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Ottawa, le lundi 25 mars 2024
Le Canada a vécu, en ce début d'année 2024, l’un des bouleversements politiques les plus spectaculaires de son histoire récente. En l’espace de quelques semaines, le pays est passé d’un gouvernement libéral usé par le pouvoir à une victoire écrasante du Parti conservateur, portée par un homme : Pierre Poilievre.
Tout commence le 17 janvier 2024. Affaibli par une majorité parlementaire relative et dépendant depuis 2022 d’une entente de soutien avec le Nouveau Parti démocratique (NPD), Justin Trudeau annonce sa démission de son poste de Premier ministre.
La rupture est provoquée par le retrait officiel du NPD de l’accord de gouvernance, après l’échec des négociations sur un projet emblématique : la mise en place d’une assurance médicaments universelle. Jagmeet Singh, chef néo-démocrate, juge les concessions libérales insuffisantes et retire son soutien, précipitant la chute du gouvernement.
Conformément aux usages parlementaires, le gouverneur général convoque alors des élections fédérales anticipées, fixées au 24 mars 2024.
La démission de Justin Trudeau entraîne mécaniquement l’ouverture d’une course à la chefferie du Parti libéral du Canada, dans un climat d’urgence et de divisions internes.
Trois figures majeures s’imposent rapidement :
- Greg Fergus, alors président de la Chambre des communes, incarnation d’un libéralisme institutionnel et parlementaire, apprécié pour sa maîtrise des équilibres politiques mais jugé peu charismatique ;
- Chrystia Freeland, vice-première ministre et ministre des Finances sortante, figure centrale du gouvernement Trudeau, symbole de la gestion économique et des choix budgétaires contestés de la dernière mandature ;
- Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, très médiatique, francophone, misant sur son profil international et sa gestion de la crise ukrainienne pour reconquérir le Québec.
À l’issue d’une campagne interne rapide et tendue, c’est Chrystia Freeland qui est désignée cheffe du Parti libéral, et par conséquent candidate aux prochaines élections fédérales anticipées.
Face à des libéraux fragilisés, Pierre Poilievre, chef du Parti conservateur du Canada, mène une campagne d’une rare intensité, articulée autour de messages simples, martelés sans relâche. Ses slogans « Axe the tax », « Building homes », « Stop the crime », « Fix the budget », « Le gros bon sens », « Le Canada d’abord » « Powerful paycheques», « Boots, not suites », « Réparons la frontière cassée », « Ils volent nos jobs » deviennent omniprésents.
Mais c’est surtout sur deux thèmes sensibles que Poilievre opère un basculement stratégique majeur: immigration et insécurité. Pour la première fois depuis longtemps au Canada, un chef conservateur lie frontalement immigration, services publics et sécurité. Il annonce vouloir restreindre le regroupement familial élargi, remettre en cause le droit du sol, durcir les peines, mettre fin aux remises en liberté automatiques pour les récidivistes. Parallèlement, il fait de la crise de la drogue, particulièrement les opioïdes (fentanyl), véritable fléau à Vancouver où il n’est pas rare de voir des zombies errer dans les rues, un thème central de sa campagne, promettant fermeté pénale et démantèlement des réseaux.
Ce discours, longtemps tabou, produit un effet électoral spectaculaire, de la Colombie-Britannique jusqu’au Québec, où les conservateurs enregistrent une remontée inédite.
Les enquêtes d’opinion, qui donnaient initialement les conservateurs autour de 40 % du vote populaire, s’emballent en fin de campagne. Le 24 mars 2024, le verdict des urnes dépasse toutes les projections. Les conservateurs remportent près de 52 % du vote populaire, un score historique dans le contexte du système électoral canadien majoritaire uninominal à un tour. Un système qui, cette fois, amplifie la victoire.
Les résultats en sièges à la Chambre des communes sont sans appel :
Parti conservateur du Canada : 209 députés
Une majorité écrasante, offrant à Pierre Poilievre une marge de manœuvre parlementaire considérable. La victoire conservatrice s’est forgée sur une victoire dans l’Ontario (68 élus) mais surtout une victoire en Colombie Britannique (30 élus) et une percée inattendue au Québec (33 élus) qui a apprécié son discours de franc-tireur sur l’immigration et la perte d’identité liée.
