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Je parlerai ici du capitalisme au sens marxien du terme
:AZER2:
non pas que cette définition soit la meilleure ou que sa pensée puisse ne serait-ce que caresser l'idée d'être un tant soit peu cohérente
:Costard:
mais bien parce que depuis la fin du XXe siècle c'est sa définition qui est affiliée au terme dans tous les travaux économiques, philosophiques et politiques (Louis Blanc sombre aujourd'hui dans le Tartare de la mémoire historique
:risitas_ahi:
).

Parlons du prêt à intérêt
:Skin:
Aujourd'hui il semble inconcevable de concevoir un système économique qui puisse se passer de la fonction d'ante-validation de valeur en procès de la monnaie, autrement dit du fait de mettre un prix
:dollar:
sur le temps
:boucle_montel:

En effet pour que l'économie puisse croître sans avoir besoin de se reposer exclusivement sur un investissement financé par le profit elle a besoin d'anticiper sa croissance et de financer à l'avance les activité productives qui la rendront possible. Tout ça est basique, vous n'avez encore rien appris
:penseur:


Maintenant laissez-moi vous présenter : les sumériens Image Image On parle d'une société qui a existé il y a environ 5000 ans
:waah:
Et bien se sont les premiers, non seulement à avoir mis en place le prêt à intérêt dans leur économie, mais aussi à l'avoir généralisé
Pourtant leur société n'avait rien d'industrielle : la production provenait en majorité des rendements agricoles et des expéditions commerciales, l'essentiel des outils/constructions/biens artisanaux étant produits à l'intérieur du cercle familial/communautaire, et donc impossible à monétiser. Donc, ceux qui détenaient du métal ou des ressources (comme de la nourriture ou des graines) les prêtaient à des marchands itinérants
:Ea-nasir:
pour qu'ils puissent nourrir leurs animaux pendant leurs expéditions ou à des agriculteurs qui dépendaient de ces emprunts ex-ante, surtout après des récoltes médiocres l'année passée, qui les avaient empêché de conserver eux-mêmes des graines pour l'année suivante : c'est la première fois qu'on assiste à une dichotomie monétisée dans une civilisation entre exploitants, qui détiennent les ressources pour produire, et les exploités, qui dépendent de ces ressources pour survivre, et qui doivent donner une partie de leur travail à des exploitants, ce qui les conforte dans leur état de soumission
:brised:

Tiens tiens tiens, d'ailleurs, contrairement aux grecs et aux romains qui faisaient des peuples conquis leurs esclaves, le non-remboursement d'une dette était la première cause de l'esclavagisme sumérien
:risitas_ahi:
en effet l'exploité non-solvable était automatiquement soumis à vie à son exploitant s'il ne pouvait pas le rembourser.
Bref, peu de sources sur comment les sumériens se sont effondrés, je n'émettrai donc pas maintenant une conjecture qui va vite devenir évidente
:colombo:


Voici les babyloniens Image Image Ceux qui ont réellement institutionnalisé cette pratique nauséabonde
:face_risitas:

En témoigne le code de Hammurabi en 1750 AV JC, qui affiche 282 lois (
:risitarde:
) portant à la fois sur ledroit familial, le commerce, la propriété, le salariat, et responsabilité civile et pénale des babyloniens
:risi_celestin:
parmi lesquelles des taux d'intérêt standardisés, à hauteur de 20%
:Combien:
pour les prêts en argent et 33%
:WW3MDR:
pour les prêts en céréale. On imagine facilement que ces taux étaient calculés proportionnellement au risque de non-solvabilité de chacun d'entre eux, ce qui est tout de même étrange puisque le code ne mentionne absolument pas d'adapter les taux à la conjecture, au rendement des récoltes, ou à la profitabilité des échanges commerciaux
:face_risitas:

Comme pour les sumériens, le système économique se fonde sur des prêts en métal et en nature avec les mêmes problèmes
:zahi:
sauf qu'en plus ils autorisent les détenteurs des ressources à prêter ce qu'ils ne possèdent pas (
:risitarde:
) par l'intermédiaire de contrats écrits sur des tablettes d'argile, qui passent d'une main à l'autre tant est si bien que d'une part le nombre de prêt explose (l'apparition de l'inflation) et l'endettement aussi, ce qui leur a permis d'être le premier peuple de l'Histoire à faire l'expérience de bulles économiques, et donc naturellement de krachs
:ahi:

