !... Elle fait signe qu'elle a vu les lutins danser dans la clairière... Les autres rient... incrédules... Ils sont nombreux, jeunes et beaux... garçons et filles... Ils dansent à leur tour dans la clairière... Jeux... Colin-maillard... Bouderies... Agaceries... L'un des garçons est plus particulièrement pressant... Il fait une cour ardente à Evelyne... C'est le Poète... Il est habillé en « poète »... Habit réséda, maillot collant... Cheveux blonds et bouclés... Rouleaux de poèmes sous son bras... C'est le fiancé d'Evelyne... Danses encore... Toujours danses joyeuses !...
2ème Tableau :
Devant l'auberge du village... Le jour de la Foire... Groupes agités, affairés... bigarrés... Bateleurs, paysans, animaux, etc... Sous le grand porche de l'auberge, la vieille Karalik, accroupie, dit la bonne aventure aux paysans, marchands... etc... La mère Karalik est une vieille gitane méchante... envieuse sorcière... Elle sait lire l'avenir dans les lignes de la main... Les villageois s'approchent. A droite... à gauche... les bateleurs font des tours... Orgues... musiciens... montreurs d'animaux... etc...
Evelyne et le poète suivis par toute la bande des jeunesses joyeuses débouchent en ce moment sur l'esplanade du marché... Leurs rires... leurs gambades font fuir les clients de la vieille Karalik... Son éventaire est renversé... La vieille Karalik maudit leur farandole. Elle jure... elle sacre... elle menace... les jeunes gens ripostent et se moquent d'elle... Et puis on se réconcilie un peu... Les jeunes filles se rapprochent... Le Poète aussi... La vieille ne veut plus lire dans leurs mains... Elle est fâchée... vexée... Disputes encore... La vieille saisit alors la main d'Evelyne... Tous les autres se moquent de la vieille... lui font des grimaces... La vieille jette un sort à Evelyne... au Poète... A ce moment l'orage gronde... la pluie tombe... La foule se disperse... la ronde s'éparpille... Jeunes gens et villageois s'enfuient... rentrent chez eux... la vieille demeure seule sur la grande place du marché... Elle est seule sous l'orage... elle ricane... elle danse les « maléfices »... Elle se moque des jeunes gens... elle mime leurs petites manières... leurs coquetteries... Leurs manèges amoureux... Elle danse en boitant la danse des « sorcières »... La vieillesse méchante... tout autour de la scène... traversée d'éclairs et du vacarme de la foudre...
3ème Tableau :
Le même endroit, encore devant l'auberge... Un autre jour de foire... Foule... Bateleurs, etc... Des grands panneaux décoratifs sont disposés sur les murs de l'auberge... D'autres devins racontent des histoires aux paysans... leur vantent et leur vendent des médicaments... boniments.
Dans les remous de cette foule... Une grande berline (8 chevaux) veut se frayer un chemin... lourdement chargée... La foule veut empêcher la berline de passer... d'avancer... Des grappes de gamins se pendent aux portières... après les bagages... La grande berline penche alors et s’effondre d'un côté... Un essieu vient de se briser... La foule tout heureuse s'amuse de l'accident... (Cet accident survient juste devant l'auberge.) Le cocher de la berline dégringole rapidement de son siège... C'est un petit homme tout brun, tout pétulant, visage bistré sous son grand tricorne, sourcils, moustaches à la Méphisto... (Attention ! en réalité, c'est le Diable lui-même, travesti !) Il va tout de suite trouver le gros hôtelier, surgi sur le seuil de sa porte, attiré par la grande rumeur... Très grands saluts réciproques... Aux portières de la berline... apparaissent vingt têtes charmantes, minois rieurs espiègles... bouclées... vingt jeunes filles en voyage... Figures animées... pétillantes, malicieuses... Elles veulent descendre à tout prix... Le petit cocher ne veut pas... leur défend bien... Quiproquo... La foule prend fait et cause... « Descendez !... Descendez !... » ... La foule se presse... s'agite... On ouvre la berline... « Descendez ! » Sautent gracieusement sur le sol les vingt demoiselles (capelines de voyage, chacune un menu bagage, petite ombrelle... etc...) A peine à terre, elles gloussent... s'échappent furtives... mutines... Le petit cocher Méphisto est débordé... Il jure... Il se démène... Il les rattrape dans la foule... Enfin, il peut rassembler sa troupe... mais la lourde berline ne peut plus rouler... Cassée !...
« Pressons, Mesdemoiselles !... pressons ! »... Ayant enfin réuni, rassemblé à grand peine cette folle escorte, il sermonne ces demoiselles !... Il explique aussi au gros hôtelier qu'il est, lui, le responsable !... Qu'il est le maître ! Qu'on doit lui obéir !... Le « Maître des Ballets du Roi ! » Il doit conduire sa mutine troupe au château voisin, pour les fêtes du mariage du Prince !... Le Corps de Ballet ! Les petites font encore mille espiègleries... Tout heureuses de l'incident... Grand tohu-bohu... un cochon... un veau... traversent la scène... Le maître de Ballet « Méphisto-cocher »... regroupe enfin ses danseuses, les fait toutes ensemble pénétrer sous le porche de l'auberge... avec son fouet... Il referme derrière lui cette lourde porte... « Assez ! assez ! » La foule s'amuse de sa colère et de son comique désarroi... Ah ! Il est malin quand même !... Il sait bien ce qu'il fait le drôle !... Il est rusé !... Il feint la contrariété... La porte fermée, la foule mécontente se disperse... Les épouses entraînent leurs maris... rétifs... Evelyne entraîne son poète... Les jeunes filles sont obligées de tirer un peu sur leurs prétendants... qui soupirent à présent après les danseuses entrevues...
