Sujet résolu
L'auteur a trouvé une solution à son problème.
Le roman est immense. Dans tous les sens du terme. On peut le décomposer en trois parties :
->La satire d’Adrien et de la Société des Nations
-> La séduction d’Ariane par Solal
->La déliquescence de leur relation.
La première partie est véritablement une satire sociale, un peu à la Conjuration des Imbéciles. Les personnages sont mis en dérision, la société bourgeoise est décortiquée. C’est très amusant et très bien fait, mais le cœur du texte n’est pas là.
Tout commence pour de bon lorsque Solal devient le personnage principal et qu’il arrive en tête à tête avec Ariane après avoir séduit puis évincé le mari. Il y a alors cette tirade légendaire qui est le point culminant de ce livre.
Solal présente un regard profondément désabusé sur les femmes et l’amour. En deux pages, le romantisme est balayé. Il élabore une nouvelle théorie de l’amour dans laquelle les femmes n’aiment en vérité pas les hautes qualités morales mais tout ce qui découle de la beauté physique et de la force.
- La culture ? Signe d’une forte position sociale.
- La bonne éducation ? Signe d’une famille dominante.
- La gentillesse ? Exécrable, inhérente à la soumission.
Pour Solal, les fins mots du romantisme ne servent qu’à maquiller cette pulsion bestiale qui pousse la femme à être séduite par l’homme le plus fort, le plus puissant, le plus dominant. Tout le romantisme ne sert qu’à enjoliver et donner de la noblesse à ce comportement animal. D’ailleurs, pour preuve, Solal s’était déguisé en vieil homme hideux en disant à Arianes des paroles sublimes, mais qui l’avaient dégoutée. Car le vieillard est laid, faible, inattractif et aucune valeur inhérente de son âme ou de son cœur ne pourrait affecter la femme.
Solal est évidement misogyne parce qu’il essentialise la femme et uniformise leur comportement. Mais il n’a pas non plus tort dans le sens où il a percé à jour le mécanisme d’un certain type de femmes : la bourgeoise mijaurée. Le genre d’Ariane qui jouent les pures, les inaccessibles, allant jusqu’à se duper elles-mêmes, alors qu’elles sont prêtes à toutes les pratiques sexuelles auprès de l’homme fort et dominant qui saura maquiller sa puissance.
Ce qui est intéressant, c’est que Solal est dégoûté de lui-même, de séduire ces femmes-là. Il avoue lui-même ne séduire que les plus mijaurée, les plus hautaines, les plus nobles en apparence, comme si elles étaient trop bien pour la chair. Et il se dégoûte, parce qu’il sait qu’il les séduit avec son statut, sa beauté, alors qu’il rêverait de les séduire pour ce qu’il est. Solal joue un rôle, le rôle que les femmes attendent de lui.
Face à Ariane, il expose un guide froid et mécanique de la manière dont il séduit les femmes, et, tout en le faisant, il applique du même coup les conseils qu’il expose. Ariane, ça lui tourne la tête. Comme les autres, elle tombe.
Il s’ensuit une passion chaotique qui se consume en un temps. Ensuite, Solal torture sa partenaire et se fait désirer d’une manière qui est devenu courante : il lui donne tantôt beaucoup d’amour et d’attentions, et il fait tantôt le mort en la faisant patienter. De cette façon, il y a une continuelle tension dans la relation. Ariane connaît des vagues de plaisir et de frustration qui la font tantôt adorer et désirer Solal sans que la passion ne se calme. Evidemment, elle en souffre.
Mais les deux aimants finissent par se rapprocher, l’ennui rapplique et Solal doit trouver des moyens toujours plus violents et toujours plus cruels d’instaurer du mouvement dans cette passion. Des fausses jalousies, de la brutalité, côtoyer d’autres femmes explicitement, l’humiliation sexuelle etc. Ariane n’est plus que son exclave, à la fin. Une femme dévouée, suppliant que son amant lui manifeste le moindre désir pour le satisfaire.
Il paraît que beaucoup de gens ont lu ce livre comme une sublime histoire d’amour, tourmentée, violente, refusant l’ordinaire. Ils ont été romantiquement touchés. Je les suspecte d’être eux-mêmes ces animaux attirés irrésistiblement par la force et le pouvoir. Solal dit même que c’est davantage l’essence de la force qu’ils cherchent que le partenaire en lui-même. Il y a une sorte d’adoration fanatique pour ce qui est fort, adoration ancrée profondément en l’homme, ayant pour origine notre nécessité de survie. Alors oui, ces lecteurs en font probablement partie s’ils sont romantiquement touchés par une telle histoire. Car cette histoire d’amour est horrible. Elle est toxique. La femme y est pure femme et l’homme pur homme. Deux personnages essentialisés de leur propre chef, jouant leur rôle pour combler la solitude. Retirez une dent à Solal ou bien son statut, et Ariane ne l’aime plus. Rendez Ariane accessible, sexuellement franche, et Solal ne l’aime plus.
