Créer un compteSe connecter
Je vais vous raconter la Seconde Guerre mondiale. Souvent, on ne comprend pas les choix d'Hitler et des Allemands. Je vais essayer de contextualiser.

En 1918, l’Allemagne accepta l’armistice après avoir reçu du président américain Wilson l’assurance que la paix serait négociée ouvertement et par tous. Le traité de Versailles est un traité de vengeance, notamment à cause de la France qui voulait définitivement affaiblir l’Allemagne et son allié, l’Autriche-Hongrie. Au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, les vainqueurs dépecèrent l'Autriche-Hongrie lors du traité de Trianon.

Les proclamations d'autodétermination des Slovaques, des Roumains transylvains, des Serbes, Croates et Slovènes dès l'armistice de novembre 1918, et la situation de facto mise en place dans leurs territoires en 1919, créèrent de nouvelles tensions. L’Autriche, qui était un État croupion, n’avait d’autre choix que de demander son rattachement à l’Allemagne. C’est ce qu’elle fit dès mars 1919 au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais cela leur fut refusé. Il était donc inévitable qu’un jour ou l’autre, ce rattachement ait lieu.

Avec le reste des empires démembrés, les vainqueurs avaient fabriqué un État artificiel, la Tchécoslovaquie. La minorité allemande y était la plus importante avec 3 millions de personnes. Les Allemands des Sudètes, c'est-à-dire l'ensemble des zones à majorité germanophone de la partie tchèque du pays, étaient concentrés dans les frontières avec l’Allemagne et l’Autriche. Entre 50 et 90 % de la population y étaient des Allemands. Là encore, il allait un jour ou l'autre demander le rattachement à l'Allemagne.

L’Allemagne, qui était soumise à un blocus, également connu sous la dénomination de « guerre économique », réalisé par le Royaume-Uni, la France et, plus tard, les États-Unis, souffrait. Ce blocus avait pour but de réduire les approvisionnements nécessaires à l’Allemagne pour soutenir son effort de guerre. Cette action, qu’Hitler a qualifiée de « plus grande violation de la confiance de tous les temps », a causé des souffrances horribles parmi la population allemande et a conduit à plus d'un demi-million de morts de sous-alimentation, obligeant l’Allemagne à signer le traité inique de Versailles.

L’article 231 du traité faisait de l’Allemagne l’unique responsable de la guerre en la forçant à réparer tous les dégâts. C’était d’autant plus grave que, si l’Allemagne avait perdu peu de territoires en surface, ceux-ci étaient riches en minerais, houille, zinc et fer. À cela s'ajoutait la saisie de 90 % de sa flotte maritime et le vol de toutes ses colonies. On demanda donc à l’Allemagne très affaiblie des sommes exorbitantes. En plus de cela, on coupa l’Allemagne en deux au motif qu’il fallait donner un accès à la Pologne nouvellement reconstituée. Les vainqueurs ont donc fabriqué le corridor polonais.

En 1929, les quatre plus gros postes de dépense étaient les réparations de guerre, la dette, le chômage et les pensions aux victimes de guerre (hors armée). À l’étranger, des collectes furent organisées pour aider les enfants allemands (malnutrition et tuberculose à 95 % et 45 % en Saxe). Les Allemands, qui n’étaient pas tentés par le communisme, choisirent Hitler…

Le 30 janvier 1933, Hitler devient chancelier. Image Une fois l’Allemagne remise sur pied et armée, Hitler se chargea de résoudre les grands problèmes internationaux issus du traité de Versailles.

En mars 1938, il obtient le rattachement de l’Autriche au Reich, réalisant ainsi la volonté du peuple autrichien. La réussite de l'anschluss provoqua l’agitation des Allemands des Sudètes, qui voulaient aussi le retour à la mère patrie. Le gouvernement britannique envoya Lord Runciman pour enquêter. Dans son rapport, il écrivit : « Je considère que ces districts frontaliers doivent être immédiatement transférés de la Tchécoslovaquie à l’Allemagne. » Là encore, ce n’était que justice. C’est pour cela que, lors de la conférence de Munich, ni la France ni le Royaume-Uni ne pouvaient s’opposer. La Hongrie bénéficia également de la conférence de Munich, gagnant des terres sur la Tchécoslovaquie. État non viable, la Tchécoslovaquie commença à s’effondrer ; la Slovaquie demanda son indépendance le 14 mars 1939. Deux jours plus tard, l’Allemagne fit de la Bohême-Moravie un protectorat, et le 23 mars 1939, l’Ukraine subcarpatique revint à la Hongrie.

L’État artificiel créé par les vainqueurs en 1918 avait cessé d’exister. Pour Hitler, qui avait renoncé à l’Alsace-Lorraine, il ne restait plus qu’à résoudre un problème : le corridor polonais. Le 24 octobre 1938, le ministre des Affaires étrangères proposa à la Pologne un accord pour résoudre le problème. Hitler proposa :

Que Dantzig (ancienne ville allemande) retourne au Reich.
Une autoroute et un chemin de fer pour relier les deux Allemagnes à travers le couloir polonais.
La Pologne obtient un port franc à Dantzig pour garder son accès à la mer, ainsi qu'une autoroute et un chemin de fer.
Prolongation du pacte de non-agression entre les deux pays.