Parti libéral du Canada : 73 députés
Les libéraux parviennent à sauver une partie de l’Ontario, mais subissent un effondrement historique ailleurs, Québec et Colombie-Britannique en tête.
Nouveau Parti démocratique (NPD) : 31 députés
Une progression, mais insuffisante pour peser face à la majorité conservatrice.
Bloc québécois : 21 députés
Le parti souverainiste survit, se maintient, mais recule face à la percée conservatrice au Québec.
Parti vert du Canada : 1 député
Une élue sur l’île de Vancouver (Victoria).
Parti populaire du Canada (PPC) : 8 députés
La grande surprise du scrutin. Le parti de Maxime Bernier fait son entrée à la Chambre des communes, avec quatre élus au Québec, dont Bernier lui-même, confirmant l’existence d’un électorat conservateur plus radicalisé dans l’ensemble du pays.
il y a 19 heures
Je vais retourner là -bas si poilievre est élu et qu'il stop l'invasion indienne
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il y a 19 heures
Lifelike
19h
Je vais retourner là -bas si poilievre est élu et qu'il stop l'invasion indienne
Malheureusement les Ontariens et Québécois ont préféré voter pour Carney et les libéraux. Encore.
Les prix à l'épicerie toujours plus haut, l'immobilier qui continue de flamber, vague migratoire continue et insécurité galopante.
Ah les Libs ont réussi l'exploit de se mettre à dos le seul voisin et protecteur, les Etats-Unis, tout en se jetant dans les bras de la Chine.
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il y a 18 heures
Ottawa, le lundi 25 mars 2024
La victoire de Pierre Poilievre ne se limite pas à une majorité confortable à la Chambre des communes. Elle prend les allures d’un raz-de-marée territorial, redessinant en profondeur la carte politique du Canada. Province après province, territoire après territoire, les conservateurs s’imposent comme la force dominante du pays, souvent à des niveaux inédits.
Sans surprise, l’Ouest constitue l’épicentre de la vague conservatrice.
En Alberta, fief historique de la droite canadienne, le Parti conservateur réalise une quasi-rafle : 36 sièges sur 37. Seul le NPD parvient à sauver un siège, dans la ville d’Edmonton, dans l’hyper-centre plus progressiste. Partout ailleurs, les conservateurs écrasent leurs adversaires avec des scores massifs, confirmant l’adhésion totale de la province au projet Poilievre.
Même scénario en Saskatchewan, où le Parti conservateur remporte la totalité des 14 sièges. Aucun autre parti ne parvient à percer, signe d’un alignement politique presque parfait entre électorat rural, classes moyennes et discours conservateur.
Le Manitoba suit de très près : 13 sièges sur 14 pour les conservateurs. Là encore, seul le NPD empêche le grand chelem, en conservant un siège dans Winnipeg, cœur urbain de la province.
C’est en Colombie-Britannique que la surprise est la plus marquante. Province longtemps fragmentée politiquement, elle bascule largement en faveur des conservateurs. Sur 43 sièges, le Parti conservateur en remporte 30, un score spectaculaire dans une province confrontée à une crise aiguë du logement, une explosion de la consommation de drogues dures et une insécurité croissante dans la région de Vancouver.
La carte électorale révèle toutefois quelques poches de résistance. L’île de Vancouver et Vancouver font figure d’exception, illustrant la fracture persistante entre centres ville progressistes et périphéries basculant à droite.
C’est en Ontario, province la plus peuplée et la plus décisive électoralement, que Pierre Poilievre scelle définitivement sa victoire. Sur les 122 sièges que compte la province, les conservateurs en remportent 68. Un résultat déterminant, qui témoigne d’un basculement des banlieues et des classes moyennes, sensibles au discours sur le coût de la vie, la fiscalité, la criminalité et le logement. Les libéraux y limitent les dégâts (48 sièges), mais perdent leur statut de force dominante.

