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Voici une première tentative de version achevée mais pas encore définitive
:risitaeheh:


I

Seul dans un long désert que la vie m’a jeté
Sur le seuil de l’enfance où les nuits sont glacées
Tout le sable s’avance et ma course est si vaine
Que je veux m’enterrer pour tuer ma déveine.

Je marche et je marche comme par habitude
Sans plus rien attendre de ce climat trop rude
Que tout se noie sans arche avec moi dans la mort
Mourir ! Ô le mot tendre ! Oui, partagez mon sort !

Mon cœur n’a jamais soif, mon âme est déjà sèche
Les mirages m’angoissent en me jetant leurs flèches
Je marche sans raison dans leur direction
Le grand reg a moins chaud et revêt ses buissons.

Chaque arbuste est un maître où fleurit la beauté
Comme les bustes antiques et les livres datés
Je veux m’en abreuver jusqu’à n’en plus pouvoir
Qu’ils me fassent pleurer le sel de leur savoir.

Alors je cours au nord chercher un espoir vert
Les grands morts en légion, tous rongés par le ver
Deviennent mes amis, ma seule compagnie
Pour eux, dans mon lycée, je repousse des filles.

J’ai sacrifié l’amour car il n’était pas haut
Il trahissait toujours tous les mots de Rousseau
Je méprise les sots en croyant ne pas l’être
Je me rêve en buisson pour au moins le paraître.

Mais les morts ne sont rien contre cette oasis
Mirage puis réelle, une eau bleue de calice
C’est le bout de ma vie, enchantée Noémie
Je ne serai plus seul, je resterai ici…
Mais…mais une oasis, c’est toujours le désert.

II

Dormir sur une aire d’autoroute le premier juin d’un long voyage.
Se retrouver seul à mains nues sur une paroi rocheuse que chatouillent les nuages.
L’envol des merles à Nantes le 28 juin dans un ciel de feu.
Paris, transit. Paris, transit.
Marcher sans but le long du littoral breton, et s’émerveiller.
Parfois, la pluie violente lève une jolie vapeur au-dessus des herbes.
Les collines rondes et nues du Pays basque sont la promesse d’une immensité effroyable.
Ecouter le vent sous la tente, ainsi que la moindre particule de son nocturne.
La solitude me plaît, mais j’aimerais m’entourer d’amis modelés selon ma convenance.
Franchir le ciel bas et lourd, et découvrir le renouveau de la belle saison.
Deux jolies filles de mon âge font du stop sur l’autre côté de la route ; adieu.
Le silence des alpages est plus grand que tous les autres silences.
Lire Hermann Hesse sous l’orage en hurlant la sagesse d’Hermine.
Se mettre en danseuse à l’approche du col.
Revenir à la maison, et ne plus rien comprendre.
La chênaie des Vosges brûle de mille feuilles.
En Norvège, il existe une route qui monte jusqu’au bout du monde : elle m’intrigue sur la carte.
Merveilleux tintement du bétail qui pâture sur le plateau.
L’adrénaline à tous les départs.
S’effondrer à la fin de la journée, les jambes qui tremblent, la tête en toupie mais l’âme sereine.
Le son de ma guitare étouffé dans la taïga norvégienne.
Il m’arrive d’avoir des bouffées d’existence, durant lesquelles tout me paraît plus sensible et plus réel.
Les Pyrénées françaises sont marquées par quatre visages distincts.
Depuis le ferry, les villes côtières scintillent puis s’éloignent.
Seul, tout apparaît plus profondément qu’à plusieurs.
Je peux aller partout, faire n’importe quoi et la mesure de ma liberté m’angoisse.
L’intensité d’un repas simple après huit heures d’effort.
Est-ce que tous mes souvenirs se perdront ?
Il paraît que ces forêts sont enchantées et abritent de vieilles créatures armoricaines.
Les falaises tristes et belles s’arrêtent soudainement à Ault.
Faire du stop pendant trois jours avant de s’endormir dans les rues de Toulon.
L’orage a trempé mes affaires, alors je marche torse nu dans la boue et la fatigue.
Je fréquente des clochards, mais des bourgeois m’invitent à dormir chez eux.
Pédaler face au vent sur une longue ligne droite.
Les bouquetins s’approchent avec indifférence.
Errant la nuit, je regarde avec envie la lumière des salons où des familles mangent ensemble à l’abri du vent et du froid.
La cathédrale de Strasbourg.
Le pic du Midi d’Ossau.
Un rat est venu grignoter dans mon sac.
La beauté de l’art m’émeut jusque dans mes souvenirs.
En France, il est très facile de longer les fleuves, les rivières et les canaux sans croiser une seule voiture.
Beaucoup de personnes vivent dans leur véhicule : ils ont la belle vie.
Noémie n’est pas là, mais elle est partout avec moi.
La montagne est beaucoup plus jolie sous la brume, ainsi nimbée d’un grand mystère qu’il faut deviner.
Seul et sans but, l’incertitude rend tout possible, et la connaître me libère.
Je déteste l’automne : il annonce les hivers où je n’aurais plus que la force de rentrer chez ma mère, et que faire, que faire de ma vie ?

