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Les patrons de la société de téléphonie doivent comparaître ce lundi devant de tribunal correctionnel pour cette affaire où se mêlent des acteurs de l’économie mondiale et une équipe de blanchisseurs de la communauté pakistanaise d’Île-de-France.
Le montant de la fraude atteindrait 70 millions d’euros.
il y a 3 ans
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Connectez-vous pour masquer les pubsLes patrons de la société de téléphonie doivent comparaître ce lundi devant de tribunal correctionnel pour cette affaire où se mêlent des acteurs de l’économie mondiale et une équipe de blanchisseurs de la communauté pakistanaise d’Île-de-France.
Le montant de la fraude atteindrait 70 millions d’euros.
il y a 3 ans
Le grand patron et deux directeurs du géant de la carte SIM prépayée Lycamobile comparaissent ce lundi 12 juin devant le tribunal correctionnel de Paris. Christopher Tooley, 59 ans, Andrew England, 70 ans, et Alain Jochimek, 71 ans, ainsi que huit autres prévenus âgés de 42 à 66 ans, devront répondre d'une gigantesque escroquerie à la TVAet d'avoir mis en oeuvre, entre 2014 et 2016 à Paris et en Seine-Saint-Denis, un système de blanchiment avec la complicité de la communauté pakistanaise de la région parisienne.
C'est le 16 décembre 2016 que Tracfin, le gendarme du ministère des Finances, transmet une note à la justice. Il suspecte la succursale française de Lycamobile d'avoir mis en oeuvre un système de fraude à la TVA, dont le montant atteindrait 70 millions d'euros. Cette société, en situation de monopole sur ce marché, revendique 15 millions de clients dans 23 pays et 5 000 employés pour un chiffre d'affaires mondial de 1,4 milliard d'euros en 2017.
Des contrats signés avec des sociétés filtres
L'enquête révèle que la SARL Lycamobile à Londres (Royaume-Uni) et sa filiale, Lycamobile Services, installée à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), signent des contrats avec des sociétés filtres dont l'activité déclarée n'a rien à voir avec la téléphonie.
Ces entreprises de maçonnerie, de carrelage, de peinture ou de pose de fibre auraient été créées par Tariq et Saime, un couple de Belges qui aurait placé des gérants de paille à sa tête. Objectif : acheter en masse des puces téléphoniques et des cartes de recharge de télécommunication à la minute au géant britannique, et les régler par virements ou chèques envoyés en Angleterre, contre des factures.
La marchandise est ensuite livrée dans l'entrepôt de Lycamobile Service. Les deux commerciaux de l'antenne francilienne sont chargés d'écouler les produits. La revente se fait en espèces auprès de gérants de boutiques de téléphonie, qui visent le marché dit « ethnique », autrement dit les communautés indo-pakistanaise, du Maghreb et de l'Afrique subsaharienne fréquentant des boutiques implantées dansle quartier de la Chapelle à Paris (XVIIIe).
Objectif : entre 300 OOO et 400 000 euros par jour
Les volumes de transactions sont colossaux : les vendeurs évoquent des objectifs quotidiens de 300 000 ou 400 000 euros, facilités par des prix réduits de 20 % en raison de l'absence de TVA facturée aux sociétés filtres. Tout cet argent liquide revient ensuite dans le giron des entreprises bidon qui, moyennant des fausses factures, l'écoulaient (contre commission) auprès d'autres entrepreneurs du BTP. Ceux-ci faisaient travailler leurs salariés clandestinement. Pour ce seul aspect de l'histoire, l'Urssaf estime son préjudice à 5,8 millions d'euros.
Tout le réseau est placé sous surveillance par les enquêteurs de la brigade de recherches et d'investigations financières (Brif). Le 14 juin 2016, à l'issue d'une livraison et d'une collecte de fonds, les forces de l'ordre interpellent les deux commerciaux de Lycamobile avec 47 220 euros en numéraire. Ils passent aux aveux et expliquent qu'ils n'ont fait qu'obéir à leur direction, tant en France qu'au Royaume-Uni, de peur de perdre leur emploi.
