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J'ai quasiment lu tout Kerouac, il s'agit de l'un de mes auteurs préférés, mais cette fois, il m'a déçu. Visions de Gérard, un roman qui relate la très petite enfance de l'auteur durant laquelle il a vécu la mort de son frère, Gérard.

Gérard avait 9 ans, et il était considéré comme un saint par Kerouac. Je veux dire, littéralement. Il le place au même niveau que les grandes figures catholiques qui ont traversé l'Histoire.

Mais en vérité, Gérard n'était pas un saint, et Kerouac traverse simplement une crise de la mi-vie qui le pousse à adopter des croyances new-age. Il se revendique boudhiste, mais il ne l'est que de manière superficielle. Il nous lance ses vérités sur la vie avec la même assurance qu'un complotiste, dans un langage verbeux qui parfois ne veut rien dire du tout.

En fait, le mal est plus profond. Je pense que la mort de Gérard a profondément traumatisé Kerouac, mais ce dernier n'est jamais parvenu à surmonter cette épreuve. Tandis que toute la famille souffre de la mort du petit, Kerouac au contraire se réjouit. Il n'a que 4 ans à l'époque, certes, mas pieux, déjà, il se dit que son frère est enfin au Ciel où il rêvait d'aller, et il est content pour lu.

C'est moralement noble, mais il s'agit d'une erreur, d'un déni. Certaines cutures célèbrent la mort avec des réjouissances, mais nier la souffrance, elles ne le font pas. Le petit Kerouac nie tout, il ne comprend pas.

Et ce déni, Kerouac l'a conservé dans le sens où il prétend que cette vie sur terre, ce n'est pas la vraie vie, que tout commencera vraiment une fois mort. Il rejoindra son frère dans un bonheur éternel. C'est d'une naïveté sans nom, et cette naïveté trouve sa source dans le traumatisme même que lui causa la mort de son frère.

Gérard, lui, était également idéaliste. Mais c'est compréhensible dans la mesure où c'est un gosse qui n'a fait que souffrir et être malade. On ne peut pas lui en vouloir d'espérer un monde idéal après la mort où la souffrance n'existera plus. A part ça, Gérard est un enfant plutôt ordinaire, de nature très morale. Il partage la souffrance d'autrui j'en conviens, il ne souhaite pas la présence du mal sur terre, mais il dispute l chat qui mange la souris et se bat si on le provoque. Globalement, c'est un enfant très moral qui a le potentiel pour faire une carrière dans l'Eglise, mais ça ne va pas plus loin. Il est à peine meilleur que les autres.

Kerouac met continuellement son frère sur un piédestal, admire ses faits et gestes, et ne prend jamais vraiment de recul là-dessus. Il ne prend jamais de recul non plus sur lui-même, ne doutant jamais de ses croyances superficielles. Je ne critique ni le bouddhisme, ni le christianisme, en tout cas sur ce topic, je reproche simplement la superficialité de l'approche de l'auteur qui cache quelque chose d'autre


Concernant le style brut, c'est un peu mieux. Je retrouve cette prose hallucinée que j'aime beaucoup. Dans sur la route, il célébrait la vie, et c'était merveilleux. Ici, on dirait qu'il célèbre la mort qui viendra abréger nos peines, et ça sonne comme un échec à jouir de ce monde comme il a pourtant su le faire. Mais bien que le fond soit raté, la forme a du chien, c'est haché, extatique par moments, comme l'esprit d'un croyant touché par la grâce. Sauf qu'ici, Kerouac n'est touché par rien du tout, et ça se sent. Ce n'est décidément pas un auteur spirituel.


Au début, je me suis immédiatement posé la question du souvenir. Comment va-t-il aller chercher des scènes aussi lointaines au point de combler 200 pages ? Mais en fait, la bonne moitié des passages sont des reconstitutions hypothétiques au point de vue omniscient, tellement que certaines scènes décrites n'ont pas été vécues par l'auteur puisqu'il n'était pas présent. On assiste ainsi à des scènes de son père au bar, de son frère qui court dans la ville la nuit chercher les médicaments de sa mère, etc.

