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Première Partie : Histoire et fondements symboliques
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1.1. Le vampire dans les traditions folkloriques
Le vampire trouve son origine dans un vaste ensemble de croyances populaires qui, dès le Moyen Âge, circulent en Europe centrale et orientale. Dans ces récits, le vampire est un revenant qui hante les vivants pour leur soutirer leur énergie vitale par la consommation de sang. Il est perçu comme une menace pour l’ordre social, une entité monstrueuse qui échappe à la classification habituelle entre le vivant et le mort.
Dans les sources folkloriques, l’aspect sexuel du vampire n’apparaît pas explicitement, mais des indices suggèrent déjà une inquiétude liée à l’intimité corporelle. Le vampire pénètre dans les maisons, envahit l’espace privé, et établit un contact physique transgressif avec la victime endormie. Cette violation rappelle les angoisses liées au viol ou aux relations sexuelles illicites. En outre, les récits insistent sur le fait que la victime se sent progressivement « vidée », « affaiblie », mais paradoxalement aussi « attachée » à son agresseur : un lien ambivalent entre effroi et attirance se dessine.
Le folklore ne met pas encore en avant l’homosexualité, mais il prépare le terrain symbolique : l’idée que le vampire, par son contact interdit et ambigu, transgresse les normes établies, y compris celles de la sexualité.
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1.2. Carmilla (1872) : la naissance du vampire lesbien
Le premier grand texte littéraire à introduire clairement une dimension homosexuelle est Carmilla de Sheridan Le Fanu, publié en 1872. Cette nouvelle raconte l’histoire d’une jeune femme, Laura, fascinée puis tourmentée par une mystérieuse comtesse vampirique, Carmilla, qui lui témoigne une affection passionnée et possessive.
L’œuvre marque une rupture fondamentale. Pour la première fois, la relation vampirique est explicitement genrée au féminin et codée comme lesbienne. Carmilla exprime son désir à travers des gestes, des paroles et des regards qui vont bien au-delà de l’amitié :
> « Elle m’attira à elle, et me serra dans ses bras, et son souffle chaud effleura ma joue. » (Carmilla, chap. IV)
Cette séduction féminine apparaît comme une menace double : d’une part, Carmilla incarne l’étranger, le monstre qui s’introduit dans le foyer bourgeois ; d’autre part, elle représente le désir homosexuel, perçu à l’époque victorienne comme une perversion.
Le texte illustre ainsi la peur sociale de l’homosexualité féminine au XIXe siècle. Le vampirisme devient le masque narratif permettant d’évoquer ce sujet tabou. Carmilla, en tant que vampire lesbienne, incarne une « double marginalité » : en tant que créature surnaturelle et en tant que figure homosexuelle.
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1.3. Dracula (1897) : l’homosexualité sublimée
Vingt-cinq ans plus tard, Dracula de Bram Stoker vient cristalliser la figure du vampire dans l’imaginaire moderne. Le roman, souvent lu comme un récit de l’invasion étrangère et de la décadence morale, véhicule également une charge homoérotique significative.
La relation entre Dracula et Jonathan Harker, notamment lors de la scène de la chambre, a suscité de nombreuses interprétations :
> « Le comte s’approcha de moi et me dit d’un ton dur : “Cet homme m’appartient !” » (Dracula, chap. III)
Cette phrase, au-delà de la simple possession vampirique, résonne comme une revendication amoureuse ou sexuelle. La jalousie de Dracula face aux trois vampires femmes qui s’approchent de Jonathan traduit une rivalité où l’enjeu n’est pas seulement vital mais aussi érotique.
Par ailleurs, la proximité physique entre Dracula et ses victimes masculines, l’insistance sur l’échange de fluides corporels (le sang), et la domination du maître sur ses proies évoquent une sexualité déviante aux yeux de l’époque victorienne.
Stoker, qui fréquentait les cercles littéraires de Wilde et connaissait les scandales liés à l’homosexualité, semble avoir transposé ses angoisses personnelles dans son roman. Le vampire devient alors le symbole d’un désir interdit, refoulé, mais impossible à contenir.
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1.4. Synthèse de la première étape historique
Du folklore aux premiers grands récits littéraires, on observe une évolution nette :
Dans le folklore, le vampire est avant tout un intrus qui transgresse l’espace vital, porteur d’un contact corporel ambigu.
Avec Carmilla, cette ambiguïté prend une forme explicite : l’homosexualité féminine se matérialise sous la figure vampirique.
Avec Dracula, le vampirisme devient une métaphore plus diffuse, où l’homosexualité masculine est suggérée mais jamais avouée, reflétant les tabous de l’époque.
Ainsi, dès la fin du XIXe siècle, le vampire se fixe comme une figure du désir marginal, à la fois fascinant et inquiétant.
Deuxième Partie : Psychanalyse et désir interdit
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2.1. Freud, le sang et l’érotisme
La psychanalyse offre un cadre privilégié pour comprendre la symbolique vampirique. Dans ses Trois essais sur la théorie sexuelle (1905), Freud met en évidence le rôle central du refoulement et des pulsions inconscientes dans la formation des désirs sexuels. Le vampire, en tant que créature obsédée par la morsure et la consommation du sang, incarne de manière frappante la puissance des pulsions interdites.
Le sang, fluide vital, devient dans la symbolique psychanalytique l’équivalent du sperme ou des sécrétions sexuelles. La morsure des crocs, pénétration du corps, représente un acte sexuel déplacé dans un registre monstrueux. Ce déplacement, ou « condensation » selon Freud, traduit l’impossibilité d’exprimer ouvertement certaines formes de désir, notamment homosexuelles.
Ainsi, chaque morsure peut être interprétée comme la mise en scène d’un rapport sexuel refoulé. L’acte vampirique est clandestin, nocturne, caché aux regards, et produit une jouissance paradoxale faite à la fois de plaisir et de souffrance – autant d’éléments qui renvoient aux tabous sexuels, en particulier l’homosexualité réprimée dans les sociétés du XIXe siècle.
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2.2. Le vampirisme comme métaphore du refoulement homosexuel
La psychanalyse post-freudienne, en particulier avec Lacan, insiste sur la question du « désir de l’Autre ». Le vampire incarne littéralement cet « Autre » : il n’est jamais totalement humain, il échappe à l’ordre symbolique, et c’est précisément ce qui le rend désirable.
Dans Carmilla comme dans Dracula, l’homosexualité n’est jamais nommée, mais elle circule à travers des gestes, des regards, des paroles ambiguës. Ce non-dit constitue ce que Sedgwick appellera plus tard l’« epistemology of the closet » : une homosexualité présente partout mais jamais déclarée.
Le vampire devient alors une allégorie du placard homosexuel :
Il vit caché, de nuit, dans les marges de la société.
Il doit dissimuler sa vraie nature, au risque d’être détruit s’il est découvert.
Ses relations se nouent dans le secret, souvent dans un rapport d’initiation ou de domination.
Cette condition vampirique reflète parfaitement celle des homosexuels à l’époque victorienne : marginalisés, contraints à la clandestinité, et perçus comme une menace pour l’ordre moral.
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2.3. Ambivalence du désir : entre terreur et fascination
Un autre aspect psychanalytique crucial est l’ambivalence des sentiments suscités par le vampire. Freud, dans son essai sur « L’inquiétante étrangeté » (Das Unheimliche, 1919), explique que ce qui effraie le plus n’est pas l’inconnu absolu, mais ce qui est à la fois familier et étranger.
