L'Eglise Catholique a longtemps été le sommet de la connaissance humaine, rassemblant les plus grands moines érudits de la planète. A cette époque, la connaissance est quelque chose de secret, comme si l'élite intellectuelle redoutait le partage de la connaissance.
J'ai longtemps pensé que l'Eglise protégeait ainsi son emprise sur l'esprit du peuple pour continuer de l'asservir, l'Etat l'asservissant doublement par la contrainte. Ainsi attachés et ignorants, les peuples ne risquaient pas de bouleverser l'ordre établi.
Mais si c'était plus profond que ça, et que la connaissance donnait à ses érudits un vertige, une sourde angoisse innommable ? N'avaient-ils pas déjà vaguement l'idée que la création d'une intelligence supérieure serait l'inévitable fin du progrès technique ? En voulant sauver les dogmes par la censure du progrès, n'y avait-il pas une indescriptible intuition relevant presque de l'instinct de survie ?