Là encore, j'y vois un échec de Kerouac qui fantasme plus qu'il ne se souvient cette réalité si lointaine pour lui, ce qui est symptomatique de l'ensemble du roman

Voilà, il ne me déçoit pas souvent, mais ça arrive


@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
il y a un jour
jamais lu une seule ligne de Kerouac, un illuminé avec une machine à écrire, surement rien de plus
:Bouli:
il y a un jour
purée mais tu lis a la vitesse de la lumiere !!!¨
- IVDEA DELENDA EST - PROPTER METVM IVDAEORVM -
il y a un jour
purée mais tu lis a la vitesse de la lumiere !!!¨
en réalité c'est moi qui suis une fraude absolue et qui suis empetré depuis presque deux ans dans un livre que je n'arrive pas a finir (par contre j'enquille les livres audio, facile un par mois).
- IVDEA DELENDA EST - PROPTER METVM IVDAEORVM -
il y a un jour
purée mais tu lis a la vitesse de la lumiere !!!¨
bah il est connu pour enquiller notre ami pascimachin, j'ai déjà du mal à lire son nom c'est pas pour faire comme lui et lire tout ce qui bouge
:hhhggg:
il y a un jour
jamais lu une seule ligne de Kerouac, un illuminé avec une machine à écrire, surement rien de plus
:Bouli:
Il est tout à fait sublime lorsqu'il célèbre la vie intense dans ses livres de vadrouille, le meilleur d'entre tous. Mais c'était un penseur médiocre voué à dire des élucubrations dès qu'il allait dans le théorique. Un pur sensitif
:risitaeheh:
il y a un jour
Nomi je lock
:chien_ail:
Le Magnifique Dessin de @xenopaz: Image Vive @Pazchrist
il y a un jour
en réalité c'est moi qui suis une fraude absolue et qui suis empetré depuis presque deux ans dans un livre que je n'arrive pas a finir (par contre j'enquille les livres audio, facile un par mois).
Certains bourgeois en lecture rapide tournent à 15 livres par mois c'est pas la course. J'ai simplement du temps et des livres courts
:risitas_ahi:
il y a un jour
bah il est connu pour enquiller notre ami pascimachin, j'ai déjà du mal à lire son nom c'est pas pour faire comme lui et lire tout ce qui bouge
:hhhggg:
Eussoudore par contre
:gros_golem:
il y a un jour
Ca n'a pas l'air top en effet
:MainZidanelunettes:
il y a un jour
Nomi je lock
:chien_ail:
:Phoque_vener:
il y a un jour
J'ai quasiment lu tout Kerouac, il s'agit de l'un de mes auteurs préférés, mais cette fois, il m'a déçu. Visions de Gérard, un roman qui relate la très petite enfance de l'auteur durant laquelle il a vécu la mort de son frère, Gérard.

Gérard avait 9 ans, et il était considéré comme un saint par Kerouac. Je veux dire, littéralement. Il le place au même niveau que les grandes figures catholiques qui ont traversé l'Histoire.

Mais en vérité, Gérard n'était pas un saint, et Kerouac traverse simplement une crise de la mi-vie qui le pousse à adopter des croyances new-age. Il se revendique boudhiste, mais il ne l'est que de manière superficielle. Il nous lance ses vérités sur la vie avec la même assurance qu'un complotiste, dans un langage verbeux qui parfois ne veut rien dire du tout.

En fait, le mal est plus profond. Je pense que la mort de Gérard a profondément traumatisé Kerouac, mais ce dernier n'est jamais parvenu à surmonter cette épreuve. Tandis que toute la famille souffre de la mort du petit, Kerouac au contraire se réjouit. Il n'a que 4 ans à l'époque, certes, mas pieux, déjà, il se dit que son frère est enfin au Ciel où il rêvait d'aller, et il est content pour lu.

