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:Priere:
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il y a 2 ans
Avec les moines bâtisseurs de Sainte-Marie-de-La-Garde
Les Bénédictins de Sainte-Marie-de-la-Garde ont entrepris le projet fou d'ériger une abbaye au XXIe siècle et dans les règles de l'art. Reportage à la rencontre de ces aventuriers de la foi.
Par Patricia de Sagazan
Publié le 27 octobre 2024 à 8h00 Mis à jour le 22 octobre 2024 à 15h15
Sainte-Marie-de-la-Garde. Le chantier de l'abbaye a débuté en mai 2023. Photo © SP/SAINTE-MARIE DE LA GARDE
Sainte-Marie-de-la-Garde. Le chantier de l'abbaye a débuté en mai 2023. Photo © SP/SAINTE-MARIE DE LA GARDE
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De notre envoyée spéciale à Saint-Pierre-de-Clairac (Lot-et-Garonne)

A LIRE
Dans les vignes du bon Dieu : le domaine viticole du Barroux
​Construire une abbaye au XXIe siècle, tel est le pari fou que se sont lancé les moines bénédictins de l’abbaye Sainte-Marie-de-la-Garde. À l’heure où le christianisme déserte les terres, eux retroussent les manches de leurs robes de bure, dans la lignée des moines bâtisseurs. La semaine dernière, la tempête Leslie a lessivé la région et mis au repos pour quelques jours les pelleteuses, faisant taire un temps le fracas du chantier commencé il y a un peu plus d’un an. Mais déjà, à l’ombre des cèdres, les fondations en granite sortent de terre autour du cloître à venir.

Bientôt, sur les hauteurs de Saint-Pierre-de-Clairac, dans le Lot-et-Garonne, se dressera une abbaye en pierre de taille, bâtie pour traverser les siècles, dans le pur style roman clunisien et façonnée grâce aux techniques ancestrales des Compagnons du devoir. Tailleurs de pierre, ferronniers, maîtres verriers, sculpteurs, charpentiers… mêleront leurs savoir-faire à celui d’entreprises locales engagées pour le gros œuvre. Le résultat de leur travail promet d’être somptueux : « Une abbaye doit avoir quelque chose d’éternel qui touche les cœurs et les âmes. Elle se doit d’être le reflet de la beauté de Dieu », assure dom Marc Guillot, père abbé de Sainte-Marie-de-la-Garde.

Cette audacieuse aventure a commencé en 2002, lorsque huit frères de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, dans le Vaucluse, sont envoyés dans le diocèse d’Agen pour y fonder une nouvelle communauté monastique, autonome depuis 2021. Sur ce terrain paisible et isolé, baigné par la grâce du silence, les frères ont dompté les herbes folles pour y planter un potager, un verger et quelque 400 noyers. Ils ont peu à peu rénové les corps de ferme aux abords d’une maison forte, y établissant un atelier de sandales monastiques et transformant l’ancienne bergerie en une chapelle dédiée à sainte Foy, petite martyre persécutée dont ils partagent les reliques avec la cathédrale d’Agen et l’abbatiale de Conques.

“Respirer l’air de Dieu”
A LIRE
Ardèche : les moines cisterciens vont définitivement quitter l’abbaye Notre-Dame-des-Neiges
​Sainte patronne de leur noviciat, elle est d’une efficacité redoutable pour faire fructifier les vocations. Deux moines âgés d’une vingtaine d’années viennent tout juste d’intégrer la communauté, portant désormais à 19 le nombre de frères et l’âge moyen autour de la quarantaine… Leur rayonnement attire les novices, portés par la promesse de la vie monacale d’étancher leur soif d’absolu, et de plus en plus de fidèles, séduits par le sacré de leur liturgie. Tant et si bien que la chapelle Sainte-Foy, malgré les renforts d’auvent et de baffle les beaux jours, peine à accueillir tous les dimanches les familles de plus en plus nombreuses.

