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sur la Sparte hellénistique du 3ème siècle. J'aurais pu écrire sur les évènements politiques et militaires mais comme il s'y connaît mieux en philosophie, je préfère laisser le dossier en un bloc. Comme c'est très long, je ne vais pas tout poster d'un coup.

Bonne lecture
:ok:


Salut à tous,

Avec un "peu" de retard, voilà un article promis sur les "spartiates bolchéviques" (je précise que c'est de l'ironie ) de l'ère hellénistique. J'ai toujours adoré les troubles sociaux et révolutionnaires à Sparte que je trouve bien plus intéressant que la sparte "classique". Par pitié pour mes petites quenottes je pense que je vais faire diviser en plusieurs parties et en faire qu'une à la fois ou deux si elles sont pas assez grandes. Voilà comment je vais aborder ce sujet :

D'abord, une partie introductive sur l'oliganthropie spartiate et les raisons de sa "décadence", mais aussi plus prosaïquement un regard sur la situation sociale de la Grèce centrale au IIIème siècle. Ensuite, j'exposerais et j'expliquerais les réformes d'Agis et de Cléomène (avec remise en contexte toussa). Enfin, et ca va être la partie la plus "horrible", je vais vous expliquer la philosophie stoïcienne "égalitaire" qui forme le fond "idéologique" de la "révolution" de Cléomène.

Donc.

Depuis quasiment les "mythiques" réformes de Lycurgue, Sparte a toujours eu un problème, d'abord mineur, mais qui est devenu de plus en plus grand au fil du temps : l'oliganthropie. Ce mot signifie que le corps de spartiates diminue constamment sans jamais augmenter ou se renouveler. On peut expliquer cela par plusieurs facteurs :
- D'abord, il faut payer le syssition, c'est-à-dire un montant de nourriture pour les repas en commun, si vous n'aviez plus les moyens de payer ceci, crac relégué dans le rang des inférieurs
- Vous échouez à l'agôgé ? Crac, inférieur
- Les kléros, c'est-à-dire le lopin de terre qui normalement revient à l'Etat spartiate à la mort du spartiate pour pouvoir le refiler à quelqu'un d'autre est, depuis le IVème siècle, transmissible à quelqu'un. Donc autant vous dire que les plus riches ne sont pas gênés pour en avoir le plus, et si pas de kléros, ben crac inférieur.
- Généralement, la grande propriété terrienne est composée de femmes (qui sont très puissantes à Sparte), notamment parce qu'elles peuvent posséder plus de terres que les hommes et les conserver, sauf qu'une femme, même aussi musclées qu'elles sont à Sparte, ne font pas des soldats, donc crac, moins de spartiates
- A cause de l'invasion des Thébains, les Spartiates ont perdu la Méssenie et donc la plus grande partie de leur hilote, donc moins de terres, moins de syssition, moins de spartiates.

Pour vous faire une idée des ravages de l'oliganthropie spartiate, à Platées (479), il y avait 5.000 spartiates, à Leuctres (371), il y en a 700. Au début du règne d'Agis (241), Plutarque nous dit que seul 100 spartiates avaient une propriété terrienne.
Il ne faut pas oublier que c'est aussi une catastrophe militaire et les spartiates ne peuvent quasiment plus rien aligner sur le terrain. C'est pour ca qu'elle devient presque morte sur le plan politique hellénistique.

Enfin, plus généralement, les "riches", qui existaient déjà depuis bien avant à Sparte (seul le kléros 'de l'Etat' est égal aux autres, vous pouvez bien posséder d'autres terres sans restriction) sont devenus de plus en plus importants, de plus en plus riches et se faisant le corps civique des Spartiates devint à peu près celui celui des grands propriétaires fonciers. Et à côté, il y a une énorme masse d'inférieurs et de périèques sans terres et endettée. Même si beaucoup, comme Xanthippe, se firent mercenaires (et les mercenaires lacédémoniens étaient fort appréciés), la situation était, il faut l'avouer, complètement explosive.

Mais il ne faut pas croire que cette situation est seulement inhérente à Sparte. On sait par Polybe que l'immense problème de l'époque hellénistique est l'appauvrissement d'une grande partie de la population, qui s'endette effroyablement tandis qu'une oligarchie devient de plus en plus puissante et riche. Presque toutes les cités sont touchées et régulièrement des troubles éclatent, que ces cités soient d'une constitution démocratique ou aristocratique. "Heureusement", les royaumes hellénistiques réclament des soldats grecs, ce qui fait qu'ils servent de soupape sociale, car ils lotissent ces nouveaux arrivants, en Egypte dans le delta et le fayoum et dans les katoikiai (colonies militaires) pour les séleucides.
Mais c'est loin d'être suffisant pour régler les problèmes sociaux de ces cités.

Agis IV, le roi réformateur ---> Image

Quand le très jeune Agis IV, roi de Sparte, arrive au pouvoir, il a derrière lui ce qui semble être un "parti" réformateur mené par son oncle Agésilas. Le collègue d'Agis (il y a deux rois à Sparte, les enfants) est Léonidas, qui lui est le partisan de l'oligarchie.

