Sujet résolu
L'auteur a trouvé une solution à son problème.
Petit contexte : J'ai choppé le COVID en 2020. Alors que j'étais très proche des 39° de fièvre, j'ai décidé d'écrire une mini histoire. C'est la première fois que j'écrivais quelque chose d'aussi long et le fait d'être malade et fiévreux me faisait imaginer un peu n'importe quoi.
Du coup, je ne sais pas si ça vous plaira, ou même si je vais tout simplement bider. Je précise qu'il ne s'agit pas d'une risific ou je ne sais quoi, ni même d'une fic à choix multiples. Donc, il n'y aura aucun sticker vu qu'elle se veut un minimum sérieuse. C'est bêtement le partage d'une histoire que j'ai écrite il y a un peu plus de 2 ans.
Bonne lecture à ceux qui la liront, et tant pis si je bide.
= = = = = = = = = = = = = = = == = = = = = = == = =
L’enfant et le Monsieur.
Cette histoire se déroule tout juste après la réouverture des écoles en septembre 2020. Je venais d'obtenir un contrat à temps partiel dans un collège de mon village en tant que technicien de surface. Ce n’était pas ce qui me plaisait le plus, mais au moins, ça me permettrait d'obtenir un peu plus de revenus et de pouvoir aider au financement des soins de mon père. Celui-ci était actuellement logé dans une maison de retraite de la région suite à une grave dépression et à la mort récente de ma mère.
Lors de mon premier jour, durant la récréation du matin, on m'avait ordonné de sortir les poubelles et de les ranger au fond de la cour. Au niveau d'un endroit où plusieurs bennes étaient stockées. C'était bien sûr sécurisé par un énorme grillage afin d'éviter que les enfants aillent jouer trop proche des ordures. Alors que je mettais la dernière poubelle dans la benne, je fus interpellé par un enfant de l'autre côté du grillage.
"Monsieur. Puis-je vous poser une question ?",me demanda-t-il d'une voix très calme.
Je me rappelle m'être retourné vers lui. La première chose que j'avais remarqué c'était que c'était le seul enfant que j'avais vu depuis le matin ne portant pas de masque de protection.
"Qu'y a-t-il ? Je peux t'aider ?", lui dis-je en le regardant. Il était habillé différemment des autres. Ses vêtements semblaient plus vieux et plus sales que ceux des autres élèves. Venait-il d'une famille pauvre ? Cela pourrait expliquer le fait qu'il ne portait pas de masque ...
"Pourquoi tous les élèves ont des masques, monsieur ?" me demanda-t-il de nouveau avec une voix qui semblait si calme et triste.
"Tu n'es pas au courant ? Tu es obligé de porter un masque à cause de la crise sanitaire actuelle. Où est le tien d'ailleurs ? Tes parents ne t'en ont pas donné un ?"
Il regarda le sol. Il semblait légèrement perdu, comme s’il ne savait pas vraiment où il était. C'était la première fois que je voyais un enfant comme lui.
"Je n'ai pas de masque, monsieur."
"Je peux aller t'en chercher un. Tu m'attends ici ? Je reviens vite."
"Je veux bien, monsieur."
Je me souviens l'avoir laissé devant le local à poubelle, je ne voulais pas prendre le risque de l'amener avec moi à l'intérieur s’il ne possédait pas de masque. Je me rendis donc au niveau du secrétariat du collège et empruntai un masque.
"Merci. Vous savez pourquoi il y a des enfants qui n'ont pas de masque ? Ce n'est pas censé être encadré et surveillé ? Je viens d'en croiser un dans la cour qui n'en portait pas et qui m'a même demandé pourquoi les autres en portaient ...", demandai-je à la secrétaire de l'établissement.
"Si, évidemment. Tous les enseignants de l'établissement ont une boîte de masques comme celle-ci qu'ils peuvent fournir à leurs élèves si ceux-ci ne se présentent pas en classe avec un masque. Pourriez-vous demander à l'élève son nom et sa classe une fois que vous lui aurez donné le masque afin que nous contactions l'enseignant en question ?"
"D'accord. Je pense aussi qu'il est important de savoir pourquoi cet élève n'avait pas de masque."