Les babyloniens commencent une longue descente aux enfers à partir 1595 (invasion des hittites) avant de mourir définitivement en 539, conquis par Cyrus le Grand Image
Cette longue chute, qui commence à peine 150 ans après la mise en oeuvre du code Hammurabi, qui régit l'intégralité de leurs activité politiques et économiques, n'y est absolument pas lié
:risilunettes_zoom:


Les grecs étaient beaucoup plus méfiants vis-à-vis du prêt à intérêt, et certaines cités ne l'autorisaient qu'en cas de période de forts rendements agricoles. Sparte l'a même complètement interdit
:spartacat:

Solon, à Athènes, avait même le pouvoir d'annuler toutes les dettes de la cité en cas de crise économique
:Gigachado:

Idem dans l'Empire romain, où les lois anciennes (IV-IIIe siècle AV JC) puis les lois des Douze Tables (-451) viendront encadrer précisément les procédures de prêt
:face_risitas:

Dans les deux cas, la croissance économique ne provenait pas de la production interne stimulée par le prêt à intérêt, par l'innovation ou par l'augmentation de la production en valeur, mais pour les grecs du commerce maritime, rendu possible grâce à une flotte hégémonique en Méditerranée
:poutine_Marin:
, et pour les romains de la conquête
:napoleonche:
, c'est-à-dire dans les deux cas de l'augmentation de la production en volume, c'est-à-dire de production physique immédiate.



Ce n'est que le premier topic, on n'a même pas encore ne serait-ce qu'effleuré la surface de ce qu'est le capitalisme, d'ailleurs aucune des sociétés dont je parle n'était capitaliste, cet anachronisme n'a aucun sens, mais je tenais bien à montrer ceci : un des éléments nécessaires au capitalisme est le prêt à intérêt, puisqu'un système industriel et divisé (au sens de la division du travail de Smith) ne peut pas produire en attendant de recevoir les recettes directes de sa production, puisqu'il est obligé de rémunérer son travailleur pour qu'il puisse ensuite la consommer, or il ne peut le rémunérer tant que sa production n'a pas été consommée : c'est un des cercles vicieux inhérents à ce système qui le rendent insoutenable sur le long terme
:risitas_ahi:

Or le prêt à intérêt n'est pas une pratique européenne. C'est très important de le comprendre : les sociétés helleno-latines (nous parlerons du christianisme dans le topic suivant) devaient être séparées de leur héritage culturel pour que le capitalisme puisse être mis en oeuvre entièrement.

Bref, le sans-frontièrsime et la critique de l'ethnocentrisme sont donc des outils au service du capitalisme, bien que ces principes soient défendus par les socialistes
:staline_paz:
:red:


A deux doigts d'en déduire quelque chose qui ne leur plaira pas
:risitas_ahi:


Paz
:face_risitas:
Ave Maria
il y a 11 heures
@El_Bene
Ave Maria
il y a 11 heures
Je parlerai ici du capitalisme au sens marxien du terme
:AZER2:
non pas que cette définition soit la meilleure ou que sa pensée puisse ne serait-ce que caresser l'idée d'être un tant soit peu cohérente
:Costard:
mais bien parce que depuis la fin du XXe siècle c'est sa définition qui est affiliée au terme dans tous les travaux économiques, philosophiques et politiques (Louis Blanc sombre aujourd'hui dans le Tartare de la mémoire historique
:risitas_ahi:
).

Parlons du prêt à intérêt
:Skin:
Aujourd'hui il semble inconcevable de concevoir un système économique qui puisse se passer de la fonction d'ante-validation de valeur en procès de la monnaie, autrement dit du fait de mettre un prix
:dollar:
sur le temps
:boucle_montel:

En effet pour que l'économie puisse croître sans avoir besoin de se reposer exclusivement sur un investissement financé par le profit elle a besoin d'anticiper sa croissance et de financer à l'avance les activité productives qui la rendront possible. Tout ça est basique, vous n'avez encore rien appris
:penseur:


