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* La giga méga droite qui mange des enfants au petit déjeuner
:sad3:
L'ultra droite sioniste viole des enfants khey...
il y a 2 heures
la nuit, Célestin apparaît. Pendant la journée, il est invisible. La lumière du jour fait écran. Elle plonge sa tanière dans l'obscurité. Puis la vraie obscurité, la nocturne, la lunaire, reprend ses droits, et Célestin sort des ténèbres, le plus souvent en slip. Les 300 watts couleur jaune d'œuf de son plafonnier le révèlent au monde. Toute la nuit, il mijote. Sa chair pâle est criblée par une cellulite qui lui donne l'air d'avoir été peint par un maître pointilliste.

Célestin se croit seul. Mais on n'est jamais seul.

Aujourd'hui, Célestin est lucide : il a abandonné tout espoir. Il n'a plus cette coquetterie absurde d'éteindre la lumière quand il dort. Sa fatigue est telle qu'elle le dissuade de dormir, comme ces faims dévorantes qui donnent la nausée et empêchent de manger.

Célestin a des nuits actives. Des nuits diurnes. Il tente de lire. Il pose ses yeux blancs comme des balles de ping-pong sur des textes difficiles, écrits par des parnassiens français ou des idéalistes allemands. Il fait des pompes. Il s'engage dans des projets qui n'aboutissent jamais. Son esprit ? Pompéi de l'inspiration, est plein de demi-bustes, de portraits sans yeux, de natures mortes sans fruits.


Mais Célestin a aussi des nuits moins nobles. Il explore l'abondante production pornographique du web. Femmes charnues, bouches humides, pénis démesurés. L'ordinateur portable sur les genoux,célestin s'informe, il clique sur les liens les plus sinistres. Il s'assomme de vidéos sur l'immigration, le terrorisme, l'extrême pauvreté, l'Europe qui coule, le fascisme qui surnage...
Le jour, il pourrait aussi bien être lepéniste que marxiste. Mais la nuit Célestin ne vote pas, il rumine. L'écran géant de sa télévision retransmet les émeutes du psgs, la guerre en Ukraine. Un ministre apparaît : Célestin se dresse face à BFMTV et, tribun de l'outre-jour, discourt passion, pointe un doigt accusateur qui vise à la fois tout le monde et personne.

Célestin est vigilant. Voûté sur la rambarde de son balcon, hibou maussade sur sa branche noire, il scrute la nuit en fumant. Il écoute, mais il n'y a aucun bruit à écouter. Célestin est une sentinelle du vide. Il surveille ce qui reste du monde quand celui-ci a disparu.

" L'impossibilité de déchirer l'envahissant, l'inévitable et l'anonyme bruissement de l'existence "

Célestin souffre de ne jamais pouvoir s'absenter.

L'an dernier, une femme est venue vivre chez lui. Pendant que la femme dormait, il ne pouvait plus jouer du clavier Yamaha dans son slip noir, son slip de concert. Il ne pouvait plus hurler contre Poutine, Trump ou Mélenchon. Alors il s'installait dans la cuisine, et il restait là, assis sur son tabouret, pendant de longues heures, à fumer en silence. Ses lèvres bougeaient. Il chuchotait sa colère. Il ressassait les moindres accrocs de sa jeune vie de couple, pendant que sa moitié les oubliait.
Il a pu contenir sa démence pendant quelques mois. Puis un matin, au réveil, sa douce l'a trouvé dans la cuisine, l'écume aux lèvres et le slip noir, il a débobiné son inexplicable haine. Elle n'a pas vu qu'il y avait de la tristesse dans son regard, et elle est partie. Célestin s'est retrouvé seul et n'a plus jamais connu l'amour.

Célestin est comme une méduse au milieu de l'océan, il n'a aucun sens, aucune chorégraphie, l'existence réduite à la pure angoisse d'exister. La nuit, il n'y a plus de temps, plus de rite. L'animal social se retrouve sans société. L'enfer, c'est l'absence d'autres. Il est 6h30, Célestin dine. Il coupe des oignons, fait dorer des médaillons de veau. Il mange, mais ça n'est pas un repas. Il mastique debout. Puis il ira fermer les yeux pendant une demi-heure. Quand il sortira de ce demi-coma, il changera de slip, mais il aura du mal à dire que c'est un nouveau jour.
il y a 2 heures
la nuit, Célestin apparaît. Pendant la journée, il est invisible. La lumière du jour fait écran. Elle plonge sa tanière dans l'obscurité. Puis la vraie obscurité, la nocturne, la lunaire, reprend ses droits, et Célestin sort des ténèbres, le plus souvent en slip. Les 300 watts couleur jaune d'œuf de son plafonnier le révèlent au monde. Toute la nuit, il mijote. Sa chair pâle est criblée par une cellulite qui lui donne l'air d'avoir été peint par un maître pointilliste.

