Sujet résolu
L'auteur a trouvé une solution à son problème.
C'est un pavé, mais ca te permettra de savoir si surveillant pénitentiaire est ton futur métier : alcool, baise libertine, trafic de drogue. Si tout ça t'intéresse, c'est un métier pour TOI !
ATTENTION : il y a beaucoup de chances pour la FRANCE. Tu dois les aimer pour faire ce métier !
Ils ont tellement besoin de personnel qu'ils prennent n'IMPORTE QUI pour FAIRE n'IMPORTE QUOI !
Ils le disent :
on prend comme chez McDonald’s : " venez comme vous êtes ". Comme il n’y a pas beaucoup de candidats qui se présentent, le peu qui se présentent, on les prend ».
Apparemment tendu, le haut fonctionnaire ne mâche ses mots à ses jeunes recrues, qui « n’ont pas compris que cet uniforme les oblige à une "exemplarité" ». Devant ses troupes, le directeur énumère une longue liste de dérives : « retards », « absences », « cris », « musique trop forte », « manque de respect », « dégradations », « incivilités », « vols », « attitudes indécentes dans certains locaux », « consommation excessive d’alcool voire d’autres substances », « bagarres sous emprise alcoolique, y compris avec des armes par destination »... Il pointe encore de drôles d’attitudes : « siffler des femmes, monter aux arbres, forcer des portiques, passer au-dessus des grilles, s’insulter »...
Les appels à la sobriété, au sein du campus, ne semblent pas plus entendus. De nombreux cadavres de bouteilles jonchent les poubelles installées à proximité de l’école, attestant d’une consommation quelque peu débridée. « Il y a de tout : alcool fort comme de la vodka, bière, etc., commente Camélia. Des deux côtés du campus, là où il y a les conteneurs, il y en a toutes les semaines. Ça déborde ».
Les bars et établissements ouverts autour du campus sont particulièrement prisés des aspirants surveillants. Ils peinent parfois à retrouver le chemin de leurs lits : Alicia, une de nos témoins, a vu à deux reprises des élèves imbibés vomir au pied d’un bâtiment, dans le village de la Capelette. Fin septembre, une autre serait rentrée ivre avant de rendre au niveau du portique principal, le PCI, obligeant l’agent en poste à appeler le cadre de permanence...
Bataille entre les surveillants CHANCE et les surveillants autochtones :
Parfois, l’abus d’alcool provoque des scènes de violence. Le 11 novembre dernier, plusieurs membres de la promo 216 prennent un verre dans un bar voisin de l’ENAP lorsqu’une bagarre éclate... entre deux élèves.
« Il était minuit, minuit et demi, ils ont commencé à s’embrouiller, se souvient Antoine, un employé de ce café moderne. L’un a mis une droite à l’autre, l’autre a répondu, des clients se sont intercalés pour les séparer. » Une échauffourée pas au goût du bistrotier.
« Moi je ne veux pas de ça dans mon bar, je les ai mis dehors, ils sont sortis et ont continué à s’embrouiller sur le parking ». Thomas, autre salarié de ce débit de boissons, a vu la suite. « Ils se sont retrouvés à une vingtaine à se bagarrer dehors, sur le parking. La police est venue une première fois, ensuite ils se sont donnés rendez-vous dans la rue située entre l’école et le bar ». D’autres élèves seraient arrivés en nombre du campus, en renfort, certains le visage dissimulé... A la sortie, plusieurs véhicules de police et de pompiers ont dû intervenir pour séparer les deux bandes et permettre l’évacuation vers l’hôpital d’un homme : blessé à la mâchoire, il gisait à terre, quasi inconscient.
Outre ces menus soucis de boissons, plusieurs élèves ont assuré à Blast avoir senti à plusieurs reprises « l’odeur du shit » dans l’enceinte de l’établissement. Certains font même allusion à... un trafic de stupéfiants à petite échelle.
Sollicitée, l’école se contente d’une réponse laconique et floue : « aucune information sur un trafic de stupéfiant interne à l’école n’a été transmise à la direction ».
Pourtant, la direction aurait évoqué cette hypothèse, à plusieurs reprises, avec les 40 délégués de la promotion. A ce stade, des soupçons sans confirmation, autre qu’un intriguant vol de 900 euros en liquide, dans la chambre d’un élève. « Je ne sais pas qui garde 900 euros dans sa chambre comme ça », s’interroge ingénument Sophie.