Autre fait marquant du scrutin : la performance des conservateurs au Québec. Dans une province traditionnellement partagée entre bloquistes et libéraux, Pierre Poilievre parvient à faire élire 33 députés sur 78. Un score qualifié d’impressionnant par de nombreux observateurs.
La stratégie conservatrice, articulée autour de la sécurité, de l’immigration ciblée, du respect des compétences provinciales, et d’un discours économique lisible, séduit une partie de l’électorat francophone, sans pour autant faire disparaître le Bloc Québécois (21 députés), qui se maintient, ni les libéraux, qui reculent nettement (10 députés). A noter également une percée des néo-démocrates à Montréal (10 députés).
Dans l’Est du pays, traditionnellement plus favorable aux libéraux, la vague conservatrice est plus modérée mais bien réelle:
- Nouveau-Brunswick : 5 sièges sur 10 pour les conservateurs.
- Nouvelle-Écosse : 5 sièges sur 11.
- Île-du-Prince-Édouard : 2 sièges sur 4.
- Terre-Neuve-et-Labrador : 3 sièges sur 7 remportés par les conservateurs, un résultat notable dans une province longtemps acquise aux libéraux.
Ces résultats confirment une érosion du bastion libéral atlantique, et une recomposition du vote du centre et de la gauche partagée entre les libéraux et néo-démocrates.
Enfin, l’un des symboles forts de cette élection vient des territoires du Nord. Le Yukon, souvent imprévisible électoralement, élit le député conservateur Ryan Leef. Un siège symbolique, mais lourd de sens : même dans les régions les plus isolées, le discours de Pierre Poilievre trouve un écho, notamment sur les questions de coût de la vie, d’énergie et de gouvernance fédérale.
il y a 17 heures
Malheureusement les Ontariens et Québécois ont préféré voter pour Carney et les libéraux. Encore.
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Quand j'ai quitté en 2022, je payais 60 dollars pour un petit panier de courses
Ca + croiser des indiens a chaque coin de rue m'a fait ragequit
J'espère vrm que trump va prendre tout le Canada sauf le québec
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J'espère vrm que trump va prendre tout le Canada sauf le québec
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il y a 17 heures
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il y a 17 heures
Né le 3 juin 1979 à Calgary en Alberta dans l’Ouest canadien, Pierre Poilievre n'est pas issu de l'élite laurentienne (la classe supérieure vivant le long du fleuve Saint-Laurent et de son bassin versant, dans les grandes villes du centre du Canada comme Montréal et Toronto). Fils adoptif d'un couple d'enseignants d'origine fransaskoise (personnes d'expression française nées en Saskatchewan), il porte en lui cette identité de l'Ouest canadien, conservatrice, résiliente et méfiante envers le pouvoir central d'Ottawa. Il maîtrise parfaitement les deux langues officielles du pays, l’Anglais et le Français.
Entré au Parlement à seulement 25 ans, il s'est forgé une réputation de débatteur féroce, utilisant une rhétorique simple et percutante. Il remporte haut la main la course à la chefferie du Parti Conservateur du Canada (PCC) au terme d’un duel avec l’ancien Premier ministre du Québec, Jean Charest. Appelé comme un sauveur par la frange la plus conservatrice du parti, il en devient le nouveau chef le 10 septembre 2022.
Pierre Poilievre est proche de la droite libertarienne appartenant à la frange la plus radicale du Parti conservateur. Son soutien au Convoi de la liberté et au mouvement de lutte contre les mesures sanitaires lui a permis de gagner fortement en popularité. Il se présente lui-même comme un candidat « antiwoke ».
Poilievre soutient que les déficits, la création monétaire, les taux d'intérêt très bas et la taxe carbone sont les principales raisons qui expliquent l'inflation et plaide pour la normalisation des cryptomonnaies comme moyen d’en sortir. Il est pro-pétrole et veut augmenter la production canadienne, en abolir les importations et développer les moyens de transport du pétrole d’un bout à l’autre du pays. Il veut abolir la taxe carbone qui est en vigueur au Canada depuis 2018. Il souhaite couper le financement de la plupart des médias publics pour protéger les Canadiens contre la désinformation. Néanmoins, il soutient les services français de Radio-Canada.