D'ailleurs les hommes ne s'éloignent pas pour longtemps... A peine quelques secondes... Ils reviennent en scène les uns après les autres... (les hommes seulement) essayer de surprendre ce qui se passe à l'intérieur de l'auberge... Ils frappent à la porte... On ne répond plus... Ils essayent d'ouvrir la porte... Ils collent l'oeil au volet... Ils sont tous revenus là... Le poète, le gros magistrat, le notaire, le médecin, le professeur du collège, l'épicier, le maréchal ferrant, le gendarme, le général, tous les notables, les ouvriers, le croque-mort même... On entend une musique de danse... qui vient de l'intérieur de l'auberge... Ils voient par des trous les curieux... Ils miment en cadence en « petits pas » ce qu'ils aperçoivent... Les demoiselles du Ballet sont en train de répéter une figure dans l'intérieur de l'Auberge...
4éme Tableau :
Obscurité d'abord... pendant que les notables évacuent la scène... Le mur antérieur de l'auberge est soulevé... on voit donc à présent la grande salle de l'auberge à l'intérieur... convertie pour la circonstance en studio de danse... Le petit maître de ballet ne veut pas de paresseuses. Il presse ses élèves. Il fait reculer les chaises le long du mur... les tables... Il ordonne qu'elles se mettent toutes en tenue de ballet... Elles se déshabillent... toutes... lentement... Les voici prêtes pour la leçon... Il sort son petit violon de sa poche... Barre... Positions... Entrechats... Ensembles... Badines !... Variations... Il fustige, il mène la danse...
On voit pendant ce temps, par un pan coupé à droite que les gros notables sont revenus pour épier... de l'extérieur... Ils se rincent l'oeil... Ils s'excitent... Scandale des épouses qui essayent de les arracher des persiennes... Ils se trémoussent comiquement les notables, se déhanchent... Ils s'écrabouillent aux fenêtres... Mais l'un d'eux, le gros magistrat d'abord, le premier, entre-bâille une porte dérobée... Il se glisse dans l'intérieur de l'auberge... Le voici dans la pièce, tout ravi !... tout émerveillé !... Les petites font les effarouchées... Le diable les rassure... « Entrez !... Entrez donc... » invite-t-il le magistrat... Il l'installe sur un fauteuil bien commodément près du mur... qu'il ne perde pas un détail de la belle leçon... Par la même porte le médecin se glisse... même accueil... Le gros maréchal ferrant... le maître d'école... le gendarme... le facteur, le notaire, le général... Tous bientôt s'infiltrent un par un... Ils sont installés... sous le charme de la danse et des danseuses... Tous les « représentants » des grands et petits métiers... et les notables hypnotisés par la leçon... Ils miment les gestes, les positions, les arabesques... les variations... Le diable est ravi... Le Poète arrive enfin le dernier... Il est bientôt le plus exalté de tous !... Il en oublie son Evelyne... Il fait une déclaration brûlante à la première danseuse... Il ne veut plus la quitter... Il lui dédie tout de suite un magnifique poème...
LA NAISSANCE D’UNE FÉE
Ballet en plusieurs actes
Epoque : Louis XV.
Lieu : Où l'on voudra.
Décor : Une clairière dans un bois, des rochers, une rivière dans le fond.
Action : Au lever du rideau, les petits esprits de la forêt dansent, sautent, virevoltent... C'est la ronde des lutins, des farfadets, des elfes... Leur chef est un lutin couronné, le Roi des Lutins, agile, preste, toujours aux aguets... Ils jouent... saute-mouton... Avec eux, dans la ronde joyeuse... une biche frêle et timide... leur petite compagne... Et puis un gros compagnon, le gros hibou... Il danse aussi par ci, par là... mais tranquillement, un peu en retrait toujours... Il est le conseiller, le sage de la petite bande... toujours un peu boudeur... Le petit lapin est là aussi... avec son tambour... On entend les cris d'une autre bande joyeuse... Jeunes gens et jeunes filles... qui se rapprochent de la clairière... la première de ces jeunes filles apparaît entre les buissons : Evelyne... Une très belle, très joyeuse, très gaie, très étincelante jeune fille. Elle aperçoit tout juste le dernier des petits lutins... qui s'enfuient à l'approche... effrayés par les humains...
Les lutins disparaissent dans le bois... Evelyne fait signe à ses amis, de la rejoindre vite, dans la clairière... Vite ! Vite !... Elle fait signe qu'elle a vu les lutins danser dans la clairière... Les autres rient... incrédules... Ils sont nombreux, jeunes et beaux... garçons et filles... Ils dansent à leur tour dans la clairière... Jeux... Colin-maillard... Bouderies... Agaceries... L'un des garçons est plus particulièrement pressant... Il fait une cour ardente à Evelyne... C'est le Poète... Il est habillé en « poète »... Habit réséda, maillot collant... Cheveux blonds et bouclés... Rouleaux de poèmes sous son bras... C'est le fiancé d'Evelyne... Danses encore... Toujours danses joyeuses !...
2ème Tableau :
Devant l'auberge du village... Le jour de la Foire... Groupes agités, affairés... bigarrés... Bateleurs, paysans, animaux, etc... Sous le grand porche de l'auberge, la vieille Karalik, accroupie, dit la bonne aventure aux paysans, marchands... etc... La mère Karalik est une vieille gitane méchante... envieuse sorcière... Elle sait lire l'avenir dans les lignes de la main... Les villageois s'approchent. A droite... à gauche... les bateleurs font des tours... Orgues... musiciens... montreurs d'animaux... etc...
Evelyne et le poète suivis par toute la bande des jeunesses joyeuses débouchent en ce moment sur l'esplanade du marché... Leurs rires... leurs gambades font fuir les clients de la vieille Karalik... Son éventaire est renversé... La vieille Karalik maudit leur farandole. Elle jure... elle sacre... elle menace... les jeunes gens ripostent et se moquent d'elle... Et puis on se réconcilie un peu... Les jeunes filles se rapprochent... Le Poète aussi... La vieille ne veut plus lire dans leurs mains... Elle est fâchée... vexée... Disputes encore... La vieille saisit alors la main d'Evelyne... Tous les autres se moquent de la vieille... lui font des grimaces... La vieille jette un sort à Evelyne... au Poète... A ce moment l'orage gronde... la pluie tombe... La foule se disperse... la ronde s'éparpille... Jeunes gens et villageois s'enfuient... rentrent chez eux... la vieille demeure seule sur la grande place du marché... Elle est seule sous l'orage... elle ricane... elle danse les « maléfices »... Elle se moque des jeunes gens... elle mime leurs petites manières... leurs coquetteries... Leurs manèges amoureux... Elle danse en boitant la danse des « sorcières »... La vieillesse méchante... tout autour de la scène... traversée d'éclairs et du vacarme de la foudre...
