[ PAVES HISTOIRE ] Idée reçue : Les Moyen âgeux étaient ignorants, il n'y avait pas d'écoles, etc...
Sujet résolu
L'auteur a trouvé une solution à son problème.
Pour ce topic, étant donné que beaucoup de gens pensent encore que le Moyen Age c'était l'âge sombre par excellence, qu'on n'y apprenait rien, etc....
Je me suis dit qu'une rectification ne serait pas de trop.
Sur une époque comme le Moyen Age, il y a tellement d'idées reçus qu'on pourrait faire des pages entières rien que pour faire la liste des fausses idées qu'on a tendance à se faire concernant le Moyen Age.
L'une des pires étant celle que je viens d'énumérer et qui est le sujet de ce topic.
Je mettrai l'intégralité de mes sources et de mes lectures une fois que mon topic sera achevé d'ici quelques jours.
Je me suis dit qu'une rectification ne serait pas de trop.
Sur une époque comme le Moyen Age, il y a tellement d'idées reçus qu'on pourrait faire des pages entières rien que pour faire la liste des fausses idées qu'on a tendance à se faire concernant le Moyen Age.
L'une des pires étant celle que je viens d'énumérer et qui est le sujet de ce topic.
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Batman sera toujours là pour faire régner la justice sur les topics de onche.
il y a 3 ans
Sponsorisé
Connectez-vous pour masquer les pubsLe moyen-âge est le plus haut sommet de la culture universitaire qui culmine à l'Université de Paris sous saint Thomas et saint Bonaventure
il y a 3 ans
Pour rappel.
Il existait des universités à l'époque médiévale.
Car il se trouve que pour ceux qui ne le savent pas, que les universités étaient des institutions qui étaient liées à l'Eglise. Autre information importante : Le proportion des laics parmi les maîtres augmenta, en particulier dans les universités italiennes et du midi notamment dans les universités italiennes et celles du Midi en France. Et même la proportion de laics parmi les étudiants avait augmenté au même moment. A cela s'ajoute le fait qu'à Avignon durant le XVème siècle, il se trouve que plus de la moitié des régents en droit étaient laiques. Une fois que leurs études étaient terminées, plusieurs d'entre eux faisaient des carrières laiques. En matière d'enseignement, la papauté maintenait le monopole de l'Eglise en matière d'enseignement et de collation de la licence et une bulle pontificale était nécessaire pour la fondation du tout nouveau stadium general. Elle attendait qu'elles fournissent à l'Eglise un personnel de juristes et théologiens mais aussi qu'elles remplissent un rôle dans la vie de la chrétienté.
Il existait des universités à l'époque médiévale.
Car il se trouve que pour ceux qui ne le savent pas, que les universités étaient des institutions qui étaient liées à l'Eglise. Autre information importante : Le proportion des laics parmi les maîtres augmenta, en particulier dans les universités italiennes et du midi notamment dans les universités italiennes et celles du Midi en France. Et même la proportion de laics parmi les étudiants avait augmenté au même moment. A cela s'ajoute le fait qu'à Avignon durant le XVème siècle, il se trouve que plus de la moitié des régents en droit étaient laiques. Une fois que leurs études étaient terminées, plusieurs d'entre eux faisaient des carrières laiques. En matière d'enseignement, la papauté maintenait le monopole de l'Eglise en matière d'enseignement et de collation de la licence et une bulle pontificale était nécessaire pour la fondation du tout nouveau stadium general. Elle attendait qu'elles fournissent à l'Eglise un personnel de juristes et théologiens mais aussi qu'elles remplissent un rôle dans la vie de la chrétienté.
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il y a 3 ans
Au XIIIème siècle, la papauté réservait de plus en plus la faculté de théologie de Paris comme une sorte de monopole. A partir du XIVème siècle ce fut une politique de décentralisation. La plupart des universités reçurent une faculté de théologie. Cependant, à quelques exceptions, elle se ramenaient pratiquement aux écoles des couvents mendiants de la ville ainsi intégrés à l'université. La matricule de l'université d'Avignon permet par exemple de constater que de 1430 à 1478 tous les régents en théologie ont été des religieux mendiants mais aussi que sur les 271 étudiants qui s'inscrivirent dans cette faculté, 250 étaient également des mendiants. Benoit XII avait bien essayé de donner aux réguliers traditionnels le goût des études théologiques en imposant aux couvents d'envoyer un moine sur 20 aux universités mais cette réforme échoua face à la mauvaise volonté des abbés. Les clercs formés dans les facultés de théologie de l'Eglise du XIV et XVème siècles étaient par conséquent peu nombreux et appartenaient majoritairement aux ordres mendiants.
