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Marie Ferré était la sœur des Communards Hippolyte et Théophile Ferré.

Je propose une brève clarification concernant ses deux frères…

Théophile Ferré fut élu membre de la Commune le 26 mars par le 17e arrondissement. Le 29 mars, il fut nommé à la Commission de Sécurité générale. Le 1er mai, Raoul Rigault le désigna comme son adjoint, aux côtés de Gaston Da Costa, Antoine Huguenot et Martainville, avant qu’il ne prenne en charge la délégation à la Sécurité générale. Il approuva la formation du Comité de sécurité publique.

Il fut arrêté dans la nuit du 8 au 9 juillet.

Comme nous le savons, Louise Michel était éprise du blanquiste Théophile Ferré. Lors de leur internement à Versailles, Louise et Théophile correspondaient clandestinement via l’Abbé Folley. Les lettres étaient très politiques, mais elles révélaient chez Louise un attachement plus profond que la simple camaraderie. Lorsqu’elle apprit la condamnation à mort de Théophile, elle lui envoya une fleur rouge tirée de son foulard, accompagnée de ce poème :

“Versailles Prison, le 4 septembre 1871
À Théophile Ferré, condamné à mort

Si je vais dans le sombre cimetière,
Frère, jette sur ta sœur
Un dernier espoir
Des œillets rouges en pleine fleur.

Aux derniers jours de l’Empire,
Quand le peuple s’éveillait,
L’œillet rouge, c’était ton sourire
Qui nous disait que tout pouvait renaître.

Aujourd’hui, va fleurir dans l’ombre
Des prisons noires et dolentes,
Va fleurir près du captive sombre
Et dis-lui que nous l’aimons.

Dis-lui qu’à travers le rapide cours du temps
Tout appartient à l’avenir,
Que le vainqueur, au front pâle,
Plus que le vaincu, peut mourir.”

En septembre 1871, Théophile Ferré fut condamné à mort par le 3e Conseil de Guerre. Il sera fusillé à Satory le 28 novembre. À l’annonce de la nouvelle, Louise Michel, détenue depuis le 15 juin à la maison d’arrêt de Versailles, tenta de l’aider. Elle lui écrivit trois lettres, ainsi que deux poèmes (Les Œillets Rouges et À mes frères).
il y a 8 mois
Puisque nous pouvons correspondre aujourd’hui, que mon premier mot soit un mot de bonheur, notre déléguée très chère. Vous comprenez comment, en cette époque de honte, on est heureux de voir les fils de la République si dignes de la cause.

Si ma lettre n’a pas le temps de vous parvenir, moi aussi j’ai le droit de ne pas voir le reste de cette vie. En attendant, parlons. J’espère qu’en matière d’opinions sur les femmes, vous n’êtes plus réactionnaire et que vous reconnaîtrez notre droit à choisir le péril et la mort. D’ailleurs, que ces droits nous s’appliquent largement. Je vous écris sous les lauriers et les arbres d’oranger, car nous avons ici un jardin, mais pour y arriver, oh, les choses que j’ai vues.

Voici le lieu de mon arrestation : ils ont emmené ma mère pour être fusillée à ma place, alors je suis immédiatement allé la libérer en prenant sa place, et si je n’avais pas été fusillée là-bas, je crois que je me serais trouvé dans cet esprit d’autant plus calme, parce que je me croyais à mon dernier moment et je pensais que notre cause était perdue. Je leur ai dit la vérité presque comme la mort aurait pu la dire, si les femmes mortes parlaient.

Combien de choses ai-je vues depuis lors. L’itinéraire à pied que l’on nous fit faire entre des soldats à cheval, le Château de la Muette, Versailles, Satory et puis Versailles à nouveau, à la Gare de l’Ouest, et ici.

C’était comme des scènes de Dante et des peintures de Callot, mille fois dépassées, l’agonie de la révolution mêlée à je ne sais quelle espérance. Une lâcheté sans nom et des actes magnifiques, c’était le moment où il fallait tenir le cœur haut pour ne pas le salir dans la boue.

J’attends le Conseil de guerre. Quant à mon interrogatoire, en résumé je leur ai dit que j’aimais et servais la Commune de tout mon cœur, du premier jour au dernier, parce qu’elle voulait le bonheur du peuple. Et pour ce que j’avais à dire en ma défense, je n’ai rien dit, ayant agi selon mes convictions. Quant à ce que je pensais, j’ai eu le plaisir de le transmettre et ce n’est pas peu de chose, dans certaines circonstances, surtout quand on voit, comme j’ai vu, les lâches frémissants de peur, venus accuser la Commune de tout ce qu’ils savaient très bien qu’elle ne faisait pas.