Le vampire illustre parfaitement cette ambivalence : il est humain dans son apparence, mais monstrueux dans son essence. De même, l’homosexualité, dans une société hétéro-normative, est perçue comme une proximité troublante : un désir qui ressemble à celui des hétérosexuels, mais qui en déplace l’objet.
Cette « inquiétante étrangeté » est au cœur de la fascination homoérotique des récits vampiriques. Les victimes, loin de rejeter totalement le vampire, se laissent séduire, se sentent attirées malgré elles, et finissent par céder à l’étreinte mortelle. L’homosexualité est ainsi représentée comme une tentation irrésistible mais fatale, révélant les fantasmes et les peurs refoulées de l’époque.
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2.4. Étude de cas : Louis et Lestat chez Anne Rice
La saga des Chroniques des vampires d’Anne Rice, débutée en 1976, illustre de manière éclatante la lecture psychanalytique du vampirisme homosexuel. Le couple formé par Louis et Lestat est une métaphore évidente d’une relation homosexuelle :
Lestat séduit Louis, l’initie au vampirisme comme à une sexualité interdite.
Louis vit cette transformation avec culpabilité, honte et désir, exactement comme un homosexuel en conflit avec sa propre identité dans une société homophobe.
Leur relation est marquée par la dépendance, la passion et la jalousie – caractéristiques d’une liaison amoureuse plus que d’un simple rapport prédateur.
Anne Rice, en pleine période de libération sexuelle post-1968, ose mettre en avant ce que Stoker n’avait pu qu’insinuer : le vampire n’est pas seulement un monstre, il est aussi un amant. Le refoulement devient expression, et la psychanalyse trouve dans ces personnages un terrain idéal pour analyser le passage de la culpabilité à l’acceptation de soi.
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2.5. Synthèse psychanalytique
Le vampire est donc une figure psychanalytique du désir homosexuel :
Freud : la morsure = métaphore du rapport sexuel interdit.
Lacan : le vampire comme « Autre » qui incarne le désir refoulé.
Sedgwick : le vampire = symbole du « placard », désir visible mais inexprimé.
Anne Rice : passage de la clandestinité à l’expression assumée, miroir de l’évolution sociale.
L’analyse psychanalytique démontre que le vampirisme n’est pas seulement un mythe horrifique : il est une construction culturelle qui permet de mettre en scène les angoisses liées à l’homosexualité, mais aussi ses potentialités libératrices.
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1.1. Le vampire dans les traditions folkloriques
Le vampire trouve son origine dans un vaste ensemble de croyances populaires qui, dès le Moyen Âge, circulent en Europe centrale et orientale. Dans ces récits, le vampire est un revenant qui hante les vivants pour leur soutirer leur énergie vitale par la consommation de sang. Il est perçu comme une menace pour l’ordre social, une entité monstrueuse qui échappe à la classification habituelle entre le vivant et le mort.
Dans les sources folkloriques, l’aspect sexuel du vampire n’apparaît pas explicitement, mais des indices suggèrent déjà une inquiétude liée à l’intimité corporelle. Le vampire pénètre dans les maisons, envahit l’espace privé, et établit un contact physique transgressif avec la victime endormie. Cette violation rappelle les angoisses liées au viol ou aux relations sexuelles illicites. En outre, les récits insistent sur le fait que la victime se sent progressivement « vidée », « affaiblie », mais paradoxalement aussi « attachée » à son agresseur : un lien ambivalent entre effroi et attirance se dessine.
Le folklore ne met pas encore en avant l’homosexualité, mais il prépare le terrain symbolique : l’idée que le vampire, par son contact interdit et ambigu, transgresse les normes établies, y compris celles de la sexualité.
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1.2. Carmilla (1872) : la naissance du vampire lesbien
Le premier grand texte littéraire à introduire clairement une dimension homosexuelle est Carmilla de Sheridan Le Fanu, publié en 1872. Cette nouvelle raconte l’histoire d’une jeune femme, Laura, fascinée puis tourmentée par une mystérieuse comtesse vampirique, Carmilla, qui lui témoigne une affection passionnée et possessive.
L’œuvre marque une rupture fondamentale. Pour la première fois, la relation vampirique est explicitement genrée au féminin et codée comme lesbienne. Carmilla exprime son désir à travers des gestes, des paroles et des regards qui vont bien au-delà de l’amitié :
> « Elle m’attira à elle, et me serra dans ses bras, et son souffle chaud effleura ma joue. » (Carmilla, chap. IV)
Cette séduction féminine apparaît comme une menace double : d’une part, Carmilla incarne l’étranger, le monstre qui s’introduit dans le foyer bourgeois ; d’autre part, elle représente le désir homosexuel, perçu à l’époque victorienne comme une perversion.
Le texte illustre ainsi la peur sociale de l’homosexualité féminine au XIXe siècle. Le vampirisme devient le masque narratif permettant d’évoquer ce sujet tabou. Carmilla, en tant que vampire lesbienne, incarne une « double marginalité » : en tant que créature surnaturelle et en tant que figure homosexuelle.
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1.3. Dracula (1897) : l’homosexualité sublimée
Vingt-cinq ans plus tard, Dracula de Bram Stoker vient cristalliser la figure du vampire dans l’imaginaire moderne. Le roman, souvent lu comme un récit de l’invasion étrangère et de la décadence morale, véhicule également une charge homoérotique significative.
La relation entre Dracula et Jonathan Harker, notamment lors de la scène de la chambre, a suscité de nombreuses interprétations :
> « Le comte s’approcha de moi et me dit d’un ton dur : “Cet homme m’appartient !” » (Dracula, chap. III)
Cette phrase, au-delà de la simple possession vampirique, résonne comme une revendication amoureuse ou sexuelle. La jalousie de Dracula face aux trois vampires femmes qui s’approchent de Jonathan traduit une rivalité où l’enjeu n’est pas seulement vital mais aussi érotique.
Par ailleurs, la proximité physique entre Dracula et ses victimes masculines, l’insistance sur l’échange de fluides corporels (le sang), et la domination du maître sur ses proies évoquent une sexualité déviante aux yeux de l’époque victorienne.
Stoker, qui fréquentait les cercles littéraires de Wilde et connaissait les scandales liés à l’homosexualité, semble avoir transposé ses angoisses personnelles dans son roman. Le vampire devient alors le symbole d’un désir interdit, refoulé, mais impossible à contenir.
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1.4. Synthèse de la première étape historique
Du folklore aux premiers grands récits littéraires, on observe une évolution nette :
Dans le folklore, le vampire est avant tout un intrus qui transgresse l’espace vital, porteur d’un contact corporel ambigu.
Avec Carmilla, cette ambiguïté prend une forme explicite : l’homosexualité féminine se matérialise sous la figure vampirique.
Avec Dracula, le vampirisme devient une métaphore plus diffuse, où l’homosexualité masculine est suggérée mais jamais avouée, reflétant les tabous de l’époque.
Ainsi, dès la fin du XIXe siècle, le vampire se fixe comme une figure du désir marginal, à la fois fascinant et inquiétant.
Deuxième Partie : Psychanalyse et désir interdit
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2.1. Freud, le sang et l’érotisme
La psychanalyse offre un cadre privilégié pour comprendre la symbolique vampirique. Dans ses Trois essais sur la théorie sexuelle (1905), Freud met en évidence le rôle central du refoulement et des pulsions inconscientes dans la formation des désirs sexuels. Le vampire, en tant que créature obsédée par la morsure et la consommation du sang, incarne de manière frappante la puissance des pulsions interdites.
