Sujet résolu
L'auteur a trouvé une solution à son problème.
En ce moment, je me questionne sur l'identité.
Formellement, l'identité est ce qui est identique à soi-même. Appliquée aux consciences, c'est ce qui fait que nous sommes nous.
John Locke a défini l'identité comme une continuité d'état rémanents, chaque présence à soi dure encore quelques secondes dans la mémoire immédiate et permet de faire la transition d'un temps à un autre temps tout en ayant la même identité. Cette continuité dure depuis l'enfance, et c'est ce qui fait que j'ai conscience d'être moi malgré des états successifs.
Or, ce que touche John Locke, c'est plutôt le substrat de l'identité, sa possibilité d'existence. Mais il ne nous dit rien sur sa nature : le fait que ma conscience d'être moi soit demeurée la même au cours de ces décennies ne signifie pas que la nature de mon identité, son contenu, soit resté le même. Moi enfant, c'était bien moi dans le sens où j'avais conscience de mon identité, mais moi adulte, je ne suis plus cet enfant. J'ai profondément changé. Le socle de mon identité est intact puisque j'ai toujours eu conscience d'être moi, mais ce que j'étais n'est plus ce que je suis.
Donc l'identité peut changer.
Ce qui reste constant, c'est la conscience de son identité, ce dont parle John Locke. Si la conscience de son identité change, on entre alors dans les troubles dissociatifs de l'identité ou dans des états de conscience extatiques et non égotiques. Dans le premier cas, plusieurs consciences cohabitent dans un cerveau, avec chacune leur identité. Dans le second, c'est une dissolution de l'égo dans l'univers ou bien l'inverse, une dissolution de l'univers dans l'égo.
Reprenons : l'identité peut changer. C'est la vérité qui m'est apparue après quelques années de philosophie. Ce que je suis, ce n'est pas fixable comme l'identité de la table ou des éléments. Je suis fluide, en perpétuel changement, chaque année est une réinvention de qui je suis. C'est le malheur de beaucoup d'hommes. Ils ne savent pas qui ils sont parce qu'ils ne pourront jamais se fixer dans une identité immuable. Il y a un néant en nous, un vide à combler, et qui nous pousse à devenir autre chose que ce que nous sommes.
Or, l'identité est supposée être ce qui est identique à soi-même. Et d'ailleurs, nous disons bien à certains ados : arrête de jouer un rôle, de vouloir être ce que tu n'es pas, sois toi-même.
Mais ce n'est pas contradictoire. Dans l'instant présent, je suis identique à moi-même, c'est-à-dire à mon état ainsi qu'à la somme de mon passé. Or, il m'est impossible de m'y complaire, car voici que l'instant passe, et qu'un nouvel état présent advient. La plupart du temps, les instants sont identiques ou presque. Mais semaines après semaines, un changement que personne ne peut retenir se produit inexorablement. Si bien que mon identité du mois de janvier n'est plus tout à fait la même que mon identité du mois d'octobre. Mais c'est bien toujours une identité avec moi-même à ce moment présent, là, maintenant. Simplement, ce n'est plus identique à mon identité de janvier.
Quant aux rôles, je m'y penche. C'est là que je veux vous emmener.
Durkheim nous apprend que nous jouons tous des rôles. Tantôt le mari, tantôt l'ami, et nous adaptons nos comportements sociaux selon la circonstance. Mais Durkheim était un observateur sans la profondeur. Il ne comprenait pas la subtilité entre un rôle naturel et un rôle forcé. Entre un rôle qui veut produire un effet, et un rôle cohérent avec notre identité.
L'identité est fluide, changeante et par conséquent nos rôles peuvent changer également. Or, cela prend du temps, et un changement soudain aura ce caractère forcé, joué, guindé, faux. Sauf dans les cas de troubles dissociatifs.
Maintenant, je peux choisir qui je deviens. Il suffit d'orienter mon avenir. Je suis un gars timide, je l'ai toujours été ? Et bien je me mets en situation où la timidité n'a plus lieu d'être : théâtre, autostop, j'en fais ma nouvelle vie, et petit à petit, mon identité de timide disparaîtra. Façonner son propre caractère, choisir son identité, est possible dans cette mesure. Bien sûr, après, chacun à son passé, ses neurodivergences, ses traumatismes, et ceci sont des parts de nous que nous ne choisissons pas. Je ne vais pas faire les milles nuances. Le fait est que le caractère est transformable, tout comme l'identités, nos rôles, ce que nous sommes et ce que nous dégageons
Mais vous me connaissez, je suis un peu excentrique. J'aime explorer des régions obscures, des choses bizarres.