Il réussit à faire élire Lysandre du parti réformateur comme éphore, qui proposa une série de loi devant la Gérousie. Et attention, là ca pique :

- Abolition de toutes les dettes
- Partage de toutes les terres en lots égaux
- Introduction des inférieurs dans le corps civique, suivi de périèques et d'étrangers

Autant vous dire que les oligarques qui formaient la Gérousie ont failli mourir d'une attaque cardiaque généralisé.
Malgré qu'Agis avait le soutien total de la masse populaire, la Gérousie rejetta les propositions de Lysandre.
Mais malin comme tout, Lysandre attaqua en justice Léonidas, qui je le rappelle est le "chef" des oligarques, car il avait épousé une femme étrangère. Léonidas fut déchu et Lysandre en profita pour proclamer ses lois, dans l'illégalité.
Bien sûr, l'année suivante (changement d'éphores), cela ne manqua pas, les oligarques attaquèrent Lysandre pour illégalité. Agis et son nouveau collègue, Mandroclidas, décidèrent alors de faire un "coup d'Etat", où plutôt un "coup de Majesté". Ils demirent les éphores et armèrent la masse populaire, prêt à se tenir en cas de réaction violente du parti oligarchique. Mais rien ne vint et Léonidas s'exila à Tégée.
C'est alors que la "révolution'" semble se mettre en place et d'ailleurs le mot est bien choisi, car comme en 1789, le parti réformiste brûla tous les documents hypothécaires, les dettes furent toutes abolies, et Agis voulu au plus tôt partager toutes les terres, mais il fut arrêté par son oncle Agésilas, qui était endetté (enfin il ne l'était plus à cet instant si vous avez suivi) mais grand propriétaire foncier. Vous comprenez que ce triste individu jouait plus pour sa pomme que pour la masse populaire.
A ce moment, la Confédération achéenne demanda l'aide de Sparte contre les étoliens. Agis leva une armée parmi la masse pauvre. Il était aimé d'eux, car ils étaient certains qu'ils allaient avoir des terres. D'ailleurs, Agis IV portait les mêmes habits et la même armure que la plupart de ses soldats (donc pauvres) (-ce passage, est avec le prisme de la philosophie stoïcienne d'une extrême importance, mais on y renviendra à la fin promis-), et il était d'une grande simplicité et d'une austérité remarquable. L'armée de Agis marcha alors vers Corinthe avec cet enthousiasme "révolutionnaire" là encore étrangement sembable à celui de la révolution française, car partout sur leur passage, les masses populaires des cités du Péloponnèse frémissaient d'admiration devant cette armée de pauvres motivée avec ferveur par leur roi, et les réformes qu'il portait. Autant vous dire que les riches tiraient une gueule monumentale et la dernière chose qu'ils avaient envie de voir, c'est que les troupes d'Agis exportent, même indirectement, ces idées de "révolution" dans d'autres cités que la leur.

C'est pour cela qu'Aratos renvoya illico presto Agis dès qu'il eut posé le pied devant Corinthe, car défendre le Péloponnèse c'est bien, mais si c'est pour le voir tomber entre les mains des bouseux, non merci !

Mais cette promenade causa la perte d'Agis et de la "révolution". Léonidas rentra de son exil et les oligarques relevèrent la tête : ils s'emparèrent par violence du pouvoir et tendirent un piège à Agis qui fut exécuté. Les partisans réformateurs durent s'enfuir pour sauver leur propre vie. Ainsi se termina le premier épisode 'révolutionnaire" de Sparte, qui retomba sous le joug d'une minuscule oligarchie. Mais Léonidas fit une grave erreur : il maria la veuve d'Agis, Agiatis, qui était fort riche (puisque le partage des terres était annulé), à son fils Cléomène. Ainsi, elle convertit son nouveau mari aux idées de son ancien, et nous verrons la suite un peu plus tard !
il y a 3 ans
Cléomène III, la révolution par la force

Nous avons dit que Cléomène, fils de Léonidas -le chef des oligarques-, fut "converti" aux idées de réformes par la veuve d'Agis. En fait, il n'y a pas que ca, car on sait par Plutarque que durant sa jeunesse, c'est-à-dire sans doute durant le règne du roi Agis, Cléomène écouta les leçons du philosophe stoïcien Sphairos, disciple de Zénon de Kition. Ce philosophe fut étroitement associés aux décisions de Cléomène. C'est très important, car il ne faut pas croire que toutes les idées de réformes d'Agis et de Cléomène sont nés toutes armées du crâne de Zeus. Il y a nécessairement eu un fond idéologique, c'est-à-dire à cette époque un fond philosophique, dont on sait ici qu'il est stoïcien. Cela peut étonner certains qui savent que le stoïcisme est plutôt "aristocratique", mais nous allons voir et corriger qu'il s'agit seulement d'une branche du stoïcisme qui est ainsi. Même si nous allons aborder le sujet à la fin de mon exposé, gardez cependant à l'esprit qu'il existe une connivence entre les actes de Cléomène (pour ceux d'Agis c'est probable mais beaucoup plus incertain) et le stoïcisme "égalitaire".

En 235, Cléomène succéda à son père. Alors il faut savoir que la double monarchie spartiate battait un peu de l'aile depuis la mort d'Agis IV et je vais pas vous raconter tous les problèmes, mais que généralement, Cléomène III règna seul la majorité du temps à Sparte. Il est moins doux qu'Agis IV, qui était plus prompt à la parole qu'au glaive. Ce n'est pas trop le cas de Cléomène III qui est plutôt colérique, il y a donc une différence assez grande entre ces deux hommes. Entre 235 et 229, il est difficile de voir ce que fait Cléomène, mais on devine selon Plutarque qu'il sonde les éphores et ses amis afin de chercher du soutien.

