Sujet résolu
L'auteur a trouvé une solution à son problème.
Il faut en speaker un little, là
17 nouvelles que je pourrais classer de la sorte :
- Les commentaires d'œuvres fictives : Tlön, L'approche d'Almotasim, Pierre Menard, Herbert Quain, Le jardin aux sentiers qui bifurquent, Trois versions de Judas. 6 nouvelles, les meilleures, le cœur de l'œuvre.
- Les mondes imaginaires : Les ruines circulaires, La loterie à Babylone, La bibliothèque de Babel, et Tlön aussi
- Le monde réel déformé : Funes ou la mémoire, Le miracle secret, La secte du phénix
- La narration déformée : La forme de l'épée, thème de traitre et du héro, la mort et la boussole
Il en reste deux inclassables et pas terribles, peu importe. Commençons.
I Les commentaires d'œuvres fictives
Borges est un génie et mérite notre attention. J'ai rarement vu un esprit qui fourmille à ce point d'idées nouvelles, de concepts frappants. Le principal d'entre eux, et là où il est le meilleur, c'est quand il fait le commentaire d'œuvres fictives. Il l'affirme lui-même en prologue : pourquoi écrire un livre de 500 pages alors que je peux procurer le même sentiment et donner l'essence du propos en 5 ?
Bien entendu, Borges ne fait jamais le résumé d'une œuvre fictive. Ca aurait tellement chiant. Non, il est fort. Dans Pierre Menard par exemple, on a un commentaire de type universitaire qui fait la généalogie d'un roman : comment a t-il été écrit. Et c'est très amusant, parce que Ménard a écrit textuellement le Don Quichotte de Cervantes. Et le commentateur va suivre le cheminement de la pensée de cet auteur, les étapes par lesquelles il est passé, pour réussir à écrire son Quichotte au 20eme siècle. Absurde, bien entendu, mais si bien écrit que c'est crédible, également, et qu'on se passionne sincèrement pour le processus mental de Pierre Ménard qui galère à écrire mot pour mot le roman d'un autre. C'est probablement la nouvelle la plus subtile du recueil. Parler pour ne rien dire n'a peut-être jamais été aussi beau et aussi fin.
Borges est également fasciné par les mathématiques. Ca se ressent dans plusieurs nouvelles, notamment dans Herbet Quain. Une idée frappante se dégage de la nouvelle : le roman régressif ramifié. C'est un roman imaginaire qui commence par une scène X, la dernière dans l'ordre chronologique. On passe à Y, scène qui succède à X mais qui lui précède chronologiquement. Comme le film Momento. Mais ensuite, on revient à X, puis on passe à Y(2) c'est à dire la situation alternative qui aurait pu mener à X. Borges présente une forme plus complexe qui suit un schéma à trois niveau avec 1 X, 3 Y, 9 X. Roman imbuvable s'il avait été réel, car il aurait fallu lire au moins 9 fois le chapitre X, trois fois chaque chapitre Y, bref, l'horreur. Mais l'idée est incroyable, c'est follement créatif et on peut imaginer un monde où les romans suivraient ce schéma. On remarque aussi le goût pour l'auteur à déformer le récit, bien qu'il le fasse de manière fictive, le récit de sa nouvelle étant quant à lui bien structuré.
Dans tlön, on a un travail de journaliste ou de chercheur. Le narrateur est en quête d'éléments sur l'œuvre fictive. Il s'agit d'un roman présentant un univers fictif. Mais l'axe abordé est étonnant. On ne décrit pas sa société, ses habitants, sa géographie, ses lois, sa nature, non, on a des éléments sur son histoire de la philosophie et sur la grammaire de son langage. Toute la philosophie est inversée par rapport à la nôtre, donc on commence avec une humanité profondément idéaliste avec des philosophes qui viennent essayer de prouver que l'espace et le temps existent, on a une parodie des paradoxes de Zénon, personne n'arrive à concevoir que des pièces de monnaies puissent perdurer dans l'espace entre un moment X et Y. Vraiment, Borges retourne l'histoire de la pensée et offre une vision du monde totalement lunaire, mais qui est la norme dans ce monde fictif.