Le couple soupçonné de diriger les sociétés filtres, qui vit entre Deuil-la-Barre (Val-d'Oise) et la Belgique, est en possession de 16 000 euros. Tous deux minimisent leur implication et s'accusent mutuellement en se présentant comme des exécutants. Contacté, Me Tarek Koraitem, l'avocat de Tariq, estime que « l'envergure de ce dossier dépasse complètement son client, qui n'est qu'un fusible dans cette affaire ».
Plus de 2 millions d'euros saisis sur des comptes
D'autres protagonistes sont surpris dans leurs boutiques de téléphonie et dans un bar tabac. Ils expliquent qu'ils achètent ces cartes et recharges à des prix attractifs pour faire une marge d'environ 10 ou 20 centimes par pièce.
Une perquisition est menée dans l'entrepôt de Saint-Denis, où près de 2000 euros sont saisis. Alain Jochimek, le directeur général de la société Lycamobile Service est interpellé dans ses locaux de la rue de Berri à Paris (VIIIe). Et plus de 2 millions d'euros sont saisis sur les comptes des différentes sociétés du réseau.
Le juge d'instruction a trouvé la trace d'alertes données par des professionnels du droit fiscal et de la comptabilité. Il estime que Lycamobile a monté un système opaque de livraison et d'écoulement de ses produits dans le but de booster son chiffre d'affaires, au détriment de ses obligations fiscales.
Les dirigeants de Lycamobile contestent tout
Les trois dirigeants de Lycamobile contestent toute participation à ce système frauduleux. Le président du groupe, Christopher Tooley, estime que sa société est une victime des opérations de blanchiment des deux commerciaux français. Il assure que c'est un phénomène unique localisé sur ce seul marché. Le PDG dément aussi toute escroquerie à la TVA. Il conteste le montant de la fraude, dans la mesure où le marché ethnique ne représenterait que 30 % de ses ventes. Il évoque le manque de clarté et la trop grande rigueur de l'administration française.
Le directeur, Andrew England, rappelle qu'il ne s'occupait pas de l'entité hexagonale et avait délégué ses pouvoirs à Alain Jochimek, qui se dit aussi victime de ses commerciaux. Il soutient qu'il a donné des consignes pour mieux contrôler les clients et interdit de se faire payer en liquide. Les débats vont durer trois semaines.
C'est le 16 décembre 2016 que Tracfin, le gendarme du ministère des Finances, transmet une note à la justice. Il suspecte la succursale française de Lycamobile d'avoir mis en oeuvre un système de fraude à la TVA, dont le montant atteindrait 70 millions d'euros. Cette société, en situation de monopole sur ce marché, revendique 15 millions de clients dans 23 pays et 5 000 employés pour un chiffre d'affaires mondial de 1,4 milliard d'euros en 2017.
Des contrats signés avec des sociétés filtres
L'enquête révèle que la SARL Lycamobile à Londres (Royaume-Uni) et sa filiale, Lycamobile Services, installée à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), signent des contrats avec des sociétés filtres dont l'activité déclarée n'a rien à voir avec la téléphonie.
Ces entreprises de maçonnerie, de carrelage, de peinture ou de pose de fibre auraient été créées par Tariq et Saime, un couple de Belges qui aurait placé des gérants de paille à sa tête. Objectif : acheter en masse des puces téléphoniques et des cartes de recharge de télécommunication à la minute au géant britannique, et les régler par virements ou chèques envoyés en Angleterre, contre des factures.
La marchandise est ensuite livrée dans l'entrepôt de Lycamobile Service. Les deux commerciaux de l'antenne francilienne sont chargés d'écouler les produits. La revente se fait en espèces auprès de gérants de boutiques de téléphonie, qui visent le marché dit « ethnique », autrement dit les communautés indo-pakistanaise, du Maghreb et de l'Afrique subsaharienne fréquentant des boutiques implantées dansle quartier de la Chapelle à Paris (XVIIIe).