Au contraire, Albert Cohen a voulu déconstruire l’amour.
C’est un roman qui s’inscrit dans la lignée de Madame Bovary. Chez Flaubert, le personnage d’Emma attend l’homme idéal romantique, ne le trouve pas, et se perd continuellement dans un avenir flou, avec mélancolie et insatisfaction.
Balzac a décrit la duchesse de Langeais, archétype de la coquette qui se laisse désirer, feint une ouverture amoureuse et charnelle avant de se refermer au moment fatidique pour être de nouveau désirée.
Ariane n’est ni coquette, puisqu’elle se donne, ni mélancolique, puisqu’elle trouve sa grande passion. Ariane, c’est la femme soumise, manipulée, humiliée.
Certes, son mari est médiocre comme Charles Bovary, et elle le trompe comme Emma. Mais aucun amant d’Emma n’a l’envergure de Solal. Solal est le centre du monde. Il fait partie des hommes les plus puissants de la planète. Beau et riche par-dessus le marché. L’archétype masculin des romans à la con pour pucelles si Albert Cohen ne lui avait pas donné un regard désabusé qui déconstruit tout et s’il n’y avait pas cette ambivalence dans le personnage qui admet jouer un rôle.
Flaubert nous révélait que l’amour idéal n’existe pas. Albert Cohen, lui, nous révèle qu’en prime, l’amour est une construction sociale et que son application peut être toxique. Pour obtenir de l’amour, Solal commet des vices et des cruautés. Et en effet, Ariane fait partie de ces femmes qui n’aiment qu’à cette condition. Car Adrien, car Charles Bovary, ce sont des hommes ordinaires qui procurent de l’ennui. Solal veut être celui dont on ne se lasse pas, et il va très loin pour cela.
J’ai envie de dire que Belle du Seigneur annonce Houellebecq. La théorie de Solal sera alors systématisée dans un marché de la séduction où la beauté et la force sont des valeurs cotées et où les plus faibles, les plus laids, les plus marginaux, sont mécaniquement laissés sur le carreau, subissant une véritable force coercitive à leur encontre.
->La satire d’Adrien et de la Société des Nations
-> La séduction d’Ariane par Solal
->La déliquescence de leur relation.
La première partie est véritablement une satire sociale, un peu à la Conjuration des Imbéciles. Les personnages sont mis en dérision, la société bourgeoise est décortiquée. C’est très amusant et très bien fait, mais le cœur du texte n’est pas là.
Tout commence pour de bon lorsque Solal devient le personnage principal et qu’il arrive en tête à tête avec Ariane après avoir séduit puis évincé le mari. Il y a alors cette tirade légendaire qui est le point culminant de ce livre.
Solal présente un regard profondément désabusé sur les femmes et l’amour. En deux pages, le romantisme est balayé. Il élabore une nouvelle théorie de l’amour dans laquelle les femmes n’aiment en vérité pas les hautes qualités morales mais tout ce qui découle de la beauté physique et de la force.
- La culture ? Signe d’une forte position sociale.
- La bonne éducation ? Signe d’une famille dominante.
- La gentillesse ? Exécrable, inhérente à la soumission.
Pour Solal, les fins mots du romantisme ne servent qu’à maquiller cette pulsion bestiale qui pousse la femme à être séduite par l’homme le plus fort, le plus puissant, le plus dominant. Tout le romantisme ne sert qu’à enjoliver et donner de la noblesse à ce comportement animal. D’ailleurs, pour preuve, Solal s’était déguisé en vieil homme hideux en disant à Arianes des paroles sublimes, mais qui l’avaient dégoutée. Car le vieillard est laid, faible, inattractif et aucune valeur inhérente de son âme ou de son cœur ne pourrait affecter la femme.
Solal est évidement misogyne parce qu’il essentialise la femme et uniformise leur comportement. Mais il n’a pas non plus tort dans le sens où il a percé à jour le mécanisme d’un certain type de femmes : la bourgeoise mijaurée. Le genre d’Ariane qui jouent les pures, les inaccessibles, allant jusqu’à se duper elles-mêmes, alors qu’elles sont prêtes à toutes les pratiques sexuelles auprès de l’homme fort et dominant qui saura maquiller sa puissance.
Ce qui est intéressant, c’est que Solal est dégoûté de lui-même, de séduire ces femmes-là. Il avoue lui-même ne séduire que les plus mijaurée, les plus hautaines, les plus nobles en apparence, comme si elles étaient trop bien pour la chair. Et il se dégoûte, parce qu’il sait qu’il les séduit avec son statut, sa beauté, alors qu’il rêverait de les séduire pour ce qu’il est. Solal joue un rôle, le rôle que les femmes attendent de lui.