3ème Tableau :
Le même endroit, encore devant l'auberge... Un autre jour de foire... Foule... Bateleurs, etc... Des grands panneaux décoratifs sont disposés sur les murs de l'auberge... D'autres devins racontent des histoires aux paysans... leur vantent et leur vendent des médicaments... boniments.
Dans les remous de cette foule... Une grande berline (8 chevaux) veut se frayer un chemin... lourdement chargée... La foule veut empêcher la berline de passer... d'avancer... Des grappes de gamins se pendent aux portières... après les bagages... La grande berline penche alors et s’effondre d'un côté... Un essieu vient de se briser... La foule tout heureuse s'amuse de l'accident... (Cet accident survient juste devant l'auberge.) Le cocher de la berline dégringole rapidement de son siège... C'est un petit homme tout brun, tout pétulant, visage bistré sous son grand tricorne, sourcils, moustaches à la Méphisto... (Attention ! en réalité, c'est le Diable lui-même, travesti !) Il va tout de suite trouver le gros hôtelier, surgi sur le seuil de sa porte, attiré par la grande rumeur... Très grands saluts réciproques... Aux portières de la berline... apparaissent vingt têtes charmantes, minois rieurs espiègles... bouclées... vingt jeunes filles en voyage... Figures animées... pétillantes, malicieuses... Elles veulent descendre à tout prix... Le petit cocher ne veut pas... leur défend bien... Quiproquo... La foule prend fait et cause... « Descendez !... Descendez !... » ... La foule se presse... s'agite... On ouvre la berline... « Descendez ! » Sautent gracieusement sur le sol les vingt demoiselles (capelines de voyage, chacune un menu bagage, petite ombrelle... etc...) A peine à terre, elles gloussent... s'échappent furtives... mutines... Le petit cocher Méphisto est débordé... Il jure... Il se démène... Il les rattrape dans la foule... Enfin, il peut rassembler sa troupe... mais la lourde berline ne peut plus rouler... Cassée !...
« Pressons, Mesdemoiselles !... pressons ! »... Ayant enfin réuni, rassemblé à grand peine cette folle escorte, il sermonne ces demoiselles !... Il explique aussi au gros hôtelier qu'il est, lui, le responsable !... Qu'il est le maître ! Qu'on doit lui obéir !... Le « Maître des Ballets du Roi ! » Il doit conduire sa mutine troupe au château voisin, pour les fêtes du mariage du Prince !... Le Corps de Ballet ! Les petites font encore mille espiègleries... Tout heureuses de l'incident... Grand tohu-bohu... un cochon... un veau... traversent la scène... Le maître de Ballet « Méphisto-cocher »... regroupe enfin ses danseuses, les fait toutes ensemble pénétrer sous le porche de l'auberge... avec son fouet... Il referme derrière lui cette lourde porte... « Assez ! assez ! » La foule s'amuse de sa colère et de son comique désarroi... Ah ! Il est malin quand même !... Il sait bien ce qu'il fait le drôle !... Il est rusé !... Il feint la contrariété... La porte fermée, la foule mécontente se disperse... Les épouses entraînent leurs maris... rétifs... Evelyne entraîne son poète... Les jeunes filles sont obligées de tirer un peu sur leurs prétendants... qui soupirent à présent après les danseuses entrevues...
D'ailleurs les hommes ne s'éloignent pas pour longtemps... A peine quelques secondes... Ils reviennent en scène les uns après les autres... (les hommes seulement) essayer de surprendre ce qui se passe à l'intérieur de l'auberge... Ils frappent à la porte... On ne répond plus... Ils essayent d'ouvrir la porte... Ils collent l'oeil au volet... Ils sont tous revenus là... Le poète, le gros magistrat, le notaire, le médecin, le professeur du collège, l'épicier, le maréchal ferrant, le gendarme, le général, tous les notables, les ouvriers, le croque-mort même... On entend une musique de danse... qui vient de l'intérieur de l'auberge... Ils voient par des trous les curieux... Ils miment en cadence en « petits pas » ce qu'ils aperçoivent... Les demoiselles du Ballet sont en train de répéter une figure dans l'intérieur de l'Auberge...
4éme Tableau :
Obscurité d'abord... pendant que les notables évacuent la scène... Le mur antérieur de l'auberge est soulevé... on voit donc à présent la grande salle de l'auberge à l'intérieur... convertie pour la circonstance en studio de danse... Le petit maître de ballet ne veut pas de paresseuses. Il presse ses élèves. Il fait reculer les chaises le long du mur... les tables... Il ordonne qu'elles se mettent toutes en tenue de ballet... Elles se déshabillent... toutes... lentement... Les voici prêtes pour la leçon... Il sort son petit violon de sa poche... Barre... Positions... Entrechats... Ensembles... Badines !... Variations... Il fustige, il mène la danse...
