Où que nous soyons nous pleurons l'Espagne où nous sommes nés et qui est notre patrie naturelle ; nulle part nous ne trouvons l'accueil dont nous aurions besoin dans notre malheur, en Berbérie et partout en Afrique où nous espérions être reçus, accueillis et entourés, c'est là-bas où on nous offense et nous maltraite le plus... Bien que je ne sois pas aussi chrétien que ma femme et ma fille, je suis plus chrétien que maure... »
Plus d'un siècle après leur conversion forcée au christianisme et bien que devenus, à force de métissage, physiquement indiscernables des « vieux chrétiens », une grande partie des Morisques se maintient comme un groupe social cloisonné du reste de la société espagnole, en dépit de la perte de l'usage de l'arabe andalou au bénéfice du castillan et de leur très mauvaise connaissance des rites de l'islam