Alors, je me suis intéressé à la duplication de son identité, à la dissociation volontaire. Peut-on, sans souffrir d'un trouble dissociatif de l'identité, atteindre une dissociation équivalente ?
Pour commencer, il faut se créer un alter-égo, possédant sa propre identité indépendante et par conséquent ses rôles sociaux. Contrairement au cas de l'ado peu confiant, le rôle n'est pas superposé à sa personnalité. Il est à côté. C'est une nouvelle personnalité, une nouvelle identité, avec un changement de nom et d'histoire. Le plus simple consiste à incarner un personnage. C'est ce que font les excellents acteurs pour s'entraîner. Ils deviennent quotidiennement leur personnage pour l'incarner à la perfection à l'écran. Sauf qu'ici, il n'y a ni écran, ni cinéma.
Vous devez commencer à mener une double vie, correspondant à deux identités différentes. L'une sera jouée, mais à force d'être jouée, elle deviendra naturelle, comme les bons acteurs. Un an, deux ans, le poids d'un passé va donner une consistance à votre alter-égo. Il va lui-même évoluer et devenir autre, ainsi que nous l'avons vu.
C'est à ce stade que l'on peut faire intervenir l'hypnose. Ce procédé vous permettra de devenir entièrement l'une ou l'autre de vos identités, en oubliant l'existence de l'autre au moment où vous incarnez l'une d'entre elle. Pour switcher, il faut passer par ce rituel hypnotique. C'est ce que font certains transgenres un peu perchés qui veulent oublié leur passif masculin ou féminin
Formellement, l'identité est ce qui est identique à soi-même. Appliquée aux consciences, c'est ce qui fait que nous sommes nous.
John Locke a défini l'identité comme une continuité d'état rémanents, chaque présence à soi dure encore quelques secondes dans la mémoire immédiate et permet de faire la transition d'un temps à un autre temps tout en ayant la même identité. Cette continuité dure depuis l'enfance, et c'est ce qui fait que j'ai conscience d'être moi malgré des états successifs.
Or, ce que touche John Locke, c'est plutôt le substrat de l'identité, sa possibilité d'existence. Mais il ne nous dit rien sur sa nature : le fait que ma conscience d'être moi soit demeurée la même au cours de ces décennies ne signifie pas que la nature de mon identité, son contenu, soit resté le même. Moi enfant, c'était bien moi dans le sens où j'avais conscience de mon identité, mais moi adulte, je ne suis plus cet enfant. J'ai profondément changé. Le socle de mon identité est intact puisque j'ai toujours eu conscience d'être moi, mais ce que j'étais n'est plus ce que je suis.
Donc l'identité peut changer.
Ce qui reste constant, c'est la conscience de son identité, ce dont parle John Locke. Si la conscience de son identité change, on entre alors dans les troubles dissociatifs de l'identité ou dans des états de conscience extatiques et non égotiques. Dans le premier cas, plusieurs consciences cohabitent dans un cerveau, avec chacune leur identité. Dans le second, c'est une dissolution de l'égo dans l'univers ou bien l'inverse, une dissolution de l'univers dans l'égo.
Reprenons : l'identité peut changer. C'est la vérité qui m'est apparue après quelques années de philosophie. Ce que je suis, ce n'est pas fixable comme l'identité de la table ou des éléments. Je suis fluide, en perpétuel changement, chaque année est une réinvention de qui je suis. C'est le malheur de beaucoup d'hommes. Ils ne savent pas qui ils sont parce qu'ils ne pourront jamais se fixer dans une identité immuable. Il y a un néant en nous, un vide à combler, et qui nous pousse à devenir autre chose que ce que nous sommes.
Or, l'identité est supposée être ce qui est identique à soi-même. Et d'ailleurs, nous disons bien à certains ados : arrête de jouer un rôle, de vouloir être ce que tu n'es pas, sois toi-même.
