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D'accord, c'est l'inverse. La routine préserve la vie. Mais une vie médiocre, une vie qui se fige, en vérité.

La plus grande pensée de Bergson est la suivante : la vie est un mouvement qui tend à générer de la nouveauté dans l'univers. Parfois, le mouvement s'épuise, et se heurte à la matière inerte

Les musiciens comprendront parfaitement cette idée : d'abord, la découverte des accords, des gammes. Puis, l'entraînement par la répétition de ces accords et ces gammes. Et un jour, ils se sentent absorbés par la routine, ils ne sortent plus de la boucle des accords et des gammes appris par cœur. Il faut alors faire un effort d'arrachement, et apprendre quelque chose de neuf.

Ce processus est extensible à tous les domaines de la vie. Il suffit que quelque chose fonctionne, pour qu'on se mette à le répéter mécaniquement. Nul besoin de chasser, de survivre, croupir au RSA et vivre par procuration dans les univers fictifs est un truc qui fonctionne, ça nous maintient en vie très facilement.

Mais le sens spirituel de la vie s'est dissipé. Il n'y a plus d'élan, plus de mouvement. Se laisser vivre au RSA, c'est être laissé sur le carreau. La vie continue sans nous. De même, le French Dream respecte le même pattern, ainsi que toute vie basé sur modèle qui n'est pas le nôtre. Voici le sens profond de mon individualisme.

Inventer sa vie. Être chaotique. Ce sont des conditions nécessaires, mais ça ne suffit pas. Aussitôt que j'adopte une routine temporaire (écouter 8h d'anglais par jour, par exemple) une voix me hurle de ne plus en sortir, de m'enfermer là-dedans. La vie en moi manque de force. Chez nous tous. Car pour écouter 8h d'anglais, il ne faut pas travailler voyez-vous, et donc ne rencontrer personne. Or, le but initial consistait à rencontrer du monde. Et ainsi, l'apprentissage d'une langue peut vous enfermer dans la routine qui tue en vous la source de la vie.


Le procédé est vicieux. Tout ce que vous entreprenez est susceptible de vous piéger. Le musicien devient un gratteur, l'intellectuel fiévreux devient un idéologue, le voyageur devient un errant, l'écrivain devient un faiseur de recette, le religieux devient un fanatique. La passion s'éteint quand la vie vous quitte, quand le grand mouvement n'est plus en vous. Et tout peut vous piéger. Ce qu'il y a de plus beau deviendra votre prison

Il n'existe qu'une solution : briser sa vie. Continuellement. Dès que l'on a trop joui d'être bien quelque part, que la routine productive ou créatrice devient une spirale, il faut tout casser, et recommencer. Quand après un mois, vous êtes bloqués sur les accords appris, il faut cesser de les pratiquer, en apprendre de nouveaux et travailler une image sonore inouïe jusqu'à ce qu'elle vous aspire, et il sera alors venu le moment de l'abandonner à son tour
il y a 3 ans
Pas lu
il y a 3 ans
L'habitude est une étrangère
Qui supplante en nous la raison :
C'est une ancienne ménagère
Qui s'installe dans la maison.

Elle est discrète, humble, fidèle,
Familière avec tous les coins ;
On ne s'occupe jamais d'elle,
Car elle a d'invisibles soins :

Elle conduit les pieds de l'homme,
Sait le chemin qu'il eût choisi,
Connaît son but sans qu'il le nomme,
Et lui dit tout bas : "Par ici."

Travaillant pour nous en silence,
D'un geste sûr, toujours pareil,
Elle a l'oeil de la vigilance,
Les lèvres douces du sommeil.

Mais imprudent qui s'abandonne
A son joug une fois porté !
Cette vieille au pas monotone
Endort la jeune liberté ;

Et tous ceux que sa force obscure
A gagnés insensiblement
Sont des hommes par la figure,
Des choses par le mouvement.
il y a 3 ans
bz la derien
il y a 3 ans
T'as lu Ravaisson sur l'habitude sinon ? fr.wikisource.org https://fr.wikisource.org[...]abitude_(Ravaisson,_1838)
:cup:
il y a 3 ans
Réel
Anti kj, déviants
il y a 3 ans
Sainte
Sainte
3 ans
L'habitude est une étrangère
Qui supplante en nous la raison :
C'est une ancienne ménagère
Qui s'installe dans la maison.