Face à Ariane, il expose un guide froid et mécanique de la manière dont il séduit les femmes, et, tout en le faisant, il applique du même coup les conseils qu’il expose. Ariane, ça lui tourne la tête. Comme les autres, elle tombe.
Il s’ensuit une passion chaotique qui se consume en un temps. Ensuite, Solal torture sa partenaire et se fait désirer d’une manière qui est devenu courante : il lui donne tantôt beaucoup d’amour et d’attentions, et il fait tantôt le mort en la faisant patienter. De cette façon, il y a une continuelle tension dans la relation. Ariane connaît des vagues de plaisir et de frustration qui la font tantôt adorer et désirer Solal sans que la passion ne se calme. Evidemment, elle en souffre.
Mais les deux aimants finissent par se rapprocher, l’ennui rapplique et Solal doit trouver des moyens toujours plus violents et toujours plus cruels d’instaurer du mouvement dans cette passion. Des fausses jalousies, de la brutalité, côtoyer d’autres femmes explicitement, l’humiliation sexuelle etc. Ariane n’est plus que son exclave, à la fin. Une femme dévouée, suppliant que son amant lui manifeste le moindre désir pour le satisfaire.
Il paraît que beaucoup de gens ont lu ce livre comme une sublime histoire d’amour, tourmentée, violente, refusant l’ordinaire. Ils ont été romantiquement touchés. Je les suspecte d’être eux-mêmes ces animaux attirés irrésistiblement par la force et le pouvoir. Solal dit même que c’est davantage l’essence de la force qu’ils cherchent que le partenaire en lui-même. Il y a une sorte d’adoration fanatique pour ce qui est fort, adoration ancrée profondément en l’homme, ayant pour origine notre nécessité de survie. Alors oui, ces lecteurs en font probablement partie s’ils sont romantiquement touchés par une telle histoire. Car cette histoire d’amour est horrible. Elle est toxique. La femme y est pure femme et l’homme pur homme. Deux personnages essentialisés de leur propre chef, jouant leur rôle pour combler la solitude. Retirez une dent à Solal ou bien son statut, et Ariane ne l’aime plus. Rendez Ariane accessible, sexuellement franche, et Solal ne l’aime plus.
Au contraire, Albert Cohen a voulu déconstruire l’amour.
C’est un roman qui s’inscrit dans la lignée de Madame Bovary. Chez Flaubert, le personnage d’Emma attend l’homme idéal romantique, ne le trouve pas, et se perd continuellement dans un avenir flou, avec mélancolie et insatisfaction.
Balzac a décrit la duchesse de Langeais, archétype de la coquette qui se laisse désirer, feint une ouverture amoureuse et charnelle avant de se refermer au moment fatidique pour être de nouveau désirée.
Ariane n’est ni coquette, puisqu’elle se donne, ni mélancolique, puisqu’elle trouve sa grande passion. Ariane, c’est la femme soumise, manipulée, humiliée.
Certes, son mari est médiocre comme Charles Bovary, et elle le trompe comme Emma. Mais aucun amant d’Emma n’a l’envergure de Solal. Solal est le centre du monde. Il fait partie des hommes les plus puissants de la planète. Beau et riche par-dessus le marché. L’archétype masculin des romans à la con pour pucelles si Albert Cohen ne lui avait pas donné un regard désabusé qui déconstruit tout et s’il n’y avait pas cette ambivalence dans le personnage qui admet jouer un rôle.
Flaubert nous révélait que l’amour idéal n’existe pas. Albert Cohen, lui, nous révèle qu’en prime, l’amour est une construction sociale et que son application peut être toxique. Pour obtenir de l’amour, Solal commet des vices et des cruautés. Et en effet, Ariane fait partie de ces femmes qui n’aiment qu’à cette condition. Car Adrien, car Charles Bovary, ce sont des hommes ordinaires qui procurent de l’ennui. Solal veut être celui dont on ne se lasse pas, et il va très loin pour cela.
