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www.lemonde.fr https://www.lemonde.fr/in[...]ericain_6664431_3210.html

Dommage qu'il y ait un paywall ça commence fort
:champagne:
il y a 8 mois
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Costume en laine et chemise claire, Jan Jorgensen s’étouffe d’indignation. Assis dans son bureau à Christiansborg, le Parlement danois, le député assure avoir « toujours soutenu les Etats-Unis », même s’ils « ne sont pas irréprochables ». « Jamais de [sa] vie », il n’aurait donc imaginé manifester un jour devant l’ambassade américaine à Copenhague. Le 17 janvier, pourtant, il y était. « Les Américains devraient en prendre bonne note, car je ne suis ni un antimondialiste ni un socialiste qui déteste le capitalisme, mais un homme politique danois libéral. Et si j’éprouve cet énorme sentiment de trahison, ce choc et cette incrédulité, cela veut dire que tous les Danois en font l’expérience en ce moment », dit-il.

Dans une salle de réunion, un peu plus loin, son collègue conservateur Rasmus Jarlov a aménagé un petit studio de télévision. Les yeux rougis par la fatigue, le député, président de la commission de la défense à Christiansborg, mène une lutte acharnée contre la désinformation. Depuis début janvier et les nouvelles menaces d’annexion du Groenland par les Etats-Unis, il est invité presque quotidiennement par les chaînes américaines, « sauf Fox News, qui ne s’intéresse pas aux faits ». Lui aussi parle d’une « trahison ». Mais il y voit surtout une leçon, car « si le Danemark, qui compte parmi les pays les plus pro-Américains, peut voir son intégrité territoriale menacée, alors personne n’est en sécurité ».

Au-delà de la violence des attaques émanant de la Maison Blanche, ce constat bouleverse le petit pays nordique, dont la politique étrangère, depuis plus de trois décennies, était fondée sur un soutien infaillible à Washington. Cette loyauté a conduit Copenhague à participer à presque toutes les guerres américaines depuis le début des années 1990. Elle s’est aussi traduite par l’achat de matériel militaire made in USA plutôt que produit en Europe. Et elle a même poussé le Danemark à faciliter l’espionnage de ses voisins, par l’agence de renseignement américaine (NSA) entre 2012 et 2014, en lui permettant d’accéder à son réseau de câbles sous-marins.

« Prêts à souffrir »
Chercheur à l’Institut danois des études internationales à Copenhague, Hans Mouritzen a théorisé cette posture, qu’il qualifie de « super atlantiste ». Elle se caractérise par « une volonté de cultiver une relation spéciale avec les Etats-Unis », explique-t-il. Dans ce cadre, « vous êtes prêts à souffrir et à faire des sacrifices, en participant, par exemple, à des expéditions militaires sur des terrains étrangers, loin de votre territoire et sans aucune signification pour votre pays, juste parce que vous pensez que cela donnera de vous une meilleure image à Washington ».

Pour en comprendre les origines, il faut remonter à la seconde guerre mondiale. Occupé en 1940 par l’Allemagne nazie, le Danemark a été libéré en 1945 par les forces britanniques. Après avoir renoncé à former une union de défense scandinave avec la Norvège et la Suède, le royaume rejoint les pays membres fondateurs de l’OTAN en 1949. Mais Copenhague y met les conditions : pas question d’accepter des bases alliées permanentes ni des armes nucléaires sur son territoire, à l’exception du Groenland.

Grâce à l’accord de défense signé avec les Américains en 1951, l’île polaire permet au Danemark de conserver du crédit à Washington, malgré son manque d’engagement dans la coopération nord-atlantique au cours des décennies suivantes. « Les Danois considéraient essentiellement l’OTAN comme une police d’assurance : vous payez le moins possible pour obtenir la protection que vous souhaitez », résume Anders Wivel, professeur de relations internationales à l’université de Copenhague.

La fin de la guerre froide marque une rupture. Avec ses voisins nordiques, le Danemark défendait une troisième voie entre le capitalisme américain et le communisme soviétique. Il doit repenser sa politique étrangère. La victoire du « non » au référendum sur le traité de Maastricht en juin 1992 éloigne un peu plus le royaume du noyau dur européen. Reste les Etats-Unis, qui exercent un certain attrait sur les dirigeants danois : « Ils pouvaient se reconnaître dans l’internationalisme libéral américain et adhéraient totalement au programme de mondialisation, qui ne pouvait être que bénéfique pour un petit Etat doté d’une économie ouverte et de secteurs agricoles et industriels compétitifs », explique Anders Wivel.

