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PRÉFACE
:CS_Zoom:


Il s'agit d'un mini roman, je vous préviens : ce n'est pas un risitas ou une risific. Elle raconte l'histoire d'un jeune personnage reclus qui est une image de beaucoup de forumeurs ici, et dont la vie et les situations de son quotidien ressemblent beaucoup à celles de nombreuses personnes qui, encore une fois, fréquentent ce forum.
Cette fic n'a pas pour vocation de faire 50 pages et 150 connectés, je veux juste écrire et exprimer des situations semblables qui nous sont peut être arrivées et peuvent l'être. Cette fic traite de rejet social, de troubles paranoïdes, d'addictions, de divertissement et de forum. Elle s'inspire des expériences de forumeurs que j'ai pu voir et des miennes.

Je ferai aussi des illustrations pour chaque chapitre, ça arrivera peut être ce week-end.

A bon entendeur, et bonne lecture.

Chapitre I - La boucle


En ce chaud après midi d’été, j’ouvre les yeux et fixe mon plafond en attendant de sortir ma tête de mon cul. Il est 14h21. En général, je me réveille entre 14h15 et 14h30, comme ça je sais que j’ai encore du temps devant moi pour profiter des rayons de soleil. Je me dirige lentement vers mon rideau pour soulever le coin et voir si le ciel est gris ou bleu : il est gris, au moins ça ne me fera pas culpabiliser de gâcher la journée en restant enfermé une nouvelle fois.

Ma vie n’est pas spécialement excitante, je passe la majeure partie de mon temps à trainer sur un forum en écoutant de la musique japonaise, je joue à des jeux vidéos sur ma console ou alors je regarde des animés. A peu près chaque journée est la même que celle de la veille, les seules différences notables sont les topics sur lesquels je clique et les épisodes des animés qui défilent. Je ne mange que deux repas par jour : un café le matin pour masquer mon sommeil de qualité pitoyable, je commande de la nourriture en ligne le soir, enfin plutôt la nuit, et si je suis motivé je fais chauffer des nouilles instantanées.

Il faut avouer que pour un homme de 22 ans, dans la fleur de l’âge, c’est un mode de vie assez atypique.

A l’origine, j’étais étudiant en licence de mathématiques, mais ma condition d’inadapté social a transformé mes journées rythmées par les cours et les révisions par le forum et le xanax. Beaucoup disent que certaines personnes ne sont pas faites pour suivre le système éducatif, je dois en faire partie non ? Il ne manque plus qu’à avouer ma situation à mes parents, mais cela reviendrait à me couper mon unique source de revenus, quoi qu’il y a encore les APL, ou même des associations pour hikikomori en situation de détresse, ça doit exister non ? Ils font bien des associations pour les clandestins, pourquoi pas pour les reclus ?

Il serait peut être temps de sortir de mes pensées et de m’activer pour réaliser mes corvées : en effet, c’est le jour du ramassage des poubelles, et il est temps de réaliser ce rituel mensuel. Par soucis pratique, il m’est impossible de saisir tous les sacs poubelle qui habitent mon appartement sans payer le moindre loyer, alors j’en prends généralement trois ou quatre, et ceux restants seront expulsés de chez moi lors de la sortie poubelle du mois prochain. Ca m'évite de les sortir toutes les semaines.

En descendant les escaliers, j’entends un rire. Je crois que c’est la voisine.

Lorsque j’ai emménagé ici, elle m’avait offert des pâtisseries, des muffin je crois. Elle était gentille, mais j’ai toujours pensé qu’elle se payait ma tête.

Elle doit être au téléphone avec quelqu’un.

