Créer un compteSe connecter
Sainte
Sainte
2 ans
je ne vois pas ce que la turpitude a de si intéressant. on en fait suffisamment l'expérience soi-même pour ne pas avoir à aller s'entâcher volontairement de bêtise ou de laideur. à part à titre documentaire, ça n'a pas grand intérêt, bien qu'il soit bon que ça existe. c'est une variété malsaine de l'exotisme. d'ailleurs je ne trouve jamais qu'elle soit vraiment belle. il est toujours bon d'enregistrer une perspective, je veux dire comme à titre d'archivage, mais de là à en faire ce pour quoi on lit, il y a loin. de toutes façons il en va de la lecture comme de tout le reste, sa finalité, c'est d'aider à adorer Dieu, à se rendre sensible à l'amour, à la beauté, à la vertu. l'érudition gratuite est vaine comme tout. on lit parfois que le bien n'a qu'une face alors que le mal en a une infinité, je crois profondément que c'est faux, les deux se déploient indéfiniment et sont inépuisables de leurs propres manières. si j'aime l'idéal, ce n'est pas parce qu'il est idéal, ce n'est pas un amour autotélique, je l'aime parce qu'il élève mon sentiment, parce qu'il rend beau, qu'il rend aimable, qu'il rend vertueux, il a une vertu éducative et divine, il fait incliner à la grâce. saint Paul prêchait que là où le péché abonde, la grâce surabonde, c'est vrai sans doute, mais pour que la grâce puisse surabonder dans le péché, il faut qu'il y ait eu toujours cette syndérèse, cette syndérèse sincère qui ait toujours brillé. quand on passe son temps dans le marais de Céline ou de Houellebecq, on se jette de la terre sur le coeur, on finit par ne même plus sentir que Dieu est bon, on se stérilise l'âme à coup de saleté. ce n'est pas une question d'édulcorer le monde ou de se réfugier dans un rêve pour fuir la réalité, c'est une question d'hygiène. on ne plonge pas sa main dans le fumier chauffant, par hygiène, comme on ne plonge pas son âme dans le fumier désespérant par hygiène, c'est sanitaire, on ne veut pas se faner le coeur, on ne veut pas se rendre l'âme toute usée, il est bon de garder l'innocence et l'ingénuité, et de les entretenir. on voit bien aujourd'hui les effets du manque d'hygiène. aujourd'hui tout le monde est blasé, tout le monde est ironique, tout le monde est "au-dessus", tout le monde est moderne, moderne au sens de Péguy :
Le monde qui fait le malin. Le monde des intelligents, des avancés, de ceux qui savent, de ceux à qui on n’en remontre pas, de ceux à qui on n’en fait pas accroire. Le monde de ceux à qui on n’a plus rien à apprendre. Le monde de ceux qui font le malin. Le monde de ceux qui ne sont pas des dupes, des imbéciles. Comme nous. C’est-à-dire : le monde de ceux qui ne croient à rien, pas même à l’athéisme, qui ne se dévouent, qui ne se sacrifient à rien. Exactement : le monde de ceux qui n’ont pas de mystique.
le monde de ceux qui n'ont pas de mystique précisément, parce qu'au fond, l'idéal se convertit toujours en mystique, et la mystique en idéal, il y a de l'idéal là où il y a de la mystique, même quand c'est un mystique qui parait toute prosaïque, même quand c'est une mystique argotique, à la Murger, à la Richepin. il y en a qui veulent croire à une mystique sale, elle existe sans doute, et sans doute elle se trouve parfois dans les mêmes livres que ceux des modernes, mais à quoi bon ? ce sont toujours des mystiques désespérantes, et l'espérance c'est la vie, ce sont des mystiques de suicides, et moi j'aime adorer, j'aime vivre, j'aime pleurer. je veux des extases de joie, pas de détresse existentielle. les mystiques sales ce sont des mystiques monstrueuses et mortifères, et j'aime trop la vie, la vie qui se résout comme il convient dans l'idéal d'où elle sort, pour les aimer. je ne veux pas un monde de fange mais un monde d'azur, de lumière, de joie, enfin un monde où on sent poindre Dieu, où tout y mène avec douceur, plutôt qu'un monde qui ne le montre qu'en négatif, où on ne le voit qu'à travers le scandale, et où un moment de saleté mentale suffit à l'obscurcir et à le chasser. l'héroïcité, on ne la puise pas dans Houellebecq. on ne fait pas des héros avec de tels romans, ni même des saints, ni même des hommes vertueux, on ne fait rien, c'est stérile pour la beauté positive, pour la beauté épiphanique. ça n'a pas tellement d'intérêt de regarder un aspect du réel parce que c'est un aspect du réel, le réel ce n'est jamais qu'un mélange de saleté et d'idéal, parce qu'il est déchu. dans la littérature d'idéal, c'est un monde où le tamis est passé, où l'homme est rendu plus proche de son télos, où l'on sent mieux ce que c'est qu'être ce qu'il faudrait que l'on soit, d'où l'on sort meilleur, et d'où l'on sort capable d'adorer d'autant mieux que l'idéal anoblit non seulement les joies, mais aussi les peines, quand les turpitudes ne savent que diminuer et mélanger les deux