Frère, nous reverrons-nous ? Verrons-nous nos amis à nouveau ? Peu importe.

Je vous serre la main de tout mon cœur.

J’ai ici avec moi quelques pauvres femmes dont le seul crime est de m’avoir envoyé un peu de linge à Neuilly. J’ai toutefois certifié maintes fois qu’elles n’étaient coupables de rien, mais j’admets qu’après tout je ne pense pas à elles en ce moment.

Adieu (ou) dans l’au-delà.

Louise Michel.
il y a 8 mois
Hippolyte Ferré fut capitaine du 76e bataillon fédéré pendant la Commune. Il fut également secrétaire de Théophile Ferré. En mai 1873, il fut condamné par le 16e conseil de guerre à la déportation dans une enceinte fortifiée. Il se réfugia à Zurich, puis à La Chaux-de-Fonds, où il travailla comme tapissier. Il participa aux congrès de la Fédération jurassienne, y compris celui de La Chaux-de-Fonds en avril 1874. En 1877, à la suite du congrès de Verviers, il rejoignit le conseil de l’Internationale des travailleurs aux côtés de Jean-Louis Pindy.

Dans les années 1880, Hippolyte Ferré fut nommé secrétaire du Comité du Monument aux fédérés, et plus tard trésorier de la Fraternité des Anciens Combattants de la Commune.
il y a 8 mois
J’espère qu’il pourrissent bien en enfer ces ordures de coco
il y a 8 mois
Pendant la Semaine sanglante, Marie Ferré, âgée de vingt-six ans, vivait avec ses parents à Levallois-Perret, rue Fazilleau. Gravement malade à l’époque, elle se retrouva néanmoins directement mêlée à la chasse à l’homme visant son frère, Théophile Ferré. Le domicile familial fut fouillé. Sa mère, Marie Rivière, fut soumise à une interrogatoire brutal, tandis que Marie Ferré elle-même fut menacée d’arrestation.

Louise Michel a laissé un récit détaillé et profondément émouvant de cet épisode, qu’elle affirma tirer du Dossier de la Magistrature d’Odysse Barot:

« Je trouve, dans le Dossier de la Magistrature d’Odysse Barot, le récit exact de l’arrestation de Marie Ferré, et je cite ces pages, encore écrites sous l’émotion vive de cette scène horrible; elles serviront de préface à sa mort.

On se rappelle le procès de Théophile Ferré, membre de la Commune, son calme dédaigneux devant le peloton d’exécution à Satory, face aux douze fusils Chassepot qui devaient le faire mourir. Il attendait cette mort en souriant, une cigarette à la bouche, les yeux découverts; tout le monde le sait.

Pourtant, il y a un détail qui reste inconnu et qui n’a jamais été écrit jusqu’à présent: la manière dont l’arrestation de Ferré a été menée, les moyens employés pour découvrir son lieu de cachette.

Toutes les recherches avaient échoué; peut-être cinq ou six pseudo-Ferré avaient été arrêtés, tout comme cinq ou six faux Billioray avaient été exécutés, cinq ou six Vallès.

Alors, que fit-on ? On alla à la petite maison de Levallois-Perret, rue Fazilleau, où l’ancien membre de la Commune vivait avec ses parents.

— Évidemment, il n’y était pas.
— Bien sûr ! Il était bien connu qu’on n’y avait aucune chance de le trouver.
— Alors pourquoi y aller ?
— Comme vous êtes naïfs ! N’ai-je pas dit qu’il vivait avec sa famille ? Et qu’est-ce qu’une famille, sinon pour dénoncer et livrer les siens ?

Ils entrèrent donc, assez brutalement, dans la petite maison entourée d’un jardin sur la rue Fazilleau. Ah ! Je ne sais si ma plume aura le courage d’aller plus loin. L’autre jour, des affaires m’amenèrent à Levallois; je traversai cette rue; lorsque j’atteignis cette maison, dont le numéro m’évoqua soudain, je dus m’arrêter pendant plusieurs minutes. Le sang me monta à la tête, la sueur coula sur mon front, et un seul souvenir agita en moi des vagues de colère et de fureur.

Ils entrent. Le père était parti à son travail quotidien; il ne restait que deux femmes: la mère âgée et la jeune sœur de l’homme recherché.

