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L’effroyable chasse aux sorcières 3/6
La rafle des enfants de Molsheim
Entre 1629 et 1630, une trentaine d’enfants et adolescents sont exécutés pour sorcellerie dans la ville de Molsheim, fief de la Contre-Réforme. Un cas unique en Alsace ?
Temps de lecture : 6 min


C’était un mercredi, jour des enfants. Michael Hammerer, 9 ans, profite du Spieltag , la journée sans école, pour filer avec des camarades sur la colline du Molsheimerberg. Or le tilleul du Molsheimerberg était considéré comme le lieu de rassemblement des sorcières…

Lors de son interrogatoire, il décrira une rencontre avec le Diable qui ressemble fort à un habitant dérangé par le bruit : « Le Malin a dit que s’il nous attrapait, il nous frapperait. » Puis un jeu du loup que le greffier note et « traduit » consciencieusement à l’adresse des autorités : « Ils [les enfants] jouent à se toucher et se poursuivre. »

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Les enfants sorciers de Molsheim
Le restaurant le Metzig, place de l’hôtel de ville à Molsheim. Photo DNA /Antonin UTZL’intérieur de l’église des jésuites à Molsheim. Photo DNA /Antonin UTZ Les plans de la ville de Molsheim vers 1320 et l’église des jésuites en arrière-plan. Photo DNA /Antonin UTZ+5

Moyenne d’âge des jeunes condamnés : 11 ans
Nous sommes le 13 août 1629. Les « aveux » du petit Michael Hammerer, conservés aux archives du bailliage de Dachstein, lancent une machine infernale qui enverra à la mort au moins 34 enfants à Molsheim, 25 garçons et 9 fillettes. Moyenne d’âge, du moins pour ceux dont l’âge est connu : 11 ans.

« Sur 76 sorciers brûlés à Molsheim même, cela fait plus de 40 %. Un chiffre effarant », confie Louis Schlaefli. Le conservateur de la bibliothèque du Grand séminaire de Strasbourg, aujourd’hui âgé de 85 ans, a consacré un ouvrage aux procès en sorcellerie dans la région de Molsheim. Laquelle était une terre fertile en sorciers : on y a enregistré plus de 300 procès entre le milieu du XVIe et la fin du XVIIe siècle, contre 40 à Bergheim, érigée en capitale des sorcières. La plus jeune accusée est une fillette de 5 ans à Oberhaslach, en 1617.


Sabbats, souris et petits gâteaux
Michael est le premier d’une longue série de petits Molsheimois exécutés en deux ans. Il entraîne dans son malheur d’autres enfants. Comme Lorentz Keck, 9 ans lui aussi, qui raconte avoir été embarqué par Michael sur le Molsheimerberg, où un homme en noir, portant des cornes, lui a demandé de renier Dieu et les saints et l’a baptisé avec du purin, mode opératoire typique du Malin.

Et, comme avec le Diable le sexe n’est jamais loin, il lui a donné pour femme la petite Christina Liechtenauer, 10 ans. À moins que ce ne soit Barbara, la petite sœur de Christina ? Lorentz s’embrouille devant les enquêteurs.

Interrogée à son tour, Christina fera preuve également d’une imagination débordante : emmenée par le fameux Michael sur le Molsheimerberg, elle a dansé un sabbat avec les garçons et le Diable en dégustant des gâteaux. « Cela reste des enfants. Beaucoup racontent avoir joué à cache-cache avec le Diable », remarque le philosophe Jacob Rogozinski (*).

Le maître d’école en auxiliaire de justice
Lorentz, Christina et Barbara sont exécutés en 1630. Contrairement aux sorcières, convaincues d’avoir fait tomber la grêle, tué des vaches ou des nouveau-nés, les petits sorciers n’avouent que des forfaits miniatures : plusieurs d’entre eux, incarcérés au même moment, se vantent d’avoir fabriqué des souris.

Le jeune âge des accusés ne les dispense pas des séances de torture : brodequins espagnols, siège d’insomnie (une chaise garnie de pointes sur laquelle on asseyait le supposé sorcier), plus rarement le supplice de l’estrapade.

Cas particulier ici, le bourreau est secondé du maître d’école muni de verges, le second effrayant les enfants plus que le premier. Autres auxiliaires de justice, les sages-femmes, chargées de vérifier la virginité des enfants, garçons et filles, puisque le péché capital de la sorcellerie est de s’accoupler avec le Diable.

Elles innocentent plusieurs d’entre eux, mais leur diagnostic n’y change rien : presque tous sont condamnés au bûcher, après avoir eu la « grâce » d’être décapités ou étranglés au préalable. Le gibet, aujourd’hui disparu, était situé près de l’actuelle usine Bugatti.

Quand les parents livrent leurs enfants
Le pic des rafles d’enfants a lieu entre avril et juin 1630. « Il y a un effet d’emballement, une réaction nucléaire », relève Jacob Rogozinski, qui voit en la chasse aux sorcières « la première terreur de masse des temps modernes ».

Pire, des parents eux-mêmes livrent leur progéniture à la justice, persuadés de la réalité des accusations. Mais aussi pour éviter une « contamination » de toute la famille… ( voir ci-dessous ) « J’ai été surpris que les parents ne volent pas au secours de leurs enfants. Quand l’un d’eux est touché, ils coupent la branche morte pour que le reste de la fratrie puisse survivre », note Grégory Oswald, archiviste de la Ville de Molsheim, frappé par la cadence des exécutions : « Ça sentait le roussi tous les mois dans les rues de Molsheim… »

Certains adolescents ont survécu, comme Barthélémy Pfeiffer, 16 ans, qui résiste à la torture et est condamné au bannissement. Ou Martin Bechtel, étudiant chez les jésuites, qui réussit à s’évader et ne fera plus entendre parler de lui.

