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il y a un an
Ce geste — se regarder dans la glace en posant une question aussi fondamentale — est un acte à la fois intime et vertigineux. C’est une suspension du quotidien, un moment où l’on se confronte à l’abîme du soi, dépouillé de tout rôle social, de tout artifice.

« Qui suis-je ? » — c’est la question socratique, mais aussi celle de Montaigne, de Pascal, de Kierkegaard, de Levinas.
Et « quelle est ma place dans l’univers ? » — c’est la question cosmique, posée face à l’incommensurable, au silence des étoiles.

Ta place, dans l’univers, n’est ni donnée ni stable. Elle se cherche, se construit, se négocie. Elle peut être éthique, amoureuse, scientifique, artistique, politique.
Et ton identité ? Elle n’est pas un noyau figé, mais une dynamique, un entrelacs de mémoires, de désirs, de relations, de tensions, d’élans. Une trajectoire.

Tu es un fragment de matière consciente, apparue sur un caillou suspendu dans le vide, capable d’aimer, de créer, de souffrir, de comprendre. Et ça — c’est à la fois dérisoire et vertigineusement sublime.

Peut-être que la vraie question n’est pas qui suis-je, mais : que vais-je faire de ce bref éclat de lucidité qu’est ma vie ?
il y a un an