Cette dernière, Mlle Ferré, était au lit, très malade — fiévreuse au comble.

Ils pressèrent la mère de questions. Elle insista pour dire qu’elle ne savait rien, et que même si elle savait, on ne pouvait pas exiger qu’une mère devienne la traîtresse de son propre enfant.

— Arrêtez-moi si vous voulez, mais je ne peux pas dire ce que je ne sais pas, et vous n’aurez pas la cruauté de me dépouiller du bord de mon enfant.

Alors naquit l’idée monstrueuse:
— Puisque vous refusez de dire où se trouve votre fils, nous prendrons votre fille.

On entreprit de mettre la jeune fille malade debout et de la faire habiller, au risque de la tuer.

— Courage, mère, dit-elle; ne vous affligez pas, je serai forte; ils seront obligés de me relâcher.

Ils l’emportèrent…

Mais l’esprit maternel céda. La fièvre emporta la mère; sa raison s’obscurcit. Dans son délire, elle lâcha ces mots: Rue Saint-Sauveur.

Cela suffit. La rue est entourée et fouillée. Théophile Ferré est arrêté… Quelques mois plus tard, il est fusillé.

Huit jours après cette horrible scène rue Fazilleau, la fille fut rendue à la liberté. Mais sa mère ne fut pas rendue: devenue folle, elle mourut peu après à l’asile Sainte-Anne. »
il y a 8 mois
Après ces événements, Marie Ferré resta étroitement liée aux milieux blanquistes et aux anciens Communards. Le dimanche 8 novembre 1880, elle se rendit à la gare de Dieppe avec Camille Bias pour accueillir Louise Michel, de retour de Nouvelle-Calédonie. Elles furent à ses côtés lorsqu’elle arriva à la gare Saint-Lazare.

En janvier 1882, Marie Ferré participa à la commémoration de la mort d’Auguste Blanqui, décédé le 1er janvier 1881. À l’époque, elle vivait avec Camille Bias rue Condorcet, dans le 9e arrondissement de Paris. Elle y mourut le 24 février 1882, probablement d’une maladie cardiaque.
il y a 8 mois
Ses funérailles, célébrées au cimetière de Levallois-Perret, réunirent environ 1 500 personnes. Le cortège, dirigé par Louise Michel, Camille Bias et Hippolyte Ferré, comprenait Émile Eudes, Jules Allix, Jean-Baptiste Clément, Émile Gautier, Simon Dereure, Edmond Chamolet et Hubertine Auclert, parmi d’autres. Les participant[e]s progressèrent le long de la rue des Batignolles en direction de la Porte d’Asnières.

Louise Michel, Edmond Chamolet, Jules Allix, Simon Dereure et Émile Gautier prononcèrent successivement des discours en son hommage. Elle fut inhumée aux côtés de son frère Théophile et de leur mère, dans le caveau familial du cimetière de Levallois-Perret.

Dans Le Droit Social du 19 mars 1882, le groupe révolutionnaire Louise Michel de Lyon salua Marie Ferré comme « une révolutionnaire convaincue, énergique et dévouée », notant qu’elle « se tenait toujours en première ligne lors d’une manifestation ou d’un mouvement révolutionnaire ». À la suggestion de Louise Michel, le groupe se rebaptisa le « Groupe Marie Ferré ».
il y a 8 mois
Ceci est la traduction de mon post Tumblr, qui a obtenu 27 likes.
il y a 8 mois
J’espère qu’il pourrissent bien en enfer ces ordures de coco
Anachronisme. Et sans les socialistes (blanquistes, anarchistes, puis marxistes) du XIXe siècle puis les communistes du XXe siècle, tes soins ne seraient pas remboursés. Tu travaillerais 80h par semaine, sans connaître les congés payés.
il y a 8 mois
UP
il y a 8 mois
Anachronisme. Et sans les socialistes (blanquistes, anarchistes, puis marxistes) du XIXe siècle puis les communistes du XXe siècle, tes soins ne seraient pas remboursés. Tu travaillerais 80h par semaine, sans connaître les congés payés.
Et je ne vivrais pas entouré de gens marrons. Mon choix est fait.

(Je ne suis jamais malade et je suis à mon compte en tant que petit entrepreneur je suis en moyenne à 60h mini par semaine et n’ai aucun congé payé tout se fait de ma poche au passage)
il y a 8 mois
ça vous intéresse ?
:chatbien:
il y a 8 mois