Le sang, fluide vital, devient dans la symbolique psychanalytique l’équivalent du sperme ou des sécrétions sexuelles. La morsure des crocs, pénétration du corps, représente un acte sexuel déplacé dans un registre monstrueux. Ce déplacement, ou « condensation » selon Freud, traduit l’impossibilité d’exprimer ouvertement certaines formes de désir, notamment homosexuelles.
Ainsi, chaque morsure peut être interprétée comme la mise en scène d’un rapport sexuel refoulé. L’acte vampirique est clandestin, nocturne, caché aux regards, et produit une jouissance paradoxale faite à la fois de plaisir et de souffrance – autant d’éléments qui renvoient aux tabous sexuels, en particulier l’homosexualité réprimée dans les sociétés du XIXe siècle.
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2.2. Le vampirisme comme métaphore du refoulement homosexuel
La psychanalyse post-freudienne, en particulier avec Lacan, insiste sur la question du « désir de l’Autre ». Le vampire incarne littéralement cet « Autre » : il n’est jamais totalement humain, il échappe à l’ordre symbolique, et c’est précisément ce qui le rend désirable.
Dans Carmilla comme dans Dracula, l’homosexualité n’est jamais nommée, mais elle circule à travers des gestes, des regards, des paroles ambiguës. Ce non-dit constitue ce que Sedgwick appellera plus tard l’« epistemology of the closet » : une homosexualité présente partout mais jamais déclarée.
Le vampire devient alors une allégorie du placard homosexuel :
Il vit caché, de nuit, dans les marges de la société.
Il doit dissimuler sa vraie nature, au risque d’être détruit s’il est découvert.
Ses relations se nouent dans le secret, souvent dans un rapport d’initiation ou de domination.
Cette condition vampirique reflète parfaitement celle des homosexuels à l’époque victorienne : marginalisés, contraints à la clandestinité, et perçus comme une menace pour l’ordre moral.
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2.3. Ambivalence du désir : entre terreur et fascination
Un autre aspect psychanalytique crucial est l’ambivalence des sentiments suscités par le vampire. Freud, dans son essai sur « L’inquiétante étrangeté » (Das Unheimliche, 1919), explique que ce qui effraie le plus n’est pas l’inconnu absolu, mais ce qui est à la fois familier et étranger.
Le vampire illustre parfaitement cette ambivalence : il est humain dans son apparence, mais monstrueux dans son essence. De même, l’homosexualité, dans une société hétéro-normative, est perçue comme une proximité troublante : un désir qui ressemble à celui des hétérosexuels, mais qui en déplace l’objet.
Cette « inquiétante étrangeté » est au cœur de la fascination homoérotique des récits vampiriques. Les victimes, loin de rejeter totalement le vampire, se laissent séduire, se sentent attirées malgré elles, et finissent par céder à l’étreinte mortelle. L’homosexualité est ainsi représentée comme une tentation irrésistible mais fatale, révélant les fantasmes et les peurs refoulées de l’époque.
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2.4. Étude de cas : Louis et Lestat chez Anne Rice
La saga des Chroniques des vampires d’Anne Rice, débutée en 1976, illustre de manière éclatante la lecture psychanalytique du vampirisme homosexuel. Le couple formé par Louis et Lestat est une métaphore évidente d’une relation homosexuelle :
Lestat séduit Louis, l’initie au vampirisme comme à une sexualité interdite.
Louis vit cette transformation avec culpabilité, honte et désir, exactement comme un homosexuel en conflit avec sa propre identité dans une société homophobe.
Leur relation est marquée par la dépendance, la passion et la jalousie – caractéristiques d’une liaison amoureuse plus que d’un simple rapport prédateur.
Anne Rice, en pleine période de libération sexuelle post-1968, ose mettre en avant ce que Stoker n’avait pu qu’insinuer : le vampire n’est pas seulement un monstre, il est aussi un amant. Le refoulement devient expression, et la psychanalyse trouve dans ces personnages un terrain idéal pour analyser le passage de la culpabilité à l’acceptation de soi.
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2.5. Synthèse psychanalytique
Le vampire est donc une figure psychanalytique du désir homosexuel :
Freud : la morsure = métaphore du rapport sexuel interdit.
Lacan : le vampire comme « Autre » qui incarne le désir refoulé.
Sedgwick : le vampire = symbole du « placard », désir visible mais inexprimé.
Anne Rice : passage de la clandestinité à l’expression assumée, miroir de l’évolution sociale.
L’analyse psychanalytique démontre que le vampirisme n’est pas seulement un mythe horrifique : il est une construction culturelle qui permet de mettre en scène les angoisses liées à l’homosexualité, mais aussi ses potentialités libératrices.
Be water, my friend
il y a 2 jours
Troisième Partie : Représentations modernes et queer
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3.1. Anne Rice : l’androgyne romantique et la bisexualité vampirique
L’œuvre d’Anne Rice, notamment à travers Entretien avec un vampire (1976) et La Reine des damnés (1988), marque une véritable révolution dans la représentation des vampires. Ses créatures ne sont plus de simples monstres prédateurs, mais des êtres sensibles, torturés, d’une beauté androgyne et sensuelle.
Louis et Lestat incarnent une relation qui transcende les catégories sexuelles classiques. Leur lien mêle séduction, dépendance et passion, sans jamais être enfermé dans un schéma hétérosexuel. Rice écrit ses vampires comme des figures explicitement bisexuelles, attirées par les hommes autant que par les femmes.
Cette fluidité sexuelle répond à deux évolutions socioculturelles majeures :
Les mouvements de libération homosexuelle après 1968.
La montée d’une esthétique gothique et romantique, où le vampire devient une figure de séduction universelle.
Anne Rice a ainsi contribué à fixer l’image contemporaine du vampire comme être queer, au sens d’une identité fluide et subversive, échappant à la binarité de genre et à la norme hétérosexuelle.
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3.2. Le vampire queer au cinéma
Dès les années 1980, le cinéma a amplifié cette dimension homoérotique. On peut citer :
Tony Scott, The Hunger (Les Prédateurs, 1983) : un triangle vampirique où Catherine Deneuve incarne une séductrice bisexuelle fascinant autant David Bowie que Susan Sarandon. Ce film, ouvertement érotique, met en avant la passion lesbienne comme expérience vampirique.
Neil Jordan, Interview with the Vampire (1994) : adaptation des romans de Rice, où Brad Pitt et Tom Cruise incarnent un couple vampirique implicite. La relation Louis/Lestat reprend tous les codes de la liaison amoureuse homosexuelle, de la séduction initiale à la rupture tragique.
Abel Ferrara, The Addiction (1995) : un film plus métaphorique, où le vampirisme devient une allégorie de l’addiction et du désir marginal. L’homosexualité y est suggérée comme une autre forme de transgression.
Au cinéma, l’homoérotisme vampirique devient explicite, renversant l’héritage victorien du refoulement. Le vampire n’est plus seulement codé comme homosexuel : il devient une figure de désir queer revendiquée.
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3.3. Séries contemporaines : diversité et fluidité
Le XXIe siècle a multiplié les représentations vampiriques, souvent en lien direct avec la question des identités sexuelles.
True Blood (2008-2014) : la série de HBO transpose clairement la métaphore. Les vampires y luttent pour leurs droits civiques, dans une parabole directe avec la cause LGBT+. Plusieurs personnages vampires sont ouvertement homosexuels ou bisexuels, et leur marginalité devient un outil de critique sociale.