En 229, la Confédération Achéenne est au sommet de sa puissance. Aratos a chassé la Macédoine de la Grèce centrale et même si Athènes n'a pas rejoint la ligue (ce qui est dégueulasse quand on sait qu'Aratos a fortement contribué à sa libération), la Ligue Achéenne est puissante et seule la Ligue Etolienne peut véritablement s'opposer à ses desseins. Autant vous dire qu'ils regardent la moribonde Sparte en riant aux éclats. Mais les Etoliens, malins comme tout, cédèrent quelques villes arcadiennes (obtenus lors d'une campagne précédente) aux lacédémoniens, c'est-à-dire en plein milieu du territoire de la Confédération Achéenne. Aratos lança alors quelques opérations périphériques et indirectes contre les Lacédémoniens, car il ne pouvait déclarer ouvertement la guerre étant donné que ces deux pays étaient alliés au lagide (qui fournissait des trillards de subsides). Cléomène décide d'envahir le territoire de Mégalopolis en représailles, et les Achéens déclarent la guerre à Sparte.

N'ayant même pas 5000 hommes, mercenaires inclus, Cléomène se révéla être un excellent homme de guerre : il évita le contact frontal avec la puissante armée de 20.000 hommes d'Aratos et tomba sur les arrières de leur armée à plusieurs reprises. Cléomène s'empara alors de Leuctres (Arcadie), mais Aratos l'avait prévu et il surprit l'armée de Cléomène qui venait à peine de prendre la ville. L'armée lacédémonienne s'enfuit, et Aratos fit une erreur : il refusa que l'infanterie passe une fosse profonde -construite pour le siège- pour poursuivre les spartiates et il préféra leur envoyer toute sa cavalerie. Mais elle fut empêtrée dans les vignes jouxtant la ville. Cléomène fait alors sonner ses archers crétois et ses cavaliers tarentins : toute la cavalerie achéenne fut vaincue rapidement. Alors l'infanterie se rallia, et Cléomène attaqua les flancs d'une armée achéenne épouvantée par ce retournement de situation et les soldats achéens préférèrent s'enfuir. C'est une grande victoire pour Cléomène qui lui ouvrit la voie de la prise du pouvoir à Sparte.

Après cette victoire, Cléomène laissa son armée en Arcadie et revint avec vitesse vers Sparte avec un contingent de mercenaires (dont on a vu l'importance dans la bataille plus haut). Il retint la leçon de la triste fin d'Agis IV, et d'un caractère moins "bisounours" que lui, il prépara son coup d'Etat. Les Ephores furent assassinés, et la magistrature supprimée. Dix citoyens qui tentèrent de venir au secours des éphores (du parti oligarchique) furent de même tués.
Le lendemain, Cléomène proscrivit 80 citoyens (= riches et propriétaires terriens, je vous rappelle qu'à Sparte à cette époque, il n'y avait plus que 100 proprio fonciers qui possédaient d'immenses étendues de terre chacun), mais il les laissa s'enfuir s'ils le désiraient.

Il appliqua ensuite le programme d'Agis : abolition des dettes, partage en 4000 lots de taille égale de toutes les terres qui furent confisquées et remise à la propriété de l'Etat (ici, c'est très important, parce que c'est pas du tout "Lycurguéen" puisque Lycurgue laissait le choix de la propriété "privée" hors le kléros étatique. Hors Plutarque est formel ; ἔπειτα καὶ οἱ λοιποὶ πολῖται πάντες C'est "pantes", tous les citoyens restants. Ils ont tous droit à un lot de terre et il affirme au début que Cléomène et les propriétaires fonciers restants mettent TOUTES leurs richesses en commun, on expliquera ce choix par la philosophie stoïcienne, ne vous inquiétez pas). Il intégra donc les inférieurs, des périèques et des étrangers dans le corps civique (il faudrait aussi ajouter 2000 hilotes qui viendront un peu plus tard). Il restaura l'agôgé spartiate ainsi que les syssitia -repas communs- qui étaient tombés en désuétude.
Enfin, il complèta le tout avec une réforme militaire, et il entraîna les nouveaux citoyens spartiates en phalangites macédoniens (Mais l'armée spartiate garda cet aspect pauvre-austère, notamment Cléomène, Plutarque nous dit clairement que la phalange spartiate n'avaient pas de très bonnes armures comparés aux Macédoniens, sans doute deux-trois linothorax tout pourri, il faut se souvenir que la très grande majorité de ces nouveaux citoyens étaient endéttés et sans le sou avant les réformes !)

La population de Mantinée ayant eu vent de ces réformes chassa les Achéens et ouvrit ses portes à Cléomène. Aratos marcha alors contre les Spartiates qui cette fois-ci acceptèrent la bataille. Plein de cet "enthousiasme" révolutionnaire, les Spartiates, malgré le fait qu'ils furent mal armés et en infériorité numérique, infligèrent une terrible défaite à la Confédération. Les Achéens portèrent alors des propositions de paix à Cléomène, mais il tomba malade et les négociations furent reportés. Aratos en profita pour prendre contact avec la Macédoine, son ancien ennemi. Ptolémée III compris rapidement le petit jeu de l'Achéen et transféra les subsides destinés à la Ligue Achéenne au profit de Sparte.
De nombreuses villes de la Ligue Achéenne furent alors traversés par des troubles : les masses populaires désiraient les réformes de Cléomène III, et elles se révoltèrent comme à Mantinée, et ce fut le "Grand Soir" : Corinthe, Phlionte, Argos, Cléones, Hermionè, Trézène, Epidaure passèrent ainsi au roi de Sparte alors qu'il s'emparait avec fougue de Kaphylai, de Phénée et de Pellène. La ville natale d'Aratos, Sicyone était sécoué de troubles sociaux qui faillirent aussi livrer la ville à Cléomène.