On voit pendant ce temps, par un pan coupé à droite que les gros notables sont revenus pour épier... de l'extérieur... Ils se rincent l'oeil... Ils s'excitent... Scandale des épouses qui essayent de les arracher des persiennes... Ils se trémoussent comiquement les notables, se déhanchent... Ils s'écrabouillent aux fenêtres... Mais l'un d'eux, le gros magistrat d'abord, le premier, entre-bâille une porte dérobée... Il se glisse dans l'intérieur de l'auberge... Le voici dans la pièce, tout ravi !... tout émerveillé !... Les petites font les effarouchées... Le diable les rassure... « Entrez !... Entrez donc... » invite-t-il le magistrat... Il l'installe sur un fauteuil bien commodément près du mur... qu'il ne perde pas un détail de la belle leçon... Par la même porte le médecin se glisse... même accueil... Le gros maréchal ferrant... le maître d'école... le gendarme... le facteur, le notaire, le général... Tous bientôt s'infiltrent un par un... Ils sont installés... sous le charme de la danse et des danseuses... Tous les « représentants » des grands et petits métiers... et les notables hypnotisés par la leçon... Ils miment les gestes, les positions, les arabesques... les variations... Le diable est ravi... Le Poète arrive enfin le dernier... Il est bientôt le plus exalté de tous !... Il en oublie son Evelyne... Il fait une déclaration brûlante à la première danseuse... Il ne veut plus la quitter... Il lui dédie tout de suite un magnifique poème...
il y a 2 ans
5ème Tableau :
A nouveau devant l'auberge... Le carrosse est à présent réparé... On l'amène devant la porte... Tout est prêt pour le départ... Le gros hôtelier salue le diable-cocher-maître de ballet. Celui-ci précède sa fraîche pépiante troupe... On amène les bagages... La foule se reforme autour de la lourde berline... On vient voir ce départ !... Les danseuses en voiture !... Mais les notables... juge, poète, médecin etc... ne peuvent se résoudre à quitter les danseuses... Ils sont tous ensorcelés... ni plus ni moins !... Leurs épouses pourtant mènent gros vacarme... Ils prennent aussi d'assaut la voiture... Le scandale est à son comble ! On n'a jamais vu chose pareille ! Tous les époux, d'un coup ! oublier tous leurs devoirs !... La honte !... Elles essayent de retenir leurs maris... Mais en vain... Elles s'accrochent après les bagages ! aux portières ! aux courroies !... n'importe où !... Les époux grimpent sur le toit de la berline... escaladent... la lourde voiture... On démarre... Le Poète s'arrache aux bras d'Evelyne... Il court après la voiture... après l'« Etoile »...
La voiture déjà loin... grande colère, grand dépit des épouses... Haines !... vengeances !... poings crispés... anathèmes !... Karalik la vieille sorcière mène, attise la furie... Et puis toutes les épouses évacuent la scène... Reste seule Evelyne en scène dans la pénombre... Elle s'éloigne à son tour toute triste... Elle est accablée... chagrine. Elle ne maudit personne... elle va se suicider... elle n'en peut plus !
6ème Tableau :
Dans la clairière comme au premier tableau... Evelyne entre seule, de plus en plus douloureuse et désespérée... Elle traverse doucement... vers la rivière. Elle pense à la Mort... Entrent les Anges de la Mort... en voiles noirs... Danse de la Mort... Les anges entourent... bercent Evelyne... Elle essaye de danser... Elle ne peut plus... Elle défaille... Lents mouvements de regret et d'abandon... au bord de l'eau...
La Mort entre aussi... elle-même danse... elle fascine Evelyne, l'oblige à danser...
A ce moment, un homme, un chasseur traverse toute la scène... Il cherche... il fouille les taillis... Les Anges de la Mort s'enfuient à son approche... Evelyne reste seule sur un rocher, accablée... Le chasseur repasse encore... plusieurs chasseurs... Puis une biche traverse vivement... La biche amie... compagne des petits esprits de la forêt... Elle est poursuivie par les chasseurs... Elle repasse... elle est touchée... une flèche au flanc... du sang... elle s'écroule juste aux pieds d'Evelyne... Evelyne se penche sur la biche... l'emporte... la cache derrière le rocher, sur un lit de mousse...
Le chasseur revient sur ses pas... demande à Evelyne si elle n'a rien vu ?... une biche blessée ?... Non !... Elle n'a rien vu... Les chasseurs s'éloignent... Evelyne trempe son voile dans l'eau fraîche... panse la blessure de la biche...
Les petits esprits de la forêt surgissent du bois... fêtent, embrassent Evelyne qui vient de sauver leur petite amie la biche... Reconnaissance... Mais Evelyne n'est pas en train du tout de se réjouir... Elle leur fait part de son désespoir... L'abandon du Poète... Elle ne peut plus vivre... elle ne veut plus vivre... La funeste résolution !... sauter dans la rivière... Les petits esprits protestent... se récrient... s'insurgent... Elle ? Mourir ?... Ah non !... Elle doit demeurer avec ses petits amis... Pourquoi tant de chagrin ?... Elle explique... que le poète a suivi la merveilleuse danseuse... séduit... désormais... sans défense... Evelyne n'a pas su le retenir... Comment rivaliser ? C'en est trop !... « Qu'à cela ne tienne ! Danser ?... s'esclaffent les petits esprits... Danser ?... Mais nous allons t'apprendre ! Nous !... Et tu danseras mieux qu'aucune autre danseuse sur terre !... Tiens !... Veux-tu que nous te montrions ?... Veux-tu apprendre les grands secrets de la Danse ?... » Le petit roi des esprits appelle, invoque, commande les esprits de la Danse... D'abord la « Feuille au Vent »... Danse de la Feuille au Vent... Evelyne chaque fois danse avec l'esprit invoqué... de mieux en mieux... Le « Tourbillon des Feuilles »... « L'Automne »... le « Feu follet »... « Zéphyr » lui-même... les « Buées ondoyantes »... la « Brise matinale »... la « Lumière des sous-bois »... etc... Evelyne danse de mieux en mieux !...
Enfin l'un des esprits fait cadeau à Evelyne d'un « Roseau d'Or » qu'il va cueillir sur la berge... le roseau magique !... Evelyne fixe à son corsage le joli roseau d'or... Elle danse à présent divinement... C'est exact... Tous les petits esprits de la forêt accourent pour l'admirer... Ah ! elle peut retourner vers la vie !... Elle n'a plus à craindre de rivale... Adieux reconnaissants, grande émotion, touchantes effusions... Evelyne quitte ses petits amis pour rejoindre son fiancé volage... Elle quitte la clairière sur les « pointes »... Les petits amis de loin lui envoient mille baisers et tous leurs voeux de bonheur !...
