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Le 1er mai 1890 marque un véritable tournant. Apparu pour la première fois à Chicago en 1886, ce jour singulier commence alors, pour la première fois, à être organisé dans toute la France.
Le mouvement ouvrier est, bien sûr, fragmenté. Les anarchistes y occupent notamment une place fondamentale ! Rappelons que Louise Michel explique être devenue anarchiste lors de sa déportation en Kanaky, à travers sa fréquentation de Nathalie Le Mel (veuve de Varlin) et du jeune Charles Malato. À la vue d’une urne, elle réagit instinctivement avec indignation, au point d’envisager de la jeter à la mer, tout en restant hésitante quant à l’organisation du 1er mai. D’un côté, elle estime qu’il faut porter un coup décisif au système ; de l’autre, elle doute qu’une grève générale puisse être fixée à une date précise. Toutefois, si le mouvement prenait de l’ampleur, elle considère que toute sa force révolutionnaire devrait être exploitée.
De son côté, le gouvernement Freycinet surveille de près les appels à manifester et à faire grève qui émergent dans tout le pays à l’approche du 1er mai 1890. Le ministre de l’Intérieur, Ernest Constans, prend des mesures en conséquence, mobilisant les forces de l’ordre — qui, à cette époque, reposent principalement sur l’armée.
Dans ce contexte, Louise Michel est sollicitée par des groupes anarchistes lyonnais pour participer à plusieurs réunions préparatoires au 1er mai. Lors de son déplacement, elle est accompagnée du militant anarchiste Alexandre Thévenin, qui développe une réflexion sur la possibilité de recourir à l’action directe. Le 27 avril, tous deux interviennent à Lyon devant environ 1 500 personnes. Le 28 avril, ils prennent la parole à Firminy et à Saint-Chamond devant près de 500 militants. Le 29 avril, une nouvelle réunion se tient à Vienne (Isère), ville industrielle textile, rassemblant environ 1 500 participants, dont des femmes et des enfants. Le théâtre municipal est mis à disposition par le maire radical de Vienne, Camille Jouffray.
Le mouvement ouvrier est, bien sûr, fragmenté. Les anarchistes y occupent notamment une place fondamentale ! Rappelons que Louise Michel explique être devenue anarchiste lors de sa déportation en Kanaky, à travers sa fréquentation de Nathalie Le Mel (veuve de Varlin) et du jeune Charles Malato. À la vue d’une urne, elle réagit instinctivement avec indignation, au point d’envisager de la jeter à la mer, tout en restant hésitante quant à l’organisation du 1er mai. D’un côté, elle estime qu’il faut porter un coup décisif au système ; de l’autre, elle doute qu’une grève générale puisse être fixée à une date précise. Toutefois, si le mouvement prenait de l’ampleur, elle considère que toute sa force révolutionnaire devrait être exploitée.
De son côté, le gouvernement Freycinet surveille de près les appels à manifester et à faire grève qui émergent dans tout le pays à l’approche du 1er mai 1890. Le ministre de l’Intérieur, Ernest Constans, prend des mesures en conséquence, mobilisant les forces de l’ordre — qui, à cette époque, reposent principalement sur l’armée.
Dans ce contexte, Louise Michel est sollicitée par des groupes anarchistes lyonnais pour participer à plusieurs réunions préparatoires au 1er mai. Lors de son déplacement, elle est accompagnée du militant anarchiste Alexandre Thévenin, qui développe une réflexion sur la possibilité de recourir à l’action directe. Le 27 avril, tous deux interviennent à Lyon devant environ 1 500 personnes. Le 28 avril, ils prennent la parole à Firminy et à Saint-Chamond devant près de 500 militants. Le 29 avril, une nouvelle réunion se tient à Vienne (Isère), ville industrielle textile, rassemblant environ 1 500 participants, dont des femmes et des enfants. Le théâtre municipal est mis à disposition par le maire radical de Vienne, Camille Jouffray.
il y a 16 heures
Menacés par les autorités, Louise et Alexandre retournent à Paris.