Bon. On va arriver là à un point compliqué.

Cléomène n'entreprit aucune de ses réformes dans les villes que la masse populaire lui livra.

Et là vous allez me dire : "MAIS HEIN POURQUOI ?"
il y a 3 ans
Cléomène III, la révolution par la force

Nous avons dit que Cléomène, fils de Léonidas -le chef des oligarques-, fut "converti" aux idées de réformes par la veuve d'Agis. En fait, il n'y a pas que ca, car on sait par Plutarque que durant sa jeunesse, c'est-à-dire sans doute durant le règne du roi Agis, Cléomène écouta les leçons du philosophe stoïcien Sphairos, disciple de Zénon de Kition. Ce philosophe fut étroitement associés aux décisions de Cléomène. C'est très important, car il ne faut pas croire que toutes les idées de réformes d'Agis et de Cléomène sont nés toutes armées du crâne de Zeus. Il y a nécessairement eu un fond idéologique, c'est-à-dire à cette époque un fond philosophique, dont on sait ici qu'il est stoïcien. Cela peut étonner certains qui savent que le stoïcisme est plutôt "aristocratique", mais nous allons voir et corriger qu'il s'agit seulement d'une branche du stoïcisme qui est ainsi. Même si nous allons aborder le sujet à la fin de mon exposé, gardez cependant à l'esprit qu'il existe une connivence entre les actes de Cléomène (pour ceux d'Agis c'est probable mais beaucoup plus incertain) et le stoïcisme "égalitaire".

En 235, Cléomène succéda à son père. Alors il faut savoir que la double monarchie spartiate battait un peu de l'aile depuis la mort d'Agis IV et je vais pas vous raconter tous les problèmes, mais que généralement, Cléomène III règna seul la majorité du temps à Sparte. Il est moins doux qu'Agis IV, qui était plus prompt à la parole qu'au glaive. Ce n'est pas trop le cas de Cléomène III qui est plutôt colérique, il y a donc une différence assez grande entre ces deux hommes. Entre 235 et 229, il est difficile de voir ce que fait Cléomène, mais on devine selon Plutarque qu'il sonde les éphores et ses amis afin de chercher du soutien.

En 229, la Confédération Achéenne est au sommet de sa puissance. Aratos a chassé la Macédoine de la Grèce centrale et même si Athènes n'a pas rejoint la ligue (ce qui est dégueulasse quand on sait qu'Aratos a fortement contribué à sa libération), la Ligue Achéenne est puissante et seule la Ligue Etolienne peut véritablement s'opposer à ses desseins. Autant vous dire qu'ils regardent la moribonde Sparte en riant aux éclats. Mais les Etoliens, malins comme tout, cédèrent quelques villes arcadiennes (obtenus lors d'une campagne précédente) aux lacédémoniens, c'est-à-dire en plein milieu du territoire de la Confédération Achéenne. Aratos lança alors quelques opérations périphériques et indirectes contre les Lacédémoniens, car il ne pouvait déclarer ouvertement la guerre étant donné que ces deux pays étaient alliés au lagide (qui fournissait des trillards de subsides). Cléomène décide d'envahir le territoire de Mégalopolis en représailles, et les Achéens déclarent la guerre à Sparte.

N'ayant même pas 5000 hommes, mercenaires inclus, Cléomène se révéla être un excellent homme de guerre : il évita le contact frontal avec la puissante armée de 20.000 hommes d'Aratos et tomba sur les arrières de leur armée à plusieurs reprises. Cléomène s'empara alors de Leuctres (Arcadie), mais Aratos l'avait prévu et il surprit l'armée de Cléomène qui venait à peine de prendre la ville. L'armée lacédémonienne s'enfuit, et Aratos fit une erreur : il refusa que l'infanterie passe une fosse profonde -construite pour le siège- pour poursuivre les spartiates et il préféra leur envoyer toute sa cavalerie. Mais elle fut empêtrée dans les vignes jouxtant la ville. Cléomène fait alors sonner ses archers crétois et ses cavaliers tarentins : toute la cavalerie achéenne fut vaincue rapidement. Alors l'infanterie se rallia, et Cléomène attaqua les flancs d'une armée achéenne épouvantée par ce retournement de situation et les soldats achéens préférèrent s'enfuir. C'est une grande victoire pour Cléomène qui lui ouvrit la voie de la prise du pouvoir à Sparte.

Après cette victoire, Cléomène laissa son armée en Arcadie et revint avec vitesse vers Sparte avec un contingent de mercenaires (dont on a vu l'importance dans la bataille plus haut). Il retint la leçon de la triste fin d'Agis IV, et d'un caractère moins "bisounours" que lui, il prépara son coup d'Etat. Les Ephores furent assassinés, et la magistrature supprimée. Dix citoyens qui tentèrent de venir au secours des éphores (du parti oligarchique) furent de même tués.
Le lendemain, Cléomène proscrivit 80 citoyens (= riches et propriétaires terriens, je vous rappelle qu'à Sparte à cette époque, il n'y avait plus que 100 proprio fonciers qui possédaient d'immenses étendues de terre chacun), mais il les laissa s'enfuir s'ils le désiraient.