Il a attiré avec lui de nouveaux membres en allant appuyer les manifestations des camionneurs, le fameux convoi de la Liberté à Ottawa en 2022. Il a appuyé leurs revendications contre les mesures sanitaires et il a canalisé cette colère qui flotte dans les réseaux sociaux contre Justin Trudeau. Il a intégré 300 000 nouveaux membres au sein du Parti conservateur. C’est du jamais vu en politique canadienne actuelle, un véritable record. Il a réussi à mettre en place une grosse machine de guerre et veut faire du Canada le « pays le plus libre du monde ».
Depuis son irrésistible ascension, toutes les étiquettes lui ont été accolées. Un libertarien ? Un populiste ? Un désinformateur ? Un complotiste ? Un Trump canadien ? Le Voldemort des politiciens ? D’extrême droite ?
Pour contrer Pierre Poilievre, les libéraux tentent de l’amalgamer à Donald Trump et à la droite américaine. Mais, après s’être associé au mouvement d’occupation de la colline Parlementaire par les camionneurs, comme l’avait fait Trump avec les insurectionnistes du 6 janvier, Pierre Poilievre ne se cache plus et reprend le vocabulaire de l’ancien président américain. Il a qualifié Justin Trudeau de « wacko » (cinglé) en plein débat parlementaire, ce qui lui a valu d’être expulsé de la Chambre des communes, du jamais-vu pour un chef de l’opposition. Les conservateurs ont accusé le président de la chambre, Greg Fergus, d’avoir été partisan dans sa décision d’expulser Poilievre. Comme pour Donald Trump aux Etats-Unis, ne voudrait-on pas faire taire Pierre Poilievre au Canada ?
Pierre Poilievre a été offensif sur les voix des travailleurs en se rendant à de nombreuses reprises dans des usines, des aciéries, des mines, des ports. Il s’est saisi de certaines plaintes de la population canadienne : les revenus stagnants, le coût de l’alimentation qui ne cesse de monter et l’accès impossible à la propriété. L’augmentation des prix de l’alimentation et des loyers a mis les familles ouvrières à la marge de l’économie. Plusieurs de ceux et celles qui constituaient traditionnellement la base du NPD, donc membres des syndicats ouvriers, se tournent aujourd’hui vers le chef conservateur. La gauche néglige les préoccupations économiques des travailleurs pour s’aventurer dans des enjeux symboliques qui sont surtout populaires sur les campus universitaires.
Cette stratégie a été payante pour les conservateurs qui ont conquis des bastions néo-démocrates comme dans le Grand Nord de l’Ontario où Colin Reynolds, un électricien syndicaliste, qui a ravi le siège du historique du NPD. Pierre Poilievre a non seulement maintenu la base conservatrice de Stephen Harper dans le parti mais il s’est tourné vers la classe ouvrière et y a fait des progrès aux dépens des deux autres partis.
il y a 17 heures
Tu étais où ?
A Montréal, la neige me manque pas du tout
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il y a 17 heures
Anaida Galindo est née le 6 mars 1987 à Caracas, au Venezuela. En 1995, quand elle avait huit ans, sa famille a déménagé à Montréal. En un mois et demi, elle a appris le français en regardant la série humoristique québécoise « La Petite Vie ». Elle a épousé Pierre Poilievre en 2017 à Sintra, au Portugal. Maintenant qu'elle est mère de famille, le français occupe toujours une grande place chez elle. Ses enfants parlent en effet couramment le français et l’espagnol.