Mais ce n'est pas contradictoire. Dans l'instant présent, je suis identique à moi-même, c'est-à-dire à mon état ainsi qu'à la somme de mon passé. Or, il m'est impossible de m'y complaire, car voici que l'instant passe, et qu'un nouvel état présent advient. La plupart du temps, les instants sont identiques ou presque. Mais semaines après semaines, un changement que personne ne peut retenir se produit inexorablement. Si bien que mon identité du mois de janvier n'est plus tout à fait la même que mon identité du mois d'octobre. Mais c'est bien toujours une identité avec moi-même à ce moment présent, là, maintenant. Simplement, ce n'est plus identique à mon identité de janvier.
Quant aux rôles, je m'y penche. C'est là que je veux vous emmener.
Durkheim nous apprend que nous jouons tous des rôles. Tantôt le mari, tantôt l'ami, et nous adaptons nos comportements sociaux selon la circonstance. Mais Durkheim était un observateur sans la profondeur. Il ne comprenait pas la subtilité entre un rôle naturel et un rôle forcé. Entre un rôle qui veut produire un effet, et un rôle cohérent avec notre identité.
L'identité est fluide, changeante et par conséquent nos rôles peuvent changer également. Or, cela prend du temps, et un changement soudain aura ce caractère forcé, joué, guindé, faux. Sauf dans les cas de troubles dissociatifs.
Maintenant, je peux choisir qui je deviens. Il suffit d'orienter mon avenir. Je suis un gars timide, je l'ai toujours été ? Et bien je me mets en situation où la timidité n'a plus lieu d'être : théâtre, autostop, j'en fais ma nouvelle vie, et petit à petit, mon identité de timide disparaîtra. Façonner son propre caractère, choisir son identité, est possible dans cette mesure. Bien sûr, après, chacun à son passé, ses neurodivergences, ses traumatismes, et ceci sont des parts de nous que nous ne choisissons pas. Je ne vais pas faire les milles nuances. Le fait est que le caractère est transformable, tout comme l'identités, nos rôles, ce que nous sommes et ce que nous dégageons
Mais vous me connaissez, je suis un peu excentrique. J'aime explorer des régions obscures, des choses bizarres.
Alors, je me suis intéressé à la duplication de son identité, à la dissociation volontaire. Peut-on, sans souffrir d'un trouble dissociatif de l'identité, atteindre une dissociation équivalente ?
Pour commencer, il faut se créer un alter-égo, possédant sa propre identité indépendante et par conséquent ses rôles sociaux. Contrairement au cas de l'ado peu confiant, le rôle n'est pas superposé à sa personnalité. Il est à côté. C'est une nouvelle personnalité, une nouvelle identité, avec un changement de nom et d'histoire. Le plus simple consiste à incarner un personnage. C'est ce que font les excellents acteurs pour s'entraîner. Ils deviennent quotidiennement leur personnage pour l'incarner à la perfection à l'écran. Sauf qu'ici, il n'y a ni écran, ni cinéma.
Vous devez commencer à mener une double vie, correspondant à deux identités différentes. L'une sera jouée, mais à force d'être jouée, elle deviendra naturelle, comme les bons acteurs. Un an, deux ans, le poids d'un passé va donner une consistance à votre alter-égo. Il va lui-même évoluer et devenir autre, ainsi que nous l'avons vu.
C'est à ce stade que l'on peut faire intervenir l'hypnose. Ce procédé vous permettra de devenir entièrement l'une ou l'autre de vos identités, en oubliant l'existence de l'autre au moment où vous incarnez l'une d'entre elle. Pour switcher, il faut passer par ce rituel hypnotique. C'est ce que font certains transgenres un peu perchés qui veulent oublié leur passif masculin ou féminin
il y a un an
Sponsorisé
Connectez-vous pour masquer les pubsUne vache ?
╔══ஓ๑Un regard tourné vers la lune...l'espoir๑ஓ══╗ survivant seul
même aux cicatrices
il y a un an
"John Locke a défini l'identité..."
Je savais pas qu'il était devenu philosophe après avoir quitté l'île de Lost
Je savais pas qu'il était devenu philosophe après avoir quitté l'île de Lost

il y a un an
mais qui va lire ça sérieux ?
