Sujet résolu
L'auteur a trouvé une solution à son problème.
Xavier a 42 ans. Il bosse dans l’administration territoriale depuis qu’il a 22 ans. Il est en CDI depuis toujours. Pas le plus ambitieux, pas le plus fainéant non plus — il fait son taf, il ferme sa gueule, comme on dit.
Après 20 ans de bons et loyaux services, il touche 2000€ brut par mois, 1 580€ net. Magalax, sa femme, travaille à mi-temps dans une maison de retraite. Elle gagne 900€ par mois. À deux, ils arrivent à joindre les deux bouts, mais jamais à faire de nœud.
Ils ont acheté un pavillon de 87 m² à 40 km de la ville, avec un crédit sur 27 ans, signé à la va-vite quand les taux étaient encore bas. Aujourd’hui, avec l’augmentation du gaz, de l’essence, de tout en fait, ils calculent au centime près. Plus de vacances. Finies les sorties. Leur seul luxe : un abonnement Netflix et des pizzas surgelées le vendredi.
Magalax rêve parfois de partir, de tout plaquer, d’ouvrir un salon de thé dans le sud. Xavier rigole : « Et on rembourse comment le crédit ? Avec des muffins bio ? »
Le matin, dans sa Clio de 2008, Xavier écoute France Info. Il entend parler d’un pays en réindustrialisation, d’un avenir prometteur, d’effort collectif. Puis il voit sur son téléphone une pub pour un SUV à 60 000€, pendant qu’il fait le plein à 2,13€/L. Il coupe la radio.
Le soir, Magalax lui demande :
— Tu crois qu’on s’en sortira mieux dans 10 ans ?
— On aura fini de payer le chauffe-eau, au moins.
Ils rient. Un peu. Fatigués.
Leur fils, lui, a 16 ans. Il veut devenir musicien. Xavier a failli lui dire : « Trouve un vrai métier. »
Mais il s’est retenu. Parce que lui, son vrai métier, il lui a volé ses rêves.
Après 20 ans de bons et loyaux services, il touche 2000€ brut par mois, 1 580€ net. Magalax, sa femme, travaille à mi-temps dans une maison de retraite. Elle gagne 900€ par mois. À deux, ils arrivent à joindre les deux bouts, mais jamais à faire de nœud.
Ils ont acheté un pavillon de 87 m² à 40 km de la ville, avec un crédit sur 27 ans, signé à la va-vite quand les taux étaient encore bas. Aujourd’hui, avec l’augmentation du gaz, de l’essence, de tout en fait, ils calculent au centime près. Plus de vacances. Finies les sorties. Leur seul luxe : un abonnement Netflix et des pizzas surgelées le vendredi.
Magalax rêve parfois de partir, de tout plaquer, d’ouvrir un salon de thé dans le sud. Xavier rigole : « Et on rembourse comment le crédit ? Avec des muffins bio ? »
Le matin, dans sa Clio de 2008, Xavier écoute France Info. Il entend parler d’un pays en réindustrialisation, d’un avenir prometteur, d’effort collectif. Puis il voit sur son téléphone une pub pour un SUV à 60 000€, pendant qu’il fait le plein à 2,13€/L. Il coupe la radio.
Le soir, Magalax lui demande :
— Tu crois qu’on s’en sortira mieux dans 10 ans ?
— On aura fini de payer le chauffe-eau, au moins.
Ils rient. Un peu. Fatigués.
Leur fils, lui, a 16 ans. Il veut devenir musicien. Xavier a failli lui dire : « Trouve un vrai métier. »
Mais il s’est retenu. Parce que lui, son vrai métier, il lui a volé ses rêves.
il y a un an
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