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il y a 3 ans
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il y a 3 ans
Il y avait notamment des oppositions au sein des universités. Notamment entre l'occanisme et le thomisme.
Petite précision à ce sujet là :
L'occamisme ne s'opposait pas au thomisme comme une doctrine s'opposerait à une autre doctrine. En fait il opposait une critique à la théologie dogmatique du XIIIème siècle. Son but était de disloquer la synthèse que saint Thomas avait cru pouvoir fonder en raison et qui permettait au sujet connaissant de passer, d'un même mouvement de l'étude de la nature à la contemplation du Dieu créateur et seigneur des natures comme le disait l'historien Paul Vignaux. Duns Scot et encore plus Guillaume d'Occam séparèrent au contraire les 2 domaines. S'il admettaient avec saint Thomas et Aristote que toute connaissance procédait des sens, ils ne pensaient pas que l'on put, de la connaissance du monde sensible, remonter a posteriori, en suivant le jeu des causalités, vers Dieu. Ceci étant, pour Duns Scot, une certaine connaissance de Dieu et la preuve même de son existence restaient possible grâce à l'ontologie, et à la saisie de Dieu comme être infini. Mais Guillaume d'Occam refusait cela et séparait totalement science et foi. D'un côté le monde sensible que nous révèlent nos sens. Occam était empiriste. De l'autre côté il y a Dieu le tout puissant qui échappe à toute saisie intellectuelle. Pour le nominaliste qu'était Occam, ce n'étaient que des mots et de signes phoniques arbitraires commodes dans le langage mais ne correspondant pas à la réalité. Donc, la religion d'Occam était un pur fidéisme et le seul travail valable selon lui était le lecture du texte révélé par la Bible. ;Mais la fonction critique de l'occamisme est à noter également car plus important. Il a longuement critiqué les thèses scolastiques. Sur le court terme, ça n'a pas eu des effets positifs sur les universités. Certes il a stimulé dans les facultés des arts notamment le développement des recherches scientifiques qui a commencé au XIIIème siècle. Duns Scot et Occam abordèrent d'ailleurs des questions scientifiques eux même. Ils furent suivis par Bradwardine à Oxford.
Petite précision à ce sujet là :
L'occamisme ne s'opposait pas au thomisme comme une doctrine s'opposerait à une autre doctrine. En fait il opposait une critique à la théologie dogmatique du XIIIème siècle. Son but était de disloquer la synthèse que saint Thomas avait cru pouvoir fonder en raison et qui permettait au sujet connaissant de passer, d'un même mouvement de l'étude de la nature à la contemplation du Dieu créateur et seigneur des natures comme le disait l'historien Paul Vignaux. Duns Scot et encore plus Guillaume d'Occam séparèrent au contraire les 2 domaines. S'il admettaient avec saint Thomas et Aristote que toute connaissance procédait des sens, ils ne pensaient pas que l'on put, de la connaissance du monde sensible, remonter a posteriori, en suivant le jeu des causalités, vers Dieu. Ceci étant, pour Duns Scot, une certaine connaissance de Dieu et la preuve même de son existence restaient possible grâce à l'ontologie, et à la saisie de Dieu comme être infini. Mais Guillaume d'Occam refusait cela et séparait totalement science et foi. D'un côté le monde sensible que nous révèlent nos sens. Occam était empiriste. De l'autre côté il y a Dieu le tout puissant qui échappe à toute saisie intellectuelle. Pour le nominaliste qu'était Occam, ce n'étaient que des mots et de signes phoniques arbitraires commodes dans le langage mais ne correspondant pas à la réalité. Donc, la religion d'Occam était un pur fidéisme et le seul travail valable selon lui était le lecture du texte révélé par la Bible. ;Mais la fonction critique de l'occamisme est à noter également car plus important. Il a longuement critiqué les thèses scolastiques. Sur le court terme, ça n'a pas eu des effets positifs sur les universités. Certes il a stimulé dans les facultés des arts notamment le développement des recherches scientifiques qui a commencé au XIIIème siècle. Duns Scot et Occam abordèrent d'ailleurs des questions scientifiques eux même. Ils furent suivis par Bradwardine à Oxford.