Le texte est à la fois rigoureux et vulgarisé, il explore en profondeur la question qu'il touche. Je pense honnêtement que certains peuvent en ressortir fascinés pour quelques jours
il y a un an
"John Locke a défini l'identité..."
Je savais pas qu'il était devenu philosophe après avoir quitté l'île de Lost
Je savais pas qu'il était devenu philosophe après avoir quitté l'île de Lost

Absence de fake ils ont inventé un homonyme dans Lost ?
il y a un an
En ce moment, je me questionne sur l'identité.
Formellement, l'identité est ce qui est identique à soi-même. Appliquée aux consciences, c'est ce qui fait que nous sommes nous.
John Locke a défini l'identité comme une continuité d'état rémanents, chaque présence à soi dure encore quelques secondes dans la mémoire immédiate et permet de faire la transition d'un temps à un autre temps tout en ayant la même identité. Cette continuité dure depuis l'enfance, et c'est ce qui fait que j'ai conscience d'être moi malgré des états successifs.
Or, ce que touche John Locke, c'est plutôt le substrat de l'identité, sa possibilité d'existence. Mais il ne nous dit rien sur sa nature : le fait que ma conscience d'être moi soit demeurée la même au cours de ces décennies ne signifie pas que la nature de mon identité, son contenu, soit resté le même. Moi enfant, c'était bien moi dans le sens où j'avais conscience de mon identité, mais moi adulte, je ne suis plus cet enfant. J'ai profondément changé. Le socle de mon identité est intact puisque j'ai toujours eu conscience d'être moi, mais ce que j'étais n'est plus ce que je suis.
Donc l'identité peut changer.
Ce qui reste constant, c'est la conscience de son identité, ce dont parle John Locke. Si la conscience de son identité change, on entre alors dans les troubles dissociatifs de l'identité ou dans des états de conscience extatiques et non égotiques. Dans le premier cas, plusieurs consciences cohabitent dans un cerveau, avec chacune leur identité. Dans le second, c'est une dissolution de l'égo dans l'univers ou bien l'inverse, une dissolution de l'univers dans l'égo.
Reprenons : l'identité peut changer. C'est la vérité qui m'est apparue après quelques années de philosophie. Ce que je suis, ce n'est pas fixable comme l'identité de la table ou des éléments. Je suis fluide, en perpétuel changement, chaque année est une réinvention de qui je suis. C'est le malheur de beaucoup d'hommes. Ils ne savent pas qui ils sont parce qu'ils ne pourront jamais se fixer dans une identité immuable. Il y a un néant en nous, un vide à combler, et qui nous pousse à devenir autre chose que ce que nous sommes.
Or, l'identité est supposée être ce qui est identique à soi-même. Et d'ailleurs, nous disons bien à certains ados : arrête de jouer un rôle, de vouloir être ce que tu n'es pas, sois toi-même.
Mais ce n'est pas contradictoire. Dans l'instant présent, je suis identique à moi-même, c'est-à-dire à mon état ainsi qu'à la somme de mon passé. Or, il m'est impossible de m'y complaire, car voici que l'instant passe, et qu'un nouvel état présent advient. La plupart du temps, les instants sont identiques ou presque. Mais semaines après semaines, un changement que personne ne peut retenir se produit inexorablement. Si bien que mon identité du mois de janvier n'est plus tout à fait la même que mon identité du mois d'octobre. Mais c'est bien toujours une identité avec moi-même à ce moment présent, là, maintenant. Simplement, ce n'est plus identique à mon identité de janvier.
Quant aux rôles, je m'y penche. C'est là que je veux vous emmener.
Durkheim nous apprend que nous jouons tous des rôles. Tantôt le mari, tantôt l'ami, et nous adaptons nos comportements sociaux selon la circonstance. Mais Durkheim était un observateur sans la profondeur. Il ne comprenait pas la subtilité entre un rôle naturel et un rôle forcé. Entre un rôle qui veut produire un effet, et un rôle cohérent avec notre identité.
L'identité est fluide, changeante et par conséquent nos rôles peuvent changer également. Or, cela prend du temps, et un changement soudain aura ce caractère forcé, joué, guindé, faux. Sauf dans les cas de troubles dissociatifs.