7èmè Tableau :
Encore une fois devant l'auberge...
Evelyne est tout de même un peu désemparée avec son « roseau d'or »... Comment retrouver son fiancé ?... Elle ne connaît pas le chemin... Où peut-il être ?... Elle questionne... elle cherche... Personne ne sait... Puisqu'il s'agit d'une affaire diabolique, elle va s'informer auprès de Karalik, la vieille sorcière, si venimeuse, si méchante... Elle doit savoir elle !... Confiante, Evelyne lui explique... ce qui lui est arrivé... Mais qu'elle danse à présent à merveille... « Vraiment ?... vraiment ?... fais-moi voir !... » Evelyne danse quelques pas... C'est exact !... Karalik est étonnée... Elle ameute aussitôt tous les tziganes de sa tribu... Les femmes et les paysans aussi... Ils entourent Evelyne... qu'elle danse ! qu'on l'admire !... Evelyne danse... Le charme est infiniment puissant... Irrésistible ! Immédiat !... Les hommes sont tous aussitôt séduits... Les tziganes surtout... L'un d'eux se détache du groupe... Il vient danser avec Evelyne... L'effleure... Il est envoûté... La vieille Karalik, dans la foule pendant ce temps attise la jalousie des femmes... « Tu vois !... Tu vois !... Elle possède le « charme » à présent... Le grand secret de la danse !... Elle va te prendre ton homme !... Défends-toi gitane !... » Elle force un poignard dans la main d'une des épouses, la femme du tzigane qui danse avec Evelyne à ce moment... Evelyne ne prend garde... Elle est poignardée en plein dos... Evelyne s'écroule... la foule se disperse... Horrible ! Le corps d'Evelyne reste en scène... Morte ! Un pinceau de lumière sur le cadavre... La scène toute noire... Un petit moment s'écoule ainsi... en musique douce... Et puis tout doucement... l'on voit surgir de l'ombre... un... deux... trois petits esprits de la forêt... Trois... quatre... la biche... la gazelle... les elfes... le feu-follet... le gros hibou... Conciliabule alarmé... désolé... pathétique des petits esprits de la forêt... Ils arrachent le grand couteau de la plaie... Ils essayent de ranimer la pauvre Evelyne... Rien à faire !...
Le petit Roi des elfes est plus désespéré que tous les autres petits « esprits » encore... Il discute avec le gros hibou... lui le sage de la tribu... Elle est bien morte Evelyne... C'est la faute du « roseau d'or »... Elle dansait trop bien pour une vivante... trop bien... posséder un tel charme vous fait trop haïr des vivants !... Faire naître trop de jalousie vous fait tuer très certainement !... Comment faire ?... Le gros hibou a une idée...
Dans la Légende il est écrit... (dans la Légende de la Forêt) que si l'on répand trois gouttes de Clair de Lune sur le front d'une vierge morte amoureuse, celle-ci peut ressusciter à l'état de fée...
Les gouttes de Lune sont les gouttes de rosée nocturne qui se trouvent au rebord de certaines orties... et qui ont subi le rayonnement de certaines phases de la Lune... Hibou connaît dans la forêt certaine araignée « croisade » qui collectionne dans sa toile certaines gouttes de ce cru de Lune rarissime...
Il part à la recherche de l'araignée... Danse d'espoir des petits esprits de la forêt autour du cadavre... Hibou revient avec l'araignée qui presse dans les plis de son ventre une minuscule fiole pleine de « Gouttes de Lune »... Elle verse trois gouttes sur le front d'Evelyne qui reprend tout doucement connaissance... Joie des petits esprits...
« Où suis-je ?... Qui suis-je ? » demande Evelyne.
« Tu es notre petite fée Evelyne !...»
« Mais je suis bien vivante ?... »
« Non... tu ne peux plus retourner parmi les vivants... Tu restes avec nous désormais... Tu es devenue Fée... »
« Oh ! Comme je suis légère !... Légère comme un souffle !... Comme je danse à présent ! Encore mieux !... »
Danse avec les petits esprits... et l'Araignée aussi... Mais le chagrin étreint malgré tout Evelyne... Elle n'a pas oublié tout à fait son poète... l'infidèle...
Ses petits amis sont bien navrés... la voyant encore un peu triste... Elle voudrait revoir son poète... Le délivrer des remords qui doivent à présent l'accabler... Le sauver de l'emprise de ces démones et du Diable... lui donner enfin cette dernière preuve d'affection... « Soit !... Bien !... Nous irons le voir tous ensemble ton poète... Tu te rendras compte par toi même... » lui répondent les petits esprits... « Emmenons la méchante Karalik aussi... Elle connaît tous les chemins du vice... tous les itinéraires du diable... Elle peut nous être utile ».
Ils partent à la queue leu-leu... Ribambelle des petits esprits, Evelyne et Karalik, à travers les taillis, plaines et buissons... à la recherche du château du diable... Ils passent devant le grand rideau... dansant à la file indienne... Craintes, espiègleries... effrois... etc...
A nouveau devant l'auberge... Le carrosse est à présent réparé... On l'amène devant la porte... Tout est prêt pour le départ... Le gros hôtelier salue le diable-cocher-maître de ballet. Celui-ci précède sa fraîche pépiante troupe... On amène les bagages... La foule se reforme autour de la lourde berline... On vient voir ce départ !... Les danseuses en voiture !... Mais les notables... juge, poète, médecin etc... ne peuvent se résoudre à quitter les danseuses... Ils sont tous ensorcelés... ni plus ni moins !... Leurs épouses pourtant mènent gros vacarme... Ils prennent aussi d'assaut la voiture... Le scandale est à son comble ! On n'a jamais vu chose pareille ! Tous les époux, d'un coup ! oublier tous leurs devoirs !... La honte !... Elles essayent de retenir leurs maris... Mais en vain... Elles s'accrochent après les bagages ! aux portières ! aux courroies !... n'importe où !... Les époux grimpent sur le toit de la berline... escaladent... la lourde voiture... On démarre... Le Poète s'arrache aux bras d'Evelyne... Il court après la voiture... après l'« Etoile »...
