Ce sujet a été résolu
La correspondance est assez remarquable pour qu'on en parle. Il s'agit de 10 lettres envoyées par Rilke à un jeune écrivain pas très fort.
Pour Rilke, l'écriture est un acte de nécessité. Ou bien c'est un besoin, ou bien il ne faut pas écrire. Non seulement, ce soit être un besoin, mais ce doit être un acte profondément solitaire et personnel. On fait sortir une partie de soi hors de soi. Il n'est pas question d'écrire des sentiments génériques partagés par tous. Il faut transformer notre regard pour aller d'abord au fond de soi, mener cette enquête, puis aller au plus profond des phénomènes du monde, les voir à sa manière.
Voilà globalement le contenu très classique mais maintenant fédérateur des deux premières lettres. Rilke a jeté les bases de l'art moderne d'écrire. Ca peut nous paraître évident, mais enfin, ça reste essentiel.
Il y a un rapport avec l'art et le sexe, puisque les deux engendrent la création. Mes ceux deux lettres qui abordent la question m'émeuvent moins. De même, il pressent l'avènement du féminisme et la réinvention de l'amour. Il évoque la solitude qui est la condition de son individualisme.
Enfin, on arrive à la septième lettre, celle qui dit quelque chose de grand. C'est aussi la plus longue.
Il traite de la question de la tristesse. Pour lui, le tristesse est l'irruption de la nouveauté dans notre monde. Quelle idée prodigieuse ! C'est-à-dire que l'équilibre de notre vie est ébranlé par un évènement ou un sentiment qui n'était pas désiré, mais qui fait partie de nous à présent.
Et plutôt que de fuir cette tristesse ou de s'y abandonner avec apathie, Rilke nous suggère de l'observer, d'écouter ce qu'elle nous apporte. Plus nous serons attentifs, et plus notre vie changera. Car un jour, cette tristesse sortira de nous, et cela créera notre avenir. Ce qui résultera de cette sortie de la tristesse dépendra de notre rapport avec elle.
C'est une conception inouïe de l'avenir et du temps. L'avenir ne vient pas à nous. Il est déjà en germe, et il sort de nous et de ce que nous avons fait de ce germe. La tristesse est un germe de l'avenir. Et si nous sommes tristes, c'est parce que nous perdons un état de vie qui nous était cher pour quelque chose de nouveau, d'étrange, qui advient.
Donc il ne faut pas avoir peur de nos tristesses, parce qu'elles sont notre avenir et que celui qui a peur de l'avenir, du monde, de la souffrance, ne connaîtra finalement que des expériences très pauvres dans un univers très étroit qui ne se renouvelle pas. En revanche, celui qui comprend ses tristesses, il verra s'ouvrir devant lui des horizons qu'il n'aurait jamais soupçonné et qu'il ne doit pas redouter
C'est une conception très belle est très originale du temps, mes respects à Rilke
Pour Rilke, l'écriture est un acte de nécessité. Ou bien c'est un besoin, ou bien il ne faut pas écrire. Non seulement, ce soit être un besoin, mais ce doit être un acte profondément solitaire et personnel. On fait sortir une partie de soi hors de soi. Il n'est pas question d'écrire des sentiments génériques partagés par tous. Il faut transformer notre regard pour aller d'abord au fond de soi, mener cette enquête, puis aller au plus profond des phénomènes du monde, les voir à sa manière.
Voilà globalement le contenu très classique mais maintenant fédérateur des deux premières lettres. Rilke a jeté les bases de l'art moderne d'écrire. Ca peut nous paraître évident, mais enfin, ça reste essentiel.
Il y a un rapport avec l'art et le sexe, puisque les deux engendrent la création. Mes ceux deux lettres qui abordent la question m'émeuvent moins. De même, il pressent l'avènement du féminisme et la réinvention de l'amour. Il évoque la solitude qui est la condition de son individualisme.
Enfin, on arrive à la septième lettre, celle qui dit quelque chose de grand. C'est aussi la plus longue.
Il traite de la question de la tristesse. Pour lui, le tristesse est l'irruption de la nouveauté dans notre monde. Quelle idée prodigieuse ! C'est-à-dire que l'équilibre de notre vie est ébranlé par un évènement ou un sentiment qui n'était pas désiré, mais qui fait partie de nous à présent.
Et plutôt que de fuir cette tristesse ou de s'y abandonner avec apathie, Rilke nous suggère de l'observer, d'écouter ce qu'elle nous apporte. Plus nous serons attentifs, et plus notre vie changera. Car un jour, cette tristesse sortira de nous, et cela créera notre avenir. Ce qui résultera de cette sortie de la tristesse dépendra de notre rapport avec elle.
C'est une conception inouïe de l'avenir et du temps. L'avenir ne vient pas à nous. Il est déjà en germe, et il sort de nous et de ce que nous avons fait de ce germe. La tristesse est un germe de l'avenir. Et si nous sommes tristes, c'est parce que nous perdons un état de vie qui nous était cher pour quelque chose de nouveau, d'étrange, qui advient.
Donc il ne faut pas avoir peur de nos tristesses, parce qu'elles sont notre avenir et que celui qui a peur de l'avenir, du monde, de la souffrance, ne connaîtra finalement que des expériences très pauvres dans un univers très étroit qui ne se renouvelle pas. En revanche, celui qui comprend ses tristesses, il verra s'ouvrir devant lui des horizons qu'il n'aurait jamais soupçonné et qu'il ne doit pas redouter
C'est une conception très belle est très originale du temps, mes respects à Rilke
il y a 2 ans
Eussoudore01
2 ans
débide
je débide car je pense que c'est amplement mérité, j'ai apprécié lire ça m'a fait du bien pour ce soir, j'en avais besions, merci
il y a 2 ans
je débide car je pense que c'est amplement mérité, j'ai apprécié lire ça m'a fait du bien pour ce soir, j'en avais besions, merci
C'est cool que cet auteur te touche. Je te conseille les lettres
il y a 2 ans
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