Alcool, violence, drogue... Pour l’école, le décompte des soucis ne s’arrête pas là. En effet, des « comportements indécents dans certains locaux », selon les termes employés par le directeur le 16 novembre, auraient été détectés.
De quelle nature ? Les huit élèves interrogés ainsi que plusieurs représentants syndicaux rapportent l’existence d’une vidéo à caractère sexuel, qui tournerait au sein de la promotion. Dès la première semaine de cours, certains étudiants se seraient distingués en se filmant lors d’ébats sexuels dans la laverie de l’école, une pièce entourée pourtant de baies vitrées...
« Tout le monde en parle, même les collègues en détention lors du stage y ont fait allusion », se lamente Théo. « A la fin de la première semaine de cours, il y avait déjà une sextape qui tournait au niveau de la laverie », confirme Alain, qui livre une autre anecdote. « Des concours auraient aussi lieu au niveau de la ferme de Trenque (le restaurant collectif de l’ENAP, ndlr), des concours de fellation avec plusieurs femmes et un homme ».
Représentant CGT, Nicolas Cusset n’évite pas le sujet, même s’il lui pèse manifestement : « je n’ose pas trop vous en parler, c’est la honte, confie-t-il à Blast. La vidéo qui tourne montrerait une élève femme et plusieurs élèves hommes dans la laverie de l’ENAP. C’est navrant, ça vient encore écorner l’image de l’administration ».
EN PLUS TU ES MEME PAS VIRE, SIMPLE AVERTISSEMENT :
Un ancien cadre de l’ENAP, lui, préfère ironiser. « Les élèves sont effectivement très ouverts sur les pratiques sexuelles ». Et d’évoquer lui aussi spontanément, pendant ses années au sein de l’institution, un « concours de fellation à la laverie »... La direction aurait été mise au courant puisque, selon lui, les recrues « se sont fait toper en plein concours, en pleine journée ». « Ceux qu’on a pu attraper ont été exclus de l’hébergement du campus, ils ont dû se loger ailleurs et ils ont reçu une lettre d’avertissement ».
« Les concours de fellation à la laverie, c’est pas la première promotion où ça se fait, renchérit un formateur. C’est déjà arrivé avec la 208ème aussi, c’est assez récurrent ». Là encore, pas vraiment en toute discrétion : « La vidéo avait même circulé sur Tiktok, poursuit ce témoin, mais ils étaient en civil, on pouvait savoir que c’était à l’ENAP quand on connaissait la laverie. On a eu aussi, on peut pas dire des tournantes parce que les filles étaient consentantes, mais des chambres de passage, avec la queue de garçons dehors devant la chambre. »
Si la 216ème promotion restera sans doute dans les annales de l’ENAP - pour la publicité autour de ses agissements -, elle ne semble donc pas avoir le monopole de ces comportements. Ce qui pose la question de la qualité du recrutement des futurs surveillants.
« Il y en a qui sont là parce qu’ils ont vu de la lumière. Il faut être réaliste… Tu es fonctionnaire, tu es logé, tu es payé pendant la formation…, s’agace Karen, l’une des élèves actuelles. Vous vous rendez compte : payé à venir foutre le bordel, c’est quand même pas mal ! Payé à sortir boire un coup et en plus à se bagarrer, moi je dis chapeau ! ».
Quand on s’interroge, pour savoir comment tout cela est possible, les étudiants pointent tous du doigt la direction de l’administration pénitentiaire. La DAP est responsable du concours d’admission. « Ce ne sont pas des gens (ce type de recrues, ndlr) qu’on devrait avoir dans l’organigramme de la pénitentiaire, dans une administration publique. On est censés représenter l’autorité et on fait pire que les détenus ! », s’emporte Alain.
Le représentant du Syndicat pénitentiaire des surveillant(e)s (le SPS), Cédric Lemozy, tient un discours à peine plus pondéré (qu’Alain). « Le premier responsable c’est la DAP, on prend comme chez McDonald’s : " venez comme vous êtes ". Comme il n’y a pas beaucoup de candidats qui se présentent, le peu qui se présentent, on les prend ».