III

Je travaille, un peu – oui. L’hiver, à la montagne. Quelqu’un m’a dit un jour…oh, aucune importance. Le bonheur solitaire, au fond, il fallait s’en douter. L’hiver à la montagne, quelqu’un m’a dit : qu’est-ce que tu vas faire ? Non, aucune importance… Maintenant, et plus tard – quoi ! Le désert, le mur, et toutes les métaphores, et toutes les espérances.

Je travaille, un peu – oui. L’hiver, à la montagne. Tout recommence, entre temps – et puis merde. Mais le magicien est descendu pour enchanter le décor. Il me jauge puis annonce : ta grande traversée du désert n’était pas vaine, imbécile, ni les montagnes, les routes et la solitude. Mais le mur – oui – le mur ? Le magicien tend le spectre et le fissure : au revoir.

Mayna me présente Inès qui me présente Paloma qui me présente qui déjà ? Tout se mélange à présent. Je me retrouve au centre d’une grande société d’humains – et que j’aime ! Comment ? Tout prend une vitesse folle à présent. Ma faible joie fabriquée avec les années se répand soudainement, elle me déborde – l’euphorie !

Marie me présente Léo qui me présente Alexandra, puis Chappie débarque, Chappie débarque, Chappie débarque. Tu me secoues ! Ah ! Les rires et les sauts – entrechats de cabri – pourchassés, entre nous : tout est si neuf en moi. Hé ! Oui – ce soir, ce soir, mais demain aussi – et demain encore – toujours, Chappie. Tu écris, ça créer, et tu cries, ah ! tu cries, et je crie – mon souffle !

Je respire, un peu – oui, à la montagne. Chappie m’a dit un jour… l’amour prend toutes les formes. Maintenant, elle n’est plus là, mais elle est partout avec moi. Elle tient compagnie à Noémie dans mon cœur, ça lui fait une petite sœur. J’ai quitté tous mes amis à la fin de la saison. Puis j’ai rapidement compris que je ne les ai pas vraiment quittés. Le magicien s’est incarné, après tout, et nous avons fabriqué quelque chose, comme un réseau dans le tissu de la marginalité.

Le désert est ma maison, on ne peut jamais vraiment en sortir – sans doute. Mais quoi ? Il n’est pas si infertile ! La vérité, c’est que la plaine m’emmerde et que je n’ai jamais vraiment voulu quitter le sable. Non, à la place, rassemblons-nous dans cette vaste étendue, et fissurons davantage le grand mur de verre.
il y a 4 mois
g pa lu lmao
:risitaeheh:
il y a 4 mois
12/2 merle 10²
:risitaeheh:
il y a 4 mois
Gpalu et baise 1 coup tu eviteras d ecrire de la poesie
:Abasourdi:
:Chaditas2:
il y a 4 mois
Gpalu et baise 1 coup tu eviteras d ecrire de la poesie
:Abasourdi:
Tu as lu, tu pleures et tu m'en veux
:risitaeheh:
il y a 4 mois
Tu as lu, tu pleures et tu m'en veux
:risitaeheh:
Ca doit etre ca chou
:Dubitatif2:
:Chaditas2:
il y a 4 mois
:risitaeheh:
il y a 4 mois