The Vampire Diaries (2009-2017) et The Originals (2013-2018) : bien que centrées sur des intrigues hétérosexuelles, ces séries intègrent des personnages queer secondaires, confirmant l’élargissement de l’imaginaire vampirique.
Castlevania (Netflix, 2017-2021) : adaptation animée du jeu vidéo, qui met en scène des personnages vampiriques aux sexualités fluides, notamment la relation entre Alucard et ses compagnons.
Ces séries montrent que l’association entre vampirisme et homosexualité, autrefois implicite, est désormais assumée et revendiquée comme partie intégrante de l’identité des personnages.
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3.4. Du monstre au modèle : le vampire comme icône queer
Dans la culture contemporaine, le vampire n’est plus seulement un monstre marginalisé : il est devenu une icône queer.
Son immortalité et sa beauté androgynes en font une figure de séduction universelle, au-delà des genres.
Son mode de vie clandestin et marginal résonne avec l’histoire des communautés LGBT+.
Son refus des normes humaines incarne une critique des normes sexuelles et sociales dominantes.
De nombreux universitaires, comme Nina Auerbach (Our Vampires, Ourselves, 1995), ont montré que chaque époque « réinvente » son vampire à son image. Le vampire queer contemporain est ainsi le reflet d’une société plus ouverte à la diversité sexuelle, mais toujours marquée par les luttes identitaires.
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3.5. Synthèse de la troisième partie
Le vampire moderne est passé :
Du monstre inquiétant et refoulé du XIXe siècle.
À l’amant ambigu et tourmenté du XXe siècle.
Pour devenir aujourd’hui une figure queer assumée, symbole de fluidité et d’émancipation.
Cette évolution montre à quel point le vampire est un miroir des transformations sociales autour de l’homosexualité : d’abord perçue comme une menace, ensuite comme une transgression séduisante, enfin comme une identité pleinement représentée et valorisée.
Quatrième Partie : Sociologie et réception culturelle
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4.1. Le vampire comme métaphore des minorités
L’une des forces du mythe vampirique réside dans sa capacité à servir de miroir aux groupes marginalisés. Historiquement, le vampire a été une figure de l’« autre » : étranger, hérétique, malade, ou pervers. Dans les sociétés où l’homosexualité était criminalisée ou stigmatisée, il est logique que le vampire soit devenu une métaphore de l’homosexuel :
Vivant dans la clandestinité.
Craint et rejeté par la majorité.
Associé à une pratique perçue comme « contagieuse » ou « corruptrice ».
Cette assimilation s’est renforcée dans la culture populaire moderne, où les luttes des vampires pour être reconnus et acceptés par les humains sont souvent écrites comme des paraboles des combats LGBT+ pour la reconnaissance et l’égalité.
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4.2. L’imaginaire du sang et la crise du sida
Les années 1980 ont ajouté une nouvelle dimension sociologique : le vampirisme comme métaphore de l’épidémie du sida. Le sang, vecteur de contamination vampirique, résonnait douloureusement avec les peurs liées à la transmission du VIH.
Des films comme The Hunger (1983) ou certaines lectures d’Interview with the Vampire (1994) reflètent cette angoisse. Le vampire homosexuel n’est plus seulement perçu comme séducteur ou transgressif, mais aussi comme potentiellement « malade » ou porteur d’un virus mortel.
Cette période a contribué à renforcer l’image du vampire comme une métaphore directe de l’homosexualité perçue par la société : à la fois objet de désir et de rejet, d’attraction et de peur.
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4.3. De la peur à l’acceptation : le vampire icône LGBT+
Depuis les années 2000, le rapport entre vampirisme et homosexualité a connu un basculement radical. Avec l’émergence des études queer et la progression des droits LGBT+, le vampire n’est plus seulement une figure de stigmatisation : il devient une icône d’émancipation.
Dans True Blood, le slogan militant des vampires (« God Hates Fangs ») fait directement écho aux discours homophobes (« God Hates Fags »).
Les personnages vampiriques queer sont désormais écrits comme des héros ou héroïnes à part entière, et non plus uniquement comme des monstres.
Les communautés LGBT+ se sont appropriées le vampire comme symbole de résilience, de beauté marginale et de désir assumé.
Ainsi, le vampire queer contemporain est à la fois une représentation et une revendication : il donne une visibilité à des identités longtemps invisibilisées, et les transforme en force esthétique et politique.
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4.4. Les critiques et ambiguïtés persistantes
Toutefois, cette réception n’est pas univoque. Certains critiques soulignent que la représentation queer des vampires reste parfois stéréotypée :
L’homosexualité est encore associée à la transgression, à la dangerosité et à l’excès.
Le vampire queer est souvent hypersexualisé, réduisant la diversité des expériences LGBT+ à un archétype glamour et sulfureux.
Certaines œuvres contemporaines, notamment à destination d’un public adolescent (Twilight, Vampire Diaries), continuent d’édulcorer ou d’invisibiliser les aspects homoérotiques, montrant que l’acceptation n’est pas encore totale.
Ainsi, la figure du vampire oscille toujours entre deux pôles : icône d’émancipation et stéréotype figé.
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4.5. Synthèse sociologique
La réception culturelle du vampire homosexuel révèle un double mouvement :
Hier : assimilation du vampire à une menace, miroir des peurs sociales autour de l’homosexualité (perversion, maladie, contagion).
Aujourd’hui : appropriation du vampire par les communautés queer comme figure d’affirmation identitaire, de fierté et de séduction.
Cette évolution illustre comment la culture populaire transforme ses monstres en modèles, et comment la marginalité peut devenir un espace de résistance et de création.
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Conclusion générale
À travers cette étude, nous avons montré que la figure du vampire entretient un rapport étroit et persistant avec l’homosexualité :
Dans le folklore et la littérature du XIXe siècle, le vampire met en scène le désir interdit et l’homosexualité refoulée (Carmilla, Dracula).
La psychanalyse permet de lire le vampirisme comme métaphore de la clandestinité, du placard et du refoulement sexuel.
À partir de la fin du XXe siècle, les représentations modernes transforment le vampire en figure queer explicite, fluidifiant les identités et revendiquant l’émancipation.
Sociologiquement, le vampire est passé du stigmate (perversion, maladie) à l’icône LGBT+, célébrée pour sa beauté, son ambivalence et sa marginalité créatrice.
En définitive, le vampire n’est pas seulement une créature fantastique : il est un miroir culturel des angoisses, des désirs et des évolutions sociales face à l’homosexualité. Sa trajectoire, de monstre refoulé à symbole queer, reflète les mutations de nos sociétés dans leur rapport à la sexualité et à la différence.
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3.1. Anne Rice : l’androgyne romantique et la bisexualité vampirique
L’œuvre d’Anne Rice, notamment à travers Entretien avec un vampire (1976) et La Reine des damnés (1988), marque une véritable révolution dans la représentation des vampires. Ses créatures ne sont plus de simples monstres prédateurs, mais des êtres sensibles, torturés, d’une beauté androgyne et sensuelle.
Louis et Lestat incarnent une relation qui transcende les catégories sexuelles classiques. Leur lien mêle séduction, dépendance et passion, sans jamais être enfermé dans un schéma hétérosexuel. Rice écrit ses vampires comme des figures explicitement bisexuelles, attirées par les hommes autant que par les femmes.