Je rejoignis l'arrière-cour le plus vite possible, là où j'avais demandé à l'enfant de m'attendre. Cependant, une fois arrivé sur place, il n'était plus là. Je demandais aux enfants à proximité s'ils n'avaient pas vu un enfant aux vêtements sales sans masque dans le coin. Toutes les réponses furent négatives.
Plusieurs semaines passèrent sans que je ne revis plus jamais cet enfant. Je finis même par oublier cette histoire à travers mon quotidien redondant de technicien de surface.
On était maintenant début automne, les nuits commencèrent à tomber bien plus tôt et plus rapidement que les premiers jours où j'avais commencé à travailler. Alors que la journée arrivait à sa fin, on me demanda si je pouvais ramener les poubelles de la cour dans le local à poubelle du gymnase du collège afin qu'ils puissent faire des travaux dans l'arrière-cour le lendemain.
Épuisé et plutôt mécontent du fait qu'on me demandait une telle tâche en fin de journée, je m'y attelai sans plus tarder. Je ramenai les trois poubelles à l'entrée du gymnase en une petite dizaine de minutes.
Entre-temps, le soleil avait déjà commencé à se coucher et quasiment plus personne n'était dans le périmètre. J'ouvris les portes du gymnase et rentrai les poubelles une à une à l'intérieur. Par chance, le gymnase disposait d'un éclairage assez performant ce qui permettait de se sentir moins oppressé par l'obscurité. Ce n’est pas que j'avais peur, mais disons que je me sentais bien plus rassuré une fois à l'intérieur du gymnase plutôt qu'à l'extérieur. Depuis un mois, il m'était arrivé plusieurs fois de devoir travailler dans le gymnase, je commençais donc à le connaître plus ou moins. Il y avait un énorme couloir principal en T avec deux vestiaires de chaque côté, un pour les filles, et un autre pour les garçons. Au fond à gauche on avait l'entrée qui menait à la salle principale, là où se déroulaient généralement les cours de sport. Au fond du couloir, en face de l'entrée nous avions les douches et au fond à droite, se trouvait le local aux poubelles, mon objectif final de cette journée.
Je continuai d'emmener les poubelles avec moi en les faisant traîner tout le long du couloir. Le bruit des roulettes résonnait assez fort dans le silence pesant du lieu. Une fois arrivé au tournant, l'éclairage clignota un court instant. Je n'y fis pas attention et m'arrêtai devant le local afin de trouver la bonne clé pour ouvrir la porte. Soudainement, j'entendis une porte claquée assez violemment. Je me rendis vite dans le couloir principal afin de voir si quelqu'un venait de rentrer dans le gymnase, mais je ne vis absolument personne.
Du coup, je ne sais pas si ça vous plaira, ou même si je vais tout simplement bider. Je précise qu'il ne s'agit pas d'une risific ou je ne sais quoi, ni même d'une fic à choix multiples. Donc, il n'y aura aucun sticker vu qu'elle se veut un minimum sérieuse. C'est bêtement le partage d'une histoire que j'ai écrite il y a un peu plus de 2 ans.
Bonne lecture à ceux qui la liront, et tant pis si je bide.
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L’enfant et le Monsieur.
Cette histoire se déroule tout juste après la réouverture des écoles en septembre 2020. Je venais d'obtenir un contrat à temps partiel dans un collège de mon village en tant que technicien de surface. Ce n’était pas ce qui me plaisait le plus, mais au moins, ça me permettrait d'obtenir un peu plus de revenus et de pouvoir aider au financement des soins de mon père. Celui-ci était actuellement logé dans une maison de retraite de la région suite à une grave dépression et à la mort récente de ma mère.
Lors de mon premier jour, durant la récréation du matin, on m'avait ordonné de sortir les poubelles et de les ranger au fond de la cour. Au niveau d'un endroit où plusieurs bennes étaient stockées. C'était bien sûr sécurisé par un énorme grillage afin d'éviter que les enfants aillent jouer trop proche des ordures. Alors que je mettais la dernière poubelle dans la benne, je fus interpellé par un enfant de l'autre côté du grillage.
"Monsieur. Puis-je vous poser une question ?",me demanda-t-il d'une voix très calme.