Nommé premier ministre en novembre 2001, le libéral Anders Fogh Rasmussen est un ardent défenseur du « super atlantisme ». Pour ce futur secrétaire général de l’OTAN (de 2009 à 2014), le Danemark a manqué de bravoure pendant la seconde guerre mondiale, puis la guerre froide. Il a donc une dette à rembourser. L’envoi de milliers de soldats danois en Afghanistan – 44 y ont perdu la vie – fait peu débat. La participation du Danemark à l’invasion de l’Irak en 2003 est plus controversée, mais M. Rasmussen convainc le Parlement.

Déception immense
« Nous pensions que si nous étions loyaux envers les Etats-Unis, alors ils seraient toujours là pour nous », confie le conservateur Per Stig Moller, chef de la diplomatie danoise entre 2001 et 2010. Lui-même y a cru : « Ils ne nous traitaient pas avec condescendance, nous étions des partenaires et, sur le plan politique, j’ai entretenu une coopération très étroite avec [les secrétaires d’Etat américains] Colin Powell, Condoleezza Rice et Hillary Clinton, quand j’étais ministre des affaires étrangères. » A 83 ans, sa déception est immense : « Je me rends compte que de Gaulle avait raison quand il disait que nous ne pouvions pas faire confiance aux Américains sur le long terme et que nous devions avoir une défense européenne. »

Pourtant, même la colère froide de Donald Trump, quand la première ministre danoise, Mette Frederiksen, a jugé son projet d’acheter le Groenland « absurde » en 2019, n’a pas mis fin aux illusions. Il a fallu attendre le retour au pouvoir du milliardaire et ses nouvelles menaces contre la souveraineté du royaume, début 2025, pour que le discours commence à changer à Copenhague. Entendre le vice-président américain, J.D. Vance, déclarer que le Danemark n’était « pas un bon allié », en février 2025, a constitué un point de non-retour pour la députée sociale-démocrate Ida Auken : « Nous sommes passés de l’incrédulité au chagrin, avant de nous concentrer sur la relance de l’Europe. »

Mais il est difficile de revenir en arrière : « L’analyse générale est que nous allons continuer d’être dépendants des Etats-Unis pendant des décennies et que nous avons besoin d’un sérieux recalibrage de nos cerveaux pour commencer à envisager notre avenir différemment », note Anders Wivel. Le député Rasmus Jarlov confirme : « Nous continuons de croire que la meilleure stratégie est d’essayer de convaincre les Américains de continuer à travailler avec nous plutôt que de nous séparer d’eux. »

Mais pas à n’importe quel prix. Rasmus Jarlov a défendu l’achat de seize nouveaux F35 par le Danemark en novembre 2025, car le pays, qui en avait déjà commandé 27, « n’a pas les moyens d’avoir différents types d’avions de combat ». Il estime en revanche que le vote au Parlement de Copenhague, en juin, de l’accord autorisant les Etats-Unis à utiliser trois bases militaires danoises était « une erreur ».

Car la confiance avec l’ancien allié, désormais considéré comme une menace pour la sécurité du royaume par les services de renseignements militaires danois, est rompue. Un changement d’administration à Washington ne pourra pas tout réparer. « C’est un peu comme une tasse que vous auriez cassée, conclut Jan Jorgensen. Même si on la recolle et qu’on peut de nouveau l’utiliser, on verra toujours les marques. »
il y a 8 mois
Praioven
Praioven
8 mois
Costume en laine et chemise claire, Jan Jorgensen s’étouffe d’indignation. Assis dans son bureau à Christiansborg, le Parlement danois, le député assure avoir « toujours soutenu les Etats-Unis », même s’ils « ne sont pas irréprochables ». « Jamais de [sa] vie », il n’aurait donc imaginé manifester un jour devant l’ambassade américaine à Copenhague. Le 17 janvier, pourtant, il y était. « Les Américains devraient en prendre bonne note, car je ne suis ni un antimondialiste ni un socialiste qui déteste le capitalisme, mais un homme politique danois libéral. Et si j’éprouve cet énorme sentiment de trahison, ce choc et cette incrédulité, cela veut dire que tous les Danois en font l’expérience en ce moment », dit-il.