La voiture déjà loin... grande colère, grand dépit des épouses... Haines !... vengeances !... poings crispés... anathèmes !... Karalik la vieille sorcière mène, attise la furie... Et puis toutes les épouses évacuent la scène... Reste seule Evelyne en scène dans la pénombre... Elle s'éloigne à son tour toute triste... Elle est accablée... chagrine. Elle ne maudit personne... elle va se suicider... elle n'en peut plus !
6ème Tableau :
Dans la clairière comme au premier tableau... Evelyne entre seule, de plus en plus douloureuse et désespérée... Elle traverse doucement... vers la rivière. Elle pense à la Mort... Entrent les Anges de la Mort... en voiles noirs... Danse de la Mort... Les anges entourent... bercent Evelyne... Elle essaye de danser... Elle ne peut plus... Elle défaille... Lents mouvements de regret et d'abandon... au bord de l'eau...
La Mort entre aussi... elle-même danse... elle fascine Evelyne, l'oblige à danser...
A ce moment, un homme, un chasseur traverse toute la scène... Il cherche... il fouille les taillis... Les Anges de la Mort s'enfuient à son approche... Evelyne reste seule sur un rocher, accablée... Le chasseur repasse encore... plusieurs chasseurs... Puis une biche traverse vivement... La biche amie... compagne des petits esprits de la forêt... Elle est poursuivie par les chasseurs... Elle repasse... elle est touchée... une flèche au flanc... du sang... elle s'écroule juste aux pieds d'Evelyne... Evelyne se penche sur la biche... l'emporte... la cache derrière le rocher, sur un lit de mousse...
Le chasseur revient sur ses pas... demande à Evelyne si elle n'a rien vu ?... une biche blessée ?... Non !... Elle n'a rien vu... Les chasseurs s'éloignent... Evelyne trempe son voile dans l'eau fraîche... panse la blessure de la biche...
Les petits esprits de la forêt surgissent du bois... fêtent, embrassent Evelyne qui vient de sauver leur petite amie la biche... Reconnaissance... Mais Evelyne n'est pas en train du tout de se réjouir... Elle leur fait part de son désespoir... L'abandon du Poète... Elle ne peut plus vivre... elle ne veut plus vivre... La funeste résolution !... sauter dans la rivière... Les petits esprits protestent... se récrient... s'insurgent... Elle ? Mourir ?... Ah non !... Elle doit demeurer avec ses petits amis... Pourquoi tant de chagrin ?... Elle explique... que le poète a suivi la merveilleuse danseuse... séduit... désormais... sans défense... Evelyne n'a pas su le retenir... Comment rivaliser ? C'en est trop !... « Qu'à cela ne tienne ! Danser ?... s'esclaffent les petits esprits... Danser ?... Mais nous allons t'apprendre ! Nous !... Et tu danseras mieux qu'aucune autre danseuse sur terre !... Tiens !... Veux-tu que nous te montrions ?... Veux-tu apprendre les grands secrets de la Danse ?... » Le petit roi des esprits appelle, invoque, commande les esprits de la Danse... D'abord la « Feuille au Vent »... Danse de la Feuille au Vent... Evelyne chaque fois danse avec l'esprit invoqué... de mieux en mieux... Le « Tourbillon des Feuilles »... « L'Automne »... le « Feu follet »... « Zéphyr » lui-même... les « Buées ondoyantes »... la « Brise matinale »... la « Lumière des sous-bois »... etc... Evelyne danse de mieux en mieux !...
Enfin l'un des esprits fait cadeau à Evelyne d'un « Roseau d'Or » qu'il va cueillir sur la berge... le roseau magique !... Evelyne fixe à son corsage le joli roseau d'or... Elle danse à présent divinement... C'est exact... Tous les petits esprits de la forêt accourent pour l'admirer... Ah ! elle peut retourner vers la vie !... Elle n'a plus à craindre de rivale... Adieux reconnaissants, grande émotion, touchantes effusions... Evelyne quitte ses petits amis pour rejoindre son fiancé volage... Elle quitte la clairière sur les « pointes »... Les petits amis de loin lui envoient mille baisers et tous leurs voeux de bonheur !...
7èmè Tableau :
Encore une fois devant l'auberge...
Evelyne est tout de même un peu désemparée avec son « roseau d'or »... Comment retrouver son fiancé ?... Elle ne connaît pas le chemin... Où peut-il être ?... Elle questionne... elle cherche... Personne ne sait... Puisqu'il s'agit d'une affaire diabolique, elle va s'informer auprès de Karalik, la vieille sorcière, si venimeuse, si méchante... Elle doit savoir elle !... Confiante, Evelyne lui explique... ce qui lui est arrivé... Mais qu'elle danse à présent à merveille... « Vraiment ?... vraiment ?... fais-moi voir !... » Evelyne danse quelques pas... C'est exact !... Karalik est étonnée... Elle ameute aussitôt tous les tziganes de sa tribu... Les femmes et les paysans aussi... Ils entourent Evelyne... qu'elle danse ! qu'on l'admire !... Evelyne danse... Le charme est infiniment puissant... Irrésistible ! Immédiat !... Les hommes sont tous aussitôt séduits... Les tziganes surtout... L'un d'eux se détache du groupe... Il vient danser avec Evelyne... L'effleure... Il est envoûté... La vieille Karalik, dans la foule pendant ce temps attise la jalousie des femmes... « Tu vois !... Tu vois !... Elle possède le « charme » à présent... Le grand secret de la danse !... Elle va te prendre ton homme !... Défends-toi gitane !... » Elle force un poignard dans la main d'une des épouses, la femme du tzigane qui danse avec Evelyne à ce moment... Evelyne ne prend garde... Elle est poignardée en plein dos... Evelyne s'écroule... la foule se disperse... Horrible ! Le corps d'Evelyne reste en scène... Morte ! Un pinceau de lumière sur le cadavre... La scène toute noire... Un petit moment s'écoule ainsi... en musique douce... Et puis tout doucement... l'on voit surgir de l'ombre... un... deux... trois petits esprits de la forêt... Trois... quatre... la biche... la gazelle... les elfes... le feu-follet... le gros hibou... Conciliabule alarmé... désolé... pathétique des petits esprits de la forêt... Ils arrachent le grand couteau de la plaie... Ils essayent de ranimer la pauvre Evelyne... Rien à faire !...