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il y a 3 ans
Pour une définition de l'occanisme à destinations des curieux du topic
https://www.lalanguefrancaise.com[...]aire/definition/occamisme
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il y a 3 ans
Durant la seconde moitié du XIVème siècle les mêmes auteurs qui ont permis la réception de l'occamisme à l'université de Paris à savoir Nicolas Oresme, Pierre d'Ailly ou encore Jean Buridan, ont rédigé des ouvrages de physique. Certains ouvrages de mécanique furent rédigés mais l'absence de techniques d'expérimentation adéquate ainsi que d'un langage mathématique les arrêtèrent. En revanche, l'occamisme, dans les facultés de théologie a surtout eu pour effet une stérilisation de l'enseignement. Pourtant Occam voyait dans les études bibliques le seul aspect solide de la théologie.
Pour cela il aurait fallu renouveler les méthodes d'exégèse de manuscrits de plus en plus fautifs de la Vulgate demandant la création dans les principales universités de chaires d'arabe, hébreu, grec ou encore chaldéen furent globalement sans suite. Nicolas de Lyre qui était un connaisseur des langues orientales a tenté d'inaugurer dans ses " Postilles " une exégèse philologique et historique de l'Ancien Testament, même si son cas fut plutôt isolé. Les autres théologiens ressassaient les gloses patristiques et carolingiennes et l'Histoire scolastique de Pierre le Mangeur.
Il faudra d'ailleurs attendre l'humanisme plus tard pour voir les études bibliques se renouveler grâce aux progrès de la pholologie. La plupart des docteurs en restèrent donc aux méthodes scolastiques traditionnelles. Mais la critique occamiste les a vidé de toute sérieux et substance vu qu'on s'était mis à discuter de concepts qu'on savait de manière arbitraires, on se plut à multiplier jusqu'à l'absurde les hypothèses que permettait d'échafauder l'idée de la liberté souveraine de Dieu. Les théoriciens eux même ressentirent cette sclérose de l'enseignement théologique d'ailleurs et l'idée qu'ils se faisaient de leur rôle dans l'Eglise se retrouvait grandement affecté. La tendance au scepticisme et à l'électisme se développait via la pratique d'exercices de plus en plus formels et le ressassement des mêmes textes et arguments.
Pour cela il aurait fallu renouveler les méthodes d'exégèse de manuscrits de plus en plus fautifs de la Vulgate demandant la création dans les principales universités de chaires d'arabe, hébreu, grec ou encore chaldéen furent globalement sans suite. Nicolas de Lyre qui était un connaisseur des langues orientales a tenté d'inaugurer dans ses " Postilles " une exégèse philologique et historique de l'Ancien Testament, même si son cas fut plutôt isolé. Les autres théologiens ressassaient les gloses patristiques et carolingiennes et l'Histoire scolastique de Pierre le Mangeur.
Il faudra d'ailleurs attendre l'humanisme plus tard pour voir les études bibliques se renouveler grâce aux progrès de la pholologie. La plupart des docteurs en restèrent donc aux méthodes scolastiques traditionnelles. Mais la critique occamiste les a vidé de toute sérieux et substance vu qu'on s'était mis à discuter de concepts qu'on savait de manière arbitraires, on se plut à multiplier jusqu'à l'absurde les hypothèses que permettait d'échafauder l'idée de la liberté souveraine de Dieu. Les théoriciens eux même ressentirent cette sclérose de l'enseignement théologique d'ailleurs et l'idée qu'ils se faisaient de leur rôle dans l'Eglise se retrouvait grandement affecté. La tendance au scepticisme et à l'électisme se développait via la pratique d'exercices de plus en plus formels et le ressassement des mêmes textes et arguments.
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il y a 3 ans
Je vais expliquer les trucs concernant l'occanisme en détail à la fin du topic. En attendant, j'ai mis quelques liens renvoyant à des définitions pour ceux qui préfèrent les résumés.
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il y a 3 ans
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Connectez-vous pour masquer les pubsIl y avait notamment des oppositions au sein des universités. Notamment entre l'occanisme et le thomisme.