C'est chiaaant putain on dirait ma pote. Moi aussi j'aime la vie, j'aime profondément vivre et je cherche une intensité de vie toujours plus grande, mais certainement pas dans un monde édulcoré par Dieu putain seigneur non. Je veux être heureux tout en connaissant la misère, la détresse, l'absurdité et en les surpassant. Je veux connaître toutes les joies ainsi que tous les malheurs, toutes les vertus ainsi que tous les vices, pour être heureux en tout état des faits. La véritable force n'est pas d'avoir toujours été saint, mais de tomber malade et d'être en convalescence. Dans le premier cas, c'est l'illusion suivi de la chute ou du fanatisme. Dans le second, c'est un bonheur qui surpasse tout ce que vous appelez le vice, le laid. Houellebecq m'a fait pleinement comprendre une horrible réalité et d'horribles mécanismes : telle est la réalité de certains hommes, de certaines femmes, et l'avoir écrit aussi clairement, aussi loin de tout espoir, c'est magnifique, parce que ça pose un obstacle immense à surpasser. Comment sortir du marché de la séduction, de la sexualité, comment aimer, faire l'amour, tout en refusant d'être un actif boursier. Pour les intéressés, comment être aimé quand on est laid, comment développer une vie amoureuse, sentimentale, comment surmonter le rejet. Je ne me réduit pas à Houellebecq, je crois qu'un futur est possible sans ses mécaniques de marché en matière de relations humaines. Mais elles sont là et j'entre en lutte contre elles. J'ai besoin de Houellebecq, j'ai besoin de Céline, j'ai besoin des plus noirs marécages, de cette fascination pour la plus obscure dépression, le plus profond vice. Sans ça, je n'aurais qu'une vision partielle et erronée de l'existence. Dieu ? A quoi bon un Dieu, je n'ai pas besoin de Dieu. J'ai commencé à surmonter Bukowski et Duchaussois sans Dieu. Au diable l'illusion de la lumière. Notre monde n'est pas si dégueulasse et j'en ferais quelque chose de beau je le promets
il y a 2 ans
Je les AIME donc selon le principe d'exclusion de Sainteussou elle les HAIT
:risiweed:
il y a 2 ans
La loi du principe d'exclusion de Sainteussou est la suivante : Toute proposition émise par E ou par S est mutuellement contredite par une proposition contraire soit Pe -> ∼Ps ^ Ps -> ∼Pe
il y a 2 ans
C'est chiaaant putain on dirait ma pote. Moi aussi j'aime la vie, j'aime profondément vivre et je cherche une intensité de vie toujours plus grande, mais certainement pas dans un monde édulcoré par Dieu putain seigneur non. Je veux être heureux tout en connaissant la misère, la détresse, l'absurdité et en les surpassant. Je veux connaître toutes les joies ainsi que tous les malheurs, toutes les vertus ainsi que tous les vices, pour être heureux en tout état des faits. La véritable force n'est pas d'avoir toujours été saint, mais de tomber malade et d'être en convalescence. Dans le premier cas, c'est l'illusion suivi de la chute ou du fanatisme. Dans le second, c'est un bonheur qui surpasse tout ce que vous appelez le vice, le laid. Houellebecq m'a fait pleinement comprendre une horrible réalité et d'horribles mécanismes : telle est la réalité de certains hommes, de certaines femmes, et l'avoir écrit aussi clairement, aussi loin de tout espoir, c'est magnifique, parce que ça pose un obstacle immense à surpasser. Comment sortir du marché de la séduction, de la sexualité, comment aimer, faire l'amour, tout en refusant d'être un actif boursier. Pour les intéressés, comment être aimé quand on est laid, comment développer une vie amoureuse, sentimentale, comment surmonter le rejet. Je ne me réduit pas à Houellebecq, je crois qu'un futur est possible sans ses mécaniques de marché en matière de relations humaines. Mais elles sont là et j'entre en lutte contre elles. J'ai besoin de Houellebecq, j'ai besoin de Céline, j'ai besoin des plus noirs marécages, de cette fascination pour la plus obscure dépression, le plus profond vice. Sans ça, je n'aurais qu'une vision partielle et erronée de l'existence. Dieu ? A quoi bon un Dieu, je n'ai pas besoin de Dieu. J'ai commencé à surmonter Bukowski et Duchaussois sans Dieu. Au diable l'illusion de la lumière. Notre monde n'est pas si dégueulasse et j'en ferais quelque chose de beau je le promets
tout cela me semble si vain et si ennuyeux. tu dis que sans vices tu n'aurais qu'une vision partielle et erronée de l'existence, mais sans Dieu aussi, et même d'autant plus partielle, qu'il y manque sa source et sa finalité. la saleté ce n'est jamais que du presque rien, et la propreté du presque tout, ne garder de préférence que ce qui est passé par le tamis de l'idéal, c'est vouloir garder ce qui est plus que tout bon, et il n'y a rien que le bon qui mérité d'être désiré
il y a 2 ans
Baudelaire c'est comme un adolescent qui fait dans la surenchère pour se faire remarquer et choquer le bourgeois, ça n'a rien de très original, rien de transcendant, rien de spécialement beau, les originalités sont laides et les beautés ne sont pas originales, sa seule vertu ça a été de "concentrer" le vers pour participer à donner un Rimbaud, et de toutes façons ce que Rimbaud a de mieux ce n'est pas du tout baudelairien dans le contenu. Baudelaire c'est kitsch, c'est rauque, c'est criard, c'est du contreplaqué d'éloquence, non vraiment je ne comprends pas ses thuriféraires
il y a 2 ans
Sainte
Sainte
2 ans
tout cela me semble si vain et si ennuyeux. tu dis que sans vices tu n'aurais qu'une vision partielle et erronée de l'existence, mais sans Dieu aussi, et même d'autant plus partielle, qu'il y manque sa source et sa finalité. la saleté ce n'est jamais que du presque rien, et la propreté du presque tout, ne garder de préférence que ce qui est passé par le tamis de l'idéal, c'est vouloir garder ce qui est plus que tout bon, et il n'y a rien que le bon qui mérité d'être désiré
Le propre le sale, le bon le mal, la lumière et l'ombre, dieu et le monde, on dirait que tu HAIS la vie en vérité et que tu n'es qu'un pur esprit en attente d'un monde meilleur. Perso dans ma vision des choses il n'y a pas de Dieu il ne me semble être qu'une illusion. Donc il n'y a pas d'opposition. Toi, si tu vois Dieu, que tu as la foi, tu as aussi le désavantage de voir ce que tu hais, ce sale, ce pas beau, ce vice que tu hais et que tu fuis littéralement en le diabolisant. Je ne peux pas fuir dieu, mais toi tu peux fuir le monde matériel et ça fait toute la différence. Pour moi, ma vision est forcément complète, pour toi, elle est forcément parcellaire puisque selon toi seul Dieu est l'essence de toute chose et donc tu ne t'intéresse qu'à l'immatérialité des concepts d'amour universel et de perfection. Ce dont tu passes à côté ne te semble pas désirable, mais tu ne peux pas nier que tu y passes à côté. Heureusement, d'ailleurs, c'est cohérent. Je ferais la même chose si je croyais que Dieu existait
il y a 2 ans
Le propre le sale, le bon le mal, la lumière et l'ombre, dieu et le monde, on dirait que tu HAIS la vie en vérité et que tu n'es qu'un pur esprit en attente d'un monde meilleur. Perso dans ma vision des choses il n'y a pas de Dieu il ne me semble être qu'une illusion. Donc il n'y a pas d'opposition. Toi, si tu vois Dieu, que tu as la foi, tu as aussi le désavantage de voir ce que tu hais, ce sale, ce pas beau, ce vice que tu hais et que tu fuis littéralement en le diabolisant. Je ne peux pas fuir dieu, mais toi tu peux fuir le monde matériel et ça fait toute la différence. Pour moi, ma vision est forcément complète, pour toi, elle est forcément parcellaire puisque selon toi seul Dieu est l'essence de toute chose et donc tu ne t'intéresse qu'à l'immatérialité des concepts d'amour universel et de perfection. Ce dont tu passes à côté ne te semble pas désirable, mais tu ne peux pas nier que tu y passes à côté. Heureusement, d'ailleurs, c'est cohérent. Je ferais la même chose si je croyais que Dieu existait
je ne hais pas la vie, seulement je crois que je suis indifférente à ce que toi tu appelles vie, comme ce que moi j'appelle vie te semble ennuyeux, on va retomber où on était déjà, en faisant des combats de dogmatismes, où j'appellerai le tien rampant, arbitraire et insensé, et où tu appelleras le mien illusoire, mortifère et ennuyant
il y a 2 ans
not ready pour l'opinion de Brunetière sur le vieux baubau fr.wikisource.org https://fr.wikisource.org[...]aire_-_Charles_Baudelaire
:Sainte_verre:
il y a 2 ans
Ma pote ressemble beaucoup à Sainte, sauf qu'elle est moins dogmatique, et qu'elle se rapproche davantage du Christ " politiquement " puisqu'elle est anarchiste utopiste et pacifiste. Elle veut fonder une famille traditionnelle de gauche dans la lignée du christianisme primitif

Quant à moi, je suis un pur matérialiste athée, plutôt pro-décroissance. Je souhaite vivre libre, en marge, faire de l'art et des voyages.

Nous nous opposons en permanence sur la littérature.

Elle est scandalisée que je puisse lire Céline, Houellebecq, car ce sont des droitards antisémites, sexistes. Je lui réponds que je me fiche des idées de mes auteurs. Elle répond toujours que ces idées sont présentes dans ces livres. Oui, certes, mais c'est de l'antisémitisme de bon goût, du sexisme de bon goût, bien que je ne suis pas d'accord.

Ca la scandalise pour de bon. Selon elle, le sexisme n'est jamais de bon goût et la littérature doit faire rêver, créer un monde pur, une idylle, une utopie pour nous échapper, et elle rejoint beaucoup Sainte sur ce point avec son goût pour le roman pastoral, les personnages purs et moraux, pétris de valeurs idéales et aux comportements qui aspirent à l'Eternel. Bref l'emmerde totale

Je lui réponds que j'attends qu'un livre me donne un regard nouveau sur le réel. Balzac, Zola, Laclos, ça m'en dit plus long sur la nature humaine que Rousseau, Musset ou Sand. Même si le propos est dur, même si le personnage souffre, je veux qu'on me le dise d'une belle manière, d'une façon qui m'émeut

Je veux que la littérature me fasse ressentir des souffrances, des douleurs, des malheurs. Je veux voir des hommes qui affrontent l'ennui, l'absurdité, le rejet, l'inutilité, la dépression et qui tentent de trouver des solutions, qui parfois y arrivent.

Peut-être que Houellebecq est sexiste, et qu'il a une vision mécanique de l'amour, mais ce regard, c'est le regard des hommes laids qui allant de rejets en rejets, développent un ressentiment. Certains de ses personnages surmontent partiellement leur situation en sublimation leur laideur, mais ils n'en sont pas tout à fait heureux pour autant. C'est cruel, mais c'est un aspect du réel que je veux connaître.

Ma pote me dit que cette vision du monde, c'est moche, c'est tout laid parce que c'est choquant et pas vrai, car certaines femmes ne sont pas attirées que par le physiques, que certains hommes également, et blablabla j'utopise le monde à partir de cas exceptionnels mais le problème c'est que ça serait nier l'existence d'une véritable phénomène social et ça, je ne l'accepte pas. La littérature ne doit pas édulcorer le monde. Des hommes subissent un rejet, ils entretiennent une haine des femmes, et je veux tout savoir des obscurs marécages dans lesquels ils évoluent

Je veux sentir le racisme, le sexisme, et tout un tas d'idées auxquelles je m'oppose, si le sentiment procuré est profond et causé par une belle écriture. Je ne parle pas des cassos du forum ou de Cnews qui sont racistes de façon vulgaire. Ca m'intéresse pas. Le mauvais goût est impardonnable. En revanche, un racisme qui a des racines magnifiques, je veux le connaître et le comprendre. C'est le cas du nazisme par exemple, et c'est pourquoi il y a d'aussi bons romans historiques sur les dirigeants nazis.

Voilà j'étais bourré et je n'ai pas parlé comme j'écris alors je me console
la peste et le choléra
:Chatlimite:
Vive l'Empereur
:chapoleon:
il y a 2 ans
:colroulin:
il y a 2 ans
Sainte
Sainte
2 ans
je ne hais pas la vie, seulement je crois que je suis indifférente à ce que toi tu appelles vie, comme ce que moi j'appelle vie te semble ennuyeux, on va retomber où on était déjà, en faisant des combats de dogmatismes, où j'appellerai le tien rampant, arbitraire et insensé, et où tu appelleras le mien illusoire, mortifère et ennuyant
Alors là tu ne crois pas si bien dire, j'aurais pu écrire ces trois lignes mot à mot en te rajoutant quand même un adjectif de plus pour la forme
:risiweed:
il y a 2 ans