Dans une salle de réunion, un peu plus loin, son collègue conservateur Rasmus Jarlov a aménagé un petit studio de télévision. Les yeux rougis par la fatigue, le député, président de la commission de la défense à Christiansborg, mène une lutte acharnée contre la désinformation. Depuis début janvier et les nouvelles menaces d’annexion du Groenland par les Etats-Unis, il est invité presque quotidiennement par les chaînes américaines, « sauf Fox News, qui ne s’intéresse pas aux faits ». Lui aussi parle d’une « trahison ». Mais il y voit surtout une leçon, car « si le Danemark, qui compte parmi les pays les plus pro-Américains, peut voir son intégrité territoriale menacée, alors personne n’est en sécurité ».

Au-delà de la violence des attaques émanant de la Maison Blanche, ce constat bouleverse le petit pays nordique, dont la politique étrangère, depuis plus de trois décennies, était fondée sur un soutien infaillible à Washington. Cette loyauté a conduit Copenhague à participer à presque toutes les guerres américaines depuis le début des années 1990. Elle s’est aussi traduite par l’achat de matériel militaire made in USA plutôt que produit en Europe. Et elle a même poussé le Danemark à faciliter l’espionnage de ses voisins, par l’agence de renseignement américaine (NSA) entre 2012 et 2014, en lui permettant d’accéder à son réseau de câbles sous-marins.

« Prêts à souffrir »
Chercheur à l’Institut danois des études internationales à Copenhague, Hans Mouritzen a théorisé cette posture, qu’il qualifie de « super atlantiste ». Elle se caractérise par « une volonté de cultiver une relation spéciale avec les Etats-Unis », explique-t-il. Dans ce cadre, « vous êtes prêts à souffrir et à faire des sacrifices, en participant, par exemple, à des expéditions militaires sur des terrains étrangers, loin de votre territoire et sans aucune signification pour votre pays, juste parce que vous pensez que cela donnera de vous une meilleure image à Washington ».

Pour en comprendre les origines, il faut remonter à la seconde guerre mondiale. Occupé en 1940 par l’Allemagne nazie, le Danemark a été libéré en 1945 par les forces britanniques. Après avoir renoncé à former une union de défense scandinave avec la Norvège et la Suède, le royaume rejoint les pays membres fondateurs de l’OTAN en 1949. Mais Copenhague y met les conditions : pas question d’accepter des bases alliées permanentes ni des armes nucléaires sur son territoire, à l’exception du Groenland.

Grâce à l’accord de défense signé avec les Américains en 1951, l’île polaire permet au Danemark de conserver du crédit à Washington, malgré son manque d’engagement dans la coopération nord-atlantique au cours des décennies suivantes. « Les Danois considéraient essentiellement l’OTAN comme une police d’assurance : vous payez le moins possible pour obtenir la protection que vous souhaitez », résume Anders Wivel, professeur de relations internationales à l’université de Copenhague.

La fin de la guerre froide marque une rupture. Avec ses voisins nordiques, le Danemark défendait une troisième voie entre le capitalisme américain et le communisme soviétique. Il doit repenser sa politique étrangère. La victoire du « non » au référendum sur le traité de Maastricht en juin 1992 éloigne un peu plus le royaume du noyau dur européen. Reste les Etats-Unis, qui exercent un certain attrait sur les dirigeants danois : « Ils pouvaient se reconnaître dans l’internationalisme libéral américain et adhéraient totalement au programme de mondialisation, qui ne pouvait être que bénéfique pour un petit Etat doté d’une économie ouverte et de secteurs agricoles et industriels compétitifs », explique Anders Wivel.

Nommé premier ministre en novembre 2001, le libéral Anders Fogh Rasmussen est un ardent défenseur du « super atlantisme ». Pour ce futur secrétaire général de l’OTAN (de 2009 à 2014), le Danemark a manqué de bravoure pendant la seconde guerre mondiale, puis la guerre froide. Il a donc une dette à rembourser. L’envoi de milliers de soldats danois en Afghanistan – 44 y ont perdu la vie – fait peu débat. La participation du Danemark à l’invasion de l’Irak en 2003 est plus controversée, mais M. Rasmussen convainc le Parlement.