Maintenant laissez-moi vous présenter : les sumériens Image Image On parle d'une société qui a existé il y a environ 5000 ans
:waah:
Et bien se sont les premiers, non seulement à avoir mis en place le prêt à intérêt dans leur économie, mais aussi à l'avoir généralisé
Pourtant leur société n'avait rien d'industrielle : la production provenait en majorité des rendements agricoles et des expéditions commerciales, l'essentiel des outils/constructions/biens artisanaux étant produits à l'intérieur du cercle familial/communautaire, et donc impossible à monétiser. Donc, ceux qui détenaient du métal ou des ressources (comme de la nourriture ou des graines) les prêtaient à des marchands itinérants
:Ea-nasir:
pour qu'ils puissent nourrir leurs animaux pendant leurs expéditions ou à des agriculteurs qui dépendaient de ces emprunts ex-ante, surtout après des récoltes médiocres l'année passée, qui les avaient empêché de conserver eux-mêmes des graines pour l'année suivante : c'est la première fois qu'on assiste à une dichotomie monétisée dans une civilisation entre exploitants, qui détiennent les ressources pour produire, et les exploités, qui dépendent de ces ressources pour survivre, et qui doivent donner une partie de leur travail à des exploitants, ce qui les conforte dans leur état de soumission
:brised:

Tiens tiens tiens, d'ailleurs, contrairement aux grecs et aux romains qui faisaient des peuples conquis leurs esclaves, le non-remboursement d'une dette était la première cause de l'esclavagisme sumérien
:risitas_ahi:
en effet l'exploité non-solvable était automatiquement soumis à vie à son exploitant s'il ne pouvait pas le rembourser.
Bref, peu de sources sur comment les sumériens se sont effondrés, je n'émettrai donc pas maintenant une conjecture qui va vite devenir évidente
:colombo:


Voici les babyloniens Image Image Ceux qui ont réellement institutionnalisé cette pratique nauséabonde
:face_risitas:

En témoigne le code de Hammurabi en 1750 AV JC, qui affiche 282 lois (
:risitarde:
) portant à la fois sur ledroit familial, le commerce, la propriété, le salariat, et responsabilité civile et pénale des babyloniens
:risi_celestin:
parmi lesquelles des taux d'intérêt standardisés, à hauteur de 20%
:Combien:
pour les prêts en argent et 33%
:WW3MDR:
pour les prêts en céréale. On imagine facilement que ces taux étaient calculés proportionnellement au risque de non-solvabilité de chacun d'entre eux, ce qui est tout de même étrange puisque le code ne mentionne absolument pas d'adapter les taux à la conjecture, au rendement des récoltes, ou à la profitabilité des échanges commerciaux
:face_risitas:

Comme pour les sumériens, le système économique se fonde sur des prêts en métal et en nature avec les mêmes problèmes
:zahi:
sauf qu'en plus ils autorisent les détenteurs des ressources à prêter ce qu'ils ne possèdent pas (
:risitarde:
) par l'intermédiaire de contrats écrits sur des tablettes d'argile, qui passent d'une main à l'autre tant est si bien que d'une part le nombre de prêt explose (l'apparition de l'inflation) et l'endettement aussi, ce qui leur a permis d'être le premier peuple de l'Histoire à faire l'expérience de bulles économiques, et donc naturellement de krachs
:ahi:

Les babyloniens commencent une longue descente aux enfers à partir 1595 (invasion des hittites) avant de mourir définitivement en 539, conquis par Cyrus le Grand Image
Cette longue chute, qui commence à peine 150 ans après la mise en oeuvre du code Hammurabi, qui régit l'intégralité de leurs activité politiques et économiques, n'y est absolument pas lié
:risilunettes_zoom:


Les grecs étaient beaucoup plus méfiants vis-à-vis du prêt à intérêt, et certaines cités ne l'autorisaient qu'en cas de période de forts rendements agricoles. Sparte l'a même complètement interdit
:spartacat:

Solon, à Athènes, avait même le pouvoir d'annuler toutes les dettes de la cité en cas de crise économique
:Gigachado:

Idem dans l'Empire romain, où les lois anciennes (IV-IIIe siècle AV JC) puis les lois des Douze Tables (-451) viendront encadrer précisément les procédures de prêt
:face_risitas:

Dans les deux cas, la croissance économique ne provenait pas de la production interne stimulée par le prêt à intérêt, par l'innovation ou par l'augmentation de la production en valeur, mais pour les grecs du commerce maritime, rendu possible grâce à une flotte hégémonique en Méditerranée
:poutine_Marin:
, et pour les romains de la conquête
:napoleonche:
, c'est-à-dire dans les deux cas de l'augmentation de la production en volume, c'est-à-dire de production physique immédiate.