J’ai envie de dire que Belle du Seigneur annonce Houellebecq. La théorie de Solal sera alors systématisée dans un marché de la séduction où la beauté et la force sont des valeurs cotées et où les plus faibles, les plus laids, les plus marginaux, sont mécaniquement laissés sur le carreau, subissant une véritable force coercitive à leur encontre.
il y a 2 ans
Sponsorisé
Connectez-vous pour masquer les pubsOui, et il en fait une véritable femme soumise qui s'adonne aux pratiques les plus humiliantes
il y a 2 ans
Résumé : 900 pages pour dire que les femmes sont des salopes hypergames et qu'elle ne se haussent que dans la vue de sucer une plus grosse bite, d'un mec plus riche, plus dominant
il y a 2 ans
Bref une redpill étalée sur 1000 pages pour que les glossateurs puissent trouver un sujet de discussions lors d'une soirée, d'un dîner mondain écrit par un sale youpin de merde
il y a 2 ans
Résumé : 900 pages pour dire que les femmes sont des salopes hypergames et qu'elle ne se haussent que dans la vue de sucer une plus grosse bite, d'un mec plus riche, plus dominant
" Les femmes " non, seulement les bourgeoises d'un certain type
" Que des femmes " Non, Albert Cohen aborde le sujet de la politique internationale, de l'émergence du nazisme, de l'identité juive, de l'hypocrisie sociale, de la passion, de l'ennui, de la bureaucratisation mais également de l'identité interne avec ces chapitres en flux de conscience parfaitement remarquables
" Que des femmes " Non, Albert Cohen aborde le sujet de la politique internationale, de l'émergence du nazisme, de l'identité juive, de l'hypocrisie sociale, de la passion, de l'ennui, de la bureaucratisation mais également de l'identité interne avec ces chapitres en flux de conscience parfaitement remarquables
il y a 2 ans
Bref une redpill étalée sur 1000 pages pour que les glossateurs puissent trouver un sujet de discussions lors d'une soirée, d'un dîner mondain écrit par un sale youpin de merde
Si tu avais lu l'ouvrage, sale arabe, tu aurais constaté que Cohen fait justement la satire de la mondanité, de tous ces personnages qui préparent à l'avance leur sujet de conversation sur du Bach et du Proust en apprenant des citations par coeur pour faire bon genre. Cohen décortique ce phénomène et s'en moque avec joie
il y a 2 ans
" Les femmes " non, seulement les bourgeoises d'un certain type
" Que des femmes " Non, Albert Cohen aborde le sujet de la politique internationale, de l'émergence du nazisme, de l'identité juive, de l'hypocrisie sociale, de la passion, de l'ennui, de la bureaucratisation mais également de l'identité interne avec ces chapitres en flux de conscience parfaitement remarquables
" Que des femmes " Non, Albert Cohen aborde le sujet de la politique internationale, de l'émergence du nazisme, de l'identité juive, de l'hypocrisie sociale, de la passion, de l'ennui, de la bureaucratisation mais également de l'identité interne avec ces chapitres en flux de conscience parfaitement remarquables
Ce qui justifie ma foi, les 899 autres pages
il y a 2 ans
Sponsorisé
Connectez-vous pour masquer les pubsSi tu avais lu l'ouvrage, sale arabe, tu aurais constaté que Cohen fait justement la satire de la mondanité, de tous ces personnages qui préparent à l'avance leur sujet de conversation sur du Bach et du Proust en apprenant des citations par coeur pour faire bon genre. Cohen décortique ce phénomène et s'en moque avec joie
898 pages, tu avance mon grand, a quand l'édition ?
il y a 2 ans
898 pages, tu avance mon grand, a quand l'édition ?
Tu as 400 premières pages sur la déconstruction de la bourgeoisie, sur la satire de la SDN, de ses membres, son fonctionnement, jamais ailleurs tu ne verras une organisation internationale aussi bien décrite.
400 pages de redpill / passion amoureuse
Et 400 pages sur l'inévitable chute de la passion vers l'ennui
Après c'est sûr, c'est pas un manga
400 pages de redpill / passion amoureuse
Et 400 pages sur l'inévitable chute de la passion vers l'ennui
Après c'est sûr, c'est pas un manga
il y a 2 ans
Tu as 400 premières pages sur la déconstruction de la bourgeoisie, sur la satire de la SDN, de ses membres, son fonctionnement, jamais ailleurs tu ne verras une organisation internationale aussi bien décrite.
400 pages de redpill / passion amoureuse
Et 400 pages sur l'inévitable chute de la passion vers l'ennui
Après c'est sûr, c'est pas un manga
400 pages de redpill / passion amoureuse
Et 400 pages sur l'inévitable chute de la passion vers l'ennui
Après c'est sûr, c'est pas un manga
897 pages déjà, toi tu a décidé de construire ta critique sur la romance sans même en avoir perçu le sous jacent, peut être une introduction pour la prochaine page ?
il y a 2 ans
897 pages déjà, toi tu a décidé de construire ta critique sur la romance sans même en avoir perçu le sous jacent, peut être une introduction pour la prochaine page ?
Je te feed car tu me up, hein, au cas où
il y a 2 ans
Je te feed car tu me up, hein, au cas où
Je te feed car ça me permet de tailler les idiots comme toi, t'humilier intellectuellement me donne un plaisir incommensurable mon petit eussoudore
il y a 2 ans










