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Il est 6h45. Kevin émerge péniblement de son sommeil, réveillé par la sonnerie trop stridente de son Huawei à l’écran fissuré. Il éteint l’alarme d’un geste las et reste un moment allongé. Il fait nuit dehors, mais ce n’est pas la nuit qui le pèse. C’est tout le reste. Il regarde le plafond et repense vaguement à un autre plafond, plus bas, jauni, dans sa chambre d’ado. Une époque où les réveils ne sonnaient que pour aller en cours ou bosser l’été chez Quick. Une époque où rien n’était construit, mais où tout semblait possible.


Aujourd’hui, tout est construit. Et tout pèse.
Magalie dort encore. Leïna pleurniche. La journée redémarre comme toutes les autres. Kevin se lève, mécanisé, traverse la maison en silence.
Une maison, mais à quel prix


Le pavillon, il l’a voulu. Il l’a signé. Il se souvient encore du jour où il a pris la décision. « C’est maintenant ou jamais », lui avait dit un collègue. À l’époque, il bossait déjà en entrepôt mais dans une autre région, plus verte, plus tranquille. Il hésitait. Il avait ses potes, ses habitudes, sa mère pas loin. Et puis Magalie a voulu “se poser”. Avoir un vrai chez-soi. “Un truc à notre nom”.


Alors ils ont sauté le pas. Nouveau boulot, nouvelle ville, nouveau lotissement. Nouveau crédit surtout.
Aujourd’hui la maison est là, figée dans la routine. Pas moche, pas belle. Fonctionnelle. Kevin passe devant les murs tous les jours sans vraiment les regarder. Les finitions ne sont jamais finies. Il y a toujours quelque chose à réparer, à payer, ou à repousser. C’est un cocon qui prend plus qu’il ne donne.


Et parfois, quand il est seul, dans le jardin dépeuplé, ou sur la terrasse encore humide du matin, Kevin pense à son ancien studio à Villeurbanne. Au frigo vide mais à la fenêtre grande ouverte en plein été, aux kebabs de minuit, aux copains qui passaient “juste comme ça”. À sa guitare qu’il n’a pas touchée depuis deux ans. À ses rêves de partir vivre au Québec, ou de faire un CAP cuisine “juste pour essayer”.


Aujourd’hui, même essayer lui semble hors de portée. Tout est verrouillé.
Au travail, les regrets remontent
Le centre logistique est propre, rangé, efficace. Kevin travaille bien. Jamais de remarques, jamais d’erreurs. Mais lui qui pensait rester six mois ici, au départ, approche de la septième année. Il regarde les intérimaires défiler. Certains ont 19 ans, d’autres 25. Parfois, il discute. Ils parlent jeux vidéo, galères de logement, stages à Paris. Ça lui rappelle des choses. Pas mieux, pas pire. Juste… libres.
Lorsqu’il ferme son casier à clé, qu’il descend les escaliers en fer qui résonnent sous ses pas, Kevin a un pincement. Une impression persistante d’avoir précipité une version “adulte” de lui-même, trop tôt, trop vite. Sans avoir vécu vraiment celle d’avant.
La maison le rattrape toujours


Le soir, il rentre. Magalie lui demande s’il a pris du pain, Leïna court partout avec son doudou, les nuggets sont au four, les haricots dans la passoire. C’est une scène douce, simple, presque publicitaire. Un jour, il aurait trouvé ça réconfortant. Aujourd’hui, il trouve ça fatiguant.


Et quand la maison se tait, une fois la télé éteinte, il ne dort pas tout de suite. Son regard reste suspendu au plafond, au même qu’au réveil. Il repense à cette guitare oubliée derrière l’armoire, au sac de trekking qu’il n’a jamais utilisé, aux mots “école de cuisine” qu’il a un jour tapé sur Google sans jamais appuyer sur “Entrée”.


Il sait qu’il a fait au mieux. Qu’il n’a pas “échoué”. Mais il sent confusément qu’il a troqué des possibles contre des certitudes. Et que certaines certitudes pèsent tout autant qu’un crédit sur 40 ans.


Épilogue
Le French Dream, pour Kevin, ce n’est pas un cauchemar. Mais ce n’est pas vraiment un rêve non plus.
C’est une existence délimitée, rassurante, fonctionnelle. Une vie ordinaire, avec ses joies mesurées et ses peurs contenues. Mais dans le fond, il y a cette petite voix qui revient parfois, dans les moments de calme :
« Et si c’était mieux avant ? »
Pas plus facile. Pas plus riche. Juste… plus libre.
il y a un an
:Ryan_Gosling_Bladerunner:
For those we cherich, we die in glory !
:Lamenters:
il y a un an
T'as cru que j'allais lire + quid de ton diamètre anal au petit matin
il y a un an
la vie
la vraie
sans artifices
il y a un an
up
il y a un an
:chat_limite_champagne:
il y a un an
Joep
Joep
1 an
:chat_limite_champagne:
verdict ?
il y a un an
lefou
lefou
1 an
verdict ?
Bah c'est déprimant mais on peut faire le même pavé sur la solitude du célibat
:wojak_sad:
il y a un an
lefou
lefou
1 an
Il est 6h45. Kevin émerge péniblement de son sommeil, réveillé par la sonnerie trop stridente de son Huawei à l’écran fissuré. Il éteint l’alarme d’un geste las et reste un moment allongé. Il fait nuit dehors, mais ce n’est pas la nuit qui le pèse. C’est tout le reste. Il regarde le plafond et repense vaguement à un autre plafond, plus bas, jauni, dans sa chambre d’ado. Une époque où les réveils ne sonnaient que pour aller en cours ou bosser l’été chez Quick. Une époque où rien n’était construit, mais où tout semblait possible.