Ce n'est que le premier topic, on n'a même pas encore ne serait-ce qu'effleuré la surface de ce qu'est le capitalisme, d'ailleurs aucune des sociétés dont je parle n'était capitaliste, cet anachronisme n'a aucun sens, mais je tenais bien à montrer ceci : un des éléments nécessaires au capitalisme est le prêt à intérêt, puisqu'un système industriel et divisé (au sens de la division du travail de Smith) ne peut pas produire en attendant de recevoir les recettes directes de sa production, puisqu'il est obligé de rémunérer son travailleur pour qu'il puisse ensuite la consommer, or il ne peut le rémunérer tant que sa production n'a pas été consommée : c'est un des cercles vicieux inhérents à ce système qui le rendent insoutenable sur le long terme
:risitas_ahi:

Or le prêt à intérêt n'est pas une pratique européenne. C'est très important de le comprendre : les sociétés helleno-latines (nous parlerons du christianisme dans le topic suivant) devaient être séparées de leur héritage culturel pour que le capitalisme puisse être mis en oeuvre entièrement.

Bref, le sans-frontièrsime et la critique de l'ethnocentrisme sont donc des outils au service du capitalisme, bien que ces principes soient défendus par les socialistes
:staline_paz:
:red:


A deux doigts d'en déduire quelque chose qui ne leur plaira pas
:risitas_ahi:


Paz
:face_risitas:
First ! Je m'installe confortablement pour mieux savouré ce pavé juteux
:Mikkelsen_trinque:
il y a 11 heures
First ! Je m'installe confortablement pour mieux savouré ce pavé juteux
:Mikkelsen_trinque:
:marlou_binouse:
Ave Maria
il y a 11 heures
On parle du société qui a existé il y a environ 5000 ans
:waah:


On voit que tu t'es modernisé
:rire2:

J'attend la suite avec impatience
:Toad_otf:
LabelConFort Kaguya-Hourai | De la main d'un ami, au baiser d'une bouche
il y a 10 heures
On parle du société qui a existé il y a environ 5000 ans
:waah:


On voit que tu t'es modernisé
:rire2:

J'attend la suite avec impatience
:Toad_otf:
Je prends le problème par les fondations
:face_risitas:

Et merci
:ahi_mj:
Ave Maria
il y a 10 heures
Je prends le problème par les fondations
:face_risitas:

Et merci
:ahi_mj:
Je pense que ça va bider quand même, mais pas grave
:Toad_otf:
LabelConFort Kaguya-Hourai | De la main d'un ami, au baiser d'une bouche
il y a 10 heures
Je pense que ça va bider quand même, mais pas grave
:Toad_otf:
Oui probablement
:face_risitas:

Après je ne cherche pas à toucher la plèbe, je cherche des critiques constructives de la part des quelques clés que j'ai mentionnés
:face_risitas:

Un jour je publierai un livre inch'Allah
:Tare2cote:
Ave Maria
il y a 10 heures
aura-t-on droit à un passage sur les évolutions de la comptabilité chez les marchands italiens de la Renaissance ?
:Doigt_nez:
il y a 10 heures
Oui probablement
:face_risitas:

Après je ne cherche pas à toucher la plèbe, je cherche des critiques constructives de la part des quelques clés que j'ai mentionnés
:face_risitas:

Un jour je publierai un livre inch'Allah
:Tare2cote:
Je suppose que tu vas d'ailleurs étayer cette conclusion prochainement ?
:d)

Bref, le sans-frontièrsime et la critique de l'ethnocentrisme sont donc des outils au service du capitalisme, bien que ces principes soient défendus par les socialistes
:staline_paz:
LabelConFort Kaguya-Hourai | De la main d'un ami, au baiser d'une bouche
il y a 10 heures
Je parlerai ici du capitalisme au sens marxien du terme
:AZER2:
non pas que cette définition soit la meilleure ou que sa pensée puisse ne serait-ce que caresser l'idée d'être un tant soit peu cohérente
:Costard:
mais bien parce que depuis la fin du XXe siècle c'est sa définition qui est affiliée au terme dans tous les travaux économiques, philosophiques et politiques (Louis Blanc sombre aujourd'hui dans le Tartare de la mémoire historique
:risitas_ahi:
).

