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Entre le conservateur guinéen Robert Sarah, l'engagé congolais Fridolin Ambongo et le consensuel ghanéen Peter Turkson, l'Afrique dispose de trois profils distincts capables de séduire différentes sensibilités au sein du collège cardinalice
🇬🇳 ROBERT SARAH
Né en Guinée, Robert Sarah est nommé cardinal en 2001, et incarne l'aile traditionaliste. "Ferme face au régime de Sékou Touré, comme il l'a été récemment au sujet de la transition de Mamadi Doumbouya", il défend une vision conservatrice de l'Église, "favorable à la liturgie en latin, opposé à l'ordination des femmes, à l’islam, à l’immigration en Europe qu’il exulte de conserver son identité et ses racines, ou à toute évolution sur l'homosexualité." À près de 80 ans, il est soutenu par une frange ultra-conservatrice qui pourrait souhaiter un "effet de balancier" après le pontificat de François.
Ancien préfet de la Congrégation pour le Culte divin, figure marquante des milieux conservateurs, attaché à la tradition liturgique.
Nommé archevêque de Conakry en 1979 par Jean-Paul II, à seulement 34 ans, ce prélat originaire de la Guinée est un traditionaliste. Il avait été nommé cardinal en 2010 par Benoît XVI, puis à la tête de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements en 2014 par le pape François, dont il a démissionné en 2021. Un an plus tôt, il s'était retrouvé mêlé à une polémique après la sortie d'un livre défendant avec force le célibat des prêtres, thème brûlant de l'Église, cosigné avec le pape émérite Benoît XVI.
Robert Sarah tient des propos polémiques, tels que « Ce que le nazisme et le communisme étaient au xxe siècle, l’homosexualité occidentale et les idéologies abortives et le fanatisme islamique le sont aujourd’hui », déclare-t-il ainsi lors d’un synode en 2015.
En 2016, il déclare au Figaro : « Les statistiques montrent qu'il y aura dans un avenir très proche un grave déséquilibre culturel, religieux et démographique en Occident. Décadent, sans enfants, sans familles, l’Occident disparaîtra, noyé et éliminé par une population d'origine islamique. L'Occident a renié ses racines chrétiennes. Mais un arbre sans racines meurt »
« Certes, les flux migratoires ont toujours existé. Les mouvements actuels se distinguent en revanche par leur importance. […] Comment ces nations [africaines] vont-elles se développer si tant de travailleurs font le choix de l'exil ? Quelles sont ces étranges organisations humanitaires qui sillonnent l'Afrique pour pousser de jeunes hommes à la fuite en leur promettant des vies meilleures en Europe ? »
« L'Europe semble programmée pour s'autodétruire. […] Elle doute d'elle-même et a honte de son identité chrétienne. C'est ainsi qu'elle finit par attirer le mépris ». Mais il relève une évolution positive en Pologne, Hongrie, Slovaquie, Autriche et Italie.
Le 23 mai 2016, le cardinal Sarah, qui célèbre la messe selon le missel conciliaire de Paul VI, appelle une première fois les prêtres à célébrer ad orientem à partir de l'Avent suivant, c'est-à-dire tournés vers l'Orient, en étant « dos au peuple ».
🇬🇭 PETER TURKSON
Le Ghanéen Peter Turkson, né en 1948 et devenu archevêque de Cape Coast à 44 ans, apparaît comme une figure plus consensuelle. Décrit comme un "habile négociateur", il est "l'un des piliers de l'agenda social du pape François, notamment sur les questions de justice climatique, de migration ou de finance éthique." Jeune Afrique le présente comme une potentielle "troisième voie pouvant réconcilier les clans du Vatican", étant "ni doctrinaire ni révolutionnaire."
Le fait qu'il soit originaire des régions les plus dynamiques pour l'Église a de quoi également renforcer sa position.
Ce sont ses prises de position sur l'homosexualité qui ont suscité le plus de réactions à son encontre, à quelques semaines de la succession annoncée de Benoît XVI. La presse (notamment LGBT) lui reproche d'assimiler homosexualité et pédophilie.
Dans une interview de la journaliste Christiane Amanpour de CNN, le prélat avait ainsi estimé que si l'Afrique n'a pas été aussi durement touchée que l'Europe par le scandale pédophile au sein de l'Église catholique, c'est en raison « des traditions et de la culture africaines qui rejette l'homosexualité ».
Le cardinal s'est aussi illustré en diffusant, à deux reprises, une vidéo d'inspiration évangélique contre l'« islamisation de l'Europe ». Peter Turkson serait en effet « hanté par le déficit démographique européen et par la montée de l'islam sur le Vieux Continent »
🇨🇩 FRIDOLIN AMBONGO
Le cardinal Fridolin Ambongo présente un profil différent. Né en 1960 en RDC et archevêque de Kinshasa depuis 2018, il "s'est surtout fait un nom en raison de son engagement citoyen", devenant "le porte-parole d'une Église engagée contre la corruption, la pauvreté et l'instabilité politique." Nommé cardinal par François en 2019, il représente "une génération de prélats africains pleinement insérés dans le combat démocratique."
Le 18 décembre 2023, le Saint-Siège publie la déclaration pontificale Fiducia supplicans, par laquelle elle permet « de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe, sous une forme qui ne doit pas être fixée rituellement par les autorités ecclésiales, afin de ne pas créer de confusion avec la bénédiction propre au sacrement du mariage ». Fridolin Ambongo Besungu indique son désaccord dans un courrier du 20 décembre 2023 adressé au Pape. Le Vatican répond aux critiques le 4 janvier 2024, expliquant qu'il ne s'agit pas d'un « blasphème ». Le 11 janvier 2024 il s'adresse aux catholiques d'Afrique pour préciser sa position et l'accord reçu du pape pour reconnaître la situation de l'Afrique.