Je me rappelle m'être retourné vers lui. La première chose que j'avais remarqué c'était que c'était le seul enfant que j'avais vu depuis le matin ne portant pas de masque de protection.
"Qu'y a-t-il ? Je peux t'aider ?", lui dis-je en le regardant. Il était habillé différemment des autres. Ses vêtements semblaient plus vieux et plus sales que ceux des autres élèves. Venait-il d'une famille pauvre ? Cela pourrait expliquer le fait qu'il ne portait pas de masque ...
"Pourquoi tous les élèves ont des masques, monsieur ?" me demanda-t-il de nouveau avec une voix qui semblait si calme et triste.
"Tu n'es pas au courant ? Tu es obligé de porter un masque à cause de la crise sanitaire actuelle. Où est le tien d'ailleurs ? Tes parents ne t'en ont pas donné un ?"
Il regarda le sol. Il semblait légèrement perdu, comme s’il ne savait pas vraiment où il était. C'était la première fois que je voyais un enfant comme lui.
"Je n'ai pas de masque, monsieur."
"Je peux aller t'en chercher un. Tu m'attends ici ? Je reviens vite."
"Je veux bien, monsieur."
Je me souviens l'avoir laissé devant le local à poubelle, je ne voulais pas prendre le risque de l'amener avec moi à l'intérieur s’il ne possédait pas de masque. Je me rendis donc au niveau du secrétariat du collège et empruntai un masque.
"Merci. Vous savez pourquoi il y a des enfants qui n'ont pas de masque ? Ce n'est pas censé être encadré et surveillé ? Je viens d'en croiser un dans la cour qui n'en portait pas et qui m'a même demandé pourquoi les autres en portaient ...", demandai-je à la secrétaire de l'établissement.
"Si, évidemment. Tous les enseignants de l'établissement ont une boîte de masques comme celle-ci qu'ils peuvent fournir à leurs élèves si ceux-ci ne se présentent pas en classe avec un masque. Pourriez-vous demander à l'élève son nom et sa classe une fois que vous lui aurez donné le masque afin que nous contactions l'enseignant en question ?"
"D'accord. Je pense aussi qu'il est important de savoir pourquoi cet élève n'avait pas de masque."
Je rejoignis l'arrière-cour le plus vite possible, là où j'avais demandé à l'enfant de m'attendre. Cependant, une fois arrivé sur place, il n'était plus là. Je demandais aux enfants à proximité s'ils n'avaient pas vu un enfant aux vêtements sales sans masque dans le coin. Toutes les réponses furent négatives.
Plusieurs semaines passèrent sans que je ne revis plus jamais cet enfant. Je finis même par oublier cette histoire à travers mon quotidien redondant de technicien de surface.
On était maintenant début automne, les nuits commencèrent à tomber bien plus tôt et plus rapidement que les premiers jours où j'avais commencé à travailler. Alors que la journée arrivait à sa fin, on me demanda si je pouvais ramener les poubelles de la cour dans le local à poubelle du gymnase du collège afin qu'ils puissent faire des travaux dans l'arrière-cour le lendemain.
Épuisé et plutôt mécontent du fait qu'on me demandait une telle tâche en fin de journée, je m'y attelai sans plus tarder. Je ramenai les trois poubelles à l'entrée du gymnase en une petite dizaine de minutes.
Entre-temps, le soleil avait déjà commencé à se coucher et quasiment plus personne n'était dans le périmètre. J'ouvris les portes du gymnase et rentrai les poubelles une à une à l'intérieur. Par chance, le gymnase disposait d'un éclairage assez performant ce qui permettait de se sentir moins oppressé par l'obscurité. Ce n’est pas que j'avais peur, mais disons que je me sentais bien plus rassuré une fois à l'intérieur du gymnase plutôt qu'à l'extérieur. Depuis un mois, il m'était arrivé plusieurs fois de devoir travailler dans le gymnase, je commençais donc à le connaître plus ou moins. Il y avait un énorme couloir principal en T avec deux vestiaires de chaque côté, un pour les filles, et un autre pour les garçons. Au fond à gauche on avait l'entrée qui menait à la salle principale, là où se déroulaient généralement les cours de sport. Au fond du couloir, en face de l'entrée nous avions les douches et au fond à droite, se trouvait le local aux poubelles, mon objectif final de cette journée.