Je ne vais pas analyser les 6 premières. Mais on remarque dans ces trois là des choix forts de Borges. Des choix terriblement efficace. Analyser une œuvre imaginaire en 5 pages alors qu'il existe pour des romans réels des tas de livres immenses de commentaire ? Impossible. Le commentaire de peut être que fragmenté, ciblé. Borges a ici choisi la généalogie de l'œuvre, sa structure narrative et le système intellectuel du monde alternatif. Ce sont des thèmes dont il peut toucher le cœur en quelques lignes, et il nous donne la profonde intuition, non pas de l'œuvre fictive entière, mais d'une partie qui la constitue.
II Les mondes imaginaires
Le concept est moins original. Borges s'inscrit ici dans la mouvance de son temps qui consiste à créer des univers fantastiques, horrifiques, dystopiques, bref, des univers imaginaires. Il n'y a plus de mise en abymes dans ces nouvelles. Nous sommes directement plongés dans la fiction.
Mais là encore, Borges ne prend pas le temps. Il ne va pas, comme Conrad, décrire tous les points du monde alternatif. Non. Il prend une idée choc : une société dont la justice est prononcé par le hasard du loto. Et cette idée, il la développe historiquement. Nous suivons les étapes par lequel ce loto est devenu de plus en plus central. Comment il a diviser les opinions et créé des situations contradictoire.
Je retiens par exemple cette situation géniale : un voleur a dérobé un ticket de loto. La justice initiale prévoyait que l'on coupe la main des voleurs. Or, le ticket dérobé indique que le détenteur doit se faire couper la main. La société s'affole : est-ce qu'on doit lui couper la main parce que c'est un voleur, ou parce que le ticket du loto l'impose ? Dans tous les cas, le résultat est le même, n'est-ce pas. Mais c'est la raison qui change, et c'est capital. Voilà comment Borges nous donne l'essence d'une idée en passant par l'intermédiaire d'un concept choc, d'une situation qui fascine par son originalité et sa force.
Il a une autre nouvelle absolument géniale, c'est la bibliothèque de Babylone où il nous plonge dans une société vivant dans une bibliothèque infinie. Chaque livre présente des caractères aléatoires et toutes les combinaisons de symboles possibles se trouvent quelque part dans un livre de la bibliothèque. Vous voyez le problème. Les hommes partent en quête de sens, mais la plupart ne trouvent rien que des signes au hasard " uyskfs " sur des centaines de pages. Certains professionnels de la recherche on carrément abandonné. Ils étaient pourtant l'espoir de l'humanité. Certains ont brûlé des livres par dépit, de rage de ne rien trouver, en affirmant qu'il valait mieux tout ignorer. D'autres se sont lamentés de cet autodafé en disant que de la connaissance potentielle a brûlé pour toujours.
Mais le narrateur, lui, reste flegmatique. Il se dit que tous les livres qui ont brûler doivent exister quelque part à l'identique, à un signe près. D'ailleurs, au cours de sa vie, il a trouvé quelques mots à la suite, qui n'ont pas de liens entre eux et en plusieurs lanbgues, mais enfin, des mots tout de même, ayant du sens. Il pense que ça l'approche du but. Il se questionne sur l'existence d'un livre qui compilerait tous les livres, sur les limites de la bibliothèque, sur le bienfondé que cette quête, sur l'existence d'une langue de la vérité.
Bref, encore une nouvelle incroyablement forte dont le concept vous percute. Générer mathématiquement la totalité des propositions possibles avec nos 26 signes et disons en 50 mots aboutirait à un nombre démentiel de phrases, d'assemblage. Et toute les vérités du monde sur tous les seraient inscrites quelque part. Donc la vérité existerait, elle aurait pris forme, on l'aurait généré. Simplement, elle resterait inaccessible parce qu'on ne parviendrait pas à la déceler, même si l'humanité tout entière se mettait à sa recherche. Quel concept fascinant ! J'aime beaucoup cette mise en rapport des mathématiques et de la connaissance.