Il appliqua ensuite le programme d'Agis : abolition des dettes, partage en 4000 lots de taille égale de toutes les terres qui furent confisquées et remise à la propriété de l'Etat (ici, c'est très important, parce que c'est pas du tout "Lycurguéen" puisque Lycurgue laissait le choix de la propriété "privée" hors le kléros étatique. Hors Plutarque est formel ; ἔπειτα καὶ οἱ λοιποὶ πολῖται πάντες C'est "pantes", tous les citoyens restants. Ils ont tous droit à un lot de terre et il affirme au début que Cléomène et les propriétaires fonciers restants mettent TOUTES leurs richesses en commun, on expliquera ce choix par la philosophie stoïcienne, ne vous inquiétez pas). Il intégra donc les inférieurs, des périèques et des étrangers dans le corps civique (il faudrait aussi ajouter 2000 hilotes qui viendront un peu plus tard). Il restaura l'agôgé spartiate ainsi que les syssitia -repas communs- qui étaient tombés en désuétude.
Enfin, il complèta le tout avec une réforme militaire, et il entraîna les nouveaux citoyens spartiates en phalangites macédoniens (Mais l'armée spartiate garda cet aspect pauvre-austère, notamment Cléomène, Plutarque nous dit clairement que la phalange spartiate n'avaient pas de très bonnes armures comparés aux Macédoniens, sans doute deux-trois linothorax tout pourri, il faut se souvenir que la très grande majorité de ces nouveaux citoyens étaient endéttés et sans le sou avant les réformes !)

La population de Mantinée ayant eu vent de ces réformes chassa les Achéens et ouvrit ses portes à Cléomène. Aratos marcha alors contre les Spartiates qui cette fois-ci acceptèrent la bataille. Plein de cet "enthousiasme" révolutionnaire, les Spartiates, malgré le fait qu'ils furent mal armés et en infériorité numérique, infligèrent une terrible défaite à la Confédération. Les Achéens portèrent alors des propositions de paix à Cléomène, mais il tomba malade et les négociations furent reportés. Aratos en profita pour prendre contact avec la Macédoine, son ancien ennemi. Ptolémée III compris rapidement le petit jeu de l'Achéen et transféra les subsides destinés à la Ligue Achéenne au profit de Sparte.
De nombreuses villes de la Ligue Achéenne furent alors traversés par des troubles : les masses populaires désiraient les réformes de Cléomène III, et elles se révoltèrent comme à Mantinée, et ce fut le "Grand Soir" : Corinthe, Phlionte, Argos, Cléones, Hermionè, Trézène, Epidaure passèrent ainsi au roi de Sparte alors qu'il s'emparait avec fougue de Kaphylai, de Phénée et de Pellène. La ville natale d'Aratos, Sicyone était sécoué de troubles sociaux qui faillirent aussi livrer la ville à Cléomène.

Bon. On va arriver là à un point compliqué.

Cléomène n'entreprit aucune de ses réformes dans les villes que la masse populaire lui livra.

Et là vous allez me dire : "MAIS HEIN POURQUOI ?"
Et avec raison, mais c'est un point discuté. Je pense qu'il ne faut pas trop voir par un point de vue marxiste ces conflits politico-sociaux. Cléomène n'était pas le défenseur des "opprimés", mais seulement des opprimés de SA cité, c'est-à-dire Sparte. Or, vous avez vu comment ca a bien marché pour Sparte ? Comment une cité complètement morte sur le plan politique extérieur, incapable d'aligner 10 soldats en pleine vacances scolaires est devenue une puissance militaire qui a complètement roulé sur la Ligue Achéenne ? Vous imaginez donner les mêmes armes à d'autres cités, qui sont certes amies, mais qui peuvent aussi tout-à-fait devenir des futures ennemies ?
Enfin, dernier point, Cléomène était parfaitement au courant que les Macédoniens allaient sans doute venir, et il cherchait à négocier. Il envoya des émissaires au Macédonien et à la Confédération achéenne, des conditions très modérées, mais pour que ces conditions marchent, il faut que quand même les grands oligarques aient encore leurs propres possessions, sinon autant se jeter dans les bras du Macédonien.