Elle est discrète, humble, fidèle,
Familière avec tous les coins ;
On ne s'occupe jamais d'elle,
Car elle a d'invisibles soins :

Elle conduit les pieds de l'homme,
Sait le chemin qu'il eût choisi,
Connaît son but sans qu'il le nomme,
Et lui dit tout bas : "Par ici."

Travaillant pour nous en silence,
D'un geste sûr, toujours pareil,
Elle a l'oeil de la vigilance,
Les lèvres douces du sommeil.

Mais imprudent qui s'abandonne
A son joug une fois porté !
Cette vieille au pas monotone
Endort la jeune liberté ;

Et tous ceux que sa force obscure
A gagnés insensiblement
Sont des hommes par la figure,
Des choses par le mouvement.
Superbe. Incroyable, quelle justesse. Tout ce que je fais comprendre, tu le fais ressentir
il y a 3 ans
Gpaslu+ bzla
:ClownPepe:
:pouetpouet:
il y a 3 ans
Superbe. Incroyable, quelle justesse. Tout ce que je fais comprendre, tu le fais ressentir
C'est de Sully Prudhomme pas de moi
:cup:
il y a 3 ans
Sainte
Sainte
3 ans
T'as lu Ravaisson sur l'habitude sinon ? fr.wikisource.org https://fr.wikisource.org[...]abitude_(Ravaisson,_1838)
:cup:
Jamais. J'ai trop lu dernièrement, et m'en voilà incapable jusqu'à prochainement
:bouais:
il y a 3 ans
Sainte
Sainte
3 ans
C'est de Sully Prudhomme pas de moi
:cup:
Merde
:rire:


J'étais déjà en train de raconter à tout le monde que j'avais trouver un khey qui écrivait bien
:rire:
il y a 3 ans
Jamais. J'ai trop lu dernièrement, et m'en voilà incapable jusqu'à prochainement
:bouais:
Si t'aimes bien Bergson ça pourrait te plaire, Ravaisson fait partie de ses influences. Sinon tu fais bien de prendre un temps de digestion, il faut toujours alterner entre étude et méditation pour bien sédimenter l'étude et conserver son équilibre intérieur
:cup:
il y a 3 ans
Sainte
Sainte
3 ans
Si t'aimes bien Bergson ça pourrait te plaire, Ravaisson fait partie de ses influences. Sinon tu fais bien de prendre un temps de digestion, il faut toujours alterner entre étude et méditation pour bien sédimenter l'étude et conserver son équilibre intérieur
:cup:
Je connais un peu, car la meuf qui dirigeait mes mémoires était spécialiste du spiritualisme français. Elle kiffait Ravaisson et Maine de Biran. J'irai sûrement tâter ce texte quand j'aurais épuiser la force de mon corps, mon énergie sociale et quand mon cerveau sera revigoré
il y a 3 ans
vouloir constamment innover/réinventer peut aussi devenir une routine mortelle du coup
:Lion_ready:
il y a 3 ans
Pas lu
:this:
Pareil flemme

Retou
il y a 3 ans
non ce qui tue la vie c'est la discrimination et la persécution , et quand tu peux rien y faire parceque les bourreaux se font passer pour des victimes alors tu attends juste la mort
il y a 3 ans
vouloir constamment innover/réinventer peut aussi devenir une routine mortelle du coup
:Lion_ready:
Oui, c'est ce que je dis. Mais on est sur la modale du possible. Quand on ne cherche pas à réinventer, la routine mortelle est sur la modale de la nécessité
il y a 3 ans
non ce qui tue la vie c'est la discrimination et la persécution , et quand tu peux rien y faire parceque les bourreaux se font passer pour des victimes alors tu attends juste la mort
Cette situation est peut-être l'une de celle où le sentiment de sa propre vie est le plus vif. T'as Sartre qui traite le sujet dans les séquestrés d'Altona. Au fond, les bourreaux sont perdants, quelque part
il y a 3 ans
J'alterne des périodes chaotiques et des périodes de travail rigide. C'est un compromis entre la liberté et la progression rapide
il y a 3 ans
Cette situation est peut-être l'une de celle où le sentiment de sa propre vie est le plus vif. T'as Sartre qui traite le sujet dans les séquestrés d'Altona. Au fond, les bourreaux sont perdants, quelque part
non
il y a 3 ans