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Le Pays Basque est mystérieux. Son climat particulièrement humide le rend propice à se voiler d’une brume épaisse. Plus haut, des nuages reviennent de l’est, là où sont les grosses montagnes. Il crachine sans vraiment pleuvoir, et, quand une averse s’intensifie soudainement, elle s’interrompt le moment d’après.

Grâce à cet arrosage permanent, la végétation est très dense. L’herbe possède ici un vert profond, presque obscur. Quand l’humidité est encore accrue par la présence d’un cours d’eau significatif, les sous-bois prennent l’aspect d’une jungle. Les fougères touffues s’entassent, la mousse recouvre les pierres, les troncs, les âmes, pendant qu’une armée de plantes avale la sente. Certaines branches incurvées accueillent des feuilles et du lichen étranger.

À force de se frotter aux fougères, les ourlets de mon pantalon absorbent l’humidité. Quand le tissu est saturé, les gouttes retombent à l’intérieur de mes chaussures. Petit à petit, mes chaussettes se trempent, et chaque pas me donne l’impression de marcher dans une flaque de boue. Pourtant, ça ne me décourage pas. Les nuages donnent incessamment une nouvelle silhouette aux collines noires que je devine à peine. Ça me laisse tout le loisir de les imaginer, de penser à tous les secrets cachés derrière elles. Le relief est de plus en plus haut, mais rien de ce qui m’attend ne m’est encore révélé. Je vois tout juste ce qu’il faut pour rêvasser : un monde plafonné à 600 mètres.

La météo m’offre une fenêtre au troisième jour : un ciel radieux. C’est au cours de l’étape qui sort du massif pour me faire cheminer sur les coteaux de Sare et d’Ainoha. Très beaux villages aux pieds desquels les collines meurent. Ce n’est pas encore la plaine à proprement parler, mais ce n’est pas la montagne non plus. Ce paysage est une mer agitée. De grandes vagues écumant des forêts, où naviguent des embarcations blanches à volets rouges. Aujourd’hui, je peux enfin voir les collines que mon esprit avait dessinées. Mais de loin, sans vraiment y être, comme un habitant du Labourd qui poserait ses yeux sur les hauteurs en se disant : « tiens, j’irais bien à la montagne ce week-end ! »



:zahi:
il y a 2 ans
:this_ent:
:badge_blackpill:
il y a 2 ans
Un récit de voyage, 2000km à pied
:zahi:
il y a 2 ans
Merci, je suppose
:zahi:
il y a 2 ans
Eussoudore
:zahi:
il y a 2 ans
Je l'ai écrit début 2023 et franchement le texte m'agace déjà. Je le trouve un peu convenu, légèrement lourd. Je me suis beaucoup amélioré depuis, je suppose
:zahi:
il y a 2 ans
Le Pays Basque est mystérieux. Son climat particulièrement humide le rend propice à se voiler d’une brume épaisse. Plus haut, des nuages reviennent de l’est, là où sont les grosses montagnes. Il crachine sans vraiment pleuvoir, et, quand une averse s’intensifie soudainement, elle s’interrompt le moment d’après.

Grâce à cet arrosage permanent, la végétation est très dense. L’herbe possède ici un vert profond, presque obscur. Quand l’humidité est encore accrue par la présence d’un cours d’eau significatif, les sous-bois prennent l’aspect d’une jungle. Les fougères touffues s’entassent, la mousse recouvre les pierres, les troncs, les âmes, pendant qu’une armée de plantes avale la sente. Certaines branches incurvées accueillent des feuilles et du lichen étranger.

À force de se frotter aux fougères, les ourlets de mon pantalon absorbent l’humidité. Quand le tissu est saturé, les gouttes retombent à l’intérieur de mes chaussures. Petit à petit, mes chaussettes se trempent, et chaque pas me donne l’impression de marcher dans une flaque de boue. Pourtant, ça ne me décourage pas. Les nuages donnent incessamment une nouvelle silhouette aux collines noires que je devine à peine. Ça me laisse tout le loisir de les imaginer, de penser à tous les secrets cachés derrière elles. Le relief est de plus en plus haut, mais rien de ce qui m’attend ne m’est encore révélé. Je vois tout juste ce qu’il faut pour rêvasser : un monde plafonné à 600 mètres.