Sauf que ce fut inutile à cause d'Aratos. En effet, sachant que socialement les derniers villes restantes qu'il tenait était au bord de l'explosion, il se fit élire par une assemblée réduite à quelques oligarques et amis comme stratégos autocrator, c'est-à-dire comme "dictateur" (à la romaine) si vous voulez une définition rapide. Bien entendu, il refusa avec un malin plaisir les propositions de Cléomène, et là je vais citer Plutarque comme l'a fait Will car c'est un très beau passage : " Aratos n'acceptait point qu'il fût nommé hégémôn des Sicyoniens...Et, en horreur du pain d'orge et du manteau court, en horreur de ce qu'il dénonçait chez Cléomène, la destruction de la richesse et la guérison de la pauvreté, il s'inclina et inclina l'Achaïe avec lui devant la pourpre, le diadème et les ordres macédoniens et satrapiques, offrant des sacrifices à Antigonos (Dôsôn) et chantant des péans à cet homme miné de phtisie, afin qu'on ne pût croire qu'il se soumît aux ordres de Cléomène". En d'autres termes, Aratos fit revenir en Grèce celui qu'il avait chassé : le Macédonien.
Quand à Cléomène, les masses populaires se révoltèrent contre lui, mécontentes qu'il n'applique pas sa révolution. Argos se rebella en premier mais les autres suivirent rapidement. Le plus drôle dans l'histoire c'est que aucun riche/oligarque ne suivit Cléomène et ils se jeterrent tous dans les bras d'Antigonos Dôsôn car ils avaient trop peur des idées "révolutionnaires" des Spartiates, malgré tous les efforts de Cléomène. Le roi de Macédoine entra avec une puissante armée dans le Péloponnèse et il fonda l'Alliance hellénique avec les Achéens, une sorte de ligue fédérale au fonctionnement très intéressant, mais c'est pas le sujet ici.
Cléomène se battit bravement, élargit le corps civique à deux milles hilotes, et il réussit à prendre et à raser Mégalopolis, mais l'Alliance se mit en branle avec plus de 30.000 hommes vers la Laconie et Cléomène dut accepter la bataille à Sellasie.
il y a 3 ans
Et avec raison, mais c'est un point discuté. Je pense qu'il ne faut pas trop voir par un point de vue marxiste ces conflits politico-sociaux. Cléomène n'était pas le défenseur des "opprimés", mais seulement des opprimés de SA cité, c'est-à-dire Sparte. Or, vous avez vu comment ca a bien marché pour Sparte ? Comment une cité complètement morte sur le plan politique extérieur, incapable d'aligner 10 soldats en pleine vacances scolaires est devenue une puissance militaire qui a complètement roulé sur la Ligue Achéenne ? Vous imaginez donner les mêmes armes à d'autres cités, qui sont certes amies, mais qui peuvent aussi tout-à-fait devenir des futures ennemies ?
Enfin, dernier point, Cléomène était parfaitement au courant que les Macédoniens allaient sans doute venir, et il cherchait à négocier. Il envoya des émissaires au Macédonien et à la Confédération achéenne, des conditions très modérées, mais pour que ces conditions marchent, il faut que quand même les grands oligarques aient encore leurs propres possessions, sinon autant se jeter dans les bras du Macédonien.

Sauf que ce fut inutile à cause d'Aratos. En effet, sachant que socialement les derniers villes restantes qu'il tenait était au bord de l'explosion, il se fit élire par une assemblée réduite à quelques oligarques et amis comme stratégos autocrator, c'est-à-dire comme "dictateur" (à la romaine) si vous voulez une définition rapide. Bien entendu, il refusa avec un malin plaisir les propositions de Cléomène, et là je vais citer Plutarque comme l'a fait Will car c'est un très beau passage : " Aratos n'acceptait point qu'il fût nommé hégémôn des Sicyoniens...Et, en horreur du pain d'orge et du manteau court, en horreur de ce qu'il dénonçait chez Cléomène, la destruction de la richesse et la guérison de la pauvreté, il s'inclina et inclina l'Achaïe avec lui devant la pourpre, le diadème et les ordres macédoniens et satrapiques, offrant des sacrifices à Antigonos (Dôsôn) et chantant des péans à cet homme miné de phtisie, afin qu'on ne pût croire qu'il se soumît aux ordres de Cléomène". En d'autres termes, Aratos fit revenir en Grèce celui qu'il avait chassé : le Macédonien.
Quand à Cléomène, les masses populaires se révoltèrent contre lui, mécontentes qu'il n'applique pas sa révolution. Argos se rebella en premier mais les autres suivirent rapidement. Le plus drôle dans l'histoire c'est que aucun riche/oligarque ne suivit Cléomène et ils se jeterrent tous dans les bras d'Antigonos Dôsôn car ils avaient trop peur des idées "révolutionnaires" des Spartiates, malgré tous les efforts de Cléomène. Le roi de Macédoine entra avec une puissante armée dans le Péloponnèse et il fonda l'Alliance hellénique avec les Achéens, une sorte de ligue fédérale au fonctionnement très intéressant, mais c'est pas le sujet ici.
Cléomène se battit bravement, élargit le corps civique à deux milles hilotes, et il réussit à prendre et à raser Mégalopolis, mais l'Alliance se mit en branle avec plus de 30.000 hommes vers la Laconie et Cléomène dut accepter la bataille à Sellasie.
La bataille de Sellasie (222) : Image

A l’été 222, le roi de Macédoine, Antigone, marcha sur la Laconie à la tête d’une armée de 10'000 phalangites, 3'000 peltastes, 300 cavaliers, 1'000 Agriens (peuple thrace) et 1'000 Galates, 3'300 mercenaires (fantassins et cavaliers), 3'000 fantassins d’élite achéens ainsi que 300 cavaliers achéens et 1'000 Mégalopolitains armés à la macédonienne. On ajoute à ça des alliés, 2’000 fantassins et 200 cavaliers béotiens, 1’000 fantassins et 50 cavaliers épirotes, autant d'Acarnaniens, enfin 1'600 Illyriens.


Les peltastes macédoniens : Image

De son côté, Léonidas avait choisi d’attendre les alliés à Sellasie. C’est un endroit assez étroit et en pente, parfait pour une bataille défensive, surtout vu son nombre réduit de troupes. En effet il pouvait aligner 20'000 hommes là où les alliés en alignaient 28'000.
Fort du renfort de mercenaires payés par l’Egypte lagide, le roi de Sparte décida de jouer son sort sur une bataille où il commanderait en personne l’aile droite sur une des collines pendant que son frère commanderait l’autre colline.