Borges grâce à la fiction pure, réussit à aborder des idées profondes qu'il fait passer par l'intermédiaire de concepts marquants. Il sacrifie tout de l'univers qu'il fabrique, excepté le concept marquant qu'il va analyser jusqu'au bout, en quelque page. C'est de l'analyse de fond du détail. Une loterie. Une bibliothéque infinie, un magicien isolé pour rêver tranquillement. Nous ne savons rien d'autre de ces univers que l'essentiel que veut nous faire passer Borges. C'est comme si Damasio avait abandonné toute l'épopée de sa horde pour ne parler qu'en quelques pages très denses de cette intuition étrange ressenties par les humains de son monde. Droit au but, tout dans une analyse brutale et fascinante.
17 nouvelles que je pourrais classer de la sorte :
- Les commentaires d'œuvres fictives : Tlön, L'approche d'Almotasim, Pierre Menard, Herbert Quain, Le jardin aux sentiers qui bifurquent, Trois versions de Judas. 6 nouvelles, les meilleures, le cœur de l'œuvre.
- Les mondes imaginaires : Les ruines circulaires, La loterie à Babylone, La bibliothèque de Babel, et Tlön aussi
- Le monde réel déformé : Funes ou la mémoire, Le miracle secret, La secte du phénix
- La narration déformée : La forme de l'épée, thème de traitre et du héro, la mort et la boussole
Il en reste deux inclassables et pas terribles, peu importe. Commençons.
I Les commentaires d'œuvres fictives
Borges est un génie et mérite notre attention. J'ai rarement vu un esprit qui fourmille à ce point d'idées nouvelles, de concepts frappants. Le principal d'entre eux, et là où il est le meilleur, c'est quand il fait le commentaire d'œuvres fictives. Il l'affirme lui-même en prologue : pourquoi écrire un livre de 500 pages alors que je peux procurer le même sentiment et donner l'essence du propos en 5 ?
Bien entendu, Borges ne fait jamais le résumé d'une œuvre fictive. Ca aurait tellement chiant. Non, il est fort. Dans Pierre Menard par exemple, on a un commentaire de type universitaire qui fait la généalogie d'un roman : comment a t-il été écrit. Et c'est très amusant, parce que Ménard a écrit textuellement le Don Quichotte de Cervantes. Et le commentateur va suivre le cheminement de la pensée de cet auteur, les étapes par lesquelles il est passé, pour réussir à écrire son Quichotte au 20eme siècle. Absurde, bien entendu, mais si bien écrit que c'est crédible, également, et qu'on se passionne sincèrement pour le processus mental de Pierre Ménard qui galère à écrire mot pour mot le roman d'un autre. C'est probablement la nouvelle la plus subtile du recueil. Parler pour ne rien dire n'a peut-être jamais été aussi beau et aussi fin.
Borges est également fasciné par les mathématiques. Ca se ressent dans plusieurs nouvelles, notamment dans Herbet Quain. Une idée frappante se dégage de la nouvelle : le roman régressif ramifié. C'est un roman imaginaire qui commence par une scène X, la dernière dans l'ordre chronologique. On passe à Y, scène qui succède à X mais qui lui précède chronologiquement. Comme le film Momento. Mais ensuite, on revient à X, puis on passe à Y(2) c'est à dire la situation alternative qui aurait pu mener à X. Borges présente une forme plus complexe qui suit un schéma à trois niveau avec 1 X, 3 Y, 9 X. Roman imbuvable s'il avait été réel, car il aurait fallu lire au moins 9 fois le chapitre X, trois fois chaque chapitre Y, bref, l'horreur. Mais l'idée est incroyable, c'est follement créatif et on peut imaginer un monde où les romans suivraient ce schéma. On remarque aussi le goût pour l'auteur à déformer le récit, bien qu'il le fasse de manière fictive, le récit de sa nouvelle étant quant à lui bien structuré.