Parlons du prêt à intérêt
:Skin:
Aujourd'hui il semble inconcevable de concevoir un système économique qui puisse se passer de la fonction d'ante-validation de valeur en procès de la monnaie, autrement dit du fait de mettre un prix
:dollar:
sur le temps
:boucle_montel:

En effet pour que l'économie puisse croître sans avoir besoin de se reposer exclusivement sur un investissement financé par le profit elle a besoin d'anticiper sa croissance et de financer à l'avance les activité productives qui la rendront possible. Tout ça est basique, vous n'avez encore rien appris
:penseur:


Maintenant laissez-moi vous présenter : les sumériens Image Image On parle d'une société qui a existé il y a environ 5000 ans
:waah:
Et bien se sont les premiers, non seulement à avoir mis en place le prêt à intérêt dans leur économie, mais aussi à l'avoir généralisé
Pourtant leur société n'avait rien d'industrielle : la production provenait en majorité des rendements agricoles et des expéditions commerciales, l'essentiel des outils/constructions/biens artisanaux étant produits à l'intérieur du cercle familial/communautaire, et donc impossible à monétiser. Donc, ceux qui détenaient du métal ou des ressources (comme de la nourriture ou des graines) les prêtaient à des marchands itinérants
:Ea-nasir:
pour qu'ils puissent nourrir leurs animaux pendant leurs expéditions ou à des agriculteurs qui dépendaient de ces emprunts ex-ante, surtout après des récoltes médiocres l'année passée, qui les avaient empêché de conserver eux-mêmes des graines pour l'année suivante : c'est la première fois qu'on assiste à une dichotomie monétisée dans une civilisation entre exploitants, qui détiennent les ressources pour produire, et les exploités, qui dépendent de ces ressources pour survivre, et qui doivent donner une partie de leur travail à des exploitants, ce qui les conforte dans leur état de soumission
:brised:

Tiens tiens tiens, d'ailleurs, contrairement aux grecs et aux romains qui faisaient des peuples conquis leurs esclaves, le non-remboursement d'une dette était la première cause de l'esclavagisme sumérien
:risitas_ahi:
en effet l'exploité non-solvable était automatiquement soumis à vie à son exploitant s'il ne pouvait pas le rembourser.
Bref, peu de sources sur comment les sumériens se sont effondrés, je n'émettrai donc pas maintenant une conjecture qui va vite devenir évidente
:colombo:


Voici les babyloniens Image Image Ceux qui ont réellement institutionnalisé cette pratique nauséabonde
:face_risitas:

En témoigne le code de Hammurabi en 1750 AV JC, qui affiche 282 lois (
:risitarde:
) portant à la fois sur ledroit familial, le commerce, la propriété, le salariat, et responsabilité civile et pénale des babyloniens
:risi_celestin:
parmi lesquelles des taux d'intérêt standardisés, à hauteur de 20%
:Combien:
pour les prêts en argent et 33%
:WW3MDR:
pour les prêts en céréale. On imagine facilement que ces taux étaient calculés proportionnellement au risque de non-solvabilité de chacun d'entre eux, ce qui est tout de même étrange puisque le code ne mentionne absolument pas d'adapter les taux à la conjecture, au rendement des récoltes, ou à la profitabilité des échanges commerciaux
:face_risitas:

Comme pour les sumériens, le système économique se fonde sur des prêts en métal et en nature avec les mêmes problèmes
:zahi:
sauf qu'en plus ils autorisent les détenteurs des ressources à prêter ce qu'ils ne possèdent pas (
:risitarde:
) par l'intermédiaire de contrats écrits sur des tablettes d'argile, qui passent d'une main à l'autre tant est si bien que d'une part le nombre de prêt explose (l'apparition de l'inflation) et l'endettement aussi, ce qui leur a permis d'être le premier peuple de l'Histoire à faire l'expérience de bulles économiques, et donc naturellement de krachs
:ahi:

Les babyloniens commencent une longue descente aux enfers à partir 1595 (invasion des hittites) avant de mourir définitivement en 539, conquis par Cyrus le Grand Image
Cette longue chute, qui commence à peine 150 ans après la mise en oeuvre du code Hammurabi, qui régit l'intégralité de leurs activité politiques et économiques, n'y est absolument pas lié
:risilunettes_zoom:


Les grecs étaient beaucoup plus méfiants vis-à-vis du prêt à intérêt, et certaines cités ne l'autorisaient qu'en cas de période de forts rendements agricoles. Sparte l'a même complètement interdit
:spartacat:

Solon, à Athènes, avait même le pouvoir d'annuler toutes les dettes de la cité en cas de crise économique
:Gigachado:

Idem dans l'Empire romain, où les lois anciennes (IV-IIIe siècle AV JC) puis les lois des Douze Tables (-451) viendront encadrer précisément les procédures de prêt
:face_risitas:

Dans les deux cas, la croissance économique ne provenait pas de la production interne stimulée par le prêt à intérêt, par l'innovation ou par l'augmentation de la production en valeur, mais pour les grecs du commerce maritime, rendu possible grâce à une flotte hégémonique en Méditerranée
:poutine_Marin:
, et pour les romains de la conquête
:napoleonche:
, c'est-à-dire dans les deux cas de l'augmentation de la production en volume, c'est-à-dire de production physique immédiate.



