Sujet résolu
L'auteur a trouvé une solution à son problème.
Il y a des endroits, des lieux, des pays qui ne changent pas ; pour ne pas dire jamais.
Le temps passe, l'humain naît, s'y acharne et meurt dessus. Mais rien n'y fait.
Les marais restent putrides ; les récoltes continuent de pourrir ; les morts se relèvent encore ; grêle comme orages frappent toujours... La malédiction persiste, et appose son sceau sur le Moussillon depuis des siècles.
"Allez, faut bien faire avec."
Fernand passa sa main sur son front dégoulinant, difforme.
Son capuchon de laine n'arrivait plus à le protéger, à l'épargner des trombes d'eau qui s'abattaient sur lui.
Le paysan tourna les talons, regardant l'horizon, en direction de son village.
Il ne le voyait plus. Une brume noirâtre - qui n'avait rien de naturel - l'engloutissait désormais.
"FRANÇOIS!"
Son cri s'enfonça dans le lointain ; aucun son - si ce n'est celui de l'averse - ne répondit à ses échos.
"OH FRANÇOIS LA P'TAIN D'TOI!"
Un rouge vif se répand sur son visage. En face, ces ombres toujours silencieuses continuent de s'épaissir.
Sa mâchoire commence à se serrer, avant de s'ouvrir brusquement ; un crachat rageur part s'écraser dans la fange.
Ainsi Fernand, homme dépité, s'en retourne vers le marécage: la chasse aux grives et aux escargots allait se faire en solitaire...
"FERNAND!"
Ce dernier se retourne, une fois de plus.
Ses yeux vitreux ne repèrent rien.
Les brumes qui l'entourent continuent de s'obscurcir. Quelque chose semble les agiter ; comme une sorte de volonté, de force indicible.
"FERNAND RÉPONDS! BON SANG C'EST TOI OU PAS?
- OUAIS C'MOI!! hurla le manant, marmonnant juste après une suite de sons incompréhensibles.
Son regard devenu noir s'était fixé sur le brouillard.
"ALORS T'VIENS?!"
Un soupir s'échappa des lèvres de Fernand ; ses épaules et ses bras retombèrent.
Tout n'était pas perdu. Il aurait quelqu'un pour l'accompagner entre la tourbe, les arbres décrépits, et tout ce qui s'y trouverait. Au moins les ennuis seraient partagés.
La silhouette de son comparse apparaît rapidement, au travers de la pluie ; une main à trois doigts s'agite devant les yeux plissés du villageois.
"Comment qu'ça va? fit l'arrivant, sans enthousiasme.
-Bah, répondit le difforme, on fais aller.
Ses yeux noirâtres se posèrent sur le visage de François, remarquant au passage la balafre qui le traversait d'une joue à l'autre.
"Bon, reprit-il, le ton s'étant fait dur, Assez perdu d'temps comm'ça. L'bestiaux i'vont pas s'ramasser tout seuls. On bouge!"
L'autre - intimidé ou indifférent - préféra ne pas répondre, et se contenta de rejoindre le paysan à travers l'averse, sur le sentier menant aux marais.
Le temps passe, l'humain naît, s'y acharne et meurt dessus. Mais rien n'y fait.
Les marais restent putrides ; les récoltes continuent de pourrir ; les morts se relèvent encore ; grêle comme orages frappent toujours... La malédiction persiste, et appose son sceau sur le Moussillon depuis des siècles.
"Allez, faut bien faire avec."
Fernand passa sa main sur son front dégoulinant, difforme.
Son capuchon de laine n'arrivait plus à le protéger, à l'épargner des trombes d'eau qui s'abattaient sur lui.
Le paysan tourna les talons, regardant l'horizon, en direction de son village.
Il ne le voyait plus. Une brume noirâtre - qui n'avait rien de naturel - l'engloutissait désormais.
"FRANÇOIS!"
Son cri s'enfonça dans le lointain ; aucun son - si ce n'est celui de l'averse - ne répondit à ses échos.
"OH FRANÇOIS LA P'TAIN D'TOI!"
Un rouge vif se répand sur son visage. En face, ces ombres toujours silencieuses continuent de s'épaissir.
Sa mâchoire commence à se serrer, avant de s'ouvrir brusquement ; un crachat rageur part s'écraser dans la fange.
Ainsi Fernand, homme dépité, s'en retourne vers le marécage: la chasse aux grives et aux escargots allait se faire en solitaire...
"FERNAND!"
Ce dernier se retourne, une fois de plus.
Ses yeux vitreux ne repèrent rien.
Les brumes qui l'entourent continuent de s'obscurcir. Quelque chose semble les agiter ; comme une sorte de volonté, de force indicible.
"FERNAND RÉPONDS! BON SANG C'EST TOI OU PAS?
- OUAIS C'MOI!! hurla le manant, marmonnant juste après une suite de sons incompréhensibles.
Son regard devenu noir s'était fixé sur le brouillard.
"ALORS T'VIENS?!"
Un soupir s'échappa des lèvres de Fernand ; ses épaules et ses bras retombèrent.
Tout n'était pas perdu. Il aurait quelqu'un pour l'accompagner entre la tourbe, les arbres décrépits, et tout ce qui s'y trouverait. Au moins les ennuis seraient partagés.
La silhouette de son comparse apparaît rapidement, au travers de la pluie ; une main à trois doigts s'agite devant les yeux plissés du villageois.
"Comment qu'ça va? fit l'arrivant, sans enthousiasme.
-Bah, répondit le difforme, on fais aller.
Ses yeux noirâtres se posèrent sur le visage de François, remarquant au passage la balafre qui le traversait d'une joue à l'autre.
"Bon, reprit-il, le ton s'étant fait dur, Assez perdu d'temps comm'ça. L'bestiaux i'vont pas s'ramasser tout seuls. On bouge!"
L'autre - intimidé ou indifférent - préféra ne pas répondre, et se contenta de rejoindre le paysan à travers l'averse, sur le sentier menant aux marais.
il y a 2 ans
Sponsorisé
Connectez-vous pour masquer les pubsD'accord sinon tu fais deux, trois stickers issue de l'univers qui se cale bien avec tes situations et voilà
il y a 2 ans
En ligne
215
Sur ce sujet0






