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Le Festin du Chevalier Aldric

En cette époque où les preux chevaliers parcouraient les royaumes en quête d’exploits, vivait Aldric de Vauquemare, noble guerrier dont la bravoure n’avait d’égal que son raffinement. Il chevauchait depuis l’aube, sa lame ayant pourfendu moult adversaires en l’honneur du roi. Or, les longues chevauchées éveillent un appétit féroce, et l’homme d’armes, harassé, fit halte dans une modeste auberge aux abords d’un bois.

L’aubergiste, un vieil homme au visage buriné par les ans, s’inclina profondément avant d’annoncer :

— Messire, notre cuisine n’égale point celle des banquets royaux, mais je puis vous offrir un mets rôtissant encore sur la broche : un poulet de nos fermes, doré à souhait et parfumé d’herbes des collines.

Aldric s’installa au coin du feu, observant la volaille dont la peau croustillante luisait sous la lueur des flammes. Lorsqu’enfin le plat lui fut servi, il prit un premier morceau et ferma les yeux, submergé par un délice inattendu.

— Par la sainte épée de Charlemagne… Mais quel banger ce poulet !

L’assemblée s’interrompit net. Les paysans, les servantes, même l’aubergiste en restèrent cois. Un silence pesant s’installa, vite dissipé par l’éclat de rire franc du chevalier.

— Point ne vous méprenez, braves gens ! Ce mets est un pur enchantement. Que l’on m’apporte vin et pain, car ce festin mérite célébration !

Ainsi, Aldric de Vauquemare festoya jusqu’à la nuit tombée, et l’on conte encore aujourd’hui dans cette contrée l’histoire du noble chevalier qui, pour un humble poulet rôti, trouva des mots dignes d’une épopée.

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il y a 2 ans