Aujourd’hui, tout est construit. Et tout pèse.
Magalie dort encore. Leïna pleurniche. La journée redémarre comme toutes les autres. Kevin se lève, mécanisé, traverse la maison en silence.
Une maison, mais à quel prix


Le pavillon, il l’a voulu. Il l’a signé. Il se souvient encore du jour où il a pris la décision. « C’est maintenant ou jamais », lui avait dit un collègue. À l’époque, il bossait déjà en entrepôt mais dans une autre région, plus verte, plus tranquille. Il hésitait. Il avait ses potes, ses habitudes, sa mère pas loin. Et puis Magalie a voulu “se poser”. Avoir un vrai chez-soi. “Un truc à notre nom”.


Alors ils ont sauté le pas. Nouveau boulot, nouvelle ville, nouveau lotissement. Nouveau crédit surtout.
Aujourd’hui la maison est là, figée dans la routine. Pas moche, pas belle. Fonctionnelle. Kevin passe devant les murs tous les jours sans vraiment les regarder. Les finitions ne sont jamais finies. Il y a toujours quelque chose à réparer, à payer, ou à repousser. C’est un cocon qui prend plus qu’il ne donne.


Et parfois, quand il est seul, dans le jardin dépeuplé, ou sur la terrasse encore humide du matin, Kevin pense à son ancien studio à Villeurbanne. Au frigo vide mais à la fenêtre grande ouverte en plein été, aux kebabs de minuit, aux copains qui passaient “juste comme ça”. À sa guitare qu’il n’a pas touchée depuis deux ans. À ses rêves de partir vivre au Québec, ou de faire un CAP cuisine “juste pour essayer”.


Aujourd’hui, même essayer lui semble hors de portée. Tout est verrouillé.
Au travail, les regrets remontent
Le centre logistique est propre, rangé, efficace. Kevin travaille bien. Jamais de remarques, jamais d’erreurs. Mais lui qui pensait rester six mois ici, au départ, approche de la septième année. Il regarde les intérimaires défiler. Certains ont 19 ans, d’autres 25. Parfois, il discute. Ils parlent jeux vidéo, galères de logement, stages à Paris. Ça lui rappelle des choses. Pas mieux, pas pire. Juste… libres.
Lorsqu’il ferme son casier à clé, qu’il descend les escaliers en fer qui résonnent sous ses pas, Kevin a un pincement. Une impression persistante d’avoir précipité une version “adulte” de lui-même, trop tôt, trop vite. Sans avoir vécu vraiment celle d’avant.
La maison le rattrape toujours


Le soir, il rentre. Magalie lui demande s’il a pris du pain, Leïna court partout avec son doudou, les nuggets sont au four, les haricots dans la passoire. C’est une scène douce, simple, presque publicitaire. Un jour, il aurait trouvé ça réconfortant. Aujourd’hui, il trouve ça fatiguant.


Et quand la maison se tait, une fois la télé éteinte, il ne dort pas tout de suite. Son regard reste suspendu au plafond, au même qu’au réveil. Il repense à cette guitare oubliée derrière l’armoire, au sac de trekking qu’il n’a jamais utilisé, aux mots “école de cuisine” qu’il a un jour tapé sur Google sans jamais appuyer sur “Entrée”.


Il sait qu’il a fait au mieux. Qu’il n’a pas “échoué”. Mais il sent confusément qu’il a troqué des possibles contre des certitudes. Et que certaines certitudes pèsent tout autant qu’un crédit sur 40 ans.


Épilogue
Le French Dream, pour Kevin, ce n’est pas un cauchemar. Mais ce n’est pas vraiment un rêve non plus.
C’est une existence délimitée, rassurante, fonctionnelle. Une vie ordinaire, avec ses joies mesurées et ses peurs contenues. Mais dans le fond, il y a cette petite voix qui revient parfois, dans les moments de calme :
« Et si c’était mieux avant ? »
Pas plus facile. Pas plus riche. Juste… plus libre.
"Kevin sera retrouvé pendu a son domicile 2 ans plus tard"
il y a un an
"Kevin sera retrouvé pendu a son domicile 2 ans plus tard"
ahiiiiii j’ai pas osé
il y a un an
Il manque la fin où on le retrouve pendu dans la chambre
:OSS_blue:
il y a un an
bien sûr clef
il y a un an
Il manque la fin où on le retrouve pendu dans la chambre
:OSS_blue:
pourquoi pendu ?
il y a un an
c’est de l’IA mais remanié une dizaine de fois
il y a un an
Il manque la fin où on le retrouve pendu dans la chambre
:OSS_blue:
Ou dans le grenier sinon.
:tp:
tastycrousty.art Juif qui parle, bouche qui ment.
il y a un an
DTP
DTP
1 an
Ou dans le grenier sinon.
:tp:
mais vous êtes tarés
il y a un an