Dans tlön, on a un travail de journaliste ou de chercheur. Le narrateur est en quête d'éléments sur l'œuvre fictive. Il s'agit d'un roman présentant un univers fictif. Mais l'axe abordé est étonnant. On ne décrit pas sa société, ses habitants, sa géographie, ses lois, sa nature, non, on a des éléments sur son histoire de la philosophie et sur la grammaire de son langage. Toute la philosophie est inversée par rapport à la nôtre, donc on commence avec une humanité profondément idéaliste avec des philosophes qui viennent essayer de prouver que l'espace et le temps existent, on a une parodie des paradoxes de Zénon, personne n'arrive à concevoir que des pièces de monnaies puissent perdurer dans l'espace entre un moment X et Y. Vraiment, Borges retourne l'histoire de la pensée et offre une vision du monde totalement lunaire, mais qui est la norme dans ce monde fictif.
Je ne vais pas analyser les 6 premières. Mais on remarque dans ces trois là des choix forts de Borges. Des choix terriblement efficace. Analyser une œuvre imaginaire en 5 pages alors qu'il existe pour des romans réels des tas de livres immenses de commentaire ? Impossible. Le commentaire de peut être que fragmenté, ciblé. Borges a ici choisi la généalogie de l'œuvre, sa structure narrative et le système intellectuel du monde alternatif. Ce sont des thèmes dont il peut toucher le cœur en quelques lignes, et il nous donne la profonde intuition, non pas de l'œuvre fictive entière, mais d'une partie qui la constitue.
II Les mondes imaginaires
Le concept est moins original. Borges s'inscrit ici dans la mouvance de son temps qui consiste à créer des univers fantastiques, horrifiques, dystopiques, bref, des univers imaginaires. Il n'y a plus de mise en abymes dans ces nouvelles. Nous sommes directement plongés dans la fiction.
Mais là encore, Borges ne prend pas le temps. Il ne va pas, comme Conrad, décrire tous les points du monde alternatif. Non. Il prend une idée choc : une société dont la justice est prononcé par le hasard du loto. Et cette idée, il la développe historiquement. Nous suivons les étapes par lequel ce loto est devenu de plus en plus central. Comment il a diviser les opinions et créé des situations contradictoire.
Je retiens par exemple cette situation géniale : un voleur a dérobé un ticket de loto. La justice initiale prévoyait que l'on coupe la main des voleurs. Or, le ticket dérobé indique que le détenteur doit se faire couper la main. La société s'affole : est-ce qu'on doit lui couper la main parce que c'est un voleur, ou parce que le ticket du loto l'impose ? Dans tous les cas, le résultat est le même, n'est-ce pas. Mais c'est la raison qui change, et c'est capital. Voilà comment Borges nous donne l'essence d'une idée en passant par l'intermédiaire d'un concept choc, d'une situation qui fascine par son originalité et sa force.
Il a une autre nouvelle absolument géniale, c'est la bibliothèque de Babylone où il nous plonge dans une société vivant dans une bibliothèque infinie. Chaque livre présente des caractères aléatoires et toutes les combinaisons de symboles possibles se trouvent quelque part dans un livre de la bibliothèque. Vous voyez le problème. Les hommes partent en quête de sens, mais la plupart ne trouvent rien que des signes au hasard " uyskfs " sur des centaines de pages. Certains professionnels de la recherche on carrément abandonné. Ils étaient pourtant l'espoir de l'humanité. Certains ont brûlé des livres par dépit, de rage de ne rien trouver, en affirmant qu'il valait mieux tout ignorer. D'autres se sont lamentés de cet autodafé en disant que de la connaissance potentielle a brûlé pour toujours.