Cette fluidité sexuelle répond à deux évolutions socioculturelles majeures :
Les mouvements de libération homosexuelle après 1968.
La montée d’une esthétique gothique et romantique, où le vampire devient une figure de séduction universelle.
Anne Rice a ainsi contribué à fixer l’image contemporaine du vampire comme être queer, au sens d’une identité fluide et subversive, échappant à la binarité de genre et à la norme hétérosexuelle.
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3.2. Le vampire queer au cinéma
Dès les années 1980, le cinéma a amplifié cette dimension homoérotique. On peut citer :
Tony Scott, The Hunger (Les Prédateurs, 1983) : un triangle vampirique où Catherine Deneuve incarne une séductrice bisexuelle fascinant autant David Bowie que Susan Sarandon. Ce film, ouvertement érotique, met en avant la passion lesbienne comme expérience vampirique.
Neil Jordan, Interview with the Vampire (1994) : adaptation des romans de Rice, où Brad Pitt et Tom Cruise incarnent un couple vampirique implicite. La relation Louis/Lestat reprend tous les codes de la liaison amoureuse homosexuelle, de la séduction initiale à la rupture tragique.
Abel Ferrara, The Addiction (1995) : un film plus métaphorique, où le vampirisme devient une allégorie de l’addiction et du désir marginal. L’homosexualité y est suggérée comme une autre forme de transgression.
Au cinéma, l’homoérotisme vampirique devient explicite, renversant l’héritage victorien du refoulement. Le vampire n’est plus seulement codé comme homosexuel : il devient une figure de désir queer revendiquée.
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3.3. Séries contemporaines : diversité et fluidité
Le XXIe siècle a multiplié les représentations vampiriques, souvent en lien direct avec la question des identités sexuelles.
True Blood (2008-2014) : la série de HBO transpose clairement la métaphore. Les vampires y luttent pour leurs droits civiques, dans une parabole directe avec la cause LGBT+. Plusieurs personnages vampires sont ouvertement homosexuels ou bisexuels, et leur marginalité devient un outil de critique sociale.
The Vampire Diaries (2009-2017) et The Originals (2013-2018) : bien que centrées sur des intrigues hétérosexuelles, ces séries intègrent des personnages queer secondaires, confirmant l’élargissement de l’imaginaire vampirique.
Castlevania (Netflix, 2017-2021) : adaptation animée du jeu vidéo, qui met en scène des personnages vampiriques aux sexualités fluides, notamment la relation entre Alucard et ses compagnons.
Ces séries montrent que l’association entre vampirisme et homosexualité, autrefois implicite, est désormais assumée et revendiquée comme partie intégrante de l’identité des personnages.
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3.4. Du monstre au modèle : le vampire comme icône queer
Dans la culture contemporaine, le vampire n’est plus seulement un monstre marginalisé : il est devenu une icône queer.
Son immortalité et sa beauté androgynes en font une figure de séduction universelle, au-delà des genres.
Son mode de vie clandestin et marginal résonne avec l’histoire des communautés LGBT+.
Son refus des normes humaines incarne une critique des normes sexuelles et sociales dominantes.
De nombreux universitaires, comme Nina Auerbach (Our Vampires, Ourselves, 1995), ont montré que chaque époque « réinvente » son vampire à son image. Le vampire queer contemporain est ainsi le reflet d’une société plus ouverte à la diversité sexuelle, mais toujours marquée par les luttes identitaires.
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3.5. Synthèse de la troisième partie
Le vampire moderne est passé :
Du monstre inquiétant et refoulé du XIXe siècle.
À l’amant ambigu et tourmenté du XXe siècle.
Pour devenir aujourd’hui une figure queer assumée, symbole de fluidité et d’émancipation.
Cette évolution montre à quel point le vampire est un miroir des transformations sociales autour de l’homosexualité : d’abord perçue comme une menace, ensuite comme une transgression séduisante, enfin comme une identité pleinement représentée et valorisée.
Quatrième Partie : Sociologie et réception culturelle
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4.1. Le vampire comme métaphore des minorités
L’une des forces du mythe vampirique réside dans sa capacité à servir de miroir aux groupes marginalisés. Historiquement, le vampire a été une figure de l’« autre » : étranger, hérétique, malade, ou pervers. Dans les sociétés où l’homosexualité était criminalisée ou stigmatisée, il est logique que le vampire soit devenu une métaphore de l’homosexuel :
Vivant dans la clandestinité.
Craint et rejeté par la majorité.
Associé à une pratique perçue comme « contagieuse » ou « corruptrice ».
Cette assimilation s’est renforcée dans la culture populaire moderne, où les luttes des vampires pour être reconnus et acceptés par les humains sont souvent écrites comme des paraboles des combats LGBT+ pour la reconnaissance et l’égalité.
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4.2. L’imaginaire du sang et la crise du sida
Les années 1980 ont ajouté une nouvelle dimension sociologique : le vampirisme comme métaphore de l’épidémie du sida. Le sang, vecteur de contamination vampirique, résonnait douloureusement avec les peurs liées à la transmission du VIH.
Des films comme The Hunger (1983) ou certaines lectures d’Interview with the Vampire (1994) reflètent cette angoisse. Le vampire homosexuel n’est plus seulement perçu comme séducteur ou transgressif, mais aussi comme potentiellement « malade » ou porteur d’un virus mortel.
Cette période a contribué à renforcer l’image du vampire comme une métaphore directe de l’homosexualité perçue par la société : à la fois objet de désir et de rejet, d’attraction et de peur.
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4.3. De la peur à l’acceptation : le vampire icône LGBT+
Depuis les années 2000, le rapport entre vampirisme et homosexualité a connu un basculement radical. Avec l’émergence des études queer et la progression des droits LGBT+, le vampire n’est plus seulement une figure de stigmatisation : il devient une icône d’émancipation.
Dans True Blood, le slogan militant des vampires (« God Hates Fangs ») fait directement écho aux discours homophobes (« God Hates Fags »).
Les personnages vampiriques queer sont désormais écrits comme des héros ou héroïnes à part entière, et non plus uniquement comme des monstres.
Les communautés LGBT+ se sont appropriées le vampire comme symbole de résilience, de beauté marginale et de désir assumé.
Ainsi, le vampire queer contemporain est à la fois une représentation et une revendication : il donne une visibilité à des identités longtemps invisibilisées, et les transforme en force esthétique et politique.
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4.4. Les critiques et ambiguïtés persistantes
Toutefois, cette réception n’est pas univoque. Certains critiques soulignent que la représentation queer des vampires reste parfois stéréotypée :
L’homosexualité est encore associée à la transgression, à la dangerosité et à l’excès.
Le vampire queer est souvent hypersexualisé, réduisant la diversité des expériences LGBT+ à un archétype glamour et sulfureux.
Certaines œuvres contemporaines, notamment à destination d’un public adolescent (Twilight, Vampire Diaries), continuent d’édulcorer ou d’invisibiliser les aspects homoérotiques, montrant que l’acceptation n’est pas encore totale.
Ainsi, la figure du vampire oscille toujours entre deux pôles : icône d’émancipation et stéréotype figé.
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4.5. Synthèse sociologique
La réception culturelle du vampire homosexuel révèle un double mouvement :
Hier : assimilation du vampire à une menace, miroir des peurs sociales autour de l’homosexualité (perversion, maladie, contagion).
Aujourd’hui : appropriation du vampire par les communautés queer comme figure d’affirmation identitaire, de fierté et de séduction.