Je continuai d'emmener les poubelles avec moi en les faisant traîner tout le long du couloir. Le bruit des roulettes résonnait assez fort dans le silence pesant du lieu. Une fois arrivé au tournant, l'éclairage clignota un court instant. Je n'y fis pas attention et m'arrêtai devant le local afin de trouver la bonne clé pour ouvrir la porte. Soudainement, j'entendis une porte claquée assez violemment. Je me rendis vite dans le couloir principal afin de voir si quelqu'un venait de rentrer dans le gymnase, mais je ne vis absolument personne.
il y a 3 ans
Sponsorisé
Connectez-vous pour masquer les pubs"Il y a quelqu'un ? Montrez-vous !" criai-je d'une voix assez forte afin qu’une personne se cachant dans les vestiaires puisse m’entendre.
Je n'eus cependant aucune réponse à mon appel. Je me retournai vers le local à poubelles, j'ouvris la porte et y déposai les trois nouvelles poubelles. Le local disposait déjà de plusieurs bennes et de poubelles. L'odeur des détritus commençait à légèrement me monter à la tête. Alors que j'étais en train de ranger la dernière poubelle, j'eus l'impression d'être observé. Je me retournai brusquement mais une nouvelle fois je n'eus personne en face de moi.
Je me massai les yeux et la tête.
"Quel métier ! La fatigue commence à réellement me rendre parano."
"Monsieur, vous allez bien ?"
Je restai tétanisé. Cette voix. C'était l'enfant de l'autre fois ... Il était en face de moi.
"Que ... fais-tu ici ? Tu n'es pas rentré chez toi ?"
"C'est ici que je vis, monsieur."
"Comment ça ?"
"Vous voulez voir ?"
"Tu vis ... dans les poubelles ?", je le regardai une nouvelle fois. Il était habillé de la même façon qu'avant. Il avait un vieux t-shirt blanc et un short assez fin. On aurait dit qu'il était habillé comme s’il venait d'avoir cours de sport.
"Non, Monsieur. Je vis en dessous."
Ne comprenant pas ce qu'il voulait dire sur le coup, je le questionnai sur son accoutrement.
"Tu viens d'avoir cours de sport et tu es resté enfermé dans le gymnase ? Viens avec moi. Je vais t'ouvrir la porte. Tu veux que j'appelle tes parents ?"
"Non, Monsieur. Vous ne comprenez pas. Personne ne me comprend. Et surtout pas toi."
Sa dernière phrase fut bien plus grave et violente que les premières. Lui qui avait l'habitude de parler si calmement. Je ne comprenais pas ce qui était en train de se passer. Que me voulait-il ? Pourquoi "surtout pas toi" ? Que voulait-il dire par là ?
"Je ne comprends pas. Peux-tu m'expliquer ?", lui demandai-je très calmement. Je ne voulais surtout pas l'énerver. Cela pouvait beau être un enfant, je ne voulais pas le blesser ni faire en sorte qu'il ait des problèmes à cause de moi."
"Tu t'appelles Michel Duperrond, comme le professeur de sport de ce collège il y a 30 ans. Ne mens pas ou tu le regretteras."
"Oui ... C'est bien cela ... Mon père a travaillé un an ici en tant que professeur. Il a cependant été viré à cause d'un manquement professionnel de sa part et d'une mauvaise décision."
"Sais-tu ce qu'il a fait exactement ?" dit-il d'une voix encore plus grave que précédemment.
"Je ne sais pas ... j'étais jeune ... je n’avais que 5 ans à l'époque ... Tout ce que je sais c'est qu'il a été profondément mal après ... Il n'était plus le même.", mon stress augmentait au fur et à mesure de la discussion. Je ne pouvais pas m'échapper. Il se trouvait en face de moi, en plein milieu de l'encadrement de la porte. Je ne pouvais pas non plus le forcer à bouger. Ce n’était qu'un enfant, et je n'avais jamais fait de mal à personne. C'était clairement au-dessus de mes forces ... Des larmes commencèrent à couler sur mes joues.