Petite précision à ce sujet là :
L'occamisme ne s'opposait pas au thomisme comme une doctrine s'opposerait à une autre doctrine. En fait il opposait une critique à la théologie dogmatique du XIIIème siècle. Son but était de disloquer la synthèse que saint Thomas avait cru pouvoir fonder en raison et qui permettait au sujet connaissant de passer, d'un même mouvement de l'étude de la nature à la contemplation du Dieu créateur et seigneur des natures comme le disait l'historien Paul Vignaux. Duns Scot et encore plus Guillaume d'Occam séparèrent au contraire les 2 domaines. S'il admettaient avec saint Thomas et Aristote que toute connaissance procédait des sens, ils ne pensaient pas que l'on put, de la connaissance du monde sensible, remonter a posteriori, en suivant le jeu des causalités, vers Dieu. Ceci étant, pour Duns Scot, une certaine connaissance de Dieu et la preuve même de son existence restaient possible grâce à l'ontologie, et à la saisie de Dieu comme être infini. Mais Guillaume d'Occam refusait cela et séparait totalement science et foi. D'un côté le monde sensible que nous révèlent nos sens. Occam était empiriste. De l'autre côté il y a Dieu le tout puissant qui échappe à toute saisie intellectuelle. Pour le nominaliste qu'était Occam, ce n'étaient que des mots et de signes phoniques arbitraires commodes dans le langage mais ne correspondant pas à la réalité. Donc, la religion d'Occam était un pur fidéisme et le seul travail valable selon lui était le lecture du texte révélé par la Bible. ;Mais la fonction critique de l'occamisme est à noter également car plus important. Il a longuement critiqué les thèses scolastiques. Sur le court terme, ça n'a pas eu des effets positifs sur les universités. Certes il a stimulé dans les facultés des arts notamment le développement des recherches scientifiques qui a commencé au XIIIème siècle. Duns Scot et Occam abordèrent d'ailleurs des questions scientifiques eux même. Ils furent suivis par Bradwardine à Oxford.
Petite précision à ce sujet là :
L'occamisme ne s'opposait pas au thomisme comme une doctrine s'opposerait à une autre doctrine. En fait il opposait une critique à la théologie dogmatique du XIIIème siècle. Son but était de disloquer la synthèse que saint Thomas avait cru pouvoir fonder en raison et qui permettait au sujet connaissant de passer, d'un même mouvement de l'étude de la nature à la contemplation du Dieu créateur et seigneur des natures comme le disait l'historien Paul Vignaux. Duns Scot et encore plus Guillaume d'Occam séparèrent au contraire les 2 domaines. S'il admettaient avec saint Thomas et Aristote que toute connaissance procédait des sens, ils ne pensaient pas que l'on put, de la connaissance du monde sensible, remonter a posteriori, en suivant le jeu des causalités, vers Dieu. Ceci étant, pour Duns Scot, une certaine connaissance de Dieu et la preuve même de son existence restaient possible grâce à l'ontologie, et à la saisie de Dieu comme être infini. Mais Guillaume d'Occam refusait cela et séparait totalement science et foi. D'un côté le monde sensible que nous révèlent nos sens. Occam était empiriste. De l'autre côté il y a Dieu le tout puissant qui échappe à toute saisie intellectuelle. Pour le nominaliste qu'était Occam, ce n'étaient que des mots et de signes phoniques arbitraires commodes dans le langage mais ne correspondant pas à la réalité. Donc, la religion d'Occam était un pur fidéisme et le seul travail valable selon lui était le lecture du texte révélé par la Bible. ;Mais la fonction critique de l'occamisme est à noter également car plus important. Il a longuement critiqué les thèses scolastiques. Sur le court terme, ça n'a pas eu des effets positifs sur les universités. Certes il a stimulé dans les facultés des arts notamment le développement des recherches scientifiques qui a commencé au XIIIème siècle. Duns Scot et Occam abordèrent d'ailleurs des questions scientifiques eux même. Ils furent suivis par Bradwardine à Oxford.
Fait remarquable : Luther a grandi et a été éduqué dans un milieu nominaliste, il y a une filiation directe entre Ockham et les théories luthériennes du sola scriptura, sola fide et de la grâce comme manteau
il y a 3 ans
Fait remarquable : Luther a grandi et a été éduqué dans un milieu nominaliste, il y a une filiation directe entre Ockham et les théories luthériennes du sola scriptura, sola fide et de la grâce comme manteau
Effectivement, il s'était rattaché à la tradition occamiste après avoir grandi dans un milieu nominaliste.
Peut être ferai je un topic sur Luther un de ces 4 d'ailleurs.
Peut être ferai je un topic sur Luther un de ces 4 d'ailleurs.
Batman sera toujours là pour faire régner la justice sur les topics de onche.
il y a 3 ans