La météo m’offre une fenêtre au troisième jour : un ciel radieux. C’est au cours de l’étape qui sort du massif pour me faire cheminer sur les coteaux de Sare et d’Ainoha. Très beaux villages aux pieds desquels les collines meurent. Ce n’est pas encore la plaine à proprement parler, mais ce n’est pas la montagne non plus. Ce paysage est une mer agitée. De grandes vagues écumant des forêts, où naviguent des embarcations blanches à volets rouges. Aujourd’hui, je peux enfin voir les collines que mon esprit avait dessinées. Mais de loin, sans vraiment y être, comme un habitant du Labourd qui poserait ses yeux sur les hauteurs en se disant : « tiens, j’irais bien à la montagne ce week-end ! »



:zahi:
Tu fais partis des mecs qu'on vois à la télé sur Arte qui sont payé pour référencer les nouvelles espèces d'animaux
:journal:


Le piston pour ce job c'est quoi ? image.noelshack.com https://image.noelshack.com[...]022/32/1/1659955935-3.png
il y a 2 ans
Des pauses, des pauses, des pauses ! Je ne fais que ça ! Mon corps n’est qu’un lâcheur. Il s’essouffle, il s’éteint, il flemmarde. C’est désespérant. Le pic de Munhoa est pourtant moins redoutable que celui d’hier à Iparla. Mais il est beaucoup plus long. Mon haleine ne tient pas 100 mètres. Je m’arrête. À tous les coins d’ombre, je m’arrête. J’évalue à chaque fois le dénivelé en moins qu’il me reste à faire. Même les retraités me dépassent. Courir avant de partir n’a servi à rien : ce n’est pas le même exercice.

En plus des micro-pauses, il faut rajouter les arrêts plus longs. Ceux qui régulent la fatigue générale. Ils durent parfois plusieurs heures, quand la chaleur est écrasante. Le Munhoa est encore loin. Je m’assoupis sous un grand arbre. Mais l’ombre tourne. Il faut en finir. Alors, je me démène comme un étudiant qui doit combattre les déterministes. Tâtonnant, le pas mal assuré, je marque des pauses. La sueur me vient aux tempes. Je n’ai pas l’air crédible. Ça ne convaincrait personne. L’athlète du premier jour me conseillerait de redescendre. Mais je me débats. Ce n’était pas si bête.

J’aperçois, sur le pâturage, un premier chardon bleu. C’est un signe qui m’annonce l’arrivée. Non : il m’annonce également la montagne. Elle approche, je le sens. Trois rapaces tournoient non loin du sommet. J’y arrive enfin. Pour le campement, un petit replat en contrebas fera l’affaire.

Je domine la vallée, et la montagne me domine : tout le monde est à sa place. À l’heure du repas, un jeune gars remonte la piste en direction du sommet. Ça me laisse perplexe :
- Salut. Tu vas sur le Munhoa à une heure pareille ?
- Ouais mec ! C’est la meilleure heure possible. Je vais me jeter en parapente pour le coucher du soleil.
- Oh la chance !
- Faut pas que je traîne.
- Profite bien !
Comme il commençait à faire froid, je suis rentré me glisser dans mon duvet. C’est à ce moment qu’une voix passe en hurlant juste au-dessus de moi. Ce fou ! Il rase le flanc de la colline ! J’imagine sans peine le panorama, l’adrénaline, le bonheur. C’est une belle journée, finalement. La tente m’isole bien. La randonnée aussi.

:zahi:
il y a 2 ans
Tu fais partis des mecs qu'on vois à la télé sur Arte qui sont payé pour référencer les nouvelles espèces d'animaux
:journal:


Le piston pour ce job c'est quoi ? image.noelshack.com https://image.noelshack.com[...]022/32/1/1659955935-3.png
Ah, non. Malheureusement, je fais la plonge moi
:zahi:
il y a 2 ans
:zahi:
il y a 2 ans
4 paragraphes et aucun sticker... T'as cru que j'avais que ça a foutre
:icant:
il y a 2 ans
FAKE
FAKE
2 ans
4 paragraphes et aucun sticker... T'as cru que j'avais que ça a foutre
:icant:
Zebi frérot tavu
:Motocoubeh:
il y a 2 ans