Maintenant, je peux choisir qui je deviens. Il suffit d'orienter mon avenir. Je suis un gars timide, je l'ai toujours été ? Et bien je me mets en situation où la timidité n'a plus lieu d'être : théâtre, autostop, j'en fais ma nouvelle vie, et petit à petit, mon identité de timide disparaîtra. Façonner son propre caractère, choisir son identité, est possible dans cette mesure. Bien sûr, après, chacun à son passé, ses neurodivergences, ses traumatismes, et ceci sont des parts de nous que nous ne choisissons pas. Je ne vais pas faire les milles nuances. Le fait est que le caractère est transformable, tout comme l'identités, nos rôles, ce que nous sommes et ce que nous dégageons
Mais vous me connaissez, je suis un peu excentrique. J'aime explorer des régions obscures, des choses bizarres.
Alors, je me suis intéressé à la duplication de son identité, à la dissociation volontaire. Peut-on, sans souffrir d'un trouble dissociatif de l'identité, atteindre une dissociation équivalente ?
Pour commencer, il faut se créer un alter-égo, possédant sa propre identité indépendante et par conséquent ses rôles sociaux. Contrairement au cas de l'ado peu confiant, le rôle n'est pas superposé à sa personnalité. Il est à côté. C'est une nouvelle personnalité, une nouvelle identité, avec un changement de nom et d'histoire. Le plus simple consiste à incarner un personnage. C'est ce que font les excellents acteurs pour s'entraîner. Ils deviennent quotidiennement leur personnage pour l'incarner à la perfection à l'écran. Sauf qu'ici, il n'y a ni écran, ni cinéma.
Vous devez commencer à mener une double vie, correspondant à deux identités différentes. L'une sera jouée, mais à force d'être jouée, elle deviendra naturelle, comme les bons acteurs. Un an, deux ans, le poids d'un passé va donner une consistance à votre alter-égo. Il va lui-même évoluer et devenir autre, ainsi que nous l'avons vu.
C'est à ce stade que l'on peut faire intervenir l'hypnose. Ce procédé vous permettra de devenir entièrement l'une ou l'autre de vos identités, en oubliant l'existence de l'autre au moment où vous incarnez l'une d'entre elle. Pour switcher, il faut passer par ce rituel hypnotique. C'est ce que font certains transgenres un peu perchés qui veulent oublié leur passif masculin ou féminin
Formellement, l'identité est ce qui est identique à soi-même. Appliquée aux consciences, c'est ce qui fait que nous sommes nous.
John Locke a défini l'identité comme une continuité d'état rémanents, chaque présence à soi dure encore quelques secondes dans la mémoire immédiate et permet de faire la transition d'un temps à un autre temps tout en ayant la même identité. Cette continuité dure depuis l'enfance, et c'est ce qui fait que j'ai conscience d'être moi malgré des états successifs.
Or, ce que touche John Locke, c'est plutôt le substrat de l'identité, sa possibilité d'existence. Mais il ne nous dit rien sur sa nature : le fait que ma conscience d'être moi soit demeurée la même au cours de ces décennies ne signifie pas que la nature de mon identité, son contenu, soit resté le même. Moi enfant, c'était bien moi dans le sens où j'avais conscience de mon identité, mais moi adulte, je ne suis plus cet enfant. J'ai profondément changé. Le socle de mon identité est intact puisque j'ai toujours eu conscience d'être moi, mais ce que j'étais n'est plus ce que je suis.
Donc l'identité peut changer.
Ce qui reste constant, c'est la conscience de son identité, ce dont parle John Locke. Si la conscience de son identité change, on entre alors dans les troubles dissociatifs de l'identité ou dans des états de conscience extatiques et non égotiques. Dans le premier cas, plusieurs consciences cohabitent dans un cerveau, avec chacune leur identité. Dans le second, c'est une dissolution de l'égo dans l'univers ou bien l'inverse, une dissolution de l'univers dans l'égo.
Reprenons : l'identité peut changer. C'est la vérité qui m'est apparue après quelques années de philosophie. Ce que je suis, ce n'est pas fixable comme l'identité de la table ou des éléments. Je suis fluide, en perpétuel changement, chaque année est une réinvention de qui je suis. C'est le malheur de beaucoup d'hommes. Ils ne savent pas qui ils sont parce qu'ils ne pourront jamais se fixer dans une identité immuable. Il y a un néant en nous, un vide à combler, et qui nous pousse à devenir autre chose que ce que nous sommes.