🇬🇳 ROBERT SARAH
Né en Guinée, Robert Sarah est nommé cardinal en 2001, et incarne l'aile traditionaliste. "Ferme face au régime de Sékou Touré, comme il l'a été récemment au sujet de la transition de Mamadi Doumbouya", il défend une vision conservatrice de l'Église, "favorable à la liturgie en latin, opposé à l'ordination des femmes, à l’islam, à l’immigration en Europe qu’il exulte de conserver son identité et ses racines, ou à toute évolution sur l'homosexualité." À près de 80 ans, il est soutenu par une frange ultra-conservatrice qui pourrait souhaiter un "effet de balancier" après le pontificat de François.
Ancien préfet de la Congrégation pour le Culte divin, figure marquante des milieux conservateurs, attaché à la tradition liturgique.
Nommé archevêque de Conakry en 1979 par Jean-Paul II, à seulement 34 ans, ce prélat originaire de la Guinée est un traditionaliste. Il avait été nommé cardinal en 2010 par Benoît XVI, puis à la tête de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements en 2014 par le pape François, dont il a démissionné en 2021. Un an plus tôt, il s'était retrouvé mêlé à une polémique après la sortie d'un livre défendant avec force le célibat des prêtres, thème brûlant de l'Église, cosigné avec le pape émérite Benoît XVI.
Robert Sarah tient des propos polémiques, tels que « Ce que le nazisme et le communisme étaient au xxe siècle, l’homosexualité occidentale et les idéologies abortives et le fanatisme islamique le sont aujourd’hui », déclare-t-il ainsi lors d’un synode en 2015.
En 2016, il déclare au Figaro : « Les statistiques montrent qu'il y aura dans un avenir très proche un grave déséquilibre culturel, religieux et démographique en Occident. Décadent, sans enfants, sans familles, l’Occident disparaîtra, noyé et éliminé par une population d'origine islamique. L'Occident a renié ses racines chrétiennes. Mais un arbre sans racines meurt »
« Certes, les flux migratoires ont toujours existé. Les mouvements actuels se distinguent en revanche par leur importance. […] Comment ces nations [africaines] vont-elles se développer si tant de travailleurs font le choix de l'exil ? Quelles sont ces étranges organisations humanitaires qui sillonnent l'Afrique pour pousser de jeunes hommes à la fuite en leur promettant des vies meilleures en Europe ? »
« L'Europe semble programmée pour s'autodétruire. […] Elle doute d'elle-même et a honte de son identité chrétienne. C'est ainsi qu'elle finit par attirer le mépris ». Mais il relève une évolution positive en Pologne, Hongrie, Slovaquie, Autriche et Italie.
Le 23 mai 2016, le cardinal Sarah, qui célèbre la messe selon le missel conciliaire de Paul VI, appelle une première fois les prêtres à célébrer ad orientem à partir de l'Avent suivant, c'est-à-dire tournés vers l'Orient, en étant « dos au peuple ».
🇬🇭 PETER TURKSON
Le Ghanéen Peter Turkson, né en 1948 et devenu archevêque de Cape Coast à 44 ans, apparaît comme une figure plus consensuelle. Décrit comme un "habile négociateur", il est "l'un des piliers de l'agenda social du pape François, notamment sur les questions de justice climatique, de migration ou de finance éthique." Jeune Afrique le présente comme une potentielle "troisième voie pouvant réconcilier les clans du Vatican", étant "ni doctrinaire ni révolutionnaire."
Le fait qu'il soit originaire des régions les plus dynamiques pour l'Église a de quoi également renforcer sa position.
Ce sont ses prises de position sur l'homosexualité qui ont suscité le plus de réactions à son encontre, à quelques semaines de la succession annoncée de Benoît XVI. La presse (notamment LGBT) lui reproche d'assimiler homosexualité et pédophilie.
Dans une interview de la journaliste Christiane Amanpour de CNN, le prélat avait ainsi estimé que si l'Afrique n'a pas été aussi durement touchée que l'Europe par le scandale pédophile au sein de l'Église catholique, c'est en raison « des traditions et de la culture africaines qui rejette l'homosexualité ».
Le cardinal s'est aussi illustré en diffusant, à deux reprises, une vidéo d'inspiration évangélique contre l'« islamisation de l'Europe ». Peter Turkson serait en effet « hanté par le déficit démographique européen et par la montée de l'islam sur le Vieux Continent »
🇨🇩 FRIDOLIN AMBONGO
Le cardinal Fridolin Ambongo présente un profil différent. Né en 1960 en RDC et archevêque de Kinshasa depuis 2018, il "s'est surtout fait un nom en raison de son engagement citoyen", devenant "le porte-parole d'une Église engagée contre la corruption, la pauvreté et l'instabilité politique." Nommé cardinal par François en 2019, il représente "une génération de prélats africains pleinement insérés dans le combat démocratique."
Le 18 décembre 2023, le Saint-Siège publie la déclaration pontificale Fiducia supplicans, par laquelle elle permet « de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe, sous une forme qui ne doit pas être fixée rituellement par les autorités ecclésiales, afin de ne pas créer de confusion avec la bénédiction propre au sacrement du mariage ». Fridolin Ambongo Besungu indique son désaccord dans un courrier du 20 décembre 2023 adressé au Pape. Le Vatican répond aux critiques le 4 janvier 2024, expliquant qu'il ne s'agit pas d'un « blasphème ». Le 11 janvier 2024 il s'adresse aux catholiques d'Afrique pour préciser sa position et l'accord reçu du pape pour reconnaître la situation de l'Afrique.
il y a un an
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