​Les retraitants viennent y chercher un accompagnement spirituel, parfois seulement « respirer l’air de Dieu », bouffée d’oxygène dans nos vies corsetées, laisser les heures s’écouler au rythme des prières, s’imprégner de la joie contagieuse des moines, goûter à la quintessence de la vie chrétienne en suivant ce « précis de tout l’Évangile» que résume la règle de saint Benoît… « Les monastères sont des doigts silencieux dressés vers le Ciel. Le rappel obstiné qu’il existe un autre monde » , aimait à dire dom Gérard Calvet, fondateur et premier abbé du Barroux, abbaye elle-même construite dans les années 1980.

« Aucune n’est allouée à la construction du patrimoine de demain »
Au-delà du rayonnement spirituel, le projet fou des moines donne une « visibilité à [cette] petite commune rurale de 900 âmes, attire de nouvelles familles et fait travailler les entreprises locales », se réjouit Philippe Sofys, le maire divers droite de la bourgade, louant leur intégration : « Quelques frères sont même venus à la salle des fêtes lors de la cérémonie consacrée au gagnant de The Voice , natif de Saint-Pierre-de-Clairac », s’amuse l’édile.

Les travaux, commencés en mai 2023, devraient s’étaler sur une quinzaine d’années. Dans un premier temps, les trois ailes entourant le cloître seront érigées, abritant quelques cellules pour les frères, la salle du chapitre et un réfectoire qui fera office de chapelle intermédiaire, avant la construction de l’abbatiale, à partir de 2027, puis de l’hostellerie. Les moines avancent avec la prudence et la patience qu’exige le financement d’un tel projet chiffré, pour sa seule première phase, à quelque 10 millions d’euros. Et ils ne peuvent compter que sur la générosité de leurs donateurs… Pour les aider à recueillir les fonds manquants, les moines ont fait appel au général Stéphane Abrial, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air, désormais directeur du mécénat. « Si la restauration du patrimoine ancien bénéficie de subventions, aucune n’est allouée à la construction du patrimoine de demain. Quant aux entreprises, elles sont frileuses à financer des projets cultuels. Reste à dénicher des mécènes », détaille-t-il loin d’être affolé par sa mission : « le projet est tellement fou, que je ne pouvais que dire oui ! »
il y a 2 ans
Noob
Noob
2 ans
Avec les moines bâtisseurs de Sainte-Marie-de-La-Garde
Les Bénédictins de Sainte-Marie-de-la-Garde ont entrepris le projet fou d'ériger une abbaye au XXIe siècle et dans les règles de l'art. Reportage à la rencontre de ces aventuriers de la foi.
Par Patricia de Sagazan
Publié le 27 octobre 2024 à 8h00 Mis à jour le 22 octobre 2024 à 15h15
Sainte-Marie-de-la-Garde. Le chantier de l'abbaye a débuté en mai 2023. Photo © SP/SAINTE-MARIE DE LA GARDE
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Dans les vignes du bon Dieu : le domaine viticole du Barroux
​Construire une abbaye au XXIe siècle, tel est le pari fou que se sont lancé les moines bénédictins de l’abbaye Sainte-Marie-de-la-Garde. À l’heure où le christianisme déserte les terres, eux retroussent les manches de leurs robes de bure, dans la lignée des moines bâtisseurs. La semaine dernière, la tempête Leslie a lessivé la région et mis au repos pour quelques jours les pelleteuses, faisant taire un temps le fracas du chantier commencé il y a un peu plus d’un an. Mais déjà, à l’ombre des cèdres, les fondations en granite sortent de terre autour du cloître à venir.

Bientôt, sur les hauteurs de Saint-Pierre-de-Clairac, dans le Lot-et-Garonne, se dressera une abbaye en pierre de taille, bâtie pour traverser les siècles, dans le pur style roman clunisien et façonnée grâce aux techniques ancestrales des Compagnons du devoir. Tailleurs de pierre, ferronniers, maîtres verriers, sculpteurs, charpentiers… mêleront leurs savoir-faire à celui d’entreprises locales engagées pour le gros œuvre. Le résultat de leur travail promet d’être somptueux : « Une abbaye doit avoir quelque chose d’éternel qui touche les cœurs et les âmes. Elle se doit d’être le reflet de la beauté de Dieu », assure dom Marc Guillot, père abbé de Sainte-Marie-de-la-Garde.