Ses rires me mettent mal à l’aise. Tu te fous de ma gueule, c’est ça ? C’est marrant de voir un puceau qui sort ses poubelles en plein après midi peut être ? Il n’y a rien de drôle. Arrête de rigoler.
Les femmes ont un problème. S’il y a bien quelque chose que je déteste profondément, ce sont les ricanements de femmes. Elles ricanent sans cesse pour rien, rigolent pour des idioties, ce n’est pas drôle, ça me contrarie même.
En fait, j’ai toujours douté de ce que les femmes pensaient de moi. Vu que j’ai toujours été distant avec elles, faute de sociabilité, elles m’ont toujours vues comme une bête de foire. Quand cette voisine m’a offert ces muffins, j’avais une tête de demeuré je me souviens, ça a du commencé à ce moment là. Je suis un malaise ambulant de toute manière, je n’aurai jamais de copine, avec du recul, et-

- Bonjour, je suis enseignante dans une école maternelle du quartier et je voudrais savoir si vous seriez d’accord pour signer cette pétition contre la fermeture de notre établissement. La mairie souhaite la fermer a cause du manque d’élèves mais il s’agit de la seule école maternelle du coin, l’autre école se trouvant dans le quartier d’a coté.

Je suis surpris.
Non, vraiment, je ne m’y attendais pas.

- Monsieur ?
- Euh oui, ex-excusez moi, je suis un peu fa–tigué, vous m’avez prit au- au dépourvu.

Quel débile je fais, putain.
Ses yeux doux se sont vite transformés en un regard impatient.

- Je signe ici, c’est ça ?
- Oui, c’est cela.

La situation commence à devenir longue, et ça ne fait que quelques secondes, pourtant.
Bordel, il faut mettre son nom et son prénom en plus, quelle galère, on ne peut pas signer tout simplement ? C’est chiant, en fait, une pétition. Heureusement que je n’en ai jamais signé auparavant, j’aurai perdu un temps monstrueux. C’est long et chiant.

Putain, il faut mettre une adresse aussi. Bon, j’ai commencé, je dois terminer, je n’ai pas le choix. J’ai décidé de signer sous le coup du stress de toute façon.
Avec du recul, c’est vraiment une idée de merde. Et si c’était un de ces roumains qui veulent me dérober mon porte monnaie pendant que je signe ? Peut être que je n’ai plus d’argent dans mes poches actuellement. Ah, mais je n’ai pas de porte monnaie de toute manière, je suis là pour sortir les poubelles. Et puis cette professeure n’est pas roumaine, elle a un faciès d’asiatique de souche. Ou alors les roumains seraient-ils en fait des asiatiques ? Je ne savais pas que les invasions turco-mongoles avaient provoqués un métissage aussi poussé des populations européennes, ou alors descendent-ils des avars et des huns ?

- … Monsieur ?
- Euh, oui ?
- Vous avez fini ?
- Oui excusez moi j’étais dans mes pensées, désolé de vous faire perdre votre temps…

J’ai vraiment l’air d’un con. Avec mes poubelles, là. Et puis cette discussion est tellement vide, peut-on même vraiment appeler ça une discussion ? Laisse moi déposer mes poubelles !

- Merci pour votre signature, ça nous sera d’une grande aide.

Elle était si enthousiaste au début, c’est vite parti.

- Oh, et vous pouvez me rendre le stylo ?
- Ah merd- euh oui excusez moi…

Si cette école maternelle reste ouverte, je ferai en sorte de ne jamais passer devant pour ne pas croiser le regard de cette professeure.

Elle a dû me prendre pour le dernier des abrutis. J'ai peu d'interactions sociales, mais celle-ci a vraiment été crispante.

J’ai vraiment un problème.

Heureusement qu’elle part et qu’elle a le dos tourné, puisque ça fait 10 secondes que je suis immobile comme un ahuri.
Bon, reprenons là où j’en étais. Les poubelles, il faut les déposer à l’arrêt de la benne a ordures.
il y a un an
Ça manque de stickers mais je la lirai plus tard. Merci khey.
il y a un an
Ça manque de stickers mais je la lirai plus tard. Merci khey.
Comme j'ai dit c'est pas une risific, va falloir s'adapter. Bonne lecture
:mexico:
il y a un an