C'est moralement noble, mais il s'agit d'une erreur, d'un déni. Certaines cutures célèbrent la mort avec des réjouissances, mais nier la souffrance, elles ne le font pas. Le petit Kerouac nie tout, il ne comprend pas.

Et ce déni, Kerouac l'a conservé dans le sens où il prétend que cette vie sur terre, ce n'est pas la vraie vie, que tout commencera vraiment une fois mort. Il rejoindra son frère dans un bonheur éternel. C'est d'une naïveté sans nom, et cette naïveté trouve sa source dans le traumatisme même que lui causa la mort de son frère.

Gérard, lui, était également idéaliste. Mais c'est compréhensible dans la mesure où c'est un gosse qui n'a fait que souffrir et être malade. On ne peut pas lui en vouloir d'espérer un monde idéal après la mort où la souffrance n'existera plus. A part ça, Gérard est un enfant plutôt ordinaire, de nature très morale. Il partage la souffrance d'autrui j'en conviens, il ne souhaite pas la présence du mal sur terre, mais il dispute l chat qui mange la souris et se bat si on le provoque. Globalement, c'est un enfant très moral qui a le potentiel pour faire une carrière dans l'Eglise, mais ça ne va pas plus loin. Il est à peine meilleur que les autres.

Kerouac met continuellement son frère sur un piédestal, admire ses faits et gestes, et ne prend jamais vraiment de recul là-dessus. Il ne prend jamais de recul non plus sur lui-même, ne doutant jamais de ses croyances superficielles. Je ne critique ni le bouddhisme, ni le christianisme, en tout cas sur ce topic, je reproche simplement la superficialité de l'approche de l'auteur qui cache quelque chose d'autre


Concernant le style brut, c'est un peu mieux. Je retrouve cette prose hallucinée que j'aime beaucoup. Dans sur la route, il célébrait la vie, et c'était merveilleux. Ici, on dirait qu'il célèbre la mort qui viendra abréger nos peines, et ça sonne comme un échec à jouir de ce monde comme il a pourtant su le faire. Mais bien que le fond soit raté, la forme a du chien, c'est haché, extatique par moments, comme l'esprit d'un croyant touché par la grâce. Sauf qu'ici, Kerouac n'est touché par rien du tout, et ça se sent. Ce n'est décidément pas un auteur spirituel.


Au début, je me suis immédiatement posé la question du souvenir. Comment va-t-il aller chercher des scènes aussi lointaines au point de combler 200 pages ? Mais en fait, la bonne moitié des passages sont des reconstitutions hypothétiques au point de vue omniscient, tellement que certaines scènes décrites n'ont pas été vécues par l'auteur puisqu'il n'était pas présent. On assiste ainsi à des scènes de son père au bar, de son frère qui court dans la ville la nuit chercher les médicaments de sa mère, etc.

Là encore, j'y vois un échec de Kerouac qui fantasme plus qu'il ne se souvient cette réalité si lointaine pour lui, ce qui est symptomatique de l'ensemble du roman

Voilà, il ne me déçoit pas souvent, mais ça arrive


@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
AH oui Kerouac, si un jour Dieu m'accorde la chance de pouvoir me perdre sur les routes américaines, je lirai un de ses livres
:StewartDrink:
il y a 21 heures
J'ai quasiment lu tout Kerouac, il s'agit de l'un de mes auteurs préférés, mais cette fois, il m'a déçu. Visions de Gérard, un roman qui relate la très petite enfance de l'auteur durant laquelle il a vécu la mort de son frère, Gérard.

Gérard avait 9 ans, et il était considéré comme un saint par Kerouac. Je veux dire, littéralement. Il le place au même niveau que les grandes figures catholiques qui ont traversé l'Histoire.

Mais en vérité, Gérard n'était pas un saint, et Kerouac traverse simplement une crise de la mi-vie qui le pousse à adopter des croyances new-age. Il se revendique boudhiste, mais il ne l'est que de manière superficielle. Il nous lance ses vérités sur la vie avec la même assurance qu'un complotiste, dans un langage verbeux qui parfois ne veut rien dire du tout.