"Ton père m'a assassiné dans ce local. Juste là où tu te trouves. Il m'a donné un coup de poing et ma tête est tombée sur le tuyau qui se trouve derrière toi. Il a ensuite caché mon corps dans le sous-sol qui se trouve sous la benne à ta droite.", m'expliqua-t-il d'une voix plus calme mais toujours aussi terrifiante. Mon esprit était perturbé par ce qui était en train de se dérouler depuis maintenant quelques minutes. Étais-je en train de rêver ?
"Que veux-tu de moi ?" dis-je d'une voix tremblante.
"Tu sais, Monsieur Duperrond. Ton père m'a pris tout ce que j'avais. Il n'y a qu'une seule façon de rendre tout ça équitablement maintenant. " Son énorme sourire me parut entièrement diabolique ... Il était si terrifiant.
La lumière s'éteignit soudainement, plongeant l'endroit dans une obscurité inouïe. Son rire retentissait dans tout le bâtiment. Je courais le plus vite possible en direction de la porte de sortie même si je voyais à peine où je mettais les pieds. J'entendis toutes les portes du couloir s'ouvrir et claquer en boucle. Une fois arrivé devant la porte des deux vestiaires, les lumières s'allumèrent soudainement. L'enfant se trouvait tout juste en face de moi, à peine quelques mètres nous séparant tous les deux.
"Monsieur Duperrond." me lança-t-il d'une voix démoniaque.
"MAIS QUE ME VEUX-TU ! JE N'AI RIEN FAIT ! JE M'EN VEUX ! JE REGRETTE ! PARDONNE-MOI !" criai-je en sanglots.
"Monsieur Duperrond ! Monsieur ! Vous devez vraiment prendre vos médicaments ! C'est l'heure !"
Je me réveillai dans un fauteuil. Il était plutôt tard. J'étais en sanglots. Une infirmière se trouvait à côté de moi.
"Où suis-je ?"
"Vous êtes dans une maison de retraite. Vous vous souvenez ?"
"Mais, je n'ai que 35 ans ?"
"Ah ... Vous vous prenez encore pour votre fils décédé ?"
"Comment ça ?"
"Vous avez Alzheimer. Vous êtes Jacques Duperrond, 65 ans. Votre fils, Michel, est mort d'un accident de la route avec votre épouse il y a un peu plus d'un an. Je suis désolée de vous l'annoncer une nouvelle fois. Je vous présente de nouveau mes plus sincères condoléances, Monsieur Dupperond.”
Fin.
Je n'eus cependant aucune réponse à mon appel. Je me retournai vers le local à poubelles, j'ouvris la porte et y déposai les trois nouvelles poubelles. Le local disposait déjà de plusieurs bennes et de poubelles. L'odeur des détritus commençait à légèrement me monter à la tête. Alors que j'étais en train de ranger la dernière poubelle, j'eus l'impression d'être observé. Je me retournai brusquement mais une nouvelle fois je n'eus personne en face de moi.
Je me massai les yeux et la tête.
"Quel métier ! La fatigue commence à réellement me rendre parano."
"Monsieur, vous allez bien ?"
Je restai tétanisé. Cette voix. C'était l'enfant de l'autre fois ... Il était en face de moi.
"Que ... fais-tu ici ? Tu n'es pas rentré chez toi ?"
"C'est ici que je vis, monsieur."
"Comment ça ?"
"Vous voulez voir ?"
"Tu vis ... dans les poubelles ?", je le regardai une nouvelle fois. Il était habillé de la même façon qu'avant. Il avait un vieux t-shirt blanc et un short assez fin. On aurait dit qu'il était habillé comme s’il venait d'avoir cours de sport.
"Non, Monsieur. Je vis en dessous."
Ne comprenant pas ce qu'il voulait dire sur le coup, je le questionnai sur son accoutrement.
"Tu viens d'avoir cours de sport et tu es resté enfermé dans le gymnase ? Viens avec moi. Je vais t'ouvrir la porte. Tu veux que j'appelle tes parents ?"
"Non, Monsieur. Vous ne comprenez pas. Personne ne me comprend. Et surtout pas toi."