Un ancien cadre de l’école confirme, à son tour : « le souci de la DAP, c’est de remplir les postes. Quand elle fait des demandes à l’ENAP, elle ne se préoccupe pas de la manière dont va se dérouler la formation. Elle dit " je veux que vous rentriez tant de personnes à telle date parce que j’ai besoin que vous sortiez tant de personnes à telle date, dont j’ai besoin dans mes établissements ". »
il y a 3 ans
Sponsorisé
Connectez-vous pour masquer les pubsils vérifient même pas le casier judiciaire :
Évidemment, l'enchaînement sur un rythme effréné des promotions de surveillants n’est pas sans conséquences sur le profil des recrues… et leur contrôle. Ainsi, certains aspirants ont dû être discrètement exfiltrés en cours de scolarité à cause d’un casier judiciaire un peu trop lesté.
Sa virginité est pourtant un prérequis pour passer le concours. « Les formateurs nous ont dit qu’ils ont parfois intégré des personnes en formation à qui on a fait arrêter la scolarité ensuite, parce que l’école avait découvert entretemps que cette personne avait un casier, qu’elle avait été condamnée pour vol, trafic de stups, pour viol, etc., pointe Camélia. Ils nous ont dit qu’ils prenaient des promos tellement grosses que, le temps de vérifier la situation de tout le monde, certains étaient déjà entrés à l’école. Ils trouvaient ça scandaleux que le B2 (le casier judiciaire contrôlé pour accéder à certains emplois de la fonction publique, ndlr) ne soit pas vérifié avant le début de la scolarité ».
Évidemment, l'enchaînement sur un rythme effréné des promotions de surveillants n’est pas sans conséquences sur le profil des recrues… et leur contrôle. Ainsi, certains aspirants ont dû être discrètement exfiltrés en cours de scolarité à cause d’un casier judiciaire un peu trop lesté.
Sa virginité est pourtant un prérequis pour passer le concours. « Les formateurs nous ont dit qu’ils ont parfois intégré des personnes en formation à qui on a fait arrêter la scolarité ensuite, parce que l’école avait découvert entretemps que cette personne avait un casier, qu’elle avait été condamnée pour vol, trafic de stups, pour viol, etc., pointe Camélia. Ils nous ont dit qu’ils prenaient des promos tellement grosses que, le temps de vérifier la situation de tout le monde, certains étaient déjà entrés à l’école. Ils trouvaient ça scandaleux que le B2 (le casier judiciaire contrôlé pour accéder à certains emplois de la fonction publique, ndlr) ne soit pas vérifié avant le début de la scolarité ».
il y a 3 ans
Le concours de surveillant comporte d’abord une épreuve écrite d’admissibilité, qui consiste en une série de 20 questions maximum à choix multiple, une série de 10 questions maximum de raisonnement logique et la rédaction d’un compte rendu d’incident. Les annales des trois dernières années témoignent d’un niveau de culture générale très peu exigeant.
il y a 3 ans
A l’oral, le candidat est soumis à un entretien de personnalité de 20 minutes et rencontre une psychologue. S’ajoute à cela une épreuve sportive et le tour est joué. A lire les rapports des jurys des sessions de 2022, la barre d’admissibilité est atteinte entre 6/20 et 8/20...
Dominique Gombert, secrétaire général adjoint de FO pénitentiaire, a dessiné une froide réalité : « Nous avons dû (…) faire face à des recrutements importants l’année dernière (en 2018, ndlr). Mais (…) seules 25% des personnes inscrites au concours s’y sont effectivement présentées, si bien que nous avons dû recruter des personnes qui ont eu 2 (!) de moyenne au concours. A l’ENAP, nous demandons aujourd’hui aux formateurs de donner aux élèves cours de français et de mathématiques : voilà la réalité actuelle ».
