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11:30. Ouverture du "Krousty Fast-Food". Karim arrive sur place avec son uniforme réglementaire : un débardeur taché et, surtout, ses gants noirs en vinyle. C’est sa signature, son armure de chevalier du graillon. Karim ne retire jamais ses gants. Il est persuadé que ça fait "pro", "hygiénique", voire "gastronomie urbaine". En réalité, ses mains sont protégées du monde extérieur, mais le monde extérieur, lui, subit le passage des gants qui n'ont pas vu un point d'eau depuis le passage à l'euro.
14:15. Le rush est passé. Karim se gratte vigoureusement le nez avec l’index noir luisant de graisse de friture, puis enchaîne sans transition sur le malaxage de la pâte à pizza. Un client commande un "Tacos O’Calme". Karim ramasse une poignée de frites tombées par terre — entre un vieux ticket de caisse et une flaque de sauce algérienne douteuse — et les jette dans le sachet. "C’est croustillant, c’est le concept, khey", marmonne-t-il en ajustant son élastique de caleçon avec le pouce, toujours ganté.
16:00. Pause technique. Karim se rend aux gogues. Le rituel est immuable : il ne retire rien. Il ressort cinq minutes plus tard, les gants noirs légèrement plus humides, l'air satisfait. Il ne se lave pas les mains (à quoi bon, le vinyle est imperméable, non ?) et retourne garnir un kebab supplément oignons. L'odeur dans le restaurant est un mélange subtil de friture rance, de canalisation bouchée et de désespoir social.
18:30. Le destin frappe à la porte vitrée, mais ce n’est pas un client affamé. Ce sont trois inspecteurs de la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP). Karim les accueille avec son plus beau sourire et un geste de la main gantée. L'inspecteur principal manque de s'évanouir en voyant une colonie de cafards faire un marathon derrière la plancha.
21:00. Le verdict tombe, plus sec qu'une escalope oubliée dans la friteuse : fermeture administrative immédiate. Karim regarde les scellés posés sur sa porte. Il soupire, se frotte les yeux avec ses gants noirs (les mêmes qui ont nettoyé le derrière du restaurant deux heures plus tôt) et s'en va vers son destin, les mains toujours protégées, l'honneur un peu moins.

14:15. Le rush est passé. Karim se gratte vigoureusement le nez avec l’index noir luisant de graisse de friture, puis enchaîne sans transition sur le malaxage de la pâte à pizza. Un client commande un "Tacos O’Calme". Karim ramasse une poignée de frites tombées par terre — entre un vieux ticket de caisse et une flaque de sauce algérienne douteuse — et les jette dans le sachet. "C’est croustillant, c’est le concept, khey", marmonne-t-il en ajustant son élastique de caleçon avec le pouce, toujours ganté.
16:00. Pause technique. Karim se rend aux gogues. Le rituel est immuable : il ne retire rien. Il ressort cinq minutes plus tard, les gants noirs légèrement plus humides, l'air satisfait. Il ne se lave pas les mains (à quoi bon, le vinyle est imperméable, non ?) et retourne garnir un kebab supplément oignons. L'odeur dans le restaurant est un mélange subtil de friture rance, de canalisation bouchée et de désespoir social.
18:30. Le destin frappe à la porte vitrée, mais ce n’est pas un client affamé. Ce sont trois inspecteurs de la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP). Karim les accueille avec son plus beau sourire et un geste de la main gantée. L'inspecteur principal manque de s'évanouir en voyant une colonie de cafards faire un marathon derrière la plancha.
21:00. Le verdict tombe, plus sec qu'une escalope oubliée dans la friteuse : fermeture administrative immédiate. Karim regarde les scellés posés sur sa porte. Il soupire, se frotte les yeux avec ses gants noirs (les mêmes qui ont nettoyé le derrière du restaurant deux heures plus tôt) et s'en va vers son destin, les mains toujours protégées, l'honneur un peu moins.
il y a 2 jours
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