Or, l'identité est supposée être ce qui est identique à soi-même. Et d'ailleurs, nous disons bien à certains ados : arrête de jouer un rôle, de vouloir être ce que tu n'es pas, sois toi-même.
Mais ce n'est pas contradictoire. Dans l'instant présent, je suis identique à moi-même, c'est-à-dire à mon état ainsi qu'à la somme de mon passé. Or, il m'est impossible de m'y complaire, car voici que l'instant passe, et qu'un nouvel état présent advient. La plupart du temps, les instants sont identiques ou presque. Mais semaines après semaines, un changement que personne ne peut retenir se produit inexorablement. Si bien que mon identité du mois de janvier n'est plus tout à fait la même que mon identité du mois d'octobre. Mais c'est bien toujours une identité avec moi-même à ce moment présent, là, maintenant. Simplement, ce n'est plus identique à mon identité de janvier.
Quant aux rôles, je m'y penche. C'est là que je veux vous emmener.
Durkheim nous apprend que nous jouons tous des rôles. Tantôt le mari, tantôt l'ami, et nous adaptons nos comportements sociaux selon la circonstance. Mais Durkheim était un observateur sans la profondeur. Il ne comprenait pas la subtilité entre un rôle naturel et un rôle forcé. Entre un rôle qui veut produire un effet, et un rôle cohérent avec notre identité.
L'identité est fluide, changeante et par conséquent nos rôles peuvent changer également. Or, cela prend du temps, et un changement soudain aura ce caractère forcé, joué, guindé, faux. Sauf dans les cas de troubles dissociatifs.
Maintenant, je peux choisir qui je deviens. Il suffit d'orienter mon avenir. Je suis un gars timide, je l'ai toujours été ? Et bien je me mets en situation où la timidité n'a plus lieu d'être : théâtre, autostop, j'en fais ma nouvelle vie, et petit à petit, mon identité de timide disparaîtra. Façonner son propre caractère, choisir son identité, est possible dans cette mesure. Bien sûr, après, chacun à son passé, ses neurodivergences, ses traumatismes, et ceci sont des parts de nous que nous ne choisissons pas. Je ne vais pas faire les milles nuances. Le fait est que le caractère est transformable, tout comme l'identités, nos rôles, ce que nous sommes et ce que nous dégageons
Mais vous me connaissez, je suis un peu excentrique. J'aime explorer des régions obscures, des choses bizarres.
Alors, je me suis intéressé à la duplication de son identité, à la dissociation volontaire. Peut-on, sans souffrir d'un trouble dissociatif de l'identité, atteindre une dissociation équivalente ?
Pour commencer, il faut se créer un alter-égo, possédant sa propre identité indépendante et par conséquent ses rôles sociaux. Contrairement au cas de l'ado peu confiant, le rôle n'est pas superposé à sa personnalité. Il est à côté. C'est une nouvelle personnalité, une nouvelle identité, avec un changement de nom et d'histoire. Le plus simple consiste à incarner un personnage. C'est ce que font les excellents acteurs pour s'entraîner. Ils deviennent quotidiennement leur personnage pour l'incarner à la perfection à l'écran. Sauf qu'ici, il n'y a ni écran, ni cinéma.
Vous devez commencer à mener une double vie, correspondant à deux identités différentes. L'une sera jouée, mais à force d'être jouée, elle deviendra naturelle, comme les bons acteurs. Un an, deux ans, le poids d'un passé va donner une consistance à votre alter-égo. Il va lui-même évoluer et devenir autre, ainsi que nous l'avons vu.
C'est à ce stade que l'on peut faire intervenir l'hypnose. Ce procédé vous permettra de devenir entièrement l'une ou l'autre de vos identités, en oubliant l'existence de l'autre au moment où vous incarnez l'une d'entre elle. Pour switcher, il faut passer par ce rituel hypnotique. C'est ce que font certains transgenres un peu perchés qui veulent oublié leur passif masculin ou féminin
G pas lu
il y a un an
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