Mais le narrateur, lui, reste flegmatique. Il se dit que tous les livres qui ont brûler doivent exister quelque part à l'identique, à un signe près. D'ailleurs, au cours de sa vie, il a trouvé quelques mots à la suite, qui n'ont pas de liens entre eux et en plusieurs lanbgues, mais enfin, des mots tout de même, ayant du sens. Il pense que ça l'approche du but. Il se questionne sur l'existence d'un livre qui compilerait tous les livres, sur les limites de la bibliothèque, sur le bienfondé que cette quête, sur l'existence d'une langue de la vérité.
Bref, encore une nouvelle incroyablement forte dont le concept vous percute. Générer mathématiquement la totalité des propositions possibles avec nos 26 signes et disons en 50 mots aboutirait à un nombre démentiel de phrases, d'assemblage. Et toute les vérités du monde sur tous les seraient inscrites quelque part. Donc la vérité existerait, elle aurait pris forme, on l'aurait généré. Simplement, elle resterait inaccessible parce qu'on ne parviendrait pas à la déceler, même si l'humanité tout entière se mettait à sa recherche. Quel concept fascinant ! J'aime beaucoup cette mise en rapport des mathématiques et de la connaissance.
Borges grâce à la fiction pure, réussit à aborder des idées profondes qu'il fait passer par l'intermédiaire de concepts marquants. Il sacrifie tout de l'univers qu'il fabrique, excepté le concept marquant qu'il va analyser jusqu'au bout, en quelque page. C'est de l'analyse de fond du détail. Une loterie. Une bibliothéque infinie, un magicien isolé pour rêver tranquillement. Nous ne savons rien d'autre de ces univers que l'essentiel que veut nous faire passer Borges. C'est comme si Damasio avait abandonné toute l'épopée de sa horde pour ne parler qu'en quelques pages très denses de cette intuition étrange ressenties par les humains de son monde. Droit au but, tout dans une analyse brutale et fascinante.
il y a 2 ans
Sponsorisé
Connectez-vous pour masquer les pubsIII Le monde réel déformé
Mais le plus souvent, Borges reste à la frontière du fantastique. Il en joue. Il repousse jusqu'à l'extrême limite les possibilité du réel, sans franchir la frontière du surnaturel. C'est le cas dans Funes ou de la Mémoire où il présente un personnage possédant une mémoire infinie. Il décrit les possibilités de cette mémoire, et c'est parfaitement effrayant. Chaque mot qui tombe dans l'oreille de ce type devient éternel, chaque petit détail est enregistré pour toujours. Dans le Miracle Secret, on aborde le moment de la mort, où le temps est tellement dilaté qu'une année se déroule. Et pendant un an, le cerveau du type va écrire mentalement le roman qu'il avait toujours rêvé de faire. Il en fait les ébauches, la structure, la rédaction, il se corrige, puis finalise le tout en un an perçu, c'est-à-dire durant la seconde où son corps meurt.
J'aime beaucoup cette manière d'explorer les extrêmes possibles. Ce n'est pas du surnaturel à la Marvel, là, on peut y croire. Ce sont des cas-limites, des situation-limites, on reste toujours dans le domaine du vraisemblable. Là où le surnaturel nous pousse à l'évasion, à la rêverie, comme dans les ruines circulaires, ce réel déformé exerce plutôt notre fascination. Borges est un écrivain de la fascination, je trouve. Il a cette faculté à tirer sur le réel, il l'étire, il l'étire, il nous fait voir tout ce qu'il pourrait être si on épuisait toutes les possibilités qu'il recèle. C'est un appel à l'exploration et à l'ouverture. Ce qui nous semble impossible pourrait le devenir.
Une mémoire infinie, ça te transforme un homme. Ca le rend presque divin. Pourtant, ce n'est qu'un pauvre garçon estropié par un accident qui lui a pourtant réveillé des capacités enfouies en lui. Ca rappelle le cas de ces personnes qui oublient leur langue maternelles et qui se mettent à causer le turc à la suite d'un accident cérébral. Borges irait plus loin, s'amusant du processus. Et si on pouvait devenir polyglotte en prenant des coups à la tête ? L'idée ne semble ni vraisemblable, si surnaturelle, elle joue à la frontière indéfinie du monde réel et du monde surnaturel.