Célestin se croit seul. Mais on n'est jamais seul.

Aujourd'hui, Célestin est lucide : il a abandonné tout espoir. Il n'a plus cette coquetterie absurde d'éteindre la lumière quand il dort. Sa fatigue est telle qu'elle le dissuade de dormir, comme ces faims dévorantes qui donnent la nausée et empêchent de manger.

Célestin a des nuits actives. Des nuits diurnes. Il tente de lire. Il pose ses yeux blancs comme des balles de ping-pong sur des textes difficiles, écrits par des parnassiens français ou des idéalistes allemands. Il fait des pompes. Il s'engage dans des projets qui n'aboutissent jamais. Son esprit ? Pompéi de l'inspiration, est plein de demi-bustes, de portraits sans yeux, de natures mortes sans fruits.


Mais Célestin a aussi des nuits moins nobles. Il explore l'abondante production pornographique du web. Femmes charnues, bouches humides, pénis démesurés. L'ordinateur portable sur les genoux,célestin s'informe, il clique sur les liens les plus sinistres. Il s'assomme de vidéos sur l'immigration, le terrorisme, l'extrême pauvreté, l'Europe qui coule, le fascisme qui surnage...
Le jour, il pourrait aussi bien être lepéniste que marxiste. Mais la nuit Célestin ne vote pas, il rumine. L'écran géant de sa télévision retransmet les émeutes du psgs, la guerre en Ukraine. Un ministre apparaît : Célestin se dresse face à BFMTV et, tribun de l'outre-jour, discourt passion, pointe un doigt accusateur qui vise à la fois tout le monde et personne.

Célestin est vigilant. Voûté sur la rambarde de son balcon, hibou maussade sur sa branche noire, il scrute la nuit en fumant. Il écoute, mais il n'y a aucun bruit à écouter. Célestin est une sentinelle du vide. Il surveille ce qui reste du monde quand celui-ci a disparu.

" L'impossibilité de déchirer l'envahissant, l'inévitable et l'anonyme bruissement de l'existence "

Célestin souffre de ne jamais pouvoir s'absenter.

L'an dernier, une femme est venue vivre chez lui. Pendant que la femme dormait, il ne pouvait plus jouer du clavier Yamaha dans son slip noir, son slip de concert. Il ne pouvait plus hurler contre Poutine, Trump ou Mélenchon. Alors il s'installait dans la cuisine, et il restait là, assis sur son tabouret, pendant de longues heures, à fumer en silence. Ses lèvres bougeaient. Il chuchotait sa colère. Il ressassait les moindres accrocs de sa jeune vie de couple, pendant que sa moitié les oubliait.
Il a pu contenir sa démence pendant quelques mois. Puis un matin, au réveil, sa douce l'a trouvé dans la cuisine, l'écume aux lèvres et le slip noir, il a débobiné son inexplicable haine. Elle n'a pas vu qu'il y avait de la tristesse dans son regard, et elle est partie. Célestin s'est retrouvé seul et n'a plus jamais connu l'amour.

Célestin est comme une méduse au milieu de l'océan, il n'a aucun sens, aucune chorégraphie, l'existence réduite à la pure angoisse d'exister. La nuit, il n'y a plus de temps, plus de rite. L'animal social se retrouve sans société. L'enfer, c'est l'absence d'autres. Il est 6h30, Célestin dine. Il coupe des oignons, fait dorer des médaillons de veau. Il mange, mais ça n'est pas un repas. Il mastique debout. Puis il ira fermer les yeux pendant une demi-heure. Quand il sortira de ce demi-coma, il changera de slip, mais il aura du mal à dire que c'est un nouveau jour.
Célestin n'a pas choisi
:sasuke:


Cé le destin
:sasuke:


Merci khey pour le pavay de qualitayent
:sodium_bras:
C'est drôle comme les gens qui se croient instruits éprouvent le besoin de faire chier le monde.
:pow:
il y a 2 heures