Elle participe activement à la vie politique de Pierre, assistant à des événements avec lui et participant à une campagne promotionnelle du Parti conservateur en août 2023. À Ottawa, plusieurs conservateurs disent considérer Anaida Poilievre Galindo comme un atout pour le parti au Québec. Le Québec est l’une des seules provinces où les appuis envers les conservateurs ne sont pas aussi dominants, mais cela a changé lors des dernières élections avec 33 sièges remportés sur les 78 en jeu (un record depuis 1988, 10 sièges en 2021) . La principale intéressée était aux côtés de son mari lors de la campagne électorale.
Dans les rangs conservateurs, on estime qu’elle est l’« arme secrète » de Pierre Poilievre. Depuis qu’ils ont uni leurs destinées, elle est devenue une de ses plus proches conseillères. Ils peuvent se parler ou échanger des messages à plusieurs reprises lors d’une même journée.
En entrevue, elle parle du Québec avec passion, évoquant spontanément « la fierté de notre nation et la fierté de nos valeurs au Québec » qui sont aussi axées sur la protection de la culture et de la langue française. Elle révèle d’ailleurs que la langue de communication à la maison est le français. Et c’est Pierre Poilievre qui tient à parler la langue de Vigneault à la maison avec la famille.
Pierre Poilievre s’amuse d’ailleurs à traduire tout en français. « Il traduit même les noms. Il m’a déjà appelé pour me dire qu’il était en route et qu’il était avec le député Écosse et Lire. Il parlait du député Scott Reid ! Il est tannant. » Un autre exemple ? « Il m’appelle des fois avant de rentrer pour me demander si je veux un Étoile-Fric — un café Starbucks ! », dit-elle en éclatant de rire.
il y a 15 heures
30e CONSEIL DES MINISTRES
Ottawa, le mardi 2 avril 2024
Monarque : Charles III
Premier Ministre : Pierre Poilievre
45e Législature
Formation : le 2 avril 2024
Coalition : Conservateur
Ottawa, le mardi 2 avril 2024
Monarque : Charles III
Premier Ministre : Pierre Poilievre
45e Législature
Formation : le 2 avril 2024
Coalition : Conservateur
Vice-Premier Ministre chargé de la réduction de la taille de l’État : Elon Musk
Secrétaire d’État aux Affaires étrangères: Andrew Scheer
Secrétaire d’État au Trésor: Danielle Smith
Secrétaire d’État à la Défense : Pierre-Paul Hus
Procureur général : Ted Cruz
Ministre de la Sécurité publique, des frontières et de l’immigration : Raquel Dancho
Ministre de l’Energie et des Ressources naturelles : Leslyn Lewis
Ministre du Logement et de la Construction: Arpan Khanna
Ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire : Damien Kurek
Ministre des affaires du Nord et de l'Arctique: Eric Melillo
Ministère de la Cybersécurité et du Numérique : Michael Chong
Ministre de la Santé et de la Famille: Rachael Thomas
Ministre de l’Education, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : Jamil Jivani
Ministre des forêts et océans: Maïté-Blanchette Vézina
Ministre de la Culture, de l’identité canadienne et des langues officielles: Mathieu Bock-Côté
Le Canada est sous le choc. Moins d’une semaine après sa victoire écrasante aux élections fédérales, Pierre Poilievre frappe un coup que personne n’avait vu venir : Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, est nommé vice-premier ministre du Canada, avec une mission claire et explosive : réduire drastiquement la taille de l’État fédéral. En nommant le milliardaire né en Afrique du Sud mais citoyen canadien par sa mère née en Saskatchewan, Poilievre apporte une aura de disruption technologique et entrepreneuriale. Ses partisans y voient le génie qui va sabrer les réglementations superflues et booster l'innovation canadienne.
La victoire des conservateurs se traduit désormais par un gouvernement qui promet de redessiner la scène politique canadienne, et même internationale, de manière spectaculaire. Ce 30e conseil des ministres est resserré à seulement 16 ministères en tout (contre 38 sous Justin Trudeau). Cette cure d'amaigrissement symbolise la promesse de dégraisser l'État fédéral, jugé obèse et inefficace. Mais les surprises ne s'arrêtent pas là .
Danielle Smith, la Première ministre de l'Alberta, prend les Finances et l'Économie. Cette ancienne journaliste et leader de la droite albertaine, défendant farouchement l'industrie pétrolière et les libertés individuelles, est un choix logique pour relancer l'économie canadienne sur des bases conservatrices. Mais la nomination qui fait le plus de bruit est celle de Ted Cruz comme Procureur général du Canada. Né à Calgary en 1970 d'une mère américaine et d'un père cubain, Cruz avait renoncé à sa citoyenneté canadienne en 2014 pour se concentrer sur sa carrière de sénateur républicain au Texas. Son retour au Canada, est un coup de maître : ultra-conservateur, farouche opposant à l'avortement et défenseur des armes à feu, il incarne le lien transfrontalier avec les valeurs américaines conservatrices. Les libéraux crient au scandale et à l’ingérence étrangère, mais Poilievre argue que Cruz, avec son expertise constitutionnelle, va réformer un système judiciaire perçu comme trop idéologique.
Leslyn Lewis, avocate et députée en Ontario, née en Jamaïque en 1970 et immigrée au Canada à cinq ans, prend les Ressources naturelles et l'Énergie. Candidate à la chefferie conservatrice en 2020 et 2022, elle est une figure hyper-conservatrice, pro-vie, opposée au vaccin obligatoire et défendant les valeurs familiales traditionnelles. Son doctorat en droit et sa maîtrise en études environnementales la qualifient pour équilibrer exploitation énergétique et durabilité, dans une optique pro-industrie.
L'Environnement, recentré sur les littoraux, océans, biodiversité, forêts, chasse et pêche, revient à Maïté Blanchette Vézina, politicienne québécoise née en 1985 à Montmagny. Avocate de formation, son expertise en droit des affaires et son engagement local en font une gardienne pragmatique de l'environnement, loin des excès écologistes.
À 38 ans, Jivani, survivant d'un cancer et avocat formé à Yale, est nommé Ministre de l’Education et de l’Enseignement supérieur. Il apporte une vision critique du wokisme en classe, prônant une éducation libérée des programmes de diversité, équité et inclusion (DEI) qu'il voit comme un racisme libéral perpétuant des attentes basses pour les minorités – un écho direct à son modèle, le juge américain Clarence Thomas, qu'il admire comme un pionnier de la diversité authentique et un combattant contre le "soft bigotry of low expectations". Ses positions controversées, comme son opposition au "defund the police", son scepticisme face au racisme systémique et sa critique des fermetures d'écoles pendant la pandémie l'ont poussé à démissionner de son rôle auprès de Doug Ford (Premier Ministre conservateur de l’Ontario).
Parallèlement, son amitié étroite avec JD Vance, vice-président américain et ancien camarade de Yale qu'il décrit comme un frère, pourrait influencer ses politiques éducatives, notamment en s'inspirant des critiques de Vance sur l'élitisme universitaire pour réformer la recherche canadienne vers plus de pragmatisme économique. Cette nomination est saluée par les conservateurs jusqu'aux Etats-Unis comme un coup de maître pour reconquérir les écoles et les universités, mais décriée par les libéraux comme un retour en arrière pour les idées anti-progressistes, s'annonce comme un foyer de controverses, où Jivani, souvent accusé de ne pas correspondre au "bon type de Noir" par ses détracteurs, pourrait redéfinir l'éducation canadienne à l'image de ses héros conservateurs.
Enfin, Mathieu Bock-Côté, sociologue et essayiste québécois né en 1980, hérite de la Culture, de l'Identité canadienne et de la Liberté d'expression. Résidant à Paris où il anime sur CNews, ce critique acerbe du multiculturalisme et du wokisme est une bombe à fragmentation pour les élites libérales. Expulsé jeune du Bloc québécois pour ses vues nationalistes, il défend une identité canadienne forte, ancrée dans les traditions provinciales et européennes. Son arrivée au gouvernement est vue comme un signal fort pour protéger la liberté d'expression contre les censures progressistes.


il y a 41 minutes















