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D'habitude je ne partage pas les proses car c'est un peu chiant et long à lire sur un forum. Mais comme c'est le NNN je profite de l'occasion pour partager ce tout petit récit vaguement érotique et à connotation autistique

:Deuxchats:




Il fait tiède. Il fait nuit. C’est agréable, ce genre de nuit qui nous drape comme un petit vêtement. Puis, y a l’alcool qui m’aide. La bonne ivresse de l’alcool. Euphorique, sociable. Le sourire aux inconnus et à la nuit. Et le DJ, sous la tonnelle. Petites enceintes, à peine de pas grande chose : tout ce qu’il faut.

Les filles sont jolies. J’aime tellement les femmes. Ici, elles sont plus jolies qu’ailleurs. Elles ont une personnalité, je veux dire, un si beau reflet de leur âme sur le visage. C’est un peu trop romantique, mais on a l’idée. L'endroit est fréquenté par des teufeurs, des un peu marginaux. La plupart des gens ont ce petit truc à part, une vraie identité. Si une fille n’a pas l’esprit, j’y arrive pas. Elle aura beau être jolie, superbe, convoitée, ça ne marchera pas. Impossible. Le désir est bloqué. Mais ces quelques unes un peu bizarres, un peu décalées, je les aime toutes.

J’en parle justement à cette femme très réceptive. On dirait que je lui plais. Ses regards et ses sourires m’appellent. Elodie ! Ou Elo. Mes parents m’appellent Elodie. Non, Elo, c’est mieux. Appelle moi Elo. Elo respire, Elo vit, elle ôte mon calme. Ses manières sont familières et nouvelle à la fois. Elle porte une frange, des vêtements amples. Tellement, qu’ils la font doubler de volume. En parlant de ses goûts, elle se rapproche un peu. On rigole, on s’amuse, on est heureux. Oui, on se plaît. Je veux sincèrement la connaître mieux. Elodie me raconte :

-J’ai quitté mon CDI de masseuse. J’avais presque pas de tunes, mais un mois de plus : je crevais. Alors j’ai pris mon sac, tout pour être autonome, et je me suis barré sans savoir où j’allais. Parfois je dormais dans ma tente, parfois les gens m’invitaient chez eux. Un jour, je suis resté dans une ferme. Tu sais, pour y travailler. Contre l’hébergement. Ouais, woofing, tu connais. Alors, j’y suis restée trois mois. J’ai adoré ! J’ai besoin que mes mains touchent quelque chose…

J’ai l’impression d’avoir entendu la même histoire cent fois. Mais elle est tellement belle que je m’en lasse pas. L’histoire, bien sûr. Mais Elo aussi. Sa bouche est une fleur. J’écoute ce qui la touche dans l’agriculture. Je me sentais malheureuse dans mon salon de massage. Alors que maintenant, je peux voir mon travail grandir. Donner des fruits. Je touche de la matière, je travaille sur la matière.

-T’es belle, Elodie… Et tu…

- Merci !

- Et tu ne travaillais pas la matière quand tu massais, selon toi ?

- Oh ! … Ouais un peu, c’est vrai. Non, c’est vrai…Mais tu vois… Arrête de poser des questions difficiles en soirée !

On rigole. Les présentations sont faites. Un rituel accompli pour devenir plus légers. On se touche un peu, comme deux amis surexcités. A chaque nouveau point commun, c’est la fête.

-Oh ! Tu as étudié à Caen, toi aussi ?

- Toi aussi ?

Et en quelle année ? Mais quatre ans avant moi ! Alors tu as 24 ans ! Et toi 28 ! Oh, j’aurais dit 25, et oui, et oui, et oui ! Toutes les banalités qui nous sortent de la bouche mais qui nous réjouissent.

Comme on se touche plus longtemps, je me lâche :

-Elodie, est-ce que tu veux qu’on couche ensemble ?

- Quoi ? Comme ça ? Tu me drague pas ?

- Non, je préfère être honnête. Tu me plais, pas que physiquement, et je demande si c’est réciproque.

- Oui… euh… oui. Mais je m’y attendais pas.

- Désolé, j’arrive pas à faire autrement. Mais je t’ai pas abordé juste pour le cul. C’est venu quand on s’est parlé. Tu m’intéresses vraiment.

Elle marque une pause un moment. Puis d’un rapide relevé de tête :

- Bah en vrai t’as raison !

- Alors c’est comme tu veux, si tu veux aller plus loin. Voilà, pas de pression. On peut carrément continuer à discuter comme ça !

Elle me prend la main et approche sa bouche.

-On peut essayer comme ça…

Et ses lèvres me font un effet prodigieux. Elles ont une texture si précise, un mouvement si net. Elles sont intenses. Je lui rends baiser sur baiser, sans me rendre compte. On se rend plus compte. Nos visages ne se sont même pas consultés. On a continué naturellement. C’est venu tout de suite, chez tous les deux. Le moment est savoureux. Le moment. Le moment… Quelle galoche ! Ça nous fait rigoler. Je m’attendais pas à que ça dure aussi longtemps ! Moi non plus ! Et des phrases qui se raccourcissent, et de nouveaux baisés, et des câlins dans le silence.

La soirée n’est pas terminée. On part devant le son, sans se quitter. Danser ensemble est une nouvelle manière de s’aimer, de se désirer. Les gens, autour de nous, sourient. Quelques mecs me font des clins d’œil suggestifs. Ça me gêne un peu. Ils sont faciles à ignorer. On tourne, on tourne, et il n’y a plus qu’Elodie heureuse et qui s’amuse. Nos corps se cherchent, ils se mettent des temps de tension, d’attente, puis ils se synchronisent, s’éloignent, se réunissent. Jusqu’à l’épuisement.

Et puis quoi ? On s’embrasse encore un peu ? On titube jusqu’à chez elle ? On fait l’amour avec passion et légèreté ? Puis quelques fois, ça se revoit ? Des petits bisous, des petits bébés ? Je lui bouffe la chatte gratuitement, rien que pour elle ? Puis on voyagera ensemble dans un camion ? Sur les collines, on baisera en se grattant les piqures de moustique ? Oui, peut-être. Peut-être, si je lui avais demandé qu’on couche ensemble. Mais je l’ai pas fait.
il y a un an
:Deuxchats:
il y a un an
:up:
mais je lirais demain
:Priere:
il y a un an
:up:
mais je lirais demain
:Priere:
T'es chaud
:Deuxchats:
il y a un an
T'es chaud
:Deuxchats:
L'inverse
:risitas_gonfle:


Mais
:up:
nonobstant
il y a un an
Le mien est mieux
:Angelquestion:
Bordel du génie qui a fait ça
:risitas_gonfle:
il y a un an
Bordel du génie qui a fait ça
:risitas_gonfle:
il y a un an
Bah moi
:Angelquestion:
Incroyable
:rire:
il y a un an
:Deuxchats:
il y a un an
:up:
il y a un an