Les solutions d’Hitler ne contenaient rien de contraire aux intérêts ni à l’honneur polonais. Et surtout, Hitler renonçait au couloir qui était formé par des régions authentiquement allemandes.

Le 19 novembre 1938, la Pologne dit non. Le 16 janvier 1939, l’ambassadeur polonais à New York informa Joseph Beck, le ministre des Affaires étrangères de la Pologne, que l’entourage américain souhaitait que la France et l’Angleterre « mettent un terme à toute politique de compromis avec les États totalitaires et ne s’engagent avec eux dans aucune discussion ayant pour but des modifications territoriales, quelles qu’elles soient ». Son interlocuteur lui donna l’assurance que les USA préparaient activement la guerre : 1 milliard 250 millions de dollars étaient prêts en cas de guerre pour intervenir auprès de la France et du Royaume-Uni.

Cela conforta la Pologne dans son intransigeance.

Hitler, prenant acte des nombreux refus de la Pologne à trouver un accord, dénonça le pacte d’amitié germano-polonais de 1934 mais laissa une porte ouverte à la discussion : « Si le gouvernement polonais désire parvenir à un nouveau règlement contractuel de ses relations avec l’Allemagne, je répondrai volontiers à ce désir… » Dans les mois qui suivirent, la minorité allemande fut violente, provoquant des vagues de réfugiés.

Le 23 août 1939, l’Allemagne signa le pacte de non-agression avec l’URSS. Le 26 août, l’Allemagne se préparait à envahir la Pologne, mais la veille, un événement changea les plans d’Hitler. La Pologne avait signé un pacte d’assistance mutuelle avec le Royaume-Uni. Si Hitler voulait la guerre, ce pacte aurait dû le réjouir, car en envahissant la Pologne, la guerre serait générale. Or, ce n’était pas le cas. Hitler convoqua le général Keitel et ordonna de stopper tous les préparatifs, car il avait besoin de temps pour négocier. « Je fus soudain appelé auprès d’Hitler à la chancellerie du Reich, qui me dit simplement : “Arrêtez tout immédiatement. J’ai besoin de temps pour négocier.” Je crois que je fus congédié sur ces quelques mots… »
il y a 2 ans
je bide
:chatbrushingfraise:
il y a 2 ans
Je vais vous raconter la Seconde Guerre mondiale. Souvent, on ne comprend pas les choix d'Hitler et des Allemands. Je vais essayer de contextualiser.

En 1918, l’Allemagne accepta l’armistice après avoir reçu du président américain Wilson l’assurance que la paix serait négociée ouvertement et par tous. Le traité de Versailles est un traité de vengeance, notamment à cause de la France qui voulait définitivement affaiblir l’Allemagne et son allié, l’Autriche-Hongrie. Au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, les vainqueurs dépecèrent l'Autriche-Hongrie lors du traité de Trianon.

Les proclamations d'autodétermination des Slovaques, des Roumains transylvains, des Serbes, Croates et Slovènes dès l'armistice de novembre 1918, et la situation de facto mise en place dans leurs territoires en 1919, créèrent de nouvelles tensions. L’Autriche, qui était un État croupion, n’avait d’autre choix que de demander son rattachement à l’Allemagne. C’est ce qu’elle fit dès mars 1919 au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais cela leur fut refusé. Il était donc inévitable qu’un jour ou l’autre, ce rattachement ait lieu.

Avec le reste des empires démembrés, les vainqueurs avaient fabriqué un État artificiel, la Tchécoslovaquie. La minorité allemande y était la plus importante avec 3 millions de personnes. Les Allemands des Sudètes, c'est-à-dire l'ensemble des zones à majorité germanophone de la partie tchèque du pays, étaient concentrés dans les frontières avec l’Allemagne et l’Autriche. Entre 50 et 90 % de la population y étaient des Allemands. Là encore, il allait un jour ou l'autre demander le rattachement à l'Allemagne.

L’Allemagne, qui était soumise à un blocus, également connu sous la dénomination de « guerre économique », réalisé par le Royaume-Uni, la France et, plus tard, les États-Unis, souffrait. Ce blocus avait pour but de réduire les approvisionnements nécessaires à l’Allemagne pour soutenir son effort de guerre. Cette action, qu’Hitler a qualifiée de « plus grande violation de la confiance de tous les temps », a causé des souffrances horribles parmi la population allemande et a conduit à plus d'un demi-million de morts de sous-alimentation, obligeant l’Allemagne à signer le traité inique de Versailles.