Après quelques jours à se toiser, Antigone se décida à attaquer. Sur sa droite (là où était le frère de Cléomène) il fit alterner les boucliers de bronze (phalange classique macédonienne) avec des régiments illyriens plus légers. Derrière eux venaient les Acarnaniens et les Crétois, soutenus par quelques contingents de cavalerie. Quant à Antigone lui-même, il se plaça sur sa gauche, face à Cléomène. En avant de son dispositif il positionna les mercenaires légers puis toute sa phalange et ses peltastes. Au vu de l’étroitesse du terrain, il fit adopter à son infanterie lourde une formation peu commune, très profonde.

La bataille débuta à droite par l’assaut des Illyriens contre les positions avantageuses d’Euclide (le frère de Léonidas). Cependant, leur marche fut menacée par les cavaliers spartiates positionnés là car ces derniers virent l’espace entre les Illyriens et le reste de l’armée, ce qui leur permettait d’encercler ce contingent allié. A ce moment-là, Polybe rapporte que le jeune Philopoiemèn (un de ses héros) décida seul d’une charge de cavalerie pour contrer celle des Spartiates et que cette charge réussit, permettant aux Illyriens de poursuivre leur progression. L’anecdote est réelle sûrement, mais est-ce Philopoiemèn qui décida de cette charge salvatrice ? Mouais pas sûr.

Toujours est-il que les bataillons macédoniens sur la droite purent avancer en bon ordre car Euclide les attendit patiemment, certain de pouvoir les repousser uniquement grâce au terrain. Malheureusement pour lui, la combinaison des troupes lourdes et légères des alliés brisa la cohésion de ses hommes et il dut s’enfuir en laissant des centaines de morts derrière lui.

Sur la gauche des alliés on en était encore aux escarmouches entre soldats légers. Mais lorsque Cléompne comprit que son frère venait d’être vaincu, il ordonna à sa phalange armée à la macédonienne d’avancer contre son homologue. Les tirailleurs s’écartèrent alors et sous les yeux des 2 rois, les infanteries lourdes marchèrent l’une contre l’autre.

Les Spartiates arrivent au contact. Ils se battent bravement. Ils sont chez eux et ils combattent pour un roi qu’ils aiment et admirent. Ils font reculer les Macédoniens. Mais les Macédoniens sont des soldats professionnels. Ils s’escriment également devant leur souverain qui partage leur vie en campagne. Et surtout, ils sont placés sur 2x la profondeur normale d’une phalange. Le rouleau compresseur se met en marche. Il ne s’arrêtera qu’à Sparte. En quelques minutes, les Spartiates refluent ; ils se font écraser. On ne résiste pas à la phalange macédonienne de front. Cléomène n’a d’autre choix que de fuir. Le champ de bataille reste aux alliés.


Choc de phalanges : Image

On estime les pertes à 1'200 alliés pour 5'000 Spartiates. Il va sans dire que la route de Sparte était alors grande ouverte et Antigone ne se fit pas prier pour marcher sur la capitale ennemie. Cette dernière se rendit sans combattre. Sparte était vaincue mais Sparte fut bien traitée. Antigone rétablit les anciennes lois (celles d’avant Cléomène) et ne toucha ni à la ville ni aux habitants. Une fois la situation stabilisée, il repartit rapidement pour le nord.

Et Cléomène me direz-vous ? Il s’enfuit pour l’Egypte. Il trouva refuge auprès de son allié Ptolémée III qui le traita comme un roi. Malheureusement pour Cléomène, Ptolémée IV qui succéda était beaucoup moins bienveillant à son égard et il l’enferma. Le Spartiate réussit à s’enfuir et il tenta de lever la population d’Alexandrie contre Ptolémée, en vain. Il se suicida alors pour ne pas être pris vivant
il y a 3 ans
Je bideee
il y a 3 ans
La bataille de Sellasie (222) : Image

A l’été 222, le roi de Macédoine, Antigone, marcha sur la Laconie à la tête d’une armée de 10'000 phalangites, 3'000 peltastes, 300 cavaliers, 1'000 Agriens (peuple thrace) et 1'000 Galates, 3'300 mercenaires (fantassins et cavaliers), 3'000 fantassins d’élite achéens ainsi que 300 cavaliers achéens et 1'000 Mégalopolitains armés à la macédonienne. On ajoute à ça des alliés, 2’000 fantassins et 200 cavaliers béotiens, 1’000 fantassins et 50 cavaliers épirotes, autant d'Acarnaniens, enfin 1'600 Illyriens.


Les peltastes macédoniens : Image

De son côté, Léonidas avait choisi d’attendre les alliés à Sellasie. C’est un endroit assez étroit et en pente, parfait pour une bataille défensive, surtout vu son nombre réduit de troupes. En effet il pouvait aligner 20'000 hommes là où les alliés en alignaient 28'000.
Fort du renfort de mercenaires payés par l’Egypte lagide, le roi de Sparte décida de jouer son sort sur une bataille où il commanderait en personne l’aile droite sur une des collines pendant que son frère commanderait l’autre colline.

Après quelques jours à se toiser, Antigone se décida à attaquer. Sur sa droite (là où était le frère de Cléomène) il fit alterner les boucliers de bronze (phalange classique macédonienne) avec des régiments illyriens plus légers. Derrière eux venaient les Acarnaniens et les Crétois, soutenus par quelques contingents de cavalerie. Quant à Antigone lui-même, il se plaça sur sa gauche, face à Cléomène. En avant de son dispositif il positionna les mercenaires légers puis toute sa phalange et ses peltastes. Au vu de l’étroitesse du terrain, il fit adopter à son infanterie lourde une formation peu commune, très profonde.