Cette audacieuse aventure a commencé en 2002, lorsque huit frères de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, dans le Vaucluse, sont envoyés dans le diocèse d’Agen pour y fonder une nouvelle communauté monastique, autonome depuis 2021. Sur ce terrain paisible et isolé, baigné par la grâce du silence, les frères ont dompté les herbes folles pour y planter un potager, un verger et quelque 400 noyers. Ils ont peu à peu rénové les corps de ferme aux abords d’une maison forte, y établissant un atelier de sandales monastiques et transformant l’ancienne bergerie en une chapelle dédiée à sainte Foy, petite martyre persécutée dont ils partagent les reliques avec la cathédrale d’Agen et l’abbatiale de Conques.

“Respirer l’air de Dieu”
A LIRE
Ardèche : les moines cisterciens vont définitivement quitter l’abbaye Notre-Dame-des-Neiges
​Sainte patronne de leur noviciat, elle est d’une efficacité redoutable pour faire fructifier les vocations. Deux moines âgés d’une vingtaine d’années viennent tout juste d’intégrer la communauté, portant désormais à 19 le nombre de frères et l’âge moyen autour de la quarantaine… Leur rayonnement attire les novices, portés par la promesse de la vie monacale d’étancher leur soif d’absolu, et de plus en plus de fidèles, séduits par le sacré de leur liturgie. Tant et si bien que la chapelle Sainte-Foy, malgré les renforts d’auvent et de baffle les beaux jours, peine à accueillir tous les dimanches les familles de plus en plus nombreuses.

​Les retraitants viennent y chercher un accompagnement spirituel, parfois seulement « respirer l’air de Dieu », bouffée d’oxygène dans nos vies corsetées, laisser les heures s’écouler au rythme des prières, s’imprégner de la joie contagieuse des moines, goûter à la quintessence de la vie chrétienne en suivant ce « précis de tout l’Évangile» que résume la règle de saint Benoît… « Les monastères sont des doigts silencieux dressés vers le Ciel. Le rappel obstiné qu’il existe un autre monde » , aimait à dire dom Gérard Calvet, fondateur et premier abbé du Barroux, abbaye elle-même construite dans les années 1980.

« Aucune n’est allouée à la construction du patrimoine de demain »
Au-delà du rayonnement spirituel, le projet fou des moines donne une « visibilité à [cette] petite commune rurale de 900 âmes, attire de nouvelles familles et fait travailler les entreprises locales », se réjouit Philippe Sofys, le maire divers droite de la bourgade, louant leur intégration : « Quelques frères sont même venus à la salle des fêtes lors de la cérémonie consacrée au gagnant de The Voice , natif de Saint-Pierre-de-Clairac », s’amuse l’édile.

Les travaux, commencés en mai 2023, devraient s’étaler sur une quinzaine d’années. Dans un premier temps, les trois ailes entourant le cloître seront érigées, abritant quelques cellules pour les frères, la salle du chapitre et un réfectoire qui fera office de chapelle intermédiaire, avant la construction de l’abbatiale, à partir de 2027, puis de l’hostellerie. Les moines avancent avec la prudence et la patience qu’exige le financement d’un tel projet chiffré, pour sa seule première phase, à quelque 10 millions d’euros. Et ils ne peuvent compter que sur la générosité de leurs donateurs… Pour les aider à recueillir les fonds manquants, les moines ont fait appel au général Stéphane Abrial, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air, désormais directeur du mécénat. « Si la restauration du patrimoine ancien bénéficie de subventions, aucune n’est allouée à la construction du patrimoine de demain. Quant aux entreprises, elles sont frileuses à financer des projets cultuels. Reste à dénicher des mécènes », détaille-t-il loin d’être affolé par sa mission : « le projet est tellement fou, que je ne pouvais que dire oui ! »
Merci khey
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il y a 2 ans