L’article 231 du traité faisait de l’Allemagne l’unique responsable de la guerre en la forçant à réparer tous les dégâts. C’était d’autant plus grave que, si l’Allemagne avait perdu peu de territoires en surface, ceux-ci étaient riches en minerais, houille, zinc et fer. À cela s'ajoutait la saisie de 90 % de sa flotte maritime et le vol de toutes ses colonies. On demanda donc à l’Allemagne très affaiblie des sommes exorbitantes. En plus de cela, on coupa l’Allemagne en deux au motif qu’il fallait donner un accès à la Pologne nouvellement reconstituée. Les vainqueurs ont donc fabriqué le corridor polonais.

En 1929, les quatre plus gros postes de dépense étaient les réparations de guerre, la dette, le chômage et les pensions aux victimes de guerre (hors armée). À l’étranger, des collectes furent organisées pour aider les enfants allemands (malnutrition et tuberculose à 95 % et 45 % en Saxe). Les Allemands, qui n’étaient pas tentés par le communisme, choisirent Hitler…

Le 30 janvier 1933, Hitler devient chancelier. Image Une fois l’Allemagne remise sur pied et armée, Hitler se chargea de résoudre les grands problèmes internationaux issus du traité de Versailles.

En mars 1938, il obtient le rattachement de l’Autriche au Reich, réalisant ainsi la volonté du peuple autrichien. La réussite de l'anschluss provoqua l’agitation des Allemands des Sudètes, qui voulaient aussi le retour à la mère patrie. Le gouvernement britannique envoya Lord Runciman pour enquêter. Dans son rapport, il écrivit : « Je considère que ces districts frontaliers doivent être immédiatement transférés de la Tchécoslovaquie à l’Allemagne. » Là encore, ce n’était que justice. C’est pour cela que, lors de la conférence de Munich, ni la France ni le Royaume-Uni ne pouvaient s’opposer. La Hongrie bénéficia également de la conférence de Munich, gagnant des terres sur la Tchécoslovaquie. État non viable, la Tchécoslovaquie commença à s’effondrer ; la Slovaquie demanda son indépendance le 14 mars 1939. Deux jours plus tard, l’Allemagne fit de la Bohême-Moravie un protectorat, et le 23 mars 1939, l’Ukraine subcarpatique revint à la Hongrie.

L’État artificiel créé par les vainqueurs en 1918 avait cessé d’exister. Pour Hitler, qui avait renoncé à l’Alsace-Lorraine, il ne restait plus qu’à résoudre un problème : le corridor polonais. Le 24 octobre 1938, le ministre des Affaires étrangères proposa à la Pologne un accord pour résoudre le problème. Hitler proposa :

Que Dantzig (ancienne ville allemande) retourne au Reich.
Une autoroute et un chemin de fer pour relier les deux Allemagnes à travers le couloir polonais.
La Pologne obtient un port franc à Dantzig pour garder son accès à la mer, ainsi qu'une autoroute et un chemin de fer.
Prolongation du pacte de non-agression entre les deux pays.

Les solutions d’Hitler ne contenaient rien de contraire aux intérêts ni à l’honneur polonais. Et surtout, Hitler renonçait au couloir qui était formé par des régions authentiquement allemandes.

Le 19 novembre 1938, la Pologne dit non. Le 16 janvier 1939, l’ambassadeur polonais à New York informa Joseph Beck, le ministre des Affaires étrangères de la Pologne, que l’entourage américain souhaitait que la France et l’Angleterre « mettent un terme à toute politique de compromis avec les États totalitaires et ne s’engagent avec eux dans aucune discussion ayant pour but des modifications territoriales, quelles qu’elles soient ». Son interlocuteur lui donna l’assurance que les USA préparaient activement la guerre : 1 milliard 250 millions de dollars étaient prêts en cas de guerre pour intervenir auprès de la France et du Royaume-Uni.

Cela conforta la Pologne dans son intransigeance.

Hitler, prenant acte des nombreux refus de la Pologne à trouver un accord, dénonça le pacte d’amitié germano-polonais de 1934 mais laissa une porte ouverte à la discussion : « Si le gouvernement polonais désire parvenir à un nouveau règlement contractuel de ses relations avec l’Allemagne, je répondrai volontiers à ce désir… » Dans les mois qui suivirent, la minorité allemande fut violente, provoquant des vagues de réfugiés.

Le 23 août 1939, l’Allemagne signa le pacte de non-agression avec l’URSS. Le 26 août, l’Allemagne se préparait à envahir la Pologne, mais la veille, un événement changea les plans d’Hitler. La Pologne avait signé un pacte d’assistance mutuelle avec le Royaume-Uni. Si Hitler voulait la guerre, ce pacte aurait dû le réjouir, car en envahissant la Pologne, la guerre serait générale. Or, ce n’était pas le cas. Hitler convoqua le général Keitel et ordonna de stopper tous les préparatifs, car il avait besoin de temps pour négocier. « Je fus soudain appelé auprès d’Hitler à la chancellerie du Reich, qui me dit simplement : “Arrêtez tout immédiatement. J’ai besoin de temps pour négocier.” Je crois que je fus congédié sur ces quelques mots… »
Oui oui république tchèque pays artificiel )))
il y a 2 ans