Objectif : entre 300 OOO et 400 000 euros par jour
Les volumes de transactions sont colossaux : les vendeurs évoquent des objectifs quotidiens de 300 000 ou 400 000 euros, facilités par des prix réduits de 20 % en raison de l'absence de TVA facturée aux sociétés filtres. Tout cet argent liquide revient ensuite dans le giron des entreprises bidon qui, moyennant des fausses factures, l'écoulaient (contre commission) auprès d'autres entrepreneurs du BTP. Ceux-ci faisaient travailler leurs salariés clandestinement. Pour ce seul aspect de l'histoire, l'Urssaf estime son préjudice à 5,8 millions d'euros.
Tout le réseau est placé sous surveillance par les enquêteurs de la brigade de recherches et d'investigations financières (Brif). Le 14 juin 2016, à l'issue d'une livraison et d'une collecte de fonds, les forces de l'ordre interpellent les deux commerciaux de Lycamobile avec 47 220 euros en numéraire. Ils passent aux aveux et expliquent qu'ils n'ont fait qu'obéir à leur direction, tant en France qu'au Royaume-Uni, de peur de perdre leur emploi.
Le couple soupçonné de diriger les sociétés filtres, qui vit entre Deuil-la-Barre (Val-d'Oise) et la Belgique, est en possession de 16 000 euros. Tous deux minimisent leur implication et s'accusent mutuellement en se présentant comme des exécutants. Contacté, Me Tarek Koraitem, l'avocat de Tariq, estime que « l'envergure de ce dossier dépasse complètement son client, qui n'est qu'un fusible dans cette affaire ».
Plus de 2 millions d'euros saisis sur des comptes
D'autres protagonistes sont surpris dans leurs boutiques de téléphonie et dans un bar tabac. Ils expliquent qu'ils achètent ces cartes et recharges à des prix attractifs pour faire une marge d'environ 10 ou 20 centimes par pièce.
Une perquisition est menée dans l'entrepôt de Saint-Denis, où près de 2000 euros sont saisis. Alain Jochimek, le directeur général de la société Lycamobile Service est interpellé dans ses locaux de la rue de Berri à Paris (VIIIe). Et plus de 2 millions d'euros sont saisis sur les comptes des différentes sociétés du réseau.
Le juge d'instruction a trouvé la trace d'alertes données par des professionnels du droit fiscal et de la comptabilité. Il estime que Lycamobile a monté un système opaque de livraison et d'écoulement de ses produits dans le but de booster son chiffre d'affaires, au détriment de ses obligations fiscales.
Les dirigeants de Lycamobile contestent tout
Les trois dirigeants de Lycamobile contestent toute participation à ce système frauduleux. Le président du groupe, Christopher Tooley, estime que sa société est une victime des opérations de blanchiment des deux commerciaux français. Il assure que c'est un phénomène unique localisé sur ce seul marché. Le PDG dément aussi toute escroquerie à la TVA. Il conteste le montant de la fraude, dans la mesure où le marché ethnique ne représenterait que 30 % de ses ventes. Il évoque le manque de clarté et la trop grande rigueur de l'administration française.
Le directeur, Andrew England, rappelle qu'il ne s'occupait pas de l'entité hexagonale et avait délégué ses pouvoirs à Alain Jochimek, qui se dit aussi victime de ses commerciaux. Il soutient qu'il a donné des consignes pour mieux contrôler les clients et interdit de se faire payer en liquide. Les débats vont durer trois semaines.
il y a 3 ans
Soutien a eux.
Cet état totalitaire mérite 0 euros de nos poches.
Cet état totalitaire mérite 0 euros de nos poches.
Golem is nicht bereit.
il y a 3 ans
On le savait tous, mais faut 30 ans au fisc pour s'en rendre compte, c'est comme les kebabs avec 0 clients toute l'année, on sait très bien que si il est toujours ouvert, c'est parce que la source de revenus, c'est pas les kebabs
il y a 3 ans






