Dominique Gombert, secrétaire général adjoint de FO pénitentiaire, a dessiné une froide réalité : « Nous avons dû (…) faire face à des recrutements importants l’année dernière (en 2018, ndlr). Mais (…) seules 25% des personnes inscrites au concours s’y sont effectivement présentées, si bien que nous avons dû recruter des personnes qui ont eu 2 (!) de moyenne au concours. A l’ENAP, nous demandons aujourd’hui aux formateurs de donner aux élèves cours de français et de mathématiques : voilà la réalité actuelle ».
il y a 3 ans
Membre du même syndicat, le 5 avril de la même année, Emmanuel Baudin décrivait à l’AFP des stagiaires au niveau inquiétant, « ayant du mal à compter les détenus sur les coursives ». Peu suspect d’hostilité au gouvernement, le désormais ministre des Outre-Mer Philippe Vigier s’était horrifié du niveau des surveillants pénitentiaires, du temps où il était député Modem : « Seulement 30 % des candidats aux postes ouverts se présentent à ce concours de recrutement où l'admission se fait parfois avec une note globale de 3 sur 20 », s’offusquait-il, dans une question écrite au gouvernement, le 17 novembre 2020.
il y a 3 ans
tu serais jamais poursuivi si tu créés des problèmes:
Cette pénurie limite non seulement la qualité de formation mais aussi... les possibilités de sanction des recrues les plus turbulentes. Dans son discours désormais célèbre du 16 novembre 2023, le directeur de l’ENAP pointait des comportements problématiques « dès le premier cycle de formation ». Sébastien Cauwel reconnaît avoir donné leur chance aux élèves, dans un premier temps : « nous avions décidé de faire appel à votre sens individuel et collectif des responsabilités en espérant que votre passage en stage fasse évoluer certains d’entre vous ». Mais le sous-préfet hors classe a dû faire le constat que, depuis le retour du premier stage en détention, « rien n’a changé ». Et même que « le comportement de certains s’est encore dégradé ».
Cette pénurie limite non seulement la qualité de formation mais aussi... les possibilités de sanction des recrues les plus turbulentes. Dans son discours désormais célèbre du 16 novembre 2023, le directeur de l’ENAP pointait des comportements problématiques « dès le premier cycle de formation ». Sébastien Cauwel reconnaît avoir donné leur chance aux élèves, dans un premier temps : « nous avions décidé de faire appel à votre sens individuel et collectif des responsabilités en espérant que votre passage en stage fasse évoluer certains d’entre vous ». Mais le sous-préfet hors classe a dû faire le constat que, depuis le retour du premier stage en détention, « rien n’a changé ». Et même que « le comportement de certains s’est encore dégradé ».
il y a 3 ans
et si tu envoies un de tes camarades à l'hôpital, tu es pas viré, tu as juste un blâme et on te retire des points de comportements, comme à l'école primaire :
« Dans l’attente de la réponse pénale, 4 sanctions disciplinaires ont été prononcées : 3 blâmes et 1 avertissement. Par ailleurs, des retraits immédiats de points de comportement ont été réalisés, 4 exclusions d’hébergement ont également été prononcées ». Une marque de fermeté, même si selon les informations de Blast l’un des élèves exclus a tout de même été aperçu par plusieurs témoins, et à plusieurs reprises, à une heure tardive dans l’enceinte de l’ENAP. Sa présence a d’ailleurs été signalée à la direction.
« C’est la DAP qui décide », prévient Cédric Lemozy, au SPS. Le syndicaliste assure avoir déjà vu « des demandes de licenciement où la personne finalement redouble, voire est stagiairisée ». Là encore, l’explication est simple : « La DAP a tellement besoin de personnel, des fois ils ferment les yeux sur certains profils ». Et au final, constate Cédric Lemozy, « on le paie sur la coursive ensuite ».
« Dans l’attente de la réponse pénale, 4 sanctions disciplinaires ont été prononcées : 3 blâmes et 1 avertissement. Par ailleurs, des retraits immédiats de points de comportement ont été réalisés, 4 exclusions d’hébergement ont également été prononcées ». Une marque de fermeté, même si selon les informations de Blast l’un des élèves exclus a tout de même été aperçu par plusieurs témoins, et à plusieurs reprises, à une heure tardive dans l’enceinte de l’ENAP. Sa présence a d’ailleurs été signalée à la direction.
« C’est la DAP qui décide », prévient Cédric Lemozy, au SPS. Le syndicaliste assure avoir déjà vu « des demandes de licenciement où la personne finalement redouble, voire est stagiairisée ». Là encore, l’explication est simple : « La DAP a tellement besoin de personnel, des fois ils ferment les yeux sur certains profils ». Et au final, constate Cédric Lemozy, « on le paie sur la coursive ensuite ».
il y a 3 ans