Cette évolution illustre comment la culture populaire transforme ses monstres en modèles, et comment la marginalité peut devenir un espace de résistance et de création.
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Conclusion générale
À travers cette étude, nous avons montré que la figure du vampire entretient un rapport étroit et persistant avec l’homosexualité :
Dans le folklore et la littérature du XIXe siècle, le vampire met en scène le désir interdit et l’homosexualité refoulée (Carmilla, Dracula).
La psychanalyse permet de lire le vampirisme comme métaphore de la clandestinité, du placard et du refoulement sexuel.
À partir de la fin du XXe siècle, les représentations modernes transforment le vampire en figure queer explicite, fluidifiant les identités et revendiquant l’émancipation.
Sociologiquement, le vampire est passé du stigmate (perversion, maladie) à l’icône LGBT+, célébrée pour sa beauté, son ambivalence et sa marginalité créatrice.
En définitive, le vampire n’est pas seulement une créature fantastique : il est un miroir culturel des angoisses, des désirs et des évolutions sociales face à l’homosexualité. Sa trajectoire, de monstre refoulé à symbole queer, reflète les mutations de nos sociétés dans leur rapport à la sexualité et à la différence.
Be water, my friend
il y a 2 jours
Tu as écrit tout ça tout seul ? J'ai tout lu malgré la fatigue
Je vous aime tous
Tu ne fais pas exception
il y a 2 jours
Lunarion
2j
Tu as écrit tout ça tout seul ? J'ai tout lu malgré la fatigue
il y a 2 jours
Non, l'empilement d'idées sans lien logique, c'est le style de ChatGPT
On dirait une IA oui mais ChatGPT utilise des emojis et aurait dit "D'accord, je te fais une thèse sur le lien entre vampire et homosexualité".
Puis c'est possible d'envoyer un pavé à une IA juste pour corriger les fautes et mettre en forme.
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il y a 2 jours
On dirait une IA oui mais ChatGPT utilise des emojis et aurait dit "D'accord, je te fais une thèse sur le lien entre vampire et homosexualité".
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il y a 2 jours
Il suffit de retirer ces passages ou de lui demander de ne pas en mettre.
Autant aller jusqu'au bout et demander un style humain.
J'attends la réponse de l'op.
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il y a 2 jours
Première Partie : Histoire et fondements symboliques
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1.1. Le vampire dans les traditions folkloriques
Le vampire trouve son origine dans un vaste ensemble de croyances populaires qui, dès le Moyen Âge, circulent en Europe centrale et orientale. Dans ces récits, le vampire est un revenant qui hante les vivants pour leur soutirer leur énergie vitale par la consommation de sang. Il est perçu comme une menace pour l’ordre social, une entité monstrueuse qui échappe à la classification habituelle entre le vivant et le mort.
Dans les sources folkloriques, l’aspect sexuel du vampire n’apparaît pas explicitement, mais des indices suggèrent déjà une inquiétude liée à l’intimité corporelle. Le vampire pénètre dans les maisons, envahit l’espace privé, et établit un contact physique transgressif avec la victime endormie. Cette violation rappelle les angoisses liées au viol ou aux relations sexuelles illicites. En outre, les récits insistent sur le fait que la victime se sent progressivement « vidée », « affaiblie », mais paradoxalement aussi « attachée » à son agresseur : un lien ambivalent entre effroi et attirance se dessine.
Le folklore ne met pas encore en avant l’homosexualité, mais il prépare le terrain symbolique : l’idée que le vampire, par son contact interdit et ambigu, transgresse les normes établies, y compris celles de la sexualité.
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1.2. Carmilla (1872) : la naissance du vampire lesbien
Le premier grand texte littéraire à introduire clairement une dimension homosexuelle est Carmilla de Sheridan Le Fanu, publié en 1872. Cette nouvelle raconte l’histoire d’une jeune femme, Laura, fascinée puis tourmentée par une mystérieuse comtesse vampirique, Carmilla, qui lui témoigne une affection passionnée et possessive.
L’œuvre marque une rupture fondamentale. Pour la première fois, la relation vampirique est explicitement genrée au féminin et codée comme lesbienne. Carmilla exprime son désir à travers des gestes, des paroles et des regards qui vont bien au-delà de l’amitié :
> « Elle m’attira à elle, et me serra dans ses bras, et son souffle chaud effleura ma joue. » (Carmilla, chap. IV)
Cette séduction féminine apparaît comme une menace double : d’une part, Carmilla incarne l’étranger, le monstre qui s’introduit dans le foyer bourgeois ; d’autre part, elle représente le désir homosexuel, perçu à l’époque victorienne comme une perversion.
Le texte illustre ainsi la peur sociale de l’homosexualité féminine au XIXe siècle. Le vampirisme devient le masque narratif permettant d’évoquer ce sujet tabou. Carmilla, en tant que vampire lesbienne, incarne une « double marginalité » : en tant que créature surnaturelle et en tant que figure homosexuelle.
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1.3. Dracula (1897) : l’homosexualité sublimée
Vingt-cinq ans plus tard, Dracula de Bram Stoker vient cristalliser la figure du vampire dans l’imaginaire moderne. Le roman, souvent lu comme un récit de l’invasion étrangère et de la décadence morale, véhicule également une charge homoérotique significative.
La relation entre Dracula et Jonathan Harker, notamment lors de la scène de la chambre, a suscité de nombreuses interprétations :
> « Le comte s’approcha de moi et me dit d’un ton dur : “Cet homme m’appartient !” » (Dracula, chap. III)
Cette phrase, au-delà de la simple possession vampirique, résonne comme une revendication amoureuse ou sexuelle. La jalousie de Dracula face aux trois vampires femmes qui s’approchent de Jonathan traduit une rivalité où l’enjeu n’est pas seulement vital mais aussi érotique.
Par ailleurs, la proximité physique entre Dracula et ses victimes masculines, l’insistance sur l’échange de fluides corporels (le sang), et la domination du maître sur ses proies évoquent une sexualité déviante aux yeux de l’époque victorienne.
Stoker, qui fréquentait les cercles littéraires de Wilde et connaissait les scandales liés à l’homosexualité, semble avoir transposé ses angoisses personnelles dans son roman. Le vampire devient alors le symbole d’un désir interdit, refoulé, mais impossible à contenir.
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1.4. Synthèse de la première étape historique
Du folklore aux premiers grands récits littéraires, on observe une évolution nette :
Dans le folklore, le vampire est avant tout un intrus qui transgresse l’espace vital, porteur d’un contact corporel ambigu.
Avec Carmilla, cette ambiguïté prend une forme explicite : l’homosexualité féminine se matérialise sous la figure vampirique.
Avec Dracula, le vampirisme devient une métaphore plus diffuse, où l’homosexualité masculine est suggérée mais jamais avouée, reflétant les tabous de l’époque.
Ainsi, dès la fin du XIXe siècle, le vampire se fixe comme une figure du désir marginal, à la fois fascinant et inquiétant.
Deuxième Partie : Psychanalyse et désir interdit
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2.1. Freud, le sang et l’érotisme
La psychanalyse offre un cadre privilégié pour comprendre la symbolique vampirique. Dans ses Trois essais sur la théorie sexuelle (1905), Freud met en évidence le rôle central du refoulement et des pulsions inconscientes dans la formation des désirs sexuels. Le vampire, en tant que créature obsédée par la morsure et la consommation du sang, incarne de manière frappante la puissance des pulsions interdites.