Je ne parlerais pas des nouvelles dont la narration est déformée, parce que ce sont les moins bonnes et que le procédé s'est parfaitement normalisée dans notre culture. Mais pour donner tout de même une petite idée, on trouve chez Christopher Nolan beaucoup de points commun avec ces nouvelles de Borges dans leur construction narratives. Des plot-twist, des mises en abimes, des inversions de point de vue, Borges éclate les normes, il fabrique des mindfucks vraiment bien foutus et toujours avec une efficacité étonnante
Mais le plus souvent, Borges reste à la frontière du fantastique. Il en joue. Il repousse jusqu'à l'extrême limite les possibilité du réel, sans franchir la frontière du surnaturel. C'est le cas dans Funes ou de la Mémoire où il présente un personnage possédant une mémoire infinie. Il décrit les possibilités de cette mémoire, et c'est parfaitement effrayant. Chaque mot qui tombe dans l'oreille de ce type devient éternel, chaque petit détail est enregistré pour toujours. Dans le Miracle Secret, on aborde le moment de la mort, où le temps est tellement dilaté qu'une année se déroule. Et pendant un an, le cerveau du type va écrire mentalement le roman qu'il avait toujours rêvé de faire. Il en fait les ébauches, la structure, la rédaction, il se corrige, puis finalise le tout en un an perçu, c'est-à-dire durant la seconde où son corps meurt.
J'aime beaucoup cette manière d'explorer les extrêmes possibles. Ce n'est pas du surnaturel à la Marvel, là, on peut y croire. Ce sont des cas-limites, des situation-limites, on reste toujours dans le domaine du vraisemblable. Là où le surnaturel nous pousse à l'évasion, à la rêverie, comme dans les ruines circulaires, ce réel déformé exerce plutôt notre fascination. Borges est un écrivain de la fascination, je trouve. Il a cette faculté à tirer sur le réel, il l'étire, il l'étire, il nous fait voir tout ce qu'il pourrait être si on épuisait toutes les possibilités qu'il recèle. C'est un appel à l'exploration et à l'ouverture. Ce qui nous semble impossible pourrait le devenir.
Une mémoire infinie, ça te transforme un homme. Ca le rend presque divin. Pourtant, ce n'est qu'un pauvre garçon estropié par un accident qui lui a pourtant réveillé des capacités enfouies en lui. Ca rappelle le cas de ces personnes qui oublient leur langue maternelles et qui se mettent à causer le turc à la suite d'un accident cérébral. Borges irait plus loin, s'amusant du processus. Et si on pouvait devenir polyglotte en prenant des coups à la tête ? L'idée ne semble ni vraisemblable, si surnaturelle, elle joue à la frontière indéfinie du monde réel et du monde surnaturel.
Je ne parlerais pas des nouvelles dont la narration est déformée, parce que ce sont les moins bonnes et que le procédé s'est parfaitement normalisée dans notre culture. Mais pour donner tout de même une petite idée, on trouve chez Christopher Nolan beaucoup de points commun avec ces nouvelles de Borges dans leur construction narratives. Des plot-twist, des mises en abimes, des inversions de point de vue, Borges éclate les normes, il fabrique des mindfucks vraiment bien foutus et toujours avec une efficacité étonnante
il y a 2 ans
je lirai ça demain
ça m'aidera peut être à comprends pourquoi je devrais lui redonner une chance
ça m'aidera peut être à comprends pourquoi je devrais lui redonner une chance
il y a 2 ans
je lirai ça demain
ça m'aidera peut être à comprends pourquoi je devrais lui redonner une chance
ça m'aidera peut être à comprends pourquoi je devrais lui redonner une chance
C'est chouette si j'y arrive
il y a 2 ans
Non, j'ai découvert Borges tout récemment et je le reconnais immédiatement dans ce que tu me dis là. Je vais continuer de lire ce qu'il a pondu ça m'a l'air très bien
il y a 2 ans