Le petit Roi des elfes est plus désespéré que tous les autres petits « esprits » encore... Il discute avec le gros hibou... lui le sage de la tribu... Elle est bien morte Evelyne... C'est la faute du « roseau d'or »... Elle dansait trop bien pour une vivante... trop bien... posséder un tel charme vous fait trop haïr des vivants !... Faire naître trop de jalousie vous fait tuer très certainement !... Comment faire ?... Le gros hibou a une idée...
Dans la Légende il est écrit... (dans la Légende de la Forêt) que si l'on répand trois gouttes de Clair de Lune sur le front d'une vierge morte amoureuse, celle-ci peut ressusciter à l'état de fée...
Les gouttes de Lune sont les gouttes de rosée nocturne qui se trouvent au rebord de certaines orties... et qui ont subi le rayonnement de certaines phases de la Lune... Hibou connaît dans la forêt certaine araignée « croisade » qui collectionne dans sa toile certaines gouttes de ce cru de Lune rarissime...
Il part à la recherche de l'araignée... Danse d'espoir des petits esprits de la forêt autour du cadavre... Hibou revient avec l'araignée qui presse dans les plis de son ventre une minuscule fiole pleine de « Gouttes de Lune »... Elle verse trois gouttes sur le front d'Evelyne qui reprend tout doucement connaissance... Joie des petits esprits...
« Où suis-je ?... Qui suis-je ? » demande Evelyne.
« Tu es notre petite fée Evelyne !...»
« Mais je suis bien vivante ?... »
« Non... tu ne peux plus retourner parmi les vivants... Tu restes avec nous désormais... Tu es devenue Fée... »
« Oh ! Comme je suis légère !... Légère comme un souffle !... Comme je danse à présent ! Encore mieux !... »
Danse avec les petits esprits... et l'Araignée aussi... Mais le chagrin étreint malgré tout Evelyne... Elle n'a pas oublié tout à fait son poète... l'infidèle...
Ses petits amis sont bien navrés... la voyant encore un peu triste... Elle voudrait revoir son poète... Le délivrer des remords qui doivent à présent l'accabler... Le sauver de l'emprise de ces démones et du Diable... lui donner enfin cette dernière preuve d'affection... « Soit !... Bien !... Nous irons le voir tous ensemble ton poète... Tu te rendras compte par toi même... » lui répondent les petits esprits... « Emmenons la méchante Karalik aussi... Elle connaît tous les chemins du vice... tous les itinéraires du diable... Elle peut nous être utile ».
Ils partent à la queue leu-leu... Ribambelle des petits esprits, Evelyne et Karalik, à travers les taillis, plaines et buissons... à la recherche du château du diable... Ils passent devant le grand rideau... dansant à la file indienne... Craintes, espiègleries... effrois... etc...
il y a 2 ans
8ème Tableau :
L'intérieur du Château du Diable...
Beaucoup d'or... des flammes... des couleurs très vives... le petit diable-cocher-maître de ballet, est alors là, chez lui, habillé « nature » en démon véritable... Il préside une table fabuleusement servie... Fraises énormes... poires formidables... poulets comme des boeufs... Tous les notables du village sont attablés... Le juge, le notaire, le général, le médecin... L'épicier aussi, le professeur. Entre chacun de ces damnés une danseuse... C'est-à-dire à présent une véritable démone... L'orgie bat son plein !...Tout en haut des marches un énorme Lucifer, lui-même tout en or... mange seul, des âmes toutes crues... à sa table, avec un couvert tout en or... Les âmes ont la forme de coeurs... Il les déchire à pleines dents... Il avale des bijoux aussi... Il sucre les coeurs avec des poudres de diamants... Il boit des larmes... etc... Le Poète est enchaîné à une petite table... Il déjeune aussi... mais il est enchaîné... La démone « première danseuse »... danse devant lui... pour lui... l'ensorcelle. Mais il ne peut jamais la toucher... l'atteindre... Il essaye... Il est au désespoir... Lucifer, en haut, se réjouit énormément de tout ce spectacle infâme... Il en veut toujours davantage... Qu'on se divertisse... Il commande au petit maître de ballet de faire danser tous ces damnés... au fouet. Tous dansent alors comme ils peuvent... chacun dans son genre... Le Juge avec ses condamnés... Le Juge bien rubicond, les condamnés bien maigres, avec leurs boulets et leurs chaînes... leurs femmes qui portent des rançons... Le vieil Avare danse avec les huissiers, avec les emprunteurs ruinés... Le Général avec les soldats morts à la guerre, hâves, avec les squelettes et les mutilés de la guerre, tout sanglants... Le Professeur avec ses élèves morveux, ses garnements... les doigts dans le nez... les oreilles d'ânes... Le gros Souteneur avec ses putains et les vicieuses et les fillettes... L'Epicier avec ses clients volés... ses faux poids... ses fausses balances... Le Notaire avec les veuves ruinées... ses clients escroqués... Le Curé avec les bonnes soeurs volages et les petits clercs pédérastes... etc...
A ce moment, Karalik entr'ouvre la porte... elle entre... derrière elle, Evelyne et les petits esprits de la forêt... Surprise des démons... Lucifer n'est pas content... Il gronde... Il tonne... Eclairs... Il exige que ces intrus s'expliquent... Evelyne fait mine de vouloir délivrer le poète enchaîné... « Non ! Non ! Non !... défend Lucifer... qu'Evelyne danse !... » Les démones sont jalouses... Karalik montre à Lucifer qu'Evelyne possède le sortilège des Danses... Le roseau d'or !... Un démon va le lui arracher...