Le matin du 1er mai, une réunion se tient à nouveau au théâtre municipal, toujours mis à disposition par Camille Jouffray. Celui-ci espère encore maintenir le mouvement dans ce qu’il considère comme des limites maîtrisables, convaincu que ses anciens électeurs ne se retourneront pas contre lui. Mais Pierre Martin (militant anarchiste) et ses camarades contestent rapidement cette position. S’adressant directement au maire, ils dénoncent son rôle politique : « Êtes-vous seulement salarié pour avoir le droit de parler ? Non — vous êtes un élu, payé pour trahir nos intérêts au Parlement. »
À la sortie du théâtre, les manifestants défilent dans la ville, brandissant des drapeaux rouges et noirs, chantant La Carmagnole et criant « Prenez-le ! C’est à vous ! » Dans cet élan, ils pénètrent notamment dans l’usine Brocard, où une pièce de tissu est arrachée puis symboliquement souillée, traînée dans la boue comme signe de rupture avec l’ordre industriel existant.
Une répression violente s’ensuit. Accusés de « provocation directe, par des discours tenus dans des réunions publiques, à commettre des crimes et des délits », Louise Michel et Alexandre Thévenin sont renvoyés devant la cour d’assises. Cependant, seule Louise Michel obtient une mise en liberté provisoire ; fidèle à ses principes, elle refuse tout traitement de faveur.
Le matin du 1er mai, une réunion se tient à nouveau au théâtre municipal, toujours mis à disposition par Camille Jouffray. Celui-ci espère encore maintenir le mouvement dans ce qu’il considère comme des limites maîtrisables, convaincu que ses anciens électeurs ne se retourneront pas contre lui. Mais Pierre Martin (militant anarchiste) et ses camarades contestent rapidement cette position. S’adressant directement au maire, ils dénoncent son rôle politique : « Êtes-vous seulement salarié pour avoir le droit de parler ? Non — vous êtes un élu, payé pour trahir nos intérêts au Parlement. »
À la sortie du théâtre, les manifestants défilent dans la ville, brandissant des drapeaux rouges et noirs, chantant La Carmagnole et criant « Prenez-le ! C’est à vous ! » Dans cet élan, ils pénètrent notamment dans l’usine Brocard, où une pièce de tissu est arrachée puis symboliquement souillée, traînée dans la boue comme signe de rupture avec l’ordre industriel existant.
Une répression violente s’ensuit. Accusés de « provocation directe, par des discours tenus dans des réunions publiques, à commettre des crimes et des délits », Louise Michel et Alexandre Thévenin sont renvoyés devant la cour d’assises. Cependant, seule Louise Michel obtient une mise en liberté provisoire ; fidèle à ses principes, elle refuse tout traitement de faveur.
il y a 16 heures
Pourquoi Louise Michel échappe-t-elle à une condamnation ? Elle inspire la crainte… Ses détracteurs la considèrent comme « folle » et préfèrent médicaliser son cas plutôt que de la juger. Il faut rappeler que lors de la grâce présidentielle qui lui est accordée en 1886 (comme à Kropotkine, emprisonné à Clairvaux), elle refuse de quitter la prison. Au lieu de l’incarcérer, les autorités envisagent alors de la faire interner, comme on le ferait pour une personne aliénée. Toutefois, le ministre Constans s’y oppose. Elle échappe ainsi à l’internement.
Le 31 mai, elle est officiellement informée du non-lieu et de sa libération. Elle réagit en saccageant sa cellule. Un médecin urgentiste conclut qu’elle souffre de « délire de persécution » et recommande son internement (destiné aux aliénés). Malgré des certificats médicaux pouvant conduire à un internement d’office, elle n’est finalement pas hospitalisée. Le ministre Constans décide donc de la libérer. Elle quitte l’hôpital le 4 juin pour regagner Paris, où la presse suit largement son affaire depuis une semaine. Après plusieurs interventions publiques, elle reprend ses conférences sous le titre « Notes d’une irresponsable ».
Le 31 mai, elle est officiellement informée du non-lieu et de sa libération. Elle réagit en saccageant sa cellule. Un médecin urgentiste conclut qu’elle souffre de « délire de persécution » et recommande son internement (destiné aux aliénés). Malgré des certificats médicaux pouvant conduire à un internement d’office, elle n’est finalement pas hospitalisée. Le ministre Constans décide donc de la libérer. Elle quitte l’hôpital le 4 juin pour regagner Paris, où la presse suit largement son affaire depuis une semaine. Après plusieurs interventions publiques, elle reprend ses conférences sous le titre « Notes d’une irresponsable ».
il y a 16 heures
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