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En 1947, je ne dis pas.... C'était un vrai été, comme à l'époque. Je me levais à 2h30 du matin pour avoir du frais et pour profiter des seuls 38 degrés de la journée.
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L’eau du robinet était un peu chaude et on en profitait pour se laver et pour faire cuire les œufs dedans. Ensuite, je partais chasser les sauterelles grillées par la chaleur dans le champ derrière la maison, pour le petit déjeuner.
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Après ça, j'allais à l’école, à quatre pattes, parce qu’au ras du sol il faisait un peu plus frais, seulement 45 degrés. Même sous la canicule on déblayait le bitume fondu pour avancer. C'était comme ça, on avait pas le choix... On avait les roubignolles qui collaient au goudron bouillant mais on se plaignait pas. On n'en est pas morts. Enfin… sauf Gégé, qui s'était allongé et qu'on n'a pas pu décoller.
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L’école était à 12 kilomètres en plein soleil, en montée à l’aller comme au retour. On habitait dans un creux, c’était comme ça.
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Les gourdes, c’était pour les riches : une pour 16 enfants. On buvait à tour de rôle toutes les 16 heures.
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À l’école, on était en uniforme de laine, noire, ça maintenait le corps à la bonne température. On faisait seulement 12 heures de cours, à côté d'un poêle à charbon, parce qu'il faisait juste 48 degrés, pour s'endurcir. Pour s'amuser un peu, on s'engluait dans le bitume fondu pendant la récré et on devait attendre les pompiers pour sortir de là.
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Après on enchaînait avec 18 heures dans les champs à ramasser le blé grillé. On travaillait à la sueur — la nôtre et celle du contremaître qui nous dégoulinait dessus pour nous rafraîchir.
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Pour manger, c’était du sable coupé à l’eau tiède. Et les jours de fête, soupe de cailloux… mais les cailloux étaient déjà chauds, ça faisait gagner du temps. On appelait ça le bouillon gras.
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C’était la belle époque. Bon, parfois on s’évanouissait un peu dans les sillons mais on ne se plaignait pas. Se plaindre, c’était pour les bourgeois.
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Ma grand-mère, elle, creusait des puits le jour et rebouchait les fissures dans les murs la nuit. Et le week-end, pour se reposer, elle ventilait les vaches avec un éventail en carton. Quand elle a senti que ses forces déclinaient elle s’est rendu dans la forêt avec la dignité d’un vieil éléphant arrivé au crépuscule de sa vie, elle a abattu un grand chêne à la hache et s’est taillé un cercueil dedans. Puis elle l’a trainé toute seule sur 20 kilomètres à la force de ses bras pour le ramener à la maison après quoi elle est morte sur le coup.
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Les parents sont morts heureux, au travail, à 28 ans, desséchés comme des figues.
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Ils n’ont jamais demandé de climatisation, pas comme aujourd’hui.
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On était heureux.
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Sinon, moi quand j'ai passé le bac, le linoléum a commencé à fondre ainsi que les armatures en fer des chaises. Mais j'ai pas baissé les bras et je me suis mis en poirier sur l'assise en bois et j'ai rédigé à l'envers de la table en bois.
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Alors tous les jeunes ne sont pas des fainéants mais y en a quand même beaucoup plus qu'à l'époque.
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Les jeunes sont fragiles de nos jours. À MÉDITER !!!
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il y a 11 heures
Gérard qui a connu les canicules à 30.5 degrés, le livret A à 8%, les pavillons à 35.000e, le cerveau complètement atrophié par une vie de plaisirs
:Frieren_lunettes:
il y a 11 heures