Le sang, fluide vital, devient dans la symbolique psychanalytique l’équivalent du sperme ou des sécrétions sexuelles. La morsure des crocs, pénétration du corps, représente un acte sexuel déplacé dans un registre monstrueux. Ce déplacement, ou « condensation » selon Freud, traduit l’impossibilité d’exprimer ouvertement certaines formes de désir, notamment homosexuelles.
Ainsi, chaque morsure peut être interprétée comme la mise en scène d’un rapport sexuel refoulé. L’acte vampirique est clandestin, nocturne, caché aux regards, et produit une jouissance paradoxale faite à la fois de plaisir et de souffrance – autant d’éléments qui renvoient aux tabous sexuels, en particulier l’homosexualité réprimée dans les sociétés du XIXe siècle.
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2.2. Le vampirisme comme métaphore du refoulement homosexuel
La psychanalyse post-freudienne, en particulier avec Lacan, insiste sur la question du « désir de l’Autre ». Le vampire incarne littéralement cet « Autre » : il n’est jamais totalement humain, il échappe à l’ordre symbolique, et c’est précisément ce qui le rend désirable.
Dans Carmilla comme dans Dracula, l’homosexualité n’est jamais nommée, mais elle circule à travers des gestes, des regards, des paroles ambiguës. Ce non-dit constitue ce que Sedgwick appellera plus tard l’« epistemology of the closet » : une homosexualité présente partout mais jamais déclarée.
Le vampire devient alors une allégorie du placard homosexuel :
Il vit caché, de nuit, dans les marges de la société.
Il doit dissimuler sa vraie nature, au risque d’être détruit s’il est découvert.
Ses relations se nouent dans le secret, souvent dans un rapport d’initiation ou de domination.
Cette condition vampirique reflète parfaitement celle des homosexuels à l’époque victorienne : marginalisés, contraints à la clandestinité, et perçus comme une menace pour l’ordre moral.
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2.3. Ambivalence du désir : entre terreur et fascination
Un autre aspect psychanalytique crucial est l’ambivalence des sentiments suscités par le vampire. Freud, dans son essai sur « L’inquiétante étrangeté » (Das Unheimliche, 1919), explique que ce qui effraie le plus n’est pas l’inconnu absolu, mais ce qui est à la fois familier et étranger.
Le vampire illustre parfaitement cette ambivalence : il est humain dans son apparence, mais monstrueux dans son essence. De même, l’homosexualité, dans une société hétéro-normative, est perçue comme une proximité troublante : un désir qui ressemble à celui des hétérosexuels, mais qui en déplace l’objet.
Cette « inquiétante étrangeté » est au cœur de la fascination homoérotique des récits vampiriques. Les victimes, loin de rejeter totalement le vampire, se laissent séduire, se sentent attirées malgré elles, et finissent par céder à l’étreinte mortelle. L’homosexualité est ainsi représentée comme une tentation irrésistible mais fatale, révélant les fantasmes et les peurs refoulées de l’époque.
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2.4. Étude de cas : Louis et Lestat chez Anne Rice
La saga des Chroniques des vampires d’Anne Rice, débutée en 1976, illustre de manière éclatante la lecture psychanalytique du vampirisme homosexuel. Le couple formé par Louis et Lestat est une métaphore évidente d’une relation homosexuelle :
Lestat séduit Louis, l’initie au vampirisme comme à une sexualité interdite.
Louis vit cette transformation avec culpabilité, honte et désir, exactement comme un homosexuel en conflit avec sa propre identité dans une société homophobe.
Leur relation est marquée par la dépendance, la passion et la jalousie – caractéristiques d’une liaison amoureuse plus que d’un simple rapport prédateur.
Anne Rice, en pleine période de libération sexuelle post-1968, ose mettre en avant ce que Stoker n’avait pu qu’insinuer : le vampire n’est pas seulement un monstre, il est aussi un amant. Le refoulement devient expression, et la psychanalyse trouve dans ces personnages un terrain idéal pour analyser le passage de la culpabilité à l’acceptation de soi.
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2.5. Synthèse psychanalytique
Le vampire est donc une figure psychanalytique du désir homosexuel :
Freud : la morsure = métaphore du rapport sexuel interdit.
Lacan : le vampire comme « Autre » qui incarne le désir refoulé.
Sedgwick : le vampire = symbole du « placard », désir visible mais inexprimé.
Anne Rice : passage de la clandestinité à l’expression assumée, miroir de l’évolution sociale.
L’analyse psychanalytique démontre que le vampirisme n’est pas seulement un mythe horrifique : il est une construction culturelle qui permet de mettre en scène les angoisses liées à l’homosexualité, mais aussi ses potentialités libératrices.
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1.1. Le vampire dans les traditions folkloriques
Le vampire trouve son origine dans un vaste ensemble de croyances populaires qui, dès le Moyen Âge, circulent en Europe centrale et orientale. Dans ces récits, le vampire est un revenant qui hante les vivants pour leur soutirer leur énergie vitale par la consommation de sang. Il est perçu comme une menace pour l’ordre social, une entité monstrueuse qui échappe à la classification habituelle entre le vivant et le mort.
Dans les sources folkloriques, l’aspect sexuel du vampire n’apparaît pas explicitement, mais des indices suggèrent déjà une inquiétude liée à l’intimité corporelle. Le vampire pénètre dans les maisons, envahit l’espace privé, et établit un contact physique transgressif avec la victime endormie. Cette violation rappelle les angoisses liées au viol ou aux relations sexuelles illicites. En outre, les récits insistent sur le fait que la victime se sent progressivement « vidée », « affaiblie », mais paradoxalement aussi « attachée » à son agresseur : un lien ambivalent entre effroi et attirance se dessine.
Le folklore ne met pas encore en avant l’homosexualité, mais il prépare le terrain symbolique : l’idée que le vampire, par son contact interdit et ambigu, transgresse les normes établies, y compris celles de la sexualité.
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1.2. Carmilla (1872) : la naissance du vampire lesbien
Le premier grand texte littéraire à introduire clairement une dimension homosexuelle est Carmilla de Sheridan Le Fanu, publié en 1872. Cette nouvelle raconte l’histoire d’une jeune femme, Laura, fascinée puis tourmentée par une mystérieuse comtesse vampirique, Carmilla, qui lui témoigne une affection passionnée et possessive.
L’œuvre marque une rupture fondamentale. Pour la première fois, la relation vampirique est explicitement genrée au féminin et codée comme lesbienne. Carmilla exprime son désir à travers des gestes, des paroles et des regards qui vont bien au-delà de l’amitié :
> « Elle m’attira à elle, et me serra dans ses bras, et son souffle chaud effleura ma joue. » (Carmilla, chap. IV)
Cette séduction féminine apparaît comme une menace double : d’une part, Carmilla incarne l’étranger, le monstre qui s’introduit dans le foyer bourgeois ; d’autre part, elle représente le désir homosexuel, perçu à l’époque victorienne comme une perversion.
Le texte illustre ainsi la peur sociale de l’homosexualité féminine au XIXe siècle. Le vampirisme devient le masque narratif permettant d’évoquer ce sujet tabou. Carmilla, en tant que vampire lesbienne, incarne une « double marginalité » : en tant que créature surnaturelle et en tant que figure homosexuelle.
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1.3. Dracula (1897) : l’homosexualité sublimée
Vingt-cinq ans plus tard, Dracula de Bram Stoker vient cristalliser la figure du vampire dans l’imaginaire moderne. Le roman, souvent lu comme un récit de l’invasion étrangère et de la décadence morale, véhicule également une charge homoérotique significative.