Ce n'est que le premier topic, on n'a même pas encore ne serait-ce qu'effleuré la surface de ce qu'est le capitalisme, d'ailleurs aucune des sociétés dont je parle n'était capitaliste, cet anachronisme n'a aucun sens, mais je tenais bien à montrer ceci : un des éléments nécessaires au capitalisme est le prêt à intérêt, puisqu'un système industriel et divisé (au sens de la division du travail de Smith) ne peut pas produire en attendant de recevoir les recettes directes de sa production, puisqu'il est obligé de rémunérer son travailleur pour qu'il puisse ensuite la consommer, or il ne peut le rémunérer tant que sa production n'a pas été consommée : c'est un des cercles vicieux inhérents à ce système qui le rendent insoutenable sur le long terme
:risitas_ahi:

Or le prêt à intérêt n'est pas une pratique européenne. C'est très important de le comprendre : les sociétés helleno-latines (nous parlerons du christianisme dans le topic suivant) devaient être séparées de leur héritage culturel pour que le capitalisme puisse être mis en oeuvre entièrement.

Bref, le sans-frontièrsime et la critique de l'ethnocentrisme sont donc des outils au service du capitalisme, bien que ces principes soient défendus par les socialistes
:staline_paz:
:red:


A deux doigts d'en déduire quelque chose qui ne leur plaira pas
:risitas_ahi:


Paz
:face_risitas:
Merci pour ce superbe topic d'introduction qui pose je l'espère les bases d'une longue série
:h:


J'avais dit dans un autre post ne pas être fan du personnage de nietzschéen méprisant, mais j'adhère totalement à ce style d'écriture

Au plaisir de lire la suite
:ok:
il y a 10 heures
aura-t-on droit à un passage sur les évolutions de la comptabilité chez les marchands italiens de la Renaissance ?
:Doigt_nez:
:risitas_ahi:
Je ferai la Renaissance si c'est ta question
:face_risitas:
Ave Maria
il y a 10 heures
Je suppose que tu vas d'ailleurs étayer cette conclusion prochainement ?
:d)

Bref, le sans-frontièrsime et la critique de l'ethnocentrisme sont donc des outils au service du capitalisme, bien que ces principes soient défendus par les socialistes
:staline_paz:
Je tease, je tease
:face_risitas:
Ave Maria
il y a 10 heures
Le libéralisme/capitalisme est une doctrine de gauche.
il y a 10 heures
Paix
Paix
10h
Merci pour ce superbe topic d'introduction qui pose je l'espère les bases d'une longue série
:h:


J'avais dit dans un autre post ne pas être fan du personnage de nietzschéen méprisant, mais j'adhère totalement à ce style d'écriture

Au plaisir de lire la suite
:ok:
Merci clé
:Nietzsche:
Ave Maria
il y a 10 heures
Le libéralisme/capitalisme est une doctrine de gauche.
C'est plus compliqué que ça
:face_risitas:
Elle n'y est pas opposée par nature, disons
:face_risitas:
Ave Maria
il y a 10 heures
:risitas_ahi:
Je ferai la Renaissance si c'est ta question
:face_risitas:
en fait, le capitalisme marchand et financier apparaît à ce moment-là, mais il n'y a pas qu'un seul capitalisme ; si on veut définir la notion de la manière la plus large possible, il faut peut-être partir d'une origine plus conceptuelle qui est la question de la propriété et de son exploitation, ce que fait Marx
:Doigt_nez:
il y a 10 heures
en fait, le capitalisme marchand et financier apparaît à ce moment-là, mais il n'y a pas qu'un seul capitalisme ; si on veut définir la notion de la manière la plus large possible, il faut peut-être partir d'une origine plus conceptuelle qui est la question de la propriété et de son exploitation, ce que fait Marx
:Doigt_nez:
Alors je daterais le capitalisme plutôt à la Révolution française, mais impossible de définir un point de départ exact
:face_risitas:
Ave Maria
il y a 10 heures