La bataille débuta à droite par l’assaut des Illyriens contre les positions avantageuses d’Euclide (le frère de Léonidas). Cependant, leur marche fut menacée par les cavaliers spartiates positionnés là car ces derniers virent l’espace entre les Illyriens et le reste de l’armée, ce qui leur permettait d’encercler ce contingent allié. A ce moment-là, Polybe rapporte que le jeune Philopoiemèn (un de ses héros) décida seul d’une charge de cavalerie pour contrer celle des Spartiates et que cette charge réussit, permettant aux Illyriens de poursuivre leur progression. L’anecdote est réelle sûrement, mais est-ce Philopoiemèn qui décida de cette charge salvatrice ? Mouais pas sûr.

Toujours est-il que les bataillons macédoniens sur la droite purent avancer en bon ordre car Euclide les attendit patiemment, certain de pouvoir les repousser uniquement grâce au terrain. Malheureusement pour lui, la combinaison des troupes lourdes et légères des alliés brisa la cohésion de ses hommes et il dut s’enfuir en laissant des centaines de morts derrière lui.

Sur la gauche des alliés on en était encore aux escarmouches entre soldats légers. Mais lorsque Cléompne comprit que son frère venait d’être vaincu, il ordonna à sa phalange armée à la macédonienne d’avancer contre son homologue. Les tirailleurs s’écartèrent alors et sous les yeux des 2 rois, les infanteries lourdes marchèrent l’une contre l’autre.

Les Spartiates arrivent au contact. Ils se battent bravement. Ils sont chez eux et ils combattent pour un roi qu’ils aiment et admirent. Ils font reculer les Macédoniens. Mais les Macédoniens sont des soldats professionnels. Ils s’escriment également devant leur souverain qui partage leur vie en campagne. Et surtout, ils sont placés sur 2x la profondeur normale d’une phalange. Le rouleau compresseur se met en marche. Il ne s’arrêtera qu’à Sparte. En quelques minutes, les Spartiates refluent ; ils se font écraser. On ne résiste pas à la phalange macédonienne de front. Cléomène n’a d’autre choix que de fuir. Le champ de bataille reste aux alliés.


Choc de phalanges : Image

On estime les pertes à 1'200 alliés pour 5'000 Spartiates. Il va sans dire que la route de Sparte était alors grande ouverte et Antigone ne se fit pas prier pour marcher sur la capitale ennemie. Cette dernière se rendit sans combattre. Sparte était vaincue mais Sparte fut bien traitée. Antigone rétablit les anciennes lois (celles d’avant Cléomène) et ne toucha ni à la ville ni aux habitants. Une fois la situation stabilisée, il repartit rapidement pour le nord.

Et Cléomène me direz-vous ? Il s’enfuit pour l’Egypte. Il trouva refuge auprès de son allié Ptolémée III qui le traita comme un roi. Malheureusement pour Cléomène, Ptolémée IV qui succéda était beaucoup moins bienveillant à son égard et il l’enferma. Le Spartiate réussit à s’enfuir et il tenta de lever la population d’Alexandrie contre Ptolémée, en vain. Il se suicida alors pour ne pas être pris vivant
Explication de l'échec du roi guerrier Cléomène III :

« Malgré ses talents militaires, soulignés par Polybe lui-même, il se fait écraser à Sellasie. Selon Plutarque, la plupart73 des mercenaires périrent et tous les Lacédémoniens, sauf 200. Cléomène s’enfuit alors en Égypte avec ses amis, tandis que Sparte était prise sans résistance.
Si Cléomène a échoué, c’est en grande part à cause de l’opposition irréductible d’Aratos, car, sans lui, les Achéens auraient préféré l’hégémonie de Cléomène au retour dans le Péloponnèse de l’ennemi macédonien74. Or Aratos s’oppose à lui pour des raisons personnelles : il ne veut pas laisser un autre unir le Péloponnèse ou même diriger les Achéens75 ; pour des raisons politiques : patriote achéen, il ne veut pas voir  « soumise à Sparte la ligue qu’il a développée ; et pour des raisons sociales, démocrate modéré, il est hostile à la révolution spartiate. Mais l’échec de Cléomène est aussi imputable à sa politique : il s’est refusé à exporter sa révolution, de peur de se couper des Achéens, mais, Aratos faisant échouer la politique de rapprochement, il n’a pas su ou voulu s’appuyer sur les masses populaires. Il a montré ainsi qu’il n’était pas un véritable révolutionnaire : son but était non de changer la situation sociale dans le Péloponnèse, mais d’accroître la puissance de Sparte. Mais il n’avait pas les ressources financières lui permettant de résister à la Macédoine. Son échec servira de leçon à ses successeurs. ».
il y a 3 ans
:onche:
Ça marche j'écrirais la suite plus tard
il y a 3 ans
Ahii merci
il y a 3 ans
Je up dans le doute
il y a 3 ans
:surprised2:
il y a 3 ans
Longue vie au National-Spartanisme
:Alpha_Chiss:
il y a 3 ans
Up par contre ptécisr que c'est le 3ième siècle avant JC
:ahi-pince:
il y a 3 ans
Longue vie au National-Spartanisme
:Alpha_Chiss:
:hype:
il y a 3 ans
Up par contre ptécisr que c'est le 3ième siècle avant JC
:ahi-pince:
Tu as raison oui
:happy:
il y a 3 ans
👍
il y a 3 ans
👍
:like:
merci
il y a 3 ans
Topic de qualité
il y a 3 ans