La relation entre Dracula et Jonathan Harker, notamment lors de la scène de la chambre, a suscité de nombreuses interprétations :
> « Le comte s’approcha de moi et me dit d’un ton dur : “Cet homme m’appartient !” » (Dracula, chap. III)
Cette phrase, au-delà de la simple possession vampirique, résonne comme une revendication amoureuse ou sexuelle. La jalousie de Dracula face aux trois vampires femmes qui s’approchent de Jonathan traduit une rivalité où l’enjeu n’est pas seulement vital mais aussi érotique.
Par ailleurs, la proximité physique entre Dracula et ses victimes masculines, l’insistance sur l’échange de fluides corporels (le sang), et la domination du maître sur ses proies évoquent une sexualité déviante aux yeux de l’époque victorienne.
Stoker, qui fréquentait les cercles littéraires de Wilde et connaissait les scandales liés à l’homosexualité, semble avoir transposé ses angoisses personnelles dans son roman. Le vampire devient alors le symbole d’un désir interdit, refoulé, mais impossible à contenir.
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1.4. Synthèse de la première étape historique
Du folklore aux premiers grands récits littéraires, on observe une évolution nette :
Dans le folklore, le vampire est avant tout un intrus qui transgresse l’espace vital, porteur d’un contact corporel ambigu.
Avec Carmilla, cette ambiguïté prend une forme explicite : l’homosexualité féminine se matérialise sous la figure vampirique.
Avec Dracula, le vampirisme devient une métaphore plus diffuse, où l’homosexualité masculine est suggérée mais jamais avouée, reflétant les tabous de l’époque.
Ainsi, dès la fin du XIXe siècle, le vampire se fixe comme une figure du désir marginal, à la fois fascinant et inquiétant.
Deuxième Partie : Psychanalyse et désir interdit
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2.1. Freud, le sang et l’érotisme
La psychanalyse offre un cadre privilégié pour comprendre la symbolique vampirique. Dans ses Trois essais sur la théorie sexuelle (1905), Freud met en évidence le rôle central du refoulement et des pulsions inconscientes dans la formation des désirs sexuels. Le vampire, en tant que créature obsédée par la morsure et la consommation du sang, incarne de manière frappante la puissance des pulsions interdites.
Le sang, fluide vital, devient dans la symbolique psychanalytique l’équivalent du sperme ou des sécrétions sexuelles. La morsure des crocs, pénétration du corps, représente un acte sexuel déplacé dans un registre monstrueux. Ce déplacement, ou « condensation » selon Freud, traduit l’impossibilité d’exprimer ouvertement certaines formes de désir, notamment homosexuelles.
Ainsi, chaque morsure peut être interprétée comme la mise en scène d’un rapport sexuel refoulé. L’acte vampirique est clandestin, nocturne, caché aux regards, et produit une jouissance paradoxale faite à la fois de plaisir et de souffrance – autant d’éléments qui renvoient aux tabous sexuels, en particulier l’homosexualité réprimée dans les sociétés du XIXe siècle.
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2.2. Le vampirisme comme métaphore du refoulement homosexuel
La psychanalyse post-freudienne, en particulier avec Lacan, insiste sur la question du « désir de l’Autre ». Le vampire incarne littéralement cet « Autre » : il n’est jamais totalement humain, il échappe à l’ordre symbolique, et c’est précisément ce qui le rend désirable.
Dans Carmilla comme dans Dracula, l’homosexualité n’est jamais nommée, mais elle circule à travers des gestes, des regards, des paroles ambiguës. Ce non-dit constitue ce que Sedgwick appellera plus tard l’« epistemology of the closet » : une homosexualité présente partout mais jamais déclarée.
Le vampire devient alors une allégorie du placard homosexuel :
Il vit caché, de nuit, dans les marges de la société.
Il doit dissimuler sa vraie nature, au risque d’être détruit s’il est découvert.
Ses relations se nouent dans le secret, souvent dans un rapport d’initiation ou de domination.
Cette condition vampirique reflète parfaitement celle des homosexuels à l’époque victorienne : marginalisés, contraints à la clandestinité, et perçus comme une menace pour l’ordre moral.
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2.3. Ambivalence du désir : entre terreur et fascination
Un autre aspect psychanalytique crucial est l’ambivalence des sentiments suscités par le vampire. Freud, dans son essai sur « L’inquiétante étrangeté » (Das Unheimliche, 1919), explique que ce qui effraie le plus n’est pas l’inconnu absolu, mais ce qui est à la fois familier et étranger.
Le vampire illustre parfaitement cette ambivalence : il est humain dans son apparence, mais monstrueux dans son essence. De même, l’homosexualité, dans une société hétéro-normative, est perçue comme une proximité troublante : un désir qui ressemble à celui des hétérosexuels, mais qui en déplace l’objet.
Cette « inquiétante étrangeté » est au cœur de la fascination homoérotique des récits vampiriques. Les victimes, loin de rejeter totalement le vampire, se laissent séduire, se sentent attirées malgré elles, et finissent par céder à l’étreinte mortelle. L’homosexualité est ainsi représentée comme une tentation irrésistible mais fatale, révélant les fantasmes et les peurs refoulées de l’époque.
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2.4. Étude de cas : Louis et Lestat chez Anne Rice
La saga des Chroniques des vampires d’Anne Rice, débutée en 1976, illustre de manière éclatante la lecture psychanalytique du vampirisme homosexuel. Le couple formé par Louis et Lestat est une métaphore évidente d’une relation homosexuelle :
Lestat séduit Louis, l’initie au vampirisme comme à une sexualité interdite.
Louis vit cette transformation avec culpabilité, honte et désir, exactement comme un homosexuel en conflit avec sa propre identité dans une société homophobe.
Leur relation est marquée par la dépendance, la passion et la jalousie – caractéristiques d’une liaison amoureuse plus que d’un simple rapport prédateur.
Anne Rice, en pleine période de libération sexuelle post-1968, ose mettre en avant ce que Stoker n’avait pu qu’insinuer : le vampire n’est pas seulement un monstre, il est aussi un amant. Le refoulement devient expression, et la psychanalyse trouve dans ces personnages un terrain idéal pour analyser le passage de la culpabilité à l’acceptation de soi.
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2.5. Synthèse psychanalytique
Le vampire est donc une figure psychanalytique du désir homosexuel :
Freud : la morsure = métaphore du rapport sexuel interdit.
Lacan : le vampire comme « Autre » qui incarne le désir refoulé.
Sedgwick : le vampire = symbole du « placard », désir visible mais inexprimé.
Anne Rice : passage de la clandestinité à l’expression assumée, miroir de l’évolution sociale.
L’analyse psychanalytique démontre que le vampirisme n’est pas seulement un mythe horrifique : il est une construction culturelle qui permet de mettre en scène les angoisses liées à l’homosexualité, mais aussi ses potentialités libératrices.
il y a 2 jours
Lunarion
2j
Tu as écrit tout ça tout seul ? J'ai tout lu malgré la fatigue
Merci d'avoir eu le temps de lire
Be water, my friend
il y a 2 jours
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Tu l'as écrit seul oui ou non ?
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il y a 2 jours
Non, l'empilement d'idées sans lien logique, c'est le style de ChatGPT
il y a 2 jours
C'est que de l'amour putain !
il y a 2 jours