Alors Evelyne fait un geste... un seul... Signe magique !... et tout le château s'écroule !... et toute cette diablerie est dispersée... par un formidable ouragan... Nuit profonde...
Nous nous retrouvons dans la clairière comme au début... Evelyne a délivré le Poète... ses chaînes sont brisées... elles sont aux pieds d'Evelyne... Il implore son pardon... Evelyne pardonne. Il la supplie de ne plus jamais le quitter... qu'elle ne s'éloigne plus jamais... Mais elle ne peut plus demeurer avec lui... Elle est fée à présent... Elle appartient à ses petits amis de la forêt... Elle n'est plus humaine... Il l'embrasse... Il veut l'émouvoir... Mais elle demeure insensible... froide aux approches charnelles... Elle n'est plus que songe... esprit... désir... Elle est devenue fée... Le Poète est déçu... mais toujours amoureux... Pour toujours amoureux... davantage... toujours davantage... de son Evelyne devenue fée... Evelyne s'éloigne tout doucement, entraînée par ses petits amis... Elle disparaît... se dissipe... mousselines... de plus en plus épaisses vers le fond de la scène... devient de plus en plus irréelle... spirituelle... diaphane... Elle disparaît... reprise par le flou du décor... mousselines... Le Poète est seul à présent... La vieille Karalik muée en crapaud ! saute, gigote, accompagnera désormais toujours le gracieux essaim des esprits moqueurs de la forêt...
Le Poète sur son rocher... au bord de l'eau... désolé... déroule son grand manuscrit... Il va chanter... il chantera toujours ses amours idéales, poétiques... impossibles... Toujours... toujours... Rideau.
L'intérieur du Château du Diable...
Beaucoup d'or... des flammes... des couleurs très vives... le petit diable-cocher-maître de ballet, est alors là, chez lui, habillé « nature » en démon véritable... Il préside une table fabuleusement servie... Fraises énormes... poires formidables... poulets comme des boeufs... Tous les notables du village sont attablés... Le juge, le notaire, le général, le médecin... L'épicier aussi, le professeur. Entre chacun de ces damnés une danseuse... C'est-à-dire à présent une véritable démone... L'orgie bat son plein !...Tout en haut des marches un énorme Lucifer, lui-même tout en or... mange seul, des âmes toutes crues... à sa table, avec un couvert tout en or... Les âmes ont la forme de coeurs... Il les déchire à pleines dents... Il avale des bijoux aussi... Il sucre les coeurs avec des poudres de diamants... Il boit des larmes... etc... Le Poète est enchaîné à une petite table... Il déjeune aussi... mais il est enchaîné... La démone « première danseuse »... danse devant lui... pour lui... l'ensorcelle. Mais il ne peut jamais la toucher... l'atteindre... Il essaye... Il est au désespoir... Lucifer, en haut, se réjouit énormément de tout ce spectacle infâme... Il en veut toujours davantage... Qu'on se divertisse... Il commande au petit maître de ballet de faire danser tous ces damnés... au fouet. Tous dansent alors comme ils peuvent... chacun dans son genre... Le Juge avec ses condamnés... Le Juge bien rubicond, les condamnés bien maigres, avec leurs boulets et leurs chaînes... leurs femmes qui portent des rançons... Le vieil Avare danse avec les huissiers, avec les emprunteurs ruinés... Le Général avec les soldats morts à la guerre, hâves, avec les squelettes et les mutilés de la guerre, tout sanglants... Le Professeur avec ses élèves morveux, ses garnements... les doigts dans le nez... les oreilles d'ânes... Le gros Souteneur avec ses putains et les vicieuses et les fillettes... L'Epicier avec ses clients volés... ses faux poids... ses fausses balances... Le Notaire avec les veuves ruinées... ses clients escroqués... Le Curé avec les bonnes soeurs volages et les petits clercs pédérastes... etc...
A ce moment, Karalik entr'ouvre la porte... elle entre... derrière elle, Evelyne et les petits esprits de la forêt... Surprise des démons... Lucifer n'est pas content... Il gronde... Il tonne... Eclairs... Il exige que ces intrus s'expliquent... Evelyne fait mine de vouloir délivrer le poète enchaîné... « Non ! Non ! Non !... défend Lucifer... qu'Evelyne danse !... » Les démones sont jalouses... Karalik montre à Lucifer qu'Evelyne possède le sortilège des Danses... Le roseau d'or !... Un démon va le lui arracher...
Alors Evelyne fait un geste... un seul... Signe magique !... et tout le château s'écroule !... et toute cette diablerie est dispersée... par un formidable ouragan... Nuit profonde...
Nous nous retrouvons dans la clairière comme au début... Evelyne a délivré le Poète... ses chaînes sont brisées... elles sont aux pieds d'Evelyne... Il implore son pardon... Evelyne pardonne. Il la supplie de ne plus jamais le quitter... qu'elle ne s'éloigne plus jamais... Mais elle ne peut plus demeurer avec lui... Elle est fée à présent... Elle appartient à ses petits amis de la forêt... Elle n'est plus humaine... Il l'embrasse... Il veut l'émouvoir... Mais elle demeure insensible... froide aux approches charnelles... Elle n'est plus que songe... esprit... désir... Elle est devenue fée... Le Poète est déçu... mais toujours amoureux... Pour toujours amoureux... davantage... toujours davantage... de son Evelyne devenue fée... Evelyne s'éloigne tout doucement, entraînée par ses petits amis... Elle disparaît... se dissipe... mousselines... de plus en plus épaisses vers le fond de la scène... devient de plus en plus irréelle... spirituelle... diaphane... Elle disparaît... reprise par le flou du décor... mousselines... Le Poète est seul à présent... La vieille Karalik muée en crapaud ! saute, gigote, accompagnera désormais toujours le gracieux essaim des esprits moqueurs de la forêt...
Le Poète sur son rocher... au bord de l'eau... désolé... déroule son grand manuscrit... Il va chanter... il chantera toujours ses amours idéales, poétiques... impossibles... Toujours... toujours... Rideau.
il y a 2 ans
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