Déception immense
« Nous pensions que si nous étions loyaux envers les Etats-Unis, alors ils seraient toujours là pour nous », confie le conservateur Per Stig Moller, chef de la diplomatie danoise entre 2001 et 2010. Lui-même y a cru : « Ils ne nous traitaient pas avec condescendance, nous étions des partenaires et, sur le plan politique, j’ai entretenu une coopération très étroite avec [les secrétaires d’Etat américains] Colin Powell, Condoleezza Rice et Hillary Clinton, quand j’étais ministre des affaires étrangères. » A 83 ans, sa déception est immense : « Je me rends compte que de Gaulle avait raison quand il disait que nous ne pouvions pas faire confiance aux Américains sur le long terme et que nous devions avoir une défense européenne. »

Pourtant, même la colère froide de Donald Trump, quand la première ministre danoise, Mette Frederiksen, a jugé son projet d’acheter le Groenland « absurde » en 2019, n’a pas mis fin aux illusions. Il a fallu attendre le retour au pouvoir du milliardaire et ses nouvelles menaces contre la souveraineté du royaume, début 2025, pour que le discours commence à changer à Copenhague. Entendre le vice-président américain, J.D. Vance, déclarer que le Danemark n’était « pas un bon allié », en février 2025, a constitué un point de non-retour pour la députée sociale-démocrate Ida Auken : « Nous sommes passés de l’incrédulité au chagrin, avant de nous concentrer sur la relance de l’Europe. »

Mais il est difficile de revenir en arrière : « L’analyse générale est que nous allons continuer d’être dépendants des Etats-Unis pendant des décennies et que nous avons besoin d’un sérieux recalibrage de nos cerveaux pour commencer à envisager notre avenir différemment », note Anders Wivel. Le député Rasmus Jarlov confirme : « Nous continuons de croire que la meilleure stratégie est d’essayer de convaincre les Américains de continuer à travailler avec nous plutôt que de nous séparer d’eux. »

Mais pas à n’importe quel prix. Rasmus Jarlov a défendu l’achat de seize nouveaux F35 par le Danemark en novembre 2025, car le pays, qui en avait déjà commandé 27, « n’a pas les moyens d’avoir différents types d’avions de combat ». Il estime en revanche que le vote au Parlement de Copenhague, en juin, de l’accord autorisant les Etats-Unis à utiliser trois bases militaires danoises était « une erreur ».

Car la confiance avec l’ancien allié, désormais considéré comme une menace pour la sécurité du royaume par les services de renseignements militaires danois, est rompue. Un changement d’administration à Washington ne pourra pas tout réparer. « C’est un peu comme une tasse que vous auriez cassée, conclut Jan Jorgensen. Même si on la recolle et qu’on peut de nouveau l’utiliser, on verra toujours les marques. »
Merci crayon je me régale
:BoisGolem:
il y a 8 mois
Merci crayon je me régale
:BoisGolem:
Les larmes sont succulentes
:gros_golem:
il y a 8 mois
www.lemonde.fr https://www.lemonde.fr/in[...]ericain_6664431_3210.html

Dommage qu'il y ait un paywall ça commence fort
:champagne:
Personne mais vraiment PERSONNE n’a parlé du fait que les danois ont stérilisés les Groenlandaises natives.

Cocasse
:Moussafootballeuramateur:
:Taricolashishakhoya:
:Jcomprendpascequilditlui:
:JsuisLmecaniciendukartier:
:sefyumolotov:
il y a 8 mois
Rien compris + balek + osef. Cimer quand même pour la tasse
:depp_boit:
il y a 8 mois
Retour
Retour
8 mois
Rien compris + balek + osef. Cimer quand même pour la tasse
:depp_boit:
Les Danois ont sucés goulûment les Américains comme la dernière des salopes en pensant que les USA finiraient par les aimer mais les USA leur ont rappelés qu'ils n'étaient que de petites salopes tout juste bonne à servir de vide couilles et qu'ils n'avaient aucune intention de les aimer un jour
:mains:
il y a 8 mois