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Magnifique la suite
:boyard:
il y a 9 heures
Alors je daterais le capitalisme plutôt à la Révolution française, mais impossible de définir un point de départ exact
:face_risitas:
On le date a l'âge d'or florentin il me semble
:cat_think:
il y a 9 heures
Je parlerai ici du capitalisme au sens marxien du terme
:AZER2:
non pas que cette définition soit la meilleure ou que sa pensée puisse ne serait-ce que caresser l'idée d'être un tant soit peu cohérente
:Costard:
mais bien parce que depuis la fin du XXe siècle c'est sa définition qui est affiliée au terme dans tous les travaux économiques, philosophiques et politiques (Louis Blanc sombre aujourd'hui dans le Tartare de la mémoire historique
:risitas_ahi:
).

Parlons du prêt à intérêt
:Skin:
Aujourd'hui il semble inconcevable de concevoir un système économique qui puisse se passer de la fonction d'ante-validation de valeur en procès de la monnaie, autrement dit du fait de mettre un prix
:dollar:
sur le temps
:boucle_montel:

En effet pour que l'économie puisse croître sans avoir besoin de se reposer exclusivement sur un investissement financé par le profit elle a besoin d'anticiper sa croissance et de financer à l'avance les activité productives qui la rendront possible. Tout ça est basique, vous n'avez encore rien appris
:penseur:


Maintenant laissez-moi vous présenter : les sumériens Image Image On parle d'une société qui a existé il y a environ 5000 ans
:waah:
Et bien se sont les premiers, non seulement à avoir mis en place le prêt à intérêt dans leur économie, mais aussi à l'avoir généralisé
Pourtant leur société n'avait rien d'industrielle : la production provenait en majorité des rendements agricoles et des expéditions commerciales, l'essentiel des outils/constructions/biens artisanaux étant produits à l'intérieur du cercle familial/communautaire, et donc impossible à monétiser. Donc, ceux qui détenaient du métal ou des ressources (comme de la nourriture ou des graines) les prêtaient à des marchands itinérants
:Ea-nasir:
pour qu'ils puissent nourrir leurs animaux pendant leurs expéditions ou à des agriculteurs qui dépendaient de ces emprunts ex-ante, surtout après des récoltes médiocres l'année passée, qui les avaient empêché de conserver eux-mêmes des graines pour l'année suivante : c'est la première fois qu'on assiste à une dichotomie monétisée dans une civilisation entre exploitants, qui détiennent les ressources pour produire, et les exploités, qui dépendent de ces ressources pour survivre, et qui doivent donner une partie de leur travail à des exploitants, ce qui les conforte dans leur état de soumission
:brised:

Tiens tiens tiens, d'ailleurs, contrairement aux grecs et aux romains qui faisaient des peuples conquis leurs esclaves, le non-remboursement d'une dette était la première cause de l'esclavagisme sumérien
:risitas_ahi:
en effet l'exploité non-solvable était automatiquement soumis à vie à son exploitant s'il ne pouvait pas le rembourser.
Bref, peu de sources sur comment les sumériens se sont effondrés, je n'émettrai donc pas maintenant une conjecture qui va vite devenir évidente
:colombo:


Voici les babyloniens Image Image Ceux qui ont réellement institutionnalisé cette pratique nauséabonde
:face_risitas:

En témoigne le code de Hammurabi en 1750 AV JC, qui affiche 282 lois (
:risitarde:
) portant à la fois sur ledroit familial, le commerce, la propriété, le salariat, et responsabilité civile et pénale des babyloniens
:risi_celestin:
parmi lesquelles des taux d'intérêt standardisés, à hauteur de 20%
:Combien:
pour les prêts en argent et 33%
:WW3MDR:
pour les prêts en céréale. On imagine facilement que ces taux étaient calculés proportionnellement au risque de non-solvabilité de chacun d'entre eux, ce qui est tout de même étrange puisque le code ne mentionne absolument pas d'adapter les taux à la conjecture, au rendement des récoltes, ou à la profitabilité des échanges commerciaux
:face_risitas:

Comme pour les sumériens, le système économique se fonde sur des prêts en métal et en nature avec les mêmes problèmes
:zahi:
sauf qu'en plus ils autorisent les détenteurs des ressources à prêter ce qu'ils ne possèdent pas (
:risitarde:
) par l'intermédiaire de contrats écrits sur des tablettes d'argile, qui passent d'une main à l'autre tant est si bien que d'une part le nombre de prêt explose (l'apparition de l'inflation) et l'endettement aussi, ce qui leur a permis d'être le premier peuple de l'Histoire à faire l'expérience de bulles économiques, et donc naturellement de krachs
:ahi:

Les babyloniens commencent une longue descente aux enfers à partir 1595 (invasion des hittites) avant de mourir définitivement en 539, conquis par Cyrus le Grand Image
Cette longue chute, qui commence à peine 150 ans après la mise en oeuvre du code Hammurabi, qui régit l'intégralité de leurs activité politiques et économiques, n'y est absolument pas lié
:risilunettes_zoom:


Les grecs étaient beaucoup plus méfiants vis-à-vis du prêt à intérêt, et certaines cités ne l'autorisaient qu'en cas de période de forts rendements agricoles. Sparte l'a même complètement interdit
:spartacat:

Solon, à Athènes, avait même le pouvoir d'annuler toutes les dettes de la cité en cas de crise économique
:Gigachado:

Idem dans l'Empire romain, où les lois anciennes (IV-IIIe siècle AV JC) puis les lois des Douze Tables (-451) viendront encadrer précisément les procédures de prêt
:face_risitas:

Dans les deux cas, la croissance économique ne provenait pas de la production interne stimulée par le prêt à intérêt, par l'innovation ou par l'augmentation de la production en valeur, mais pour les grecs du commerce maritime, rendu possible grâce à une flotte hégémonique en Méditerranée
:poutine_Marin:
, et pour les romains de la conquête
:napoleonche:
, c'est-à-dire dans les deux cas de l'augmentation de la production en volume, c'est-à-dire de production physique immédiate.



Ce n'est que le premier topic, on n'a même pas encore ne serait-ce qu'effleuré la surface de ce qu'est le capitalisme, d'ailleurs aucune des sociétés dont je parle n'était capitaliste, cet anachronisme n'a aucun sens, mais je tenais bien à montrer ceci : un des éléments nécessaires au capitalisme est le prêt à intérêt, puisqu'un système industriel et divisé (au sens de la division du travail de Smith) ne peut pas produire en attendant de recevoir les recettes directes de sa production, puisqu'il est obligé de rémunérer son travailleur pour qu'il puisse ensuite la consommer, or il ne peut le rémunérer tant que sa production n'a pas été consommée : c'est un des cercles vicieux inhérents à ce système qui le rendent insoutenable sur le long terme
:risitas_ahi:

Or le prêt à intérêt n'est pas une pratique européenne. C'est très important de le comprendre : les sociétés helleno-latines (nous parlerons du christianisme dans le topic suivant) devaient être séparées de leur héritage culturel pour que le capitalisme puisse être mis en oeuvre entièrement.

Bref, le sans-frontièrsime et la critique de l'ethnocentrisme sont donc des outils au service du capitalisme, bien que ces principes soient défendus par les socialistes
:staline_paz:
:red:


A deux doigts d'en déduire quelque chose qui ne leur plaira pas
:risitas_ahi:


Paz
:face_risitas:
Je mets en favoris je réponds plus tard
:)
il y a 9 heures
Magnifique la suite
:boyard:
Demain probablement
:Mouais_Jesus:

et merci
:Danse_de_golmon:
Ave Maria
il y a 9 heures
Alors je daterais le capitalisme plutôt à la Révolution française, mais impossible de définir un point de départ exact
:face_risitas:
Rousseau disait que le premier homme à avoir tracé une ligne et placé une barrière autour de celle-ci pour dire qu'il en est l'unique propriétaire et jouisseur est l'origine du mal (ce n'est pas la citation exacte bien sûr)
:Doigt_nez:
il y a 9 heures
On le date a l'âge d'or florentin il me semble
:cat_think:
Vrai pour les historiens et économistes institutionnels, j'essaierai d'être plus nuancé
:face_risitas:
Ave Maria
il y a 9 heures
Demain probablement
:Mouais_Jesus:

et merci
:Danse_de_golmon:
En fait pour répondre concrètement en tant que marxien sur la date du capitalisme c'est pas forcément ce qui nous ont intéresse mais plutôt la compréhension du développement de la valeur d'échange comme tu as très bien fait
:chapproche:
il y a 9 heures
Rousseau disait que le premier homme à avoir tracé une ligne et placé une barrière autour de celle-ci pour dire qu'il en est l'unique propriétaire et jouisseur est l'origine du mal (ce n'est pas la citation exacte bien sûr)
:Doigt_nez:
Oui, c'est dans son discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes
:face_risitas:

Je préfère très largement Hobbes sur le contrat social et la naissance de l'Etat
:face_risitas:
Ave Maria
il y a 9 heures
il y a 8 heures-PEMT
Oui, c'est dans son discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes
:face_risitas:

Je préfère très largement Hobbes sur le contrat social et la naissance de l'Etat
:face_risitas:
on trouve à boire et à manger chez les deux je dirais
:Doigt_nez:
il y a 8 heures-PEMT
En fait pour répondre concrètement en tant que marxien sur la date du capitalisme c'est pas forcément ce qui nous ont intéresse mais plutôt la compréhension du développement de la valeur d'échange comme tu as très bien fait
:chapproche:
Ah tu es marxien ?
:face_risitas:

Je ne savais pas
:face_risitas:
Ave Maria
il y a 8 heures
on trouve à boire et à manger chez les deux je dirais
:Doigt_nez:
:Mouais_Jesus:
Ave Maria
il y a 8 heures
:waah:
From the river to the sea, to Auschwitz
:bordel4:
il y a 8 heures
Ah tu es marxien ?
:face_risitas:

Je ne savais pas
:face_risitas:
J'arrive pas vraiment à me définir non plus j'aime pas cette marque d'appartenance shizo actuelle de se définir comme ci ou comme ça mais j'adhère a beaucoup de théories marxiennes on en parlait ce matin sur le sujet de chouette mais bizarrement tu confirmes plus que le contredit
:cat_think:
il y a 8 heures
J'arrive pas vraiment à me définir non plus j'aime pas cette marque d'appartenance shizo actuelle de se définir comme ci ou comme ça mais j'adhère a beaucoup de théories marxiennes on en parlait ce matin sur le sujet de chouette mais bizarrement tu confirmes plus que le contredit
:cat_think:
Je suis anti-capitaliste, c'est normal que nous nous retrouvions sur l'analyse de ce qu'il est
:face_risitas:

C'est sur la solution qu'on ne se retrouve pas, et probablement sur d'autres points comme la théorie de la valeur travail
:Mouais_Jesus:
Ave Maria
il y a 8 heures
Je suis anti-capitaliste, c'est normal que nous nous retrouvions sur l'analyse de ce qu'il est
:face_risitas:

C'est sur la solution qu'on ne se retrouve pas, et probablement sur d'autres points comme la théorie de la valeur travail
:Mouais_Jesus:
Je me rappelle mes vieux cours d'économie a la fac où on nous présentait les différentes manières de comprendre la fixation des prix comme si Marx avait tenté de faire ça non c'est sur le domaine philosophique qu'il contredit l'échange mais ne renie pas sa nécessité historique il souhaite son dépassement. Donc oui dans le sens capitaliste de la fixation des prix il a aidé même si c'était pas son but et d'autres ensuite ont grandement amélioré ça maintenant c'est tout les theoristes de la finance spéculative les nouveau ricardo et autre mais philosophiquement il a pas été contredit
:chapproche:
il y a 8 heures
A cette époque les banques centrales/natio n'existaient pas encore
:igoENTdoigt:
il y a 8 heures
Je me rappelle mes vieux cours d'économie a la fac où on nous présentait les différentes manières de comprendre la fixation des prix comme si Marx avait tenté de faire ça non c'est sur le domaine philosophique qu'il contredit l'échange mais ne renie pas sa nécessité historique il souhaite son dépassement. Donc oui dans le sens capitaliste de la fixation des prix il a aidé même si c'était pas son but et d'autres ensuite ont grandement amélioré ça maintenant c'est tout les theoristes de la finance spéculative les nouveau ricardo et autre mais philosophiquement il a pas été contredit
:chapproche:
Mais le prix ce n'est pas la valeur clé, c'est une différence essentielle en économie
:face_risitas:
Sur la fixation des prix tout le monde est à peu près d'accord, tout comme le fait que l'entrepreneur a besoin du travail. D'ailleurs Marx essaie de justifier économiquement la valeur travail dans le capital, avec des calculs qui ont été réfutés
:face_risitas:

Et déjà JB Say avait une autre théorie, sur la valeur-utilité
:face_risitas:

Bref on va pas faire tout un débat sur Marx maintenant, mais même si je lui reconnais certaines choses (le fétichisme de la marchandise par exemple, repris encore mieux par Debord), je n'adhère pas à une partie de ses hypothèses de départ
:face_risitas:
Ave Maria
il y a 8 heures
A cette époque les banques centrales/natio n'existaient pas encore
:igoENTdoigt:
:stupefait:
Ave Maria
il y a 8 heures
:Pelo_FDP:
il y a 8 heures