Sa dernière phrase fut bien plus grave et violente que les premières. Lui qui avait l'habitude de parler si calmement. Je ne comprenais pas ce qui était en train de se passer. Que me voulait-il ? Pourquoi "surtout pas toi" ? Que voulait-il dire par là ?
"Je ne comprends pas. Peux-tu m'expliquer ?", lui demandai-je très calmement. Je ne voulais surtout pas l'énerver. Cela pouvait beau être un enfant, je ne voulais pas le blesser ni faire en sorte qu'il ait des problèmes à cause de moi."
"Tu t'appelles Michel Duperrond, comme le professeur de sport de ce collège il y a 30 ans. Ne mens pas ou tu le regretteras."
"Oui ... C'est bien cela ... Mon père a travaillé un an ici en tant que professeur. Il a cependant été viré à cause d'un manquement professionnel de sa part et d'une mauvaise décision."
"Sais-tu ce qu'il a fait exactement ?" dit-il d'une voix encore plus grave que précédemment.
"Je ne sais pas ... j'étais jeune ... je n’avais que 5 ans à l'époque ... Tout ce que je sais c'est qu'il a été profondément mal après ... Il n'était plus le même.", mon stress augmentait au fur et à mesure de la discussion. Je ne pouvais pas m'échapper. Il se trouvait en face de moi, en plein milieu de l'encadrement de la porte. Je ne pouvais pas non plus le forcer à bouger. Ce n’était qu'un enfant, et je n'avais jamais fait de mal à personne. C'était clairement au-dessus de mes forces ... Des larmes commencèrent à couler sur mes joues.
"Ton père m'a assassiné dans ce local. Juste là où tu te trouves. Il m'a donné un coup de poing et ma tête est tombée sur le tuyau qui se trouve derrière toi. Il a ensuite caché mon corps dans le sous-sol qui se trouve sous la benne à ta droite.", m'expliqua-t-il d'une voix plus calme mais toujours aussi terrifiante. Mon esprit était perturbé par ce qui était en train de se dérouler depuis maintenant quelques minutes. Étais-je en train de rêver ?
"Que veux-tu de moi ?" dis-je d'une voix tremblante.
"Tu sais, Monsieur Duperrond. Ton père m'a pris tout ce que j'avais. Il n'y a qu'une seule façon de rendre tout ça équitablement maintenant. " Son énorme sourire me parut entièrement diabolique ... Il était si terrifiant.
La lumière s'éteignit soudainement, plongeant l'endroit dans une obscurité inouïe. Son rire retentissait dans tout le bâtiment. Je courais le plus vite possible en direction de la porte de sortie même si je voyais à peine où je mettais les pieds. J'entendis toutes les portes du couloir s'ouvrir et claquer en boucle. Une fois arrivé devant la porte des deux vestiaires, les lumières s'allumèrent soudainement. L'enfant se trouvait tout juste en face de moi, à peine quelques mètres nous séparant tous les deux.
"Monsieur Duperrond." me lança-t-il d'une voix démoniaque.
"MAIS QUE ME VEUX-TU ! JE N'AI RIEN FAIT ! JE M'EN VEUX ! JE REGRETTE ! PARDONNE-MOI !" criai-je en sanglots.
"Monsieur Duperrond ! Monsieur ! Vous devez vraiment prendre vos médicaments ! C'est l'heure !"
Je me réveillai dans un fauteuil. Il était plutôt tard. J'étais en sanglots. Une infirmière se trouvait à côté de moi.
"Où suis-je ?"
"Vous êtes dans une maison de retraite. Vous vous souvenez ?"
"Mais, je n'ai que 35 ans ?"
"Ah ... Vous vous prenez encore pour votre fils décédé ?"
"Comment ça ?"
"Vous avez Alzheimer. Vous êtes Jacques Duperrond, 65 ans. Votre fils, Michel, est mort d'un accident de la route avec votre épouse il y a un peu plus d'un an. Je suis désolée de vous l'annoncer une nouvelle fois. Je vous présente de nouveau mes plus sincères condoléances, Monsieur Dupperond.”
Fin.
il y a 3 ans
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