Des enfants lettrés et cultivés
Pourquoi Molsheim a-t-il été le lieu d’une telle fureur meurtrière ? Ce n’est pas un village reculé mais une ville importante, « le fief de la Contre-Réforme catholique en Alsace », rappelle Guy Muller, président de la Société d’histoire de Molsheim.

De nombreuses congrégations, chassées de Strasbourg devenue protestante, y ont trouvé refuge avec l’évêque et ses chanoines : chartreux, bénédictins, jésuites… Lesquels ouvrent un collège en 1580 et une université en 1617, « quatre ans avant l’Université de Strasbourg ! »

Résultat : beaucoup d’enfants, scolarisés à l’école paroissiale ou internes du collège des jésuites, savaient écrire. Certains évoquent un pacte écrit avec le Diable lors de leur interrogatoire. « Peut-être ont-ils été inspirés par les peintures de la chapelle Saint-Ignace, dans l’église des jésuites », suggère Louis Schlaefli. L’une d’elles représente une cigogne rapportant un pacte écrit avec le Diable, l’autre Saint-Ignace, fondateur de la congrégation, en train d’exorciser un enfant.

La vallée rhénane, berceau de l’imprimerie et des fake news
Car les jésuites se livraient à l’exorcisme. « En ce temps-là, tout le monde croit en Dieu et au Diable », rappelle l’historienne strasbourgeoise Maryse Simon (**). « Ils lisent le message des démonologues [en particulier Le Marteau des sorcières , best-seller de l’époque], le répercutent, le transmettent. C’est un vecteur de diffusion par le bas. Dans les maisons, des feuilles volantes illustrées, imprimées en langue vernaculaire, circulent lors des veillées. »

Paradoxe : dans la vallée rhénane, berceau de l’imprimerie, les fake news circulent aussi plus vite… « L’imaginaire de la sorcellerie alsacienne est beaucoup plus savant qu’en Lorraine », note Maryse Simon. « Les sorcières lorraines sont plus sobres dans leurs descriptions de leurs rencontres avec le Diable. »

En tuant ses écoliers, Molsheim est-il un cas isolé ? « Il n’y a pas d’autres cas connus en Alsace », reconnaît Guy Oswald. « Mais toutes les archives n’ont pas été conservées ou consultées. » « En Allemagne, dont l’Alsace faisait partie, des bébés de deux ans ont été jetés au bûcher », rappelle Jacob Rogozinski.

Les fantômes des petits sorciers n’ont pas livré tous leurs secrets.
il y a 3 ans
En gros, des satanistes ont abusé d'enfants.

Puis les tribunaux religieux ont exécuté les victimes pour satanisme. Et parce qu'ils jouaient au loup, aussi
:pf:


La vaccination en 2021 était amplement méritée.
Seugondaire, Duce des #hypernarboreens, Ecoutant de la #confrerie-noire.
il y a 3 ans
En gros, des satanistes ont abusé d'enfants.

Puis les tribunaux religieux ont exécuté les victimes pour satanisme. Et parce qu'ils jouaient au loup, aussi
:pf:


La vaccination en 2021 était amplement méritée.
T'as l'air aussi con que les gens de cette époque toi
il y a 3 ans
T'as l'air aussi con que les gens de cette époque toi
De toutes façons : g pas lu.

Ca sert à rien de copier coller un article à partir du moment où on a le lien. Il faut le résumer.
Seugondaire, Duce des #hypernarboreens, Ecoutant de la #confrerie-noire.
il y a 3 ans
De toutes façons : g pas lu.

Ca sert à rien de copier coller un article à partir du moment où on a le lien. Il faut le résumer.
Encore une preuve que t'as même pas cliqué sur le lien pour comprendre alors
il y a 3 ans
De toutes façons : g pas lu.

Ca sert à rien de copier coller un article à partir du moment où on a le lien. Il faut le résumer.
Ceci, l'op ce gros débile il a cru ont allais lire son topic de merde alors qu'il y a directement l'article
:nez:
il y a 3 ans
J'ai lu, c'est effrayant la connerie abyssale des religions
:feelsbadman:


Bordel 30 gamins torturés par des adultes et exécutés
:feelsbadman:


Et après ça s'étonne que l'athéisme progresse
Le zinzin de JVFlux
:chocoratnrv:
il y a 3 ans
Ceci, l'op ce gros débile il a cru ont allais lire son topic de merde alors qu'il y a directement l'article
:nez:
La moindre des choses est dans ce cas de ne pas le commenter en essayant d'en deviner le contenu, et d'étaler ainsi sa bêtise crasse
:Bebe_ours_risitas:


Je ne connaissais pas le supplice de l’estrapade, sur des gamins en plus. À cet âge réalité se mêle à la fiction, on est en plein dedans avec mon gamin et ses cauchemars
il y a 3 ans
J'ai copié collé l'article car il est réservé aux abonnés, pour les low IQ qui n'ont pas pris la peine de cliquer ni de lire
:brise_lekhey:
il y a 3 ans