En fait, le mal est plus profond. Je pense que la mort de Gérard a profondément traumatisé Kerouac, mais ce dernier n'est jamais parvenu à surmonter cette épreuve. Tandis que toute la famille souffre de la mort du petit, Kerouac au contraire se réjouit. Il n'a que 4 ans à l'époque, certes, mas pieux, déjà, il se dit que son frère est enfin au Ciel où il rêvait d'aller, et il est content pour lu.

C'est moralement noble, mais il s'agit d'une erreur, d'un déni. Certaines cutures célèbrent la mort avec des réjouissances, mais nier la souffrance, elles ne le font pas. Le petit Kerouac nie tout, il ne comprend pas.

Et ce déni, Kerouac l'a conservé dans le sens où il prétend que cette vie sur terre, ce n'est pas la vraie vie, que tout commencera vraiment une fois mort. Il rejoindra son frère dans un bonheur éternel. C'est d'une naïveté sans nom, et cette naïveté trouve sa source dans le traumatisme même que lui causa la mort de son frère.

Gérard, lui, était également idéaliste. Mais c'est compréhensible dans la mesure où c'est un gosse qui n'a fait que souffrir et être malade. On ne peut pas lui en vouloir d'espérer un monde idéal après la mort où la souffrance n'existera plus. A part ça, Gérard est un enfant plutôt ordinaire, de nature très morale. Il partage la souffrance d'autrui j'en conviens, il ne souhaite pas la présence du mal sur terre, mais il dispute l chat qui mange la souris et se bat si on le provoque. Globalement, c'est un enfant très moral qui a le potentiel pour faire une carrière dans l'Eglise, mais ça ne va pas plus loin. Il est à peine meilleur que les autres.

Kerouac met continuellement son frère sur un piédestal, admire ses faits et gestes, et ne prend jamais vraiment de recul là-dessus. Il ne prend jamais de recul non plus sur lui-même, ne doutant jamais de ses croyances superficielles. Je ne critique ni le bouddhisme, ni le christianisme, en tout cas sur ce topic, je reproche simplement la superficialité de l'approche de l'auteur qui cache quelque chose d'autre


Concernant le style brut, c'est un peu mieux. Je retrouve cette prose hallucinée que j'aime beaucoup. Dans sur la route, il célébrait la vie, et c'était merveilleux. Ici, on dirait qu'il célèbre la mort qui viendra abréger nos peines, et ça sonne comme un échec à jouir de ce monde comme il a pourtant su le faire. Mais bien que le fond soit raté, la forme a du chien, c'est haché, extatique par moments, comme l'esprit d'un croyant touché par la grâce. Sauf qu'ici, Kerouac n'est touché par rien du tout, et ça se sent. Ce n'est décidément pas un auteur spirituel.


Au début, je me suis immédiatement posé la question du souvenir. Comment va-t-il aller chercher des scènes aussi lointaines au point de combler 200 pages ? Mais en fait, la bonne moitié des passages sont des reconstitutions hypothétiques au point de vue omniscient, tellement que certaines scènes décrites n'ont pas été vécues par l'auteur puisqu'il n'était pas présent. On assiste ainsi à des scènes de son père au bar, de son frère qui court dans la ville la nuit chercher les médicaments de sa mère, etc.

Là encore, j'y vois un échec de Kerouac qui fantasme plus qu'il ne se souvient cette réalité si lointaine pour lui, ce qui est symptomatique de l'ensemble du roman

Voilà, il ne me déçoit pas souvent, mais ça arrive


@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
Tu lis un livre par jour ou quoi
:WTF:

Tu conseillerais plutôt lequel de ses livres du coup ?
:AnyaStream:
Image
il y a 14 heures
Tu lis un livre par jour ou quoi
:WTF:

Tu conseillerais plutôt lequel de ses livres du coup ?
:AnyaStream:
Sur la route son chef d'oeuvre. Et les Clochards Célestes qui complètent
il y a 6 heures