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La France, c'est le pays où on ne construit rien car on est tous occupés à survivre, où tout ce qui dépasse de la masse indifférenciée d'un millimètre est confisqué avant même qu'il n'y ait vraiment quelque chose de bon à confisquer... C'est-à-dire que même la confiscation est un suicide...
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il y a un an
La France, c’est ce pays où l’on ne construit rien, non pas par manque de talent, d’idées ou d’énergie, mais parce que chacun est contraint de consacrer son souffle entier à la simple survie. Les existences y sont saturées par les procédures, les contrôles, les barrières invisibles qui transforment chaque geste en lutte, chaque tentative en épuisement. Le terrain fertile de l’invention est détourné vers l’administration de la pénurie, et l’on devient spécialiste non de la création, mais de l’endurance.

Ce qui est plus terrible encore, c’est que tout ce qui ose dépasser d’un millimètre la masse indifférenciée est immédiatement confisqué, arraché à celui qui le portait, comme si l’élévation individuelle était une menace contre l’équilibre fragile du troupeau. On ne laisse pas le temps à l’idée de s’épanouir, à l’élan de se transformer en œuvre : la main étatique, sociale ou morale s’en empare trop tôt, avant même que la chose ne puisse avoir un parfum d’achèvement. Ce n’est pas une spoliation créatrice, où l’on tirerait une richesse pour la redistribuer, mais une confiscation stérile qui détruit la possibilité même d’une valeur à naître.

Ainsi, le système ne se contente pas d’empêcher la construction : il organise sa propre autodestruction. La confiscation est déjà un suicide, car en neutralisant ce qui pouvait s’élever, elle prive la société entière de son seul souffle d’avenir. On enlève la graine avant la germination, on coupe l’arbre avant qu’il ne donne un fruit, et l’on se persuade d’avoir réglé un problème alors qu’on a seulement multiplié le désert.

C’est une mécanique de nivellement où la sécurité prime sur toute intensité, où l’égalité est confondue avec l’effacement. On préfère que personne n’ait rien plutôt que d’accepter qu’un seul ait davantage, même si ce “davantage” aurait pu rejaillir sur tous. Le pays, alors, se fige dans une survie interminable : on vit, mais sans expansion ; on respire, mais sans respiration profonde. C’est une société qui se confisque elle-même, comme si son seul projet collectif était de saboter ses propres possibilités, de peur de voir l’un d’